Sylvanus Olympio

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Sylvanus Olympio
Illustration.
Portrait de Sylvanus Olympio en 1961, lors de sa visite à Munich.
Fonctions
Président de la République togolaise

(2 ans, 9 mois et 4 jours)
Premier ministre Lui-même
Prédécesseur Fonction créée
Successeur Nicolas Grunitzky
Emmanuel Bodjollé (intérim)
Premier ministre du Togo

(2 ans et 11 mois)
Président René Coty
Charles de Gaulle
Lui-même
Prédécesseur Nicolas Grunitzky
Successeur Poste supprimé
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Kpando (ancien Togo allemand - actuel Ghana)
Date de décès (à 60 ans)
Lieu de décès Lomé (Togo)
Nature du décès Assassinat
Nationalité française
togolaise
Parti politique Comité de l'unité togolaise
Père Epiphanio Elpidio Olympio (1873-1968)
Diplômé de London School of Economics

Sylvanus Olympio
Premiers ministres du Togo
Présidents de la République togolaise

Sylvanus Olympio, né le à Kpando - assassiné le à Lomé, est un homme politique togolais, premier président de la République togolaise d' au , date de son assassinat devant l'ambassade américaine de Lomé lors du coup d'État de 1963 fomenté par Gnassingbé Eyadema.

Biographie[modifier | modifier le code]

Naissance et famille[modifier | modifier le code]

Sylvanus Olympio est né le à Kpando dans le Togo allemand : cette partie du territoire résultant de la division de la colonie allemande entre la France et le Royaume-Uni après la défaite de l'Allemagne lors de la Première Guerre mondiale reviendra à l'administration britannique et sera rattachée au Ghana lors de l'indépendance. Son père, Epiphanio Elpidio Olympio (1873-1968), était un riche commerçant et planteur de cocoteraies, né d’une femme yoruba, princesse nigériane d’Abéokuta, et de Francisco da Silva Olympio, brésilien ; il récupérait des esclaves établis à Agoué dans le but de les élever. La mère de Sylvanus, Fidélia Afe (1862-1967), était de l’ethnie mamprusi de la région de Dapaong, au nord du Togo.

Éducation[modifier | modifier le code]

Sylvanus Olympio a fait ses études primaires à la Mission catholique allemande et à l’école coloniale française à Lomé, puis ses études secondaires dans le système anglais, à Kpando, au Togo britannique. En 1920, Sylvanus Olympio quitte l'Afrique pour poursuivre ses études à Londres, où il obtient la London Matriculation (l’équivalent du baccalauréat français) puis un diplôme en économie politique, en 1926, à la London School of Economics. Il suit ensuite des études supérieures en droit international à Dijon, en France, puis à Vienne, en Autriche[1].

Carrière professionnelle[modifier | modifier le code]

En 1927, Sylvanus Olympio ermine ses études. La Lever Brothers Company, à Londres, l'engage. En 1928, il rentre en Afrique, où il est affecté d’abord comme adjoint à l’agent général de la compagnie Unilever, à Lagos, au Nigeria, avant d'être muté comme chef de la société à Hô, au Ghana.

En 1932, Sylvanus Olympio est muté au Togo, où il est nommé directeur général Togo de la United Africa Company (UAC), filiale du groupe Unilever en zone française[2]. Il est aussi le porte-parole de la All Ewe conference à l'ONU. De 1946 à 1952, il est président de l'Assemblée territoriale du Togo[3].

1958 : Présidence du Togo[modifier | modifier le code]

En avril 1958, il devient le premier président du Togo. En septembre 1958, Charles de Gaulle revient au pouvoir. Sylvanus Olympio se rend à Paris pour s'entretenir avec lui, et engage à son retour au Togo le processus d'indépendance du pays, qui est fixée le 27 avril 1960 après avoir éte avalisée par les autorités onusiennes[3].

Sylvanus Olympio mène une politique opposée à une réunification Ghana-Togo malgré ses liens avec le peuple des Ewes[3]. Il s'affirme en faveur d'un maintien du Togo dans la zone franc CFA, mais plaide pour plus de flexibilité afin, par exemple, de lier la monnaie togolaise (la Banque centrale du Togo est fondée en 1962) au Deutsche Mark, ce que la France refuse[4]. Olympio plie sur la question de la monnaie, mais insiste pour maintenir un marché togolais libre et ouvert à l'international. En mars 1958, le premier minstre togolais envoie une lettre au président de la commission de la CEE, souhaitant y adhérer au titre de l'article 238 du Traité instituant la Communauté économique européenne auquel le Togo est associé en tant que pays africain français. Cette demande révèle une détermination de la part d'Olympio de ne pas se subobrdonner au système français. Il ne souhaite pas développer des liens économiques exclusifs avec ses voisins, ne leur prêtant que peu de confiance[3].

Une fois l'indépendance proclamée, Sylvanus Olympio s'emploie à développer des liens bilatéraux avec l'Allemagne et les États-Unis. Il s'entoure d'un conseiller monétaire allemand, von Mann. Les États-Unis fournissent des aides alimentaires et financières, et approuvent l'ambition d'autonomie économique du Togo[3].

Distances avec la France[modifier | modifier le code]

Article connexe : Françafrique.

Sylvanus Olympio a mené une politique jugée par le gouvernement français de l'époque comme opposé aux intérêts français. En mai 1960, il avait confié à l’AFP : « Je vais faire mon possible pour que mon pays se passe de la France. »[4]

Le Togo ne participe pas aux conférences d'Abidjan et de Brazzaville de 1960, et de fait ne fait pas partie de l'Union africaine et malgache de coopération économique. En septembre 1962, un accord est signé qui prévoit la création d'une banque centrale togolaise composée d'une direction franco-togolaise. Le franc togolais est garanti de façon illimitée par le Trésor français[3].

Il fut reçu le par Jacques Foccart, le conseiller de l'Elysée pour l'Afrique, mais dix jours après avoir rencontré le président Kennedy à Washington[4].

Assassinat[modifier | modifier le code]

Sylvanus Olympio est mort dans la nuit du 12 au . Il est d'abord attaqué le 12 à 23 heures devant son domicile par un commando de 6 hommes, puis est assassiné le lendemain matin à 7h15 devant l'ambassade des États-Unis à Lomé où il s'était réfugié. Selon Gilchrist Olympio, l'un des fils du défunt, c'est l'ambassadeur français Henri Mazoyer qui a prévenu l'ambassadeur américain Leon B. Poullada de la situation à l'ambassade américaine dans la nuit, vers 3h30. Ce dernier se serait rendu à son ambassade, y aurait retrouvé Sylvanus Olympio, et aurait prévenu son homologue français de la situation. À 7h15, 3 coups de feu sont entendus provenant de l'ambassade américaine où Sylvanus Olympio a été retrouvé assassiné[4].

Gnassingbé Eyadema, père de l'actuel président, aurait participé activement à l’assassinat, ce qu'il revendique par voie de presse (puis se rétracte au micro de RFI en 1992). Malgré le Freedom of Information Act, les autorités américaines n'ont toujours pas livré les détails sur les circonstances de cet assassinat d'un président africain au sein de l'une de ses ambassades[4].

Le 8 septembre 2011, un officier de la CVJR présent sur place le soir du crime affirme que « C’est PAUC, un soldat français, qui a tué le Président togolais Sylvanus Olympio, le Père de l’Indépendance », un témoignage relayé par RFI[5].

Vie privée[modifier | modifier le code]

Sylvanus Olympio épousa Dina Grunitzky, fille d’un officier allemand d’origine polonaise et d’une mère Anlo (un sous-groupe des Ewes) de Kéta et demi-sœur de Nicolas Grunitzky[6]. Ils eurent 5 enfants : Kwassi Bonito Herbert (décédé le ), Ablavi Rosita, Kwami Gilchrist Sylvanus (Gilchrist Olympio), Ayaba Sylvana et Kodzo Elpidio Fernando.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Têtêvi Godwin Tété-Adjalogo, Sylvanus Olympio : Père de la nation togolaise, Éditions L'Harmattan, , 292 p. (ISBN 9782296065079), p. 31.
  2. Têtêvi Godwin Tété-Adjalogo, Sylvanus Olympio : Père de la nation togolaise, Éditions L'Harmattan, , 292 p. (ISBN 9782296065079), p. 35.
  3. a b c d e et f Guia Migani, « La CEE ou la France, l’impossible choix de Sylvanus Olympio, président du Togo », sur Persee.fr,
  4. a b c d et e Christophe Boisbouvier, « Togo : qui a tué l’ancien président Sylvanus Olympio ? », sur www.jeuneafrique.com,
  5. Bertrand Kogoe, « Le témoignage de M. KOMBATE Michel sur la mort de Sylvanus Olympio. », sur Rfi.fr,
  6. « Article sur la famille Grunitzky » (consulté le 26 octobre 2013).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]