Histoire du Zimbabwe

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Le Monument national du Grand Zimbabwe qui a donné son nom au pays
Le pays portait le nom de Rhodésie du Sud à l'époque coloniale

L'histoire du Zimbabwe remonte à l'âge de la pierre, époque des plus anciennes traces de peuplement humain. L'existence d'anciennes civilisations développées durant la seconde moitié du Moyen Âge est attestée par des vestiges archéologiques d'importance.

Si les Portugais sont les premiers Européens à s'aventurer dans le territoire au XVIe siècle, ce n'est qu'à partir de 1890 que la colonisation commence. La région est sous influence britannique. Le territoire prend alors le nom de Rhodésie du Sud jusqu'en 1965, puis, après l’indépendance de la Rhodésie du Nord devenue Zambie, de Rhodésie jusqu'à la fin du régime ségrégationniste.

Le 18 avril 1980, la Rhodésie devient un État indépendant sous le nom de Zimbabwe (« Maison de pierre »).

Les anciennes civilisations[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Empire Monomotapa.
Peintures rupestres préhistoriques au Zimbabwe

Les Khoïsan sont les plus anciens habitants du pays et leur présence attestée en Afrique australe remonte à plus de 8 000 ans avant le début de notre ère. Essentiellement des agriculteurs, leur présence est attestée par les œuvres pictorales préhistoriques que l'on retrouve dans quantité de sites de cette région du monde.

Les premiers artisans du fer et agriculteurs de type bantous sont les Gokomere, arrivés d'Afrique centrale vers 500 sur le site du futur « Grand Zimbabwe ».

Entre le Ve et le Xe siècle, les Gokomere et leurs successeurs mirent en œuvre les techniques d'extractions de l'or et produisirent quantités d'objets en céramiques, des bijoux, des sculptures en stéatite et des étoffes de bonne qualité. Ces groupes étaient cependant avant tout des éleveurs de bétail en enclos. Ils dominèrent les groupes Sans antérieurs qui émigrèrent vers l'ouest quand ils n'étaient pas réduits en esclavage.

C'est entre le IXe et le XIIIe siècle qu'une civilisation édifia le monument de pierre de « Grand Zimbabwe », à l'origine de la civilisation shona (le monument a longtemps fait l'objet de polémiques sur son origine). Les fondateurs du « Grand Zimbabwe », près de Masvingo, étaient sans nul doute des bantous qui entretenaient des contacts commerciaux avec les commerçants arabes de la côte orientale de l'Afrique, plus particulièrement ceux établis dans l'actuel Mozambique. La cité elle-même de Grand Zimbabwe devait accueillir jusqu'à 20 000 habitants et son organisation sociale était structurée autour d'un roi, d'une caste dirigeante et d'une armée. L'influence de cette dynastie déclina soudainement au cours du XVe siècle sans doute sous l'influence de la surpopulation, de l'épuisement des pâturages, de la contestation populaire et de la fragmentation du royaume.

Vers 1420, des membres issus de la civilisation de Grand Zimbabwe fondent un état shona plus au nord, le royaume du roi Mwene Mutapa (« Le Grand Maraudeur »), connu sous le nom de Monomotapa, qui va prospérer jusqu'en 1629 alors qu'une autre dynastie, les Torwa, s'établit à Khami.

Vers 1440, l'empire de Monomatapa sous le règne du roi Mutota s'étendait à peu près sur le plateau de l'actuel Zimbabwe mais aussi sur une partie non négligeable de l'actuel Mozambique. Les ressources de cet empire reposaient essentiellement sur le contrôle des routes commerciales qui le reliait à la côte et sur les industries premières (or, fer, cuivre, ivoire, coton, agriculture) dont les extractions étaient revendues aux commerçants arabes et swahilis.

Le royaume shona des Torwa émergea vers 1480 et fut considéré comme le successeur direct du « Grand Zimbabwe ». Il prospéra grâce au commerce du bétail et de l'or.

Les empires du Zimbabwe[modifier | modifier le code]

Au début du XVIe siècle, l'arrivée des Portugais sur la côte mozambicaine réduit à néant le trafic commercial avec les peuples de Zimbabwe. Plusieurs escarmouches ont lieu entre les natifs de l'intérieur et les contingents militaires envoyés dans la colonie du Mozambique. Les négociants portugais et swahilis parvinrent également à jouer des rivalités entre tribus pour tenter de s'imposer et de s'emparer de tout l'or qu'ils trouvaient.

En 1629, le roi Mwene Mutapa Kapararidze échoua à fédérer les tribus indigènes contre les Portugais. Il fut déposé et remplacé par Mwene Mutapa Mavura, un vassal à la solde des Portugais. À la suite de plusieurs renversements d'alliances et de rébellion, c'est en 1690 que les Portugais, qui avaient investi le plateau rhodésien, sont finalement expulsés par les troupes du Monomatapa. Mais le domaine de l'ancien empire est dorénavant limité à la vallée du Zambèze (ainsi fragilisé, il s'effondre définitivement à la fin du XIXe siècle, victime des raids britanniques et portugais) alors que la dynastie Torwa est absorbée en 1684 par le clan Changamire, lequel fonde l'empire Rozwi.

Ce nouvel empire Rozvi surgit ainsi sur les décombres du royaume des Torwa, représentant près de la moitié du Zimbabwe actuel. Celui-ci va s'effondrer à son tour au milieu du XIXe siècle, victime indirecte des guerres zoulous menées au Natal et dans le futur Transvaal.

L'invasion Ndebele[modifier | modifier le code]

Mzilikazi, le roi des Ndébélés

En 1823, Mzilikazi, chef du clan Xumalo et lieutenant du roi zoulou Shaka entre en rébellion contre son monarque. Condamné à une mort certaine, il parvint à fuir le Zoulouland avec sa tribu. Après avoir gagné le Mozambique, il traverse les terres du futur Transvaal, poursuivi par les Impis du roi zoulou. Sa fuite le conduit dans le futur Botswana où il rencontre le missionnaire Robert Moffat avec qui il se lie d'amitié. Puis Mzilikazi continue vers le nord, jusque dans l'actuelle Zambie. Sur son passage, il pille, massacre et assujetti les populations locales. La réputation de Mzilikazi lui attire de nombreux guerriers qui rejoignent son armée ndébélée (« ceux qui disparaissent sous leur longs boucliers »). Refoulé de Zambie par la nation Kololo, il finit par s'établir définitivement dans le sud-ouest de l'actuel Zimbabwe vers 1840. C'est près des collines « Amatobos » (« les crânes chauves ») qu'il installe sa capitale, Inyati.

Ses troupes mettent un terme définitif à l'empire Rozwi (déjà moribond depuis les raids des armées ngunis de Soshangane et Zwangendaba en 1834), assujettissent les tribus locales shonas et imposent le mode de vie zoulou aux quatre coins de son nouvel empire du Matabéléland. C'est alors un état militaire centralisé sur le modèle de celui fondé par Shaka. Il parvient ainsi à repousser les incursions boers entre 1847 et 1851 et signe un accord de paix et de reconnaissance mutuelle avec la république sud-africaine du Transvaal en 1852.

En 1854, l'explorateur David Livingstone découvre les chutes Victoria. Il tente quelques années plus tard de remonter le cours du fleuve Zambèze. L'expédition durera de mars 1858 à la mi-1864, et se soldera par un échec et la mort par dysenterie de sa femme, le 29 avril 1863.

En 1859, Mzilikazi autorise Robert Moffat et son fils John à fonder non loin de Bulawayo une mission pour le compte de la Société missionnaire de Londres. Il refuse cependant la conversion au christianisme.

Le 5 septembre 1868, Lobengula succède à son père après avoir écarté ses rivaux. Il est couronné le 22 janvier 1870 et déplace la capitale du Matabéléland à Bulawayo. Le début de son règne est marqué par l'influence européenne dont il adopte le style vestimentaire. Mais dans les années 1880, les relations avec le gouvernement britannique se détériorent, l'amenant à revenir à sa culture d'origine.

C'est dans les années 1870 que plusieurs aventuriers européens explorent les territoires ndébélés et shonas. Frederick Selous découvre d'anciennes mines d'or, le peintre Thomas Baines découvre de l'or au Mashonaland et Adam Render révèle au monde l'existence des ruines du « Grand Zimbabwe ».

La Rhodésie du Sud (1890-1980)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Histoire de la Rhodésie du Sud.

La colonisation sous le régime de la BSAC (1890-1922)[modifier | modifier le code]

La Pioneer Column de 1890

En 1888, le roi ndébélé Lobengula, abusé par ses conseillers anglophones, « concédait » des droits miniers à la British South Africa Company (BSAC) de Cecil Rhodes, sur les territoires du Matabeleland, au sud du fleuve Zambèze. Croyant signer un droit de passage, il paraphait en fait l'annexion de son royaume. La BSAC obtenait ensuite du gouvernement britannique une charte l'autorisant à administrer les territoires conquis en Afrique australe.

En 1890, la Pioneer Column dirigée par Leander Starr Jameson et conduit par Frederick Selous débutait l'entreprise de colonisation avec la fondation de Fort Salisbury, qui deviendra plus tard Harare, la capitale du pays.

En novembre 1893, les troupes ndébélés de Lobengula, entrées en guerre contre les Britanniques, étaient vaincues. Bulawayo, la capitale Ndébélé, incendiée par Lobengula en fuite, était capturée. Le roi ndébélé décédait six mois plus tard de la variole.

En 1895, les territoires gérés par la BSAC furent alors divisés en Zambézie du Nord et Zambézie du Sud. La première fut ensuite partagée pour devenir la Rhodésie du Nord et le Nyassaland alors que la seconde prenait le nom de Rhodésie du Sud. Leur nom de baptême rendait hommage à Cecil Rhodes.

En janvier 1896, les ndébélés déclenchèrent la « Chimurenga » (rébellion ou guerre de libération) pour protester contre leurs conditions de vie imposées par les Britanniques. Suite à une vague de crimes sans précédent contre les blancs des districts isolés du Matabéléland, les colons se réfugièrent dans les enceintes de Bulawayo, Gwelo, Belingwe et Tuli. En juin, le Mashonaland était gagné par la révolte. Les troupes impériales britanniques, stationnées ordinairement au Natal, eurent la charge de dégager Bulawayo et les villes assiégées. Sous les pressions du gouvernement de Londres, Rhodes, résistant à l'appel à l'extermination demandé par les colons, vint en personne, au milieu des collines de Matopos, négocier un armistice avec les chefs Ndébélés le 21 août 1896. Deux mois plus tard, la paix était signée. Les shonas continuèrent de résister mais en vain.

Par ordre en concile du 20 octobre 1898, un conseil exécutif et un conseil législatif furent créés pour concilier les intérêts des colons et de la BSAC.

Par ailleurs, des réserves avaient été créées à l'usage exclusif des indigènes où aucun Européen ne pouvait pénétrer à l'exception des autorités civiles et des missionnaires. Ces derniers approuvaient cette ségrégation territoriale car ils y voyaient des « terres de mission » où ils pouvaient construire des écoles, des dispensaires, des hôpitaux, des fermes, des églises et enseigner la religion du Christ.

Sépulture de Cecil Rhodes aux monts Matopo

En 1902, Cecil Rhodes mourait au Cap. Il était enterré sur les monts Matopo, près de Bulawayo, salués par des centaines de guerriers matabélés.

En 1914, la charte de la BSAC arriva à terme. Les colons parvinrent à ce qu'elle soit renouvelée pour 10 ans avec une clause réservée prévoyant l'autonomie des territoires avant la fin de la décennie.

En une petite trentaine d'années, les colons étaient parvenus à construire des villes, à ouvrir des routes, défricher la brousse et irriguer des terres arides. Le chemin de fer qui partait du Cap avait relié Bulawayo dès 1890, puis franchit les Chutes Victoria pour atteindre le Katanga en 1907. Des lignes indépendantes relaient Bulawayo, Salisbury et Beira au Mozambique. Des mines d'or, d'amiante, de charbon et de chrome furent mises en exploitation alors que, tout comme l'élevage bovin, l'agriculture (tabac, céréales) se développait[1].

Les shonas et les ndébélés ne profitaient que très peu de cette expansion économique et industrielle et continuaient à vivre selon une économie traditionnelle, ne retirant de la terre que le nécessaire à leur survie. Cependant, les colons, trop peu nombreux, étaient tributaires de leur force de travail. Le Masters and Servants Act du 29 novembre 1901 institua ainsi des contrats de travail, écrits ou oraux, conclus pour un mois, sans salaire minimum garanti.

En 1922, après de violentes querelles entre colons et la BSAC, les Blancs de Rhodésie réclamèrent leur émancipation et l'autonomie politique. Consultés par référendum, ils écartèrent le rattachement à l'Afrique du Sud.

L'émancipation de la Rhodésie du Sud (1923-1953)[modifier | modifier le code]

Drapeau de Rhodésie du Sud (1923-1964)

En 1923, la Rhodésie du Sud devint une colonie de la Couronne britannique. Un gouvernement autonome, dirigé par Charles Coghlan, était chargé à Salisbury, la capitale, de la gestion du territoire alors que la Rhodésie du Nord et le Nyassaland demeuraient sous le contrôle du Colonial Office. Le parlement britannique conservait le droit d'intervenir dans la législation interne au titre des clauses réservées (dont celui au titre de la protection des droits indigènes). Le but était de transformer la Rhodésie du Sud, dont la population blanche était nettement plus importante, en un dominion comparable à l'Union de l'Afrique du Sud. Bien que la colonie fût encore officiellement non raciale, le droit de vote se fondait sur la citoyenneté britannique et les revenus annuels, des conditions que très peu de Noirs pouvaient remplir.

Le premier gouvernement de Rhodésie du Sud en 1924 dirigé par Charles Coghlan

Dans les années 1930, un régime ségrégationniste fut officiellement instauré avec la loi de répartition des terres (Land apportionnement Act) alors qu'en 1934, une loi établissait une législation sociale ségrégationniste, interdisant aux Noirs l'accès à certaines professions ou l'implantation dans des zones déclarées blanches. Ainsi le territoire était divisé entre zone blanche, les réserves, les fonds d'achat indigène, les terres des missions et les terres de la couronne. Au total, la superficie allouée aux Noirs était sensiblement égale à celles des Blancs mais ces derniers étaient dix fois moins nombreux que les Africains. La réserve indigène allait cependant se révéler totalement insuffisante pour une population en pleine croissance démographique.

L'opposition africaine à cette politique ségrégationniste se constitua lentement et ce n'est que dans les années 1940 qu'elle vit le jour, d'autant plus que le développement économique de la Rhodésie du Sud avait considérablement accru le revenu national brut de la colonie mais les 3/4 de celui-ci allaient au secteur blanc contre 1/4 au secteur noir (92 % de la population). Ainsi en 1949, une enquête de l'ONU révéla que la Rhodésie du Sud était l'un des territoires où la disparité des revenus était l'une des plus élevées du monde, où le revenu annuel d'un africain était de 31 $ contre 1 170 $ pour un rhodésien d'origine européenne.

Contrairement à leurs compatriotes de Rhodésie du Nord, les Noirs de Rhodésie du Sud ne jouissaient pas du droit de grève, ne pouvaient adhérer à un syndicat ou à un parti politique et leurs droits fonciers étaient peu respectés[2].

Au début des années 1950, la Rhodésie du Sud comptait alors plus de deux millions d'habitants dont 200 000 Blancs (soit précisément un Blanc pour 13 Noirs) [3].

La Fédération de Rhodésie et du Nyassaland (1953-1963)[modifier | modifier le code]

Drapeau de la fédération rhodésienne

En 1953, le statut des territoires rhodésiens change de nouveau avec leur intégration dans la Fédération d'Afrique centrale. Le gouvernement britannique choisit ainsi d'expérimenter une union administrative et économique de ses colonies d'Afrique centrale en les réunissant sous le contrôle d'un gouvernement fédéral avec pour objectif le développement économique de la région et tenter de mettre un frein aux aspirations nationalistes des Noirs. Ceux-ci disposaient théoriquement du droit de vote mais les conditions pour y accéder étaient tellement drastiques que moins de mille d'entre eux possédaient alors une carte d'électeur.

Le poste de premier Premier ministre de la fédération revint à Sir Godfrey Huggins (Lord Malvern) alors qu'en Rhodésie du Sud, c'est Garfield Todd, un libéral, fédéraliste, partisan de l'accession au pouvoir en douceur de la majorité noire, et opposant à la discrimination raciale qui arrive au pouvoir.

En 1955, lord Malvern fut remplacé par Roy Welensky à la tête du gouvernement fédéral.

En 1958, Garfield Todd, désavoué par son parti après avoir tenté d'accroître le corps électoral des Noirs de 2 à 16 %, démissionne et est remplacé par un partisan de la ségrégation, Edgar Whitehead alors que les dirigeants noirs sont de plus en plus hostiles au système de la fédération.

Dès 1959, l'état d'urgence fut proclamé dans chacune des 3 colonies.

En 1960, lors de la conférence sur la révision de la constitution fédérale provisoire de 1953, les représentants africains dénoncèrent l'intransigeance et le racisme des colons blancs de Rhodésie du Sud. Ils engagèrent alors des pourparlers directs avec le gouvernement britannique pour obtenir l'indépendance des 3 colonies.

En juillet 1961, une nouvelle constitution fut proposée par référendum aux 80 000 électeurs sud-rhodésiens. Elle fut approuvée par les seuls électeurs blancs alors que les 4 000 électeurs noirs s'abstenaient.

Le dirigeant nationaliste noir, Joshua Nkomo, créait alors la Zimbabwe African People's Union (ZAPU) alors que peu de temps après, un autre dirigeant noir, Robert Mugabe, fondait la Zimbabwe African National Union (ZANU). Tous deux réclamaient l'égalité raciale, le droit de vote et l'indépendance du pays qu'ils appelleraient Zimbabwe en référence aux ruines pré-coloniales de « Grand Zimbabwe ».

En mars 1962, le Front rhodésien (Rhodesian Front - RF) est créé par des Blancs conservateurs. En décembre 1962, ce RF, emmené par Winston Field, remporta les élections générales sud-rhodésiennes.

Au début de l'année 1963, la Grande-Bretagne reconnaissait le droit au Nyassaland de quitter la fédération désormais condamnée. Le 29 mars 1963, la même décision fut prise pour la Rhodésie du Nord.

Le 31 décembre 1963, la fédération de Rhodésie et de Nyassaland était officiellement dissoute.

La déclaration unilatérale d'indépendance de la Rhodésie[modifier | modifier le code]

Drapeau de Rhodésie (1964-1968)

En 1964, la Rhodésie du Sud était redevenue une colonie autonome. Ian Smith, un vétéran de la seconde guerre mondiale, avait succédé à Field à la direction du gouvernement le 13 avril 1964 avec la mission de maintenir les privilèges de la minorité blanche (8 % de la population).

Après les indépendances du Nyassaland (rebaptisé Malawi) et de la Rhodésie du Nord (Zambie), Smith obtint de ses électeurs un blanc-seing pour négocier l'avenir de la Rhodésie par le biais d'un référendum, par le soutien obtenu des grands chefs de tribus puis par la victoire totale du Front Rhodésien aux élections générales du 7 mars 1965.

Répartition de la Rhodésie par groupe de population, distinguant les zones européennes, les zones tribales, les terres indigènes et les parcs nationaux (1965)

Mais les négociations tournèrent court avec le gouvernement britannique. Pour éviter une indépendance imposée par Londres, le gouvernement colonial prit alors l'initiative le 11 novembre 1965 de déclarer unilatéralement son indépendance (Unilateral Declaration Of Independance - UDI).

Le gouvernement britannique non seulement déclara l'UDI illégale mais il prononça la dissolution du gouvernement rhodésien et la reprise directe du contrôle de l'administration de sa colonie par le gouverneur général. Ses décisions n'eurent cependant aucun effet à l'intérieur des frontières de la Rhodésie. Le Royaume-Uni s'en remit alors à l'ONU et prôna des sanctions économiques « non punitives ». Aux Nations unies, les résolutions se succédèrent condamnant fermement l'UDI et enjoignant les gouvernements à ne pas reconnaître le nouvel État. En 1968, la première résolution imposant des sanctions obligatoires totales fut votée par le Conseil de sécurité, mais certains États, comme l'Afrique du Sud, le Portugal, Israël où les États-Unis prirent des dispositions non contraignantes permettant de contourner ces sanctions.

La république de Rhodésie (1970-1979)[modifier | modifier le code]

Drapeau de Rhodésie (1968-1979)

Le 3 mars 1970, la république est proclamée en Rhodésie, sur le modèle du régime parlementaire de Westminster. Les critères pour être électeurs étant très stricts, il n'y avait en 1970 que 8 000 Africains (sur 5 millions) bénéficiant du droit de vote afin d'élire 16 députés noirs alors que 82 300 Blancs (sur 256 000 Rhodésiens) élisaient 50 députés blancs. Cette iniquité civique se retrouvait dans la répartition géographique du territoire où 7 % de Blancs détenaient 49 % des terres. Les 92 % restant de la population (les Noirs) se partageaient 51 % de terres au titre des « réserves indigènes ». Les mouvements noirs de libération étaient interdits et leurs chefs régulièrement emprisonnés.

Les Nations unies continuèrent d'organiser l'isolement international de la Rhodésie mais de nombreux États et des sociétés internationales contournaient discrètement les sanctions. La richesse du sous-sol rhodésien en métaux rares était utile pour les industries occidentales.

En 1971, un accord semblait intervenir entre la Grande-Bretagne et la Rhodésie concernant le statut du territoire. Ce projet prévoyait la diminution progressive de la ségrégation raciale jusqu'à son abolition complète, l'extension rapide du droit de vote aux Africains et leur participation progressive aux affaires politiques du pays. En janvier 1972, une commission royale vérifia si le projet recevait l'accord de toute la population de Rhodésie. Dans son rapport, elle répondit négativement, constatant que si 98 % de la population blanche était favorable, de même que la quasi-totalité des chefs tribaux, le projet était cependant rejeté par la grande majorité des Noirs. Il se trouva alors enterré.

Le pont au-dessus du Zambèze, entre Rhodésie et Zambie

Le 25 août 1975, John Vorster, premier ministre d'Afrique du Sud et Kenneth Kaunda, président de la Zambie, entreprenaient de concert une rencontre au sommet entre Ian Smith et les dirigeants noirs des mouvements de guérilla dont la lutte s'était intensifiée depuis 1972. La rencontre eut lieu dans un wagon sud-africain stationné sur un pont situé au-dessus des chutes Victoria à la frontière entre la Zambie et la Rhodésie. Au bout de neuf heures d'entretien, cette conférence entre Smith, Abel Muzorewa, Joshua Nkomo, le révérend Ndabaningi Sitholé, et Robert Mugabe se solda par un échec.

En 1976, soutenu par les États-Unis, Vorster, inquiet de l'évolution politique de l'Angola et du Mozambique deux anciennes colonies portugaises indépendantes depuis l'année précédente entreprit de convaincre Smith d'accepter un compromis avec les nationalistes noirs modérés. Ce compromis débouche sur les accords de Salisbury du 3 mars 1978, signés entre Ian Smith et trois dirigeants africains modérés. Le 21 mars 1978, le premier gouvernement multiracial de Rhodésie était formé avec un conseil exécutif réunissant les signataires de l'accord.

En septembre 1978, la situation sur le terrain dégénère démontrant la vulnérabilité de la société civile. Ainsi, le 3 septembre, un avion de ligne d'Air Rhodesia, avec à son bord 59 passagers et membres d'équipage, est abattu peu de temps après son décollage de l'aéroport du lac Kariba par des missiles sol-air tirés par la guérilla de la ZIPRA. Sur les 18 survivants, 10 sont ensuite massacrés à la kalachnikov par les membres de la guérilla [2]. Joshua Nkomo revendiqua la destruction en vol de l'avion mais nia que les survivants aient été abattus par ses hommes[4].

En janvier 1979, une nouvelle constitution est ratifiée par les 3 % de Rhodésiens blancs. Ceux-ci disposeraient d'un quota de 28 sièges de députés sur 100. La constitution fut néanmoins désavouée par tous les autres mouvements noirs, les Nations unies et la Grande-Bretagne.

En avril 1979, les premières élections multiraciales eurent lieu. Le parti d'Abel Muzorewa remporta 51 des 100 sièges alors que le Front rhodésien remportait les 28 sièges réservés aux Blancs.

Le Zimbabwe-Rhodésie (1979)[modifier | modifier le code]

Drapeau du Zimbabwe-Rhodésie

Le 1er juin 1979, Abel Muzorewa devenait le premier Premier ministre noir de la nouvelle Zimbabwe-Rhodésie Le premier président noir nommé fut Josiah Gumede et succéda au dernier président blanc du pays et un nouveau drapeau national adopté en septembre.

Ian Smith restait ministre dans le nouveau gouvernement qui comprenait 12 ministres noirs et 5 ministres blancs.

Pour l’Afrique du Sud, il s’agissait d’un gouvernement noir modéré mais pour les Nations unies, ce n’était qu’un nouveau régime discrédité et illégitime. L’absence de reconnaissance internationale et la pression de la guérilla empêcha le nouveau gouvernement d’assoir sa légitimité d’autant plus que Smith restait l’homme fort du régime au sein du gouvernement.

Aux États-Unis et au Royaume-Uni, ce n’était que de justesse cependant que les demandes de levée des sanctions contre la Rhodésie étaient rejetées. Aux États-Unis, c’est d’ailleurs le président Jimmy Carter qui refusa la levée des sanctions pourtant votée par le Sénat américain le 12 juin 1979 par 75 voix contre 19. Le Sénat tenta de passer outre mais la Chambre des représentants rejoignit la position du président américain qui estimait que les élections d’avril 1979 n’avaient été « ni équitables ni justes ce qu’il confirma de vive voix à Muzorewa lors de sa visite à Washington le 11 juillet 1979.

Au Royaume-Uni, Lord Carrington, le nouveau secrétaire britannique au Foreign Office, déclara pourtant que le gouvernement de Muzorewa était « l’autorité légitime » de la Rhodésie du Sud et qu’il fallait l’aider.

Constatant l’échec de son projet de constellation d’États amis, le gouvernement du nouveau premier ministre sud-africain Pieter Willem Botha poussa alors Muzorewa et Smith à revenir de nouveau à la table des négociations avec le Royaume-Uni et les autres partis noirs d’oppositions.

Si les sanctions ne firent pas plier la Rhodésie du Sud, elles l’avaient considérablement affaiblie au bout de quinze ans. De plus, le harcèlement des mouvements de guérilla avait fini par lasser une population blanche dont le solde migratoire était devenu négatif depuis 1975.

La fin de l'utopie rhodésienne (1979-1980)[modifier | modifier le code]

En septembre 1979 s’ouvrirent des négociations au Royaume-Uni entre le gouvernement britannique, le gouvernement de Muzorewa et les mouvements de libération noir (ZANU, ZAPU, etc). Les négociations sont ardues et pour éviter tout blocage, notamment de la part du Front patriotique, le parlement britannique vota en novembre une loi conférant au gouvernement britannique le droit d’amener unilatéralement le Zimbabwe-Rhodésie vers l’indépendance.

Au 30 novembre, la guerre du Bush de Rhodésie du Sud avait déjà fait 19 500 victimes chez les Noirs (10 300 guérilleros et 7 500 civils) et 953 victimes chez les Blancs et les forces de sécurité (480 soldats sud-rhodésiens blancs ou noirs, 473 civils blancs).

Le 12 décembre 1979, dix ans après le début de la guérilla et vingt mille morts, l'ex-colonie rebelle accepta qu'un nouveau gouverneur soit nommé mettant fin à 14 années d'indépendance convulsive. Le gouvernement britannique nomma Lord Soames gouverneur général de la colonie de Rhodésie du Sud avec les pleins pouvoirs.

L’Union Jack était de nouveau hissé à Salisbury en lieu et place du drapeau de Zimbabwe-Rhodésie marquant le retour effectif de la souveraineté britannique sur sa colonie rebelle. La Grande-Bretagne regagne ainsi son prestige entamé par deux guerres mondiales et la décolonisation.

Les négociations constitutionnelles ouvertes à Lancaster House depuis septembre au Royaume-Uni sous l’égide de Lord Carrington, ministre de Margaret Thatcher, aboutissaient à un accord entre Ian Smith, Muzorewa et les chefs de la ZANU et du ZAPU.

Le 21 décembre 1979, les accords de Lancaster House prévoyaient l’instauration d’un régime parlementaire, le maintien au parlement pendant sept ans de vingt sièges sur cent réservés aux Blancs et l’interdiction pendant dix ans de procéder à une nationalisation forcée de la propriété privée. Cependant, une redistribution pacifique des terres avec indemnisation conséquente était encouragée, avec les garanties apportées par le Royaume-Uni. Les accords de Lancaster House furent ratifiées par la Chambre des communes sous le nom de Zimbabwe Act alors que le conseil de sécurité des Nations unies décidait parallèlement de la levée de toutes les sanctions votées contre la Rhodésie du Sud.

Une amnistie générale fut proclamée empêchant toute poursuite au Royaume-Uni pour des actes commis en Rhodésie du Sud entre le 11 novembre 1965 et le 12 décembre 1979.

Le cessez-le-feu entra en vigueur à partir du 28 décembre 1979 et fut effectif à partir du 4 janvier 1980 sous le contrôle de 1 200 hommes du contingent du Commonwealth. Le 6 janvier 1980, l’armée sud-rhodésienne fut autorisée à assister la police dans le maintien de l’ordre suite à la persistance de l’insécurité et au développement du banditisme.

À partir du 21 janvier 1980, quelque 240 000 réfugiés dans les pays limitrophes commencèrent à rejoindre la Rhodésie du Sud alors que 18 500 guérilléros rejoignaient les seize points de ralliements désignés pour leur assignation.

La campagne électorale limitée à six semaines fut traversée d’actes de violence et d'intimidation de la part du parti de Robert Mugabe. Soames choisit cependant de ne pas disqualifier le ZANU de Mugabe alors même que l'accord de Lancaster House prévoyait d'écarter les partis se livrant à l'intimidation. Robert Mugabe fut par ailleurs l’objet de deux tentatives d’assassinat.

Les élections eurent lieu le 14 février 1980 pour les vingt sièges réservés à la population blanche remportées dans leur totalité par le Front rhodésien de Ian Smith.

Du 27 au 29 février 1980, le vote se tint pour les 80 sièges réservés aux Noirs. Le président de Tanzanie, Julius Nyerere, dans l’attente du résultat définitif des élections, prévint alors qu’il ne reconnaîtrait qu’un gouvernement issu du Front patriotique et en aucun cas issu du Zimbabwe-Rhodésie. À la surprise générale, ce fut le parti le plus radical, le ZANU-Front patriotique de Robert Mugabe, qui remporta l’élection avec 62,9 % des voix (57 sièges) reléguant loin derrière son rival de la ZAPU de Joshua Nkomo (25 % des voix et 20 sièges) ainsi que l’UANC d’Abel Muzorewa (8 % des suffrages et 3 sièges).

Le 4 mars 1980, Robert Mugabe, un chrétien marxiste, fut désigné pour le poste de Premier ministre par Lord Soames. Il constitua un gouvernement de Front national incluant deux Blancs : Dennis Norman à la tête du ministère de l’Agriculture et David Smith à la direction du ministère de l’industrie et du Commerce.

Le 18 avril 1980, l’ancienne Rhodésie du Sud accédait une nouvelle fois à l’indépendance sous le nouveau nom de Zimbabwe. Le nouvel État fut accueilli chaleureusement par la communauté internationale. Le nouveau président de la République du Zimbabwe était Canaan Banana, un modéré.

Le Zimbabwe rejoignait immédiatement les Nations unies puis le Commonwealth et dès septembre 1980, rompit ses relations diplomatiques avec l’Afrique du Sud tout en maintenant des relations économiques et commerciales assez étroites.

Le Zimbabwe de 1980 à 2000[modifier | modifier le code]

Drapeau du Zimbabwe

Le nouveau gouvernement de Robert Mugabe donnait une impression d'unité nationale. Deux Blancs, par ailleurs anciens ministres dans les gouvernements de Ian Smith, avaient été nommés aux postes sensibles de l'agriculture et de l'industrie. L'ancien Premier ministre libéral Garfield Todd, emprisonné sous Smith, fut nommé sénateur et Joshua Nkomo, le frère ennemi, était nommé au gouvernement. Le général Peter Walls[5], chef de l'armée nationale rhodésienne, était maintenu à son poste et pilotait la fondation de l'armée nationale du Zimbabwe en intégrant les anciens guérilleros de la ZANLA et de la ZIPRA. Mugabe affirmait alors vouloir se démarquer des exemples désastreux du Mozambique ou de Tanzanie. Ses premières mesures symboliques furent l'augmentation générale des salaires et la mise en place de nouveaux programmes sociaux axés sur l'éducation et la santé.

Le nouveau dollar du Zimbabwe qui succéda au dollar rhodésien

Entre 1980 et 1985, la population blanche passa néanmoins de 225 000 à moins de 100 000 personnes. La minorité blanche n'allait plus peser sur la vie politique du pays puisqu'il lui était interdit de participer à toute coalition parlementaire visant à sanctionner le gouvernement.

Économiquement, cette minorité continuait cependant de peser. Ainsi, 4500 fermiers de souche européenne exploitaient 49 % des terres agricoles permettaient au pays de garder son autosuffisance alimentaire et d'être contributeur au Programme alimentaire mondial. Mais il y avait 200 000 fermiers noirs qui réclamaient des terres à cultiver et dont les revendications n'allaient cesser de mettre le gouvernement sous pression. Ainsi, dès la première année de l'indépendance, des manifestations anti-blancs, réclamant la redistribution des terres, dégénèrent. En septembre 1980, les deux statues de Cecil Rhodes érigées devant le parlement de Salisbury et dans le centre de Bulawayo, furent déboulonnées par une foule en furie, exigeant une redistribution immédiate des terres et l'expulsion de tous les Blancs.

La nouvelle carte du Zimbabwe

L'Afrique du Sud voisine jouait néanmoins un rôle, le régime d'apartheid lançant de temps en temps des raids contre les bases de l'ANC sur territoire zimbabwéen face aux troupes zimbabwéennes impuissantes.

Pour bien marquer sa rupture avec le colonialisme, le gouvernement fit rebaptiser ou réorthographier toutes les villes du pays lors du deuxième anniversaire de l'indépendance en avril 1982 à l'instar de Salisbury, désormais appelé Harare[6].

C'est cependant la rivalité entre la ZANU et la ZAPU qui débouche sur une dégradation générale et un conflit armé sanglant. Dès 1981, Nkomo avait été évincé du gouvernement et plusieurs de ses partisans arrêtés. Le conflit politique se calquait sur un conflit ethnique. Mugabe était un Shona (comme ses 62,9 % d'électeurs) et Nkomo un ndébélé (comme l'essentiel de ses électeurs). Après la découverte de caches d'armes clandestines de la ZAPU, des activités de guérilla reprirent dans le Matabeleland. Nkomo fut accusé de trahison. En janvier 1983, Mugabe envoyait la cinquième brigade, formée par la Corée du Nord, pour rétablir l'ordre au Matabéléland. Des milliers de civils furent massacrés et des villages rasés. Nkomo s'enfuit alors en Angleterre. Ce ne fut qu'en 1988, et après 25 000 civils tués, que la réconciliation Nkomo-Mugabe met fin au conflit, assurée par une amnistie et la fusion entre la ZANU et la ZAPU dans la ZANU-Front patriotique.

En 1987, les Blancs de la l'Alliance conservatrice du Zimbabwe (Conservative Alliance of Zimbabwe - CAZ), l'ex-front rhodésien, perdirent leur représentation assurée de 20 députés et furent éliminés du parlement. Leurs sièges furent mis à disposition du gouvernement qui nomma une vingtaine de députés. La coalition gouvernementale se retrouva alors avec le soutien de 99 députés sur 100. Détenant ainsi les pleins pouvoirs, Robert Mugabe fit modifier la constitution afin d'instituer un régime présidentiel, supprimant le poste de Premier ministre et reprenant le titre de président à son compte. Joshua Nkomo devint alors l'un des deux vice-présidents du Zimbabwe.

Bien que représentant 1 % de la population, les Zimbabwéens blancs continuaient néanmoins de diriger l'économie en assurant 80 % du PNB.

Cependant, dès la fin des années 1980, le régime apparaissait comme corrompu et la profession de foi socialiste des principaux dirigeants de la ZANU masquait de plus en plus mal la recherche par ceux-ci de grands profits financiers. En 1988, le pouvoir fut impliqué dans le scandale de l'usine d'assemblage automobile de Willowvale. La corruption fut alors dénoncée par une presse encore libre et par les étudiants de l'Université de Zimbabwe. Se sentant menacé, le régime répondit rapidement en supprimant ses subventions à l'Université et en renforçant son contrôle politique.

Peu à peu, la figure de héros national dont bénéficie le président Mugabe lors de sa prise de pouvoir au début des années 1980, laisse la place à un régime autoritaire affectant la situation du pays à la fin des années 1990.

Le démantèlement de l'apartheid en Afrique du Sud et l'effondrement de l'URSS eurent de profonde répercussion aux pays, poussant le régime et l 'opinion nationale à se tourner vers le libéralisme et le multipartisme renforçant le pouvoir des 100 000 Blancs restants et augmentant les contestations au régime (grèves, manifestations) et le désir d'expulser les Blancs.

En 1990, le basculement vers l'autoritarisme fut confirmé alors que s'abattait la répression contre tous ceux susceptibles d'animer un mouvement d'opposition, qu'ils soient Blancs ou Noirs. Ainsi, les élections de mars 1990 furent entachées de multiples fraudes favorisant les candidats gouvernementaux. Le ZUM (Mouvement uni du Zimbabwe) d'Edgar Tekere, principal force d'opposition libérale et démocrate, alors en pleine croissance fut victime d'un redécoupage électoral tendancieux. Son candidat le plus prometteur, Patrick Kombayi à Gweru, fut la victime d'une tentative de meurtre qui obligea tous les autres candidats du ZUM à tenir profil bas[7].

En août 1990, la contestation était aussi interne à la ZANU. À la réunion du comité central, 22 des 26 membres se prononcèrent contre la transformation de la république en régime de parti unique voulu par Mugabe. Celui-ci se rangea finalement sans risque à la décision majoritaire, le pays ne connaissant plus aucun parti d'opposition structuré.

Robert Mugabe fut encore réélu en 1996 avec 92 % des suffrages à la présidence de la république, après le retrait de ses deux opposants.

Conformément à une loi votée en 1992, Mugabe décida de mettre en œuvre sa réforme agraire et de nationaliser la moitié des terres des 4 500 fermiers blancs qui possédaient à cette date encore 30 % des terres cultivables dans le but officiel de les redistribuer aux centaines de milliers d'africains démunis. Cependant, seuls les grands domaines pouvaient être rentables pour un pays comme le Zimbabwe et pouvaient lui permettre son autosuffisance alimentaire. De plus, la mesure était pénalisante pour l'économie du pays car les fermiers blancs réalisaient plus de la moitié du PIB et avaient droit à de justes indemnités selon la loi et la constitution du pays.

Le 9 décembre 1997, une grève nationale à l'initiative des vétérans de la ZANLA paralysa le pays. Les vétérans réclamaient des terres et de justes compensations pour leurs services au sein de la guérilla. Il leur fut accordé des pensions qui étaient bien supérieures à ce que permettait le budget de l'État zimbabwéen.

En dépit des mises en garde du FMI, Mugabe décida alors de commencer la redistribution autoritaire des terres appartenant aux Blancs. Ces derniers et leur syndicat contestèrent alors la loi devant la justice et utilisèrent tous les moyens juridiques à leur disposition. À partir de là, une campagne de terreur urbaine et rurale finit par submerger le pays afin de chasser les fermiers blancs réticents, conduisant le pays à la plus grave crise politique, économique et sociale de son histoire.

Le Zimbabwe depuis 2000 : un pays en crise[modifier | modifier le code]

Mugabe contesté : 2000[modifier | modifier le code]

À la surprise générale, Mugabe était désavoué en février 2000 par la population à l'occasion d'un référendum sur une modification de la constitution qui aurait pu ouvrir la voie à une large réforme agraire permettant l'expropriation sans indemnisation des fermiers blancs.

Quelques mois plus tard, le parti de Mugabe, la ZANU-PF manquait de perdre les élections face au MDC (Mouvement pour le changement démocratique) de Morgan Tsvangirai, première force politique à pouvoir enfin concurrencer le parti de Mugabe. La grande majorité des circonscriptions urbaines échappèrent au ZANU-PF. Malgré les fraudes orchestrées par le pouvoir, le MDC faisait quasiment jeu égal avec le ZANU de Mugabe mais conformément à la constitution, celui-ci nommait directement une trentaine de députés supplémentaires, donnant une majorité nette à son parti[8].

Les surenchères de Mugabe[modifier | modifier le code]

Mugabe annonça peu de temps après l'expropriation quasi générale de tous les fermiers blancs[9].

Les fermes furent alors occupées et dévastées par des bandes de brigands au service du ZANU-PF, regroupés sous l'égide de pseudo anciens vétérans du combat pour l'indépendance. Ceux-ci intimidèrent violemment les employés, pillèrent les maisons plongeant le pays dans la famine et la pauvreté n'hésitant pas à tuer sous les yeux complices de la police. L'assassinat de fermiers provoqua la consternation et la condamnation la plus ferme du Royaume-Uni. La redistribution tant annoncée n'eut pas lieu sinon au bénéfice des proches du régime.

Ian Smith était lui-même exproprié alors que Doris Lessing, écrivain renommée, ayant passé sa jeunesse en Rhodésie et ancienne opposante au régime blanc, critiquait pour la première fois les méthodes du président zimbabwéen.

En 2002, sur les 13 millions de Zimbabwéens, 9 millions - soit 7 habitants sur 10 - vivaient en deçà du seuil de pauvreté, 1 sur 2 était au chômage. L'utilisation démagogique de la question de la terre et la stigmatisation de plus en plus violente par le régime des 50 000 Blancs du pays finirent par plonger le Zimbabwe dans une crise économique et politique sans précédent. La famine menaçait dorénavant l'ancien grenier à blé d'Afrique [10],[11].

Le choix de la dictature[modifier | modifier le code]

Lors de l'élection présidentielle de mars 2002, Mugabe fut sérieusement accroché par le chef du MDC. Grâce à une fraude électorale massive constatée par les observateurs internationaux, il arriva néanmoins à se maintenir au pouvoir avec 56 % des voix contre 41,9 % à son adversaire[12].

La Grande-Bretagne tenta alors d'organiser avec les pays du Commonwealth des sanctions internationales contre le Zimbabwe. Appuyé par les pays occidentaux, les États-Unis et l'Australie, les britanniques eurent cependant du mal à convaincre les pays africains à se joindre à eux. Bien au contraire, ces derniers rechignèrent à sanctionner un des leurs et firent bloc autour du dictateur, justifiant sa réforme agraire par les abus du colonialisme.

Durant l'été 2002, Mugabe fixa un ultimatum à 2 900 des 4 500 fermiers blancs pour quitter leurs fermes. Ceux qui refusèrent de s'y soumettre furent arrêtés, malgré des décisions de justice contraires. Quelque 197 fermiers ainsi arrêtés acceptèrent finalement de quitter leurs exploitations sous la menace. Lors d'un nouvel ultimatum en septembre, il apparu que le gouvernement avait décidé qu'environ 95 % des fermes appartenant à des Zimbabwéens blancs devaient être redistribuées. Mais cette politique de saisie des terres et la sécheresse contribuèrent à des pénuries de nourriture dans tout le pays.

En 2003, le pays était au bord de la guerre civile avec un taux de chômage supérieur à 70 % de la population active. La famine sévissait dans ce qui était autrefois le grenier à blé de l'Afrique australe. Des émeutes de la faim éclatèrent alors que les terres prises aux Blancs restaient en friche car les nouveaux fermiers noirs manquaient de moyens et de connaissances. L'opposition organisa des journées générales de grève très suivies mais qui n'eurent aucun effet sur le gouvernement autre que de renforcer la répression.

Le chef de l'opposition qui avait défié Mugabe lors des dernières élections en 2002 fut alors poursuivi pour haute trahison devant les tribunaux. Encourant la peine de mort, il fut finalement acquitté par le tribunal en 2004.

En mars 2005, lors des élections législatives, la Zanu-PF remporta une victoire écrasante, avec 78 sièges au Parlement contre 41 pour le Mouvement pour le changement démocratique, tétanisé par la brutalité du régime et l'indécision de ses dirigeants à défier frontalement Mugabe[13] et[14] . Comme la Constitution donnait au président du Zimbabwe le pouvoir de nommer 30 députés supplémentaires, la Zanu-PF eu finalement plus des deux-tiers des sièges. Les Zimbabwéens expatriés furent exclus du vote alors que les élections s'étaient déroulées en l'absence d'observateurs internationaux qualifiés pour en assurer le bon déroulement.

La démolition de bidonvilles (printemps 2005)[modifier | modifier le code]

Depuis les élections de mars 2005, la situation des droits humains au Zimbabwe n'a cessé de se détériorer.

Au printemps 2005, Mugabe décida de démolir les bidonvilles de la banlieue d'Harare (qui avaient vu le jour suite à la grave crise économique que traverse le pays et qui pousse de nombreux zimbabwéens à chercher du travail dans les villes), de fait les fiefs de l'opposition, en faisant expulser les habitants vers les zones rurales très pauvres. Officiellement, cette campagne de nettoyage, présentée sous forme de slogans tels que « Se débarrasser des ordures » et « Restaurer l'ordre », avait pour but de combattre la criminalité et de permettre de reloger décemment les familles vivant dans ces bidonvilles. Pour reloger les familles le gouvernement promettait de dépenser 325 millions de dollars pour la construction de 1,2 million de maisons ou l'achat de terrains constructibles, qui devrait voir le jour d'ici 2008. Mais pour l'opposition, c'était une mesure punitive à l'égard de ceux qui n'avaient pas votés pour le parti de Robert Mugabe.

En juin 2005, plus de 300 000 personnes avaient déjà ainsi été expulsées. La situation était tellement préoccupante qu'une envoyée spéciale des Nations unies, Anna Kajumulo Tibaijuka, directrice de l'Agence des Nations unies pour les établissements humains (ONU-Habitat), fut nommée pour enquêter sur les destructions et expulsions [3], alors que plus de 200 organisations non gouvernementales africaines et internationales effectuaient un appel conjoint et à l'Union africaine pour qu'elles viennent en aide aux populations du Zimbabwe[15]. Certains de ces groupes n'hésitèrent plus à comparer la politique de Mugabe avec celle de Pol Pot au Cambodge en 1975.

Le 22 juillet 2005, ONU-Habitat, rendit son rapport dans lequel furent dénoncées les démolitions « désastreuses » de bidonvilles, effectués « sans discernement, de manière injustifiée et dans l'indifférence à la souffrance humaine » précipitant une « crise humanitaire d'immenses proportions » [4]. Le nombre de personnes privées de domicile ou d'emploi était alors chiffré à plus de 700 000 (1,5 million selon l'opposition). Prenant acte du rapport, le Secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, exhorta le gouvernement du Zimbabwe à cesser immédiatement le programme de démolition [5].

En réponse, le ministre zimbabwéen des Affaires étrangères, Simbarashe Mumbengegwi, dénonça ce rapport qu'il juge avoir un « ton pro-opposition » et d'avoir exagéré « grossièrement le nombre de personnes qui ont été affectées par l'opération ». Le Premier ministre britannique Tony Blair a également été accusé d'avoir manipulé la mission de l'ONU [16].

Une réforme constitutionnelle limitant les libertés et la justice[modifier | modifier le code]

Photo prise le 12 août 2006 devant l'ambassade du Zimbabwe à Londres : des opposants au régime de Robert Mugabe s'expriment à l'étranger.

Le 30 août 2005, le parlement, dominé par les partisans de Robert Mugabe, approuva la révision de la Constitution permettant la nationalisation des fermes appartenant aux Blancs et le durcissement de la répression contre les opposants politiques. L'un des amendements constitutionnels retira aux exploitants blancs toute possibilité de recours judiciaire.

Un autre article interdit aux Zimbabwéens soupçonnés d'activités terroristes, ou d'opposition politique virulente, de sortir du territoire. Le texte priva également de droit électoral toute personne ayant au moins un parent étranger bien que détenant le statut de résident permanent. Il prévoit en outre que toute personne suspectée de porter atteinte aux « intérêts » nationaux puisse être interdite de sortie du territoire[17]. Cet article viole ainsi le droit de combattre l'oppression, inscrit dans les droits de l'Homme.

Aujourd'hui, le Zimbabwe compte plus de 10 millions d'habitants, dont à peu près 30 000 Blancs (principalement âgés), lesquels ne représentent plus que 0,3 % de la population totale alors que plus de 3 millions de Zimbabwéens, selon l'opposition (incarnée principalement par le Mouvement pour le changement démocratique (MDC), ont fui le pays.

Les élections présidentielle et législatives du 29 mars 2008[modifier | modifier le code]

Les élections présidentielle, municipales et législatives du 29 mars 2008 se déroulent dans un contexte économique, politique et social très tendu. L'ancien grenier à blé de l'Afrique australe est alors en ruine, avec une hyperinflation annuelle de 165 000 % en février, quatre adultes sur cinq au chômage, des magasins vides, des pénuries alimentaires et énergétiques à répétition alors que l'espérance de vie a dégringolé à 36 ans. Le chef de l'état sortant, Robert Mugabe bénéficie du soutien sans faille de la police et de l'armée ainsi que d'un système élaboré de clientélisme assorti de campagnes de répression ou d'intimidation des partis rivaux[18].

Candidat à un 6e mandat présidentiel, Robert Mugabe (Union nationale africaine du Zimbabwe-Front patriotique - Zanu-Pf) affronte de nouveau Morgan Tsvangirai (Mouvement pour le changement démocratique - MDC) et Simba Makoni, un ancien ministre des finances, dissident du Zanu-PF. Pour les élections législatives qui ont lieu en même temps, le MDC et la Zanu-PF sont les principaux rivaux[19].

Les élections ont lieu en l'absence de la plupart des correspondants de la presse étrangère et des observateurs européens et américains, le régime n'ayant accepté que la présence d'observateurs de pays africains ou « amis » comme la Chine, l'Iran ou le Venezuela[20]. Plus de 5,9 millions d'électeurs sont appelés aux urnes.

Le 31 mars, deux jours après le scrutin, les résultats parviennent au compte-goutte et semblent favorables à l'oppostion. Le MDC accuse cependant les autorités de retarder les résultats pour les manipuler en faveur de Robert Mugabe. Par crainte de violences, les forces de sécurité sont déployées dans la capitale du pays alors que, dans ce contexte tendu, la Communauté de développement d'Afrique australe (SADC) décerne un blanc-seing au scrutin électoral avant même la publication des résultats officiels alors que le MDC accuse la Commission électorale et le régime d'être de mèche avec les responsables de la mission de la SADC[21] .

Le 2 avril, au bout d'un long décompte, la commission électorale du Zimbabwe déclare finalement que, sur 210 sièges, le MDC obtenait 105 sièges (dont 5 MDC dissidents) contre 93 au Zanu-PF, signifiant ainsi que ce dernier ne pourrait pas obtenir une majorité parlementaire même en obtenant les quelques sièges encore à pourvoir. La commission reconnait également la défaite du ministre de la justice, Patrick Chinamasa, celle d'un autre ministre, Chen Chimutengwende et la réélection de la vice-présidente Joyce Mujuru. Par contre, au Sénat, les deux partis se retrouvent à égalité selon les chiffres de la commission. De son côté, le MDC proclame que Morgan Tsvangirai est élu président avec 50,3 % des voix mais aucun résultat officiel n'est encore proclamé.

Le 7 avril, le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon demande aux autorités de procéder à la publication officielle des résultats de l'élection présidentielle alors que le ZANU-PF demande un nouveau décompte des suffrages. L'absence de publication officielle des résultats de l'élection présidentielle fait alors craindre au MDC que la Commission électorale ne manipule les résultats. De son côté, Robert Mugabe appelle les zimbabwéens à protéger leurs terres contre les Blancs alors que la Zanu-PF accuse le MDC de vouloir annuler la redistribution des terres aux Noirs[22]. Le 16 avril 2008, lors d'une réunion du Conseil de sécurité, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon appelle l'Afrique australe à "une action décisive" au Zimbabwe, dénonçant les violences politiques en cours, qui avaient déjà fait au moins deux morts (deux membres de l'opposition tués par des partisans du ZANU-PF) et 157 blessés. Alors que 18 jours après le scrutin, les résultats officiels de l'élection présidentielle sont toujours inconnus, une cinquantaine de militants de l'opposition dont un député sont arrêtés par la police. Selon un diplomate occidental, le gouvernement aurait lâché ses troupes sur les villages qui autrefois avaient été acquis à Robert Mugabe, et qui avaient voté MDC pour la première fois. Le diplomate témoigne d'exactions dans tout le pays, de personnes tabassés, de maisons incendiées ou d'hôpitaux attaqués par des gens armés[23] .

Les résultats de l'élection présidentielle sont finalement publiés le 2 mai. D'après ces résultats officiels, Morgan Tsvangirai avait obtenu près de 48 % des suffrages, devançant Robert Mugabe (43 %). un second tour est alors rendu nécessaire pour départager les deux candidats. Si le MDC maintient que Tsvangirai a obtenu 50,3 % des voix, il n'a pas d'autres choix que de participer à ce second tour, mais demande, sans succès, que celui-ci se déroule en présence d'observateurs internationaux[24].

Prévu pour le 27 juin 2008, la campagne électorale se déroule sur fonds de violences politiques continues marquées par des "atrocités" commises par la police d'état contre des membres de l'opposition et leur famille mais aussi par l'arrestation de ses principaux chefs à commencer par Tsvangirai[25] .

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Roland Pichon, Le Drame rhodésien, Idoc-France, 1975, p. 53-55.
  2. John Gunther, L'Autre Afrique, NRF, Gallimard, 1958, p364-365
  3. John Gunther, L'Autre Afrique, NRF, Gallimard, 1958, p336-337
  4. En février 1979, un second avion de ligne (Umniati) est abattu au décollage près des chutes Victoria
  5. il sera licencié en 1983
  6. Alors que Salisbury était renommée Harare, Que fut ré-orthographié Kwe Kwe, et Umtali devenait Mutare. Seules Bulawayo, dont le nom était antérieur à la colonisation, et les chutes Victoria, dont le patronyme était mondialement connu et constituait la destination touristique du pays, échappèrent à une nouvelle dénomination. Parallèlement, les noms des rues et des écoles furent changés faisant disparaître les noms coloniaux (Rhodes, Grey, Jameson, Victoria, Salisbury…) ; tous les bâtiments publics et autres lieux furent aussi rebaptisés à l'instar du square Cecil de Salisbury qui devint le square de l'unité africaine à Harare
  7. Voir article général Zimbabwe, le prix de l'Impunité par Amnesty international citant la tentative d'assassinat contre Kombayi
  8. Article de Basildon Peta dans « The Financial Gazette », Le président Mugabe poussé vers la sortie, paru dans Courrier international n° 505 du 6 juillet 2000.
  9. Abbey Makoe, Article « Après les terres, nous occuperons les mines », The Independent, paru dans Courrier international n° 503.
  10. Article du Mail & Guardian (Afrique du Sud) « Le Zimbabwe, un pays à l'agonie », L'ancien grenier de l'Afrique australe est exsangue. Queues interminables pour obtenir un peu d'aide alimentaire, famine, chômage, sida et marché noir rythment le quotidien du pays, dirigé d'une main de fer par Robert Mugabe, paru dans Courrier international n°654.
  11. Article de Peter Beaumon dans « The Observer », Quand Mugabe cherche à affamer ses opposants paru dans Courrier international n°631.
  12. Mugabe a remporté la victoire sur son rival Morgan Tsvangirai en ayant recours à la violence, à l'intimidation et à la manipulation, Mail & Guardian, paru dans Courrier international n°594
  13. Michael Wines et Sharon LaFraniere, « Mugabe offre un simulacre de démocratie », New York Times, paru dans Courrier international n°751
  14. Tom de Castella, Prospect, paru dans Courrier international n°745
  15. Parmi ces groupes de défense des droits civiques et des droits humains signataires de cet appel international, figuraient les Avocats du Zimbabwe pour les droits humains (Zimbabwe Lawyers for Human Rights), le Réseau inter-africain pour les droits de l'homme et le développement (Inter Africa Network for Human Rights, AFRONET), Amnesty International [1] à l'ONU, le Centre pour le droit au logement et contre les expulsions (Centre on Housing Rights and Evictions, COHRE), l'Institut des droits de l'homme de l'Association du Barreau international (International Bar Association's Human Rights Institute), et l'organisation International Crisis Group
  16. La relation entre Tony Blair et le président Robert Mugabe, a toujours été très tendue, le second qualifiant le premier d'homosexuel et de raciste
  17. Cet article fut notamment défendu par le ministre de la Justice, Patrick Chinamasa, qui a à ce sujet déclaré qu'il « n'est pas moralement juste et patriotique pour un zimbabwéen d'aller de par le monde avec un passeport zimbabwéen en réclamant une invasion militaire du Zimbabwe ou l'adoption de sanctions officielles ou officieuses »
  18. L'opposition du Zimbabwe dénonce des fraudes électorales, article de Reuters du 29 mars 2008
  19. article de Reuters du 29 mars 2008, ibid
  20. Élection au Zimbabwe : l'opposition se déclare gagnante contre le président Mugabe, article de l'AFP du 1er avril 2008
  21. Les voisins du Zimbabwe accusés de protéger Mugabe, article de l'AFP publié dans 20 minutes du 31 mars 2008
  22. La communauté internationale demande la publication des résultats de la présidentielle, article du journal Le Monde du 7 avril 2008.
  23. l'ONU appelle l'Afrique à agir au Zimbabwe, théâtre de violences, article de l'AFP du 17 avril 2008
  24. (fr) "Morgan Tsvangirai n'exclut plus un second tour", France 24, 15 avril 2008
  25. Nouvelles atrocités contre des opposants au Zimbabwe, article paru dans Libération du 13 juin 2008

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sur le Zimbabwe en général[modifier | modifier le code]

À propos de la Rhodésie[modifier | modifier le code]

  • Georges Fisher, Le Problème rhodésien, in Annuaire français de droit international, 1965, p41-70
  • Peter Eiseman, Les Sanctions contre la Rhodésie, Pédone, 1972, 122p
  • Roland Pichon, Le Drame rhodésien, Idoc-France, 1975, 247p

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Chronologie générale[modifier | modifier le code]

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Les civilisations anciennes[modifier | modifier le code]

La Rhodésie[modifier | modifier le code]