Histoire du Ghana

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Le Ghana est nommé d'après l'empire existant au moyen Âge en Afrique de l'Ouest, l'Empire du Ghana. Cet Empire a lui-même été désigné en Europe et en Arabie, comme l'Empire du Ghana, d'après le titre de son empereur, le Ghana. L'Empire semble avoir été brisé en 1076 à la suite de la conquête du général almoravide Abu Bakr Ibn Omar. Un royaume a continué à exister après la fin de la dictature almoravide, et le royaume a été incorporé ultérieurement aux empires sahéliens, comme l'Empire du Mali.

Une grande partie de la zone a été unifiée sous l'Empire ashanti au XVIe siècle. Les gouvernements Ashanti fonctionnent d'abord comme un réseau lâche puis mettent en place progressivement une bureaucratie centralisée, avec comme capitale Kumasi. Les puissances coloniales sont attirées par ce territoire par le commerce d'or puis la traite d'esclaves. Ce pays accède à l’indépendance dès 1957.

Préhistoire et Antiquité[modifier | modifier le code]

Des fouilles archéologiques attestent que la côte de l'actuel Ghana est habitée dès le début de l'âge du bronze, vers -4000 par des peuples pratiquant la pêche dans les lagons et rivières. Le centre du pays, au nord de la zone forestière, a pu être colonisé entre le IIeet le Iermillénaire av. J.-C. par des hommes venus du bassin du Niger. Comme dans la plus grande partie de l'Afrique subsaharienne, l'agriculture s'y répand jusqu'à la fin du IVe siècle à partir de la frange sud du Sahara.

Moyen Âge et période pré-coloniale[modifier | modifier le code]

À la fin de l'ère classique, plusieurs royaumest émergent en Afrique de l'Ouest, dont l'empire soninké du Ghana au nord du Ghana actuel. À l'origine, le titre ghana ne désigne que le roi, mais les textes arabes l'emploient pour parler du roi, de la capitale et du royaume lui-même. Au IXe siècle, l'historien et géographe arabe Al-Yaqubi désigne le Ghana comme l'un des trois États les plus organisés de la région avec Gao et le royaume du Kanem-Bornou. Il fait état de la richesse en or du royaume, de l'opulence de sa cour et de l'habileté de ses guerriers. Le commerce de l'or y attire de nombreux marchands d'Afrique du Nord. La puissance militaire et le contrôle sur les mines d'or de la région déterminent les relations du Ghana avec l'Afrique du Nord et la Méditerranée pour plusieurs siècles.

Le développement du commerce encourage l'apparition d'États Akans sur la route menant aux mines du sud à travers la forêt. La forêt elle-même n'est que peu densément peuplée jusqu'à la fin du XVe siècle, lorsque quelques groupes Akan s'y installent en y amenant des plants de sorgho, de banane et de manioc importés d'Asie du Sud-Est et d'Amérique. Au début du XVIe siècle, des sources européennes mentionnent l'existence d'États riches en or dans la vallée de l'Ofin.

À la même époque, les Mandingue qui avaient fondé les États Haoussas dans le nord de l'actuel Nigéria et près du lac Tchad émigrent vers le sud-ouest et s'imposent aux peuples indigènes occupant alors le nord du Ghana et du Burkina Faso actuels. Ils y fondent les États de Dagomba et de Mamprusi, et influencent le développement du Gonja.

Tant la tradition orale que les fouilles archéologiques semblent s'accorder sur le fait que les États de Mamprusi, Dagomba et Gonja, ainsi que les États Mossi de Yatenga et Wagadugu sont parmi les premiers royaumes à émerger au Ghana moderne et sont bien établis au tournant du XVIe siècle. Les Mossi et les Gonja adoptent la langue des peuples qu'ils avaient envahi, mais conservent leurs traditions dont quelques-unes témoignent encore aujourd'hui de leur origine septentrionale.

Le premier état Akan date du début du XVe siècle et correspond à l’Ashanti. Les Dioula, commerçants de race Manding viennent y acheter l’or. Au XVIIe siècle apparaissent, sur la côte le royaume Denkyra et un peu au nord le royaume Ashanti et son premier souverain Obiri Yebora, dont le successeur Osei Tutu remporte une série de victoires contre les états voisins. Selon les récits traditionnels, c’est lui qui reçoit du ciel, par l’intermédiaire d’un devin célèbre, Okomfo Anokye, le trône d’or, symbole de la puissance des rois ashanti, sur lequel était répandu le sang des prisonniers capturés au combat et sacrifiés[1].

La tradition veut que le royaume Gonja soit fondé par des cavaliers venant du Mali, qui s’inquiétent de voir diminuer la quantité d’or que le royaume de Bono fournit aux Dioula. La raison en est que de nouveaux acquéreurs étaient apparus sur la côte, les européens[1].

La colonisation portugaise[modifier | modifier le code]

En 1471, les Portugais débarquent sur la côte du futur Ghana, qui reçoit par la suite le nom de « Gold Coast » (Côte-de-l’Or). En 1482, ils fondent un premier comptoir commercial à São Jorge da Mina, là où se situe actuellement la forteresse Elmina. Les Portugais se lancent dans le commerce de l’or, et la région devient le premier fournisseur de l’Europe. Ils gardent ensuite le monopole de ce commerce pendant plus d’un siècle et demi, jusque vers 1650. Ils se lancent également dans le commerce des esclaves, commerce plus rentable encore que celui de l’or, qu’il supplante bientôt en importance dès la seconde moitié du XVIIe siècle. Ils fondent El Mina, véritable base militaire, à partir de laquelle les Portugais imposent leur volonté aux ethnies côtières, afin qu´elles leur fournissent or et esclaves.

Ce commerce attire des convoitises. Les Hollandais réussissent à chasser les Portugais de l’Afrique occidentale en prenant leurs principales forteresses, entre 1637 et 1641. Les nouveaux colonisateurs partagent l’espace côtier avec les Britanniques, et quelques marchands européens. À l’intérieur des terres, de puissants états Akans se créent, dirigés par les Ashantis, qui exercent une domination sans partage sur les peuples voisins. Ceux-ci doivent leur payer un tribut sous forme d’esclaves.

Carte de 1896 montrant la colonie anglaise de la "Gold Coast"

Chronologie de la colonisation[modifier | modifier le code]

Le premier établissement universitaire de l'Afrique colonisée, en 1827[modifier | modifier le code]

Le rattachement de la Côte de l'Or à la Sierra Leone voisine, temporaire, contribue pour une bonne part à la formation d'une élite intellectuelle ghanéenne dès le XIXe siècle, bien plus tôt que dans les autres territoires coloniaux[5]. Le premier établissement universitaire de l'Afrique sous domination coloniale est fondé en 1827, le collège de Fourah Bay. Parallèlement, l'enseignement primaire et secondaire se développe dans les missions, principalement protestantes de l'église weselyenne et des luthériens de Bâle. Les élèves du primaire apprennent à lire dans leur langue vernaculaire, dont les missionnaires codifient la grammaire et l'orthographe[5], puis apprennent l'anglais dans le secondaire. Cette élite anime les premières formations politiques africaines, en particulier l'Aborigene's right protection society (ARPS), dont le plus illustre fondateur est J.E Casely Hayford, auteur de plusieurs livres, dont Ethiopia Unbound, qui exalte le nationalisme africain à partir de thèmes bibliques.

Dans les années 1850, un métis né de père écossais et de mère africaine, James Bannerman, est nommé lieutenant gouverneur de la "Gold Coast" et son fils fondae le premier journal africain du Ghana, l'Accra Herald[6]. Des écrivains comme Attoh Ahuma et Mensah Sarbah étudient le passé de leur pays et dénoncent les préjugés raciaux.

La colonisation britannique[modifier | modifier le code]

Drapeau de la Gold Coast

Les Britanniques prennent progressivement l’avantage face aux Portugais et aux Hollandais, dans la lutte pour le contrôle du commerce de l’or et des esclaves. Mais ce dernier est aboli en 1807 par le parlement de Winchester.

Le royaume Ashanti, inquiet de perdre le bénéfice du commerce des esclaves lance alors une campagne contre l'ethnie vivant sur la côte, les Fanti[7]. Cette campagne est suivie de plusieurs autres, mais en 1874, les Fanti trouvent dans l'Angleterre, qui av racheté la colonie danoise de ChristianBorg dès 1850, un allié providentiel qui défait le roi Ashanti[7].

Les Britanniques achètent les comptoirs hollandais et fondent une nouvelle colonie, le Togo britannique (Togoland) en 1874. Au cours du XIXe siècle, les Britanniques mènent de nombreuses guerres contre les Ashanti, armés de mousquets et regroupés dans une capitale de 100 000 habitants environs, Kumasi, découverte en 1817 par le premier explorateur anglais Thomas Bodwich. Les territoires sont confiés aux missionnaires de la Société des missions africaines.

Les colonisateurs fixent dès 1901 les frontières du Ghana : le territoire Ashanti et le nord du pays, annexé à partir de 1896, furent soumis et rattachés à la colonie[8]. Une partie du Togo allemand, peuplée par les Éwé, lui fut ajoutée en 1922. Dans les années 1920, la « Côte de l’Or » devient la colonie africaine la plus prospère grâce à sa contribution majeure à l'histoire de la culture du cacao, et aux exploitations minières. Les Anglais construient les premières écoles du pays, celles-ci seront peu nombreuses. L’anglais devient la langue officielle, mais les langues locales sont tolérées par les autorités coloniales dans les écoles primaires, l’anglais restant la principale langue d’enseignement.

La décolonisation[modifier | modifier le code]

En 1939, lors de la Seconde Guerre mondiale, le Royaume-Uni s´engage contre l´Allemagne nazie. Les grandes villes britanniques sont bombardées et la flotte anglaise est gravement endommagée. Le pays ne sort victorieux de la guerre que grâce à son courage et à l´aide de son empire et de ses alliés : États-Unis, Australie, Canada. Les troupes américaines, canadiennes et alliées occupent la Grande-Bretagne pour préparer les débarquements en Italie puis en France. Le pays dévasté ne se reconstruit que grâce à l’aide financière américaine. Le Royaume-Uni est donc lourdement endetté et soutenu avec toutes ses colonies par les États-Unis. Le glas de l’Empire britannique sonne. L’Inde, colonie gigantesque devient indépendante deux ans après la guerre, en 1947.

Par idéologie, les superpuissances américaine et soviétique sont opposés au colonialisme, et poussent la Grande-Bretagne à faire des réformes en 1956. Pendant la crise du canal de Suez, les troupes britanniques sont obligées de se retirer sous la menace nucléaire soviétique. La Grande-Bretagne est alors diminuée sur le plan international.

En 1925, les Britanniques ont organisé des élections au Ghana, afin d’élire un conseil législatif des chefs autochtones. Mais la vie politique ne se développe réellement qu’après la Seconde Guerre mondiale. À la suite des troubles nationalistes incessants, les Britanniques donnent plus d’autonomie au pays. Un fait majeur dans le chemin vers l’indépendance a lieu en 1951, avec la victoire du Parti de la convention du peuple (Convention People's Party, CPP), fondé en 1949 par Kwame Nkrumah. Aux élections législatives qui suivent, Kwame Nkrumah devient chef du gouvernement local, et, en collaboration avec les autorités britanniques, il obtient l’indépendance, proclamée en janvier 1957.

L’indépendance[modifier | modifier le code]

Première République[modifier | modifier le code]

La Côte de l'Or est le premier pays noir-africain colonisé à accéder à l’indépendance. Un de ses premiers actes de souveraineté, le est d’abandonner son nom colonial de Côte de l’Or au profit de son actuel nom, 'Ghana', en hommage à l’Empire du Ghana. Le Ghana entra dans les jours suivants aux Nations unies.

En 1960, Nkrumah devient naturellement le premier président du pays. Le système scolaire s’étend grâce à l’aide internationale et remplace le système de formation traditionnel. Dès les années 70, Le Ghana obtient ainsi l’un des meilleurs taux d’alphabétisation d’Afrique, avec plus de 60 % des enfants, garçons et filles, scolarisés et alphabétisés. En 1964, il impose un parti unique, et une dérive autoritaire s'amorce. Le pays s´endette aussi pour se moderniser et s´ouvre au commerce international.

Coup d’État de 1966[modifier | modifier le code]

Un coup d'état militaire, le 24 février 1966, met fin à cette Première République. Au moment du coup d’Etat, Nkrumah est en voyage pour la Chine. Il est alors au faite de sa notoriété à l’international mais a perdu sa popularité au sein de son pays[9]. La Guinée accepte de l’accueillir en asile politique. Il y est reste jusqu'à sa mort en 1972, dans un hôpital roumain[9].

Un Conseil national de libération est mis en place par le général Joseph Ankrah, le chef d'Etat militaire, et un ancien leader de l’opposition à Nkrumah, Kofi Abrefa Busia, est nommé Président du Comité consultatif national de ce conseil militaire. En 1967-1968, Busia dirige le Centre pour l'éducation civique. Il devient également membre du Comité de révision constitutionnelle. Lorsque le Conseil national de libération lève l'interdiction des partis politique, Busia fonde le Parti du Progrès.

Seconde République[modifier | modifier le code]

Busia devient le premier ministre en septembre 1970. C’est la seconde République qui commence, avec l'intermède militaire. Le collège électoral choisi comme président Edward Akufo-Addo, l'un des principaux hommes politiques nationalistes de l'United Gold Coast Convention (UGCC) qui, bien qu'ayant participé à la lutte pour l'indépendance aux cotés de Nkrumah, s’étaient opposé à lui à partir de 1964.

Les mesures initiées par le gouvernement de Busia sont l'expulsion d'un grand nombre de non-ressortissants du pays et la limitation des participations étrangères dans les petites entreprises. Ces initiatives visant à réduire le chômage créé par la situation économique précaire. Elles sont populaires parce qu'elles forcent les étrangers , en particulier les Libanais, les Asiatiques, et les Nigérians, à quitter le secteur de la distribution où ils étaient accusés injustement de monopoliser l’activité commerciale au détriment des Ghanéens. D’autres initiatives de Busia ne sont pas populaires. Ainsi, en est-il de la décision d'introduire un programme de prêts pour les étudiants à l'université, en lieu et place d’un accès libre, a été contestée parce qu'elle a été interprétée comme l'introduction d'un système de classe dans les plus hautes institutions éducatives. Certains observateurs ont même considérée de la dévaluation de la monnaie nationale et ses encouragements à l'investissement étranger dans le secteur industriel étaient de nature à nuire à la souveraineté du pays. Il impose également des mesures d’austérité à l’administration et à l’armée, et cède aux mêmes dérives, au fil des ans, que le premier président du pays, Nkrumah : harcèlement de l’opposition, pression sur le pouvoir juridique[9].

Nouveaux coups d’État militaires en 1972, 1978, et 1979[modifier | modifier le code]

Malgré un large soutien populaire lors de sa création et de fortes relations à l'étranger, le gouvernement de Busia tombe, victime d’un nouveau coup d’État de l’armée, après vingt-sept mois d’activité, le 13 janvier 1972 et alors qu’il est en traitement dans une clinique londonienne[9]. Le lieutenant-colonel Ignatius Kutu Acheampong, temporairement commandant de la Première Brigade autour d'Accra, mène ce coup d'état, sans effusion de sang , mettant ainsi fin à la Seconde République, et s’installe au pouvoir[10].

Il y reste jusqu’au 5 juillet 1978. Plusieurs changements sont mis en œuvre au Ghana durant cette période : l’adoption du système métrique, le changement de la conduite à gauche pour la conduite à droite, l'"Opération RSS Yourself "(un programme visant à développer l'autonomie dans l'agriculture), la « reconstruction nationale » (visant à promouvoir l'emploi et des compétences pour les travailleurs), les projets de rénovation dans les villes, et la reconstruction / mise à niveau des stades conformément aux normes internationales.

En juillet 1978, il est renversé par un coup d’État mené par un autre militaire. Il est remplacé par le chef d'état-major de la Défense, le lieutenant-général Fred Akuffo[11]. Il reste en résidence surveillée. Puis il est arrêté avec deux autres anciens chefs d'Etat (le général Afrifa et le général Akuffo) et cinq autres officiers supérieurs (Amedume, Boakye, Felli, Kotei et Utuka), et exécutés par un peloton le 16 juin 1979, après un énième coup d’État le 4 juin 1979 qui amène au pouvoir le capitaine d'aviation Jerry Rawlings. Le Conseil révolutionnaire des forces armées réapparaît.

Troisième République[modifier | modifier le code]

Le 24 septembre 1979, le pouvoir est transmis par Jerry Rawlings à un gouvernement civil mené par le Président Hilla Limann. C’est la troisième République du Ghana, qui dure peu de temps. Le 31 décembre 1981, en effet, un nouveau coup d'État renverse le régime de Limann . Jerry Rawlings revient au pouvoir.

Chute de la Troisième république et nouvelle période de transition[modifier | modifier le code]

Le nouveau gouvernement qui prend le pouvoir le 31 décembre 1981 est le huitième dans les quinze années depuis la chute de Nkrumah. S'appelant lui-même Conseil «provisoire» de Défense Nationale (PNDC), ses membres comprennent Rawlings en tant que président, le Brigadier Joseph Nunoo-Mensah (qui Limann avait rejeté en tant que commandant de l'armée), deux autres policiers et trois civils. En dépit de ses origines militaires, l’exécutif s’efforce de laisser la place à la société civile, progressivement. Cette volonté se concrétise par la nomination de quinze civils aux postes de ministre[12].

Dans une émission de radio, le 5 janvier 1982, Rawlings expose les facteurs qui motive selon lui la chute de la Troisième République. Il veut «une chance pour le peuple, les paysans, les ouvriers, les soldats, les riches et les pauvres, de faire partie du processus de prise de décision.» Il décrit les deux ans depuis l'AFRC a remis le pouvoir à un gouvernement civil comme une période de régression au cours de laquelle les partis politiques ont tenté de diviser le peuple pour mieux régner. Le but ultime du retour de Rawlings est donc de «rétablir la dignité de l'homme pour les Ghanéens», en impliquant la population dans la transformation de la structure de la société. Bien que les nouveaux dirigeants conviennent de la nécessité d'un changement radical, ils divergent sur les moyens de l'atteindre. Par exemple, John Ndebugre, secrétaire à l'agriculture dans ce gouvernement, appartient à une organisation de gauche radicale, qui plaide pour une approche marxisme-léninisme. Il est bien éloigné des orientations économiques envisagées par les proches de Rawlings[12].

En accord avec l’engagement de Rawlings en janvier 1982, des comités et institutions se mettent en place pour intégrer la population en général dans les mécanismes du gouvernement national. Des comités de travailleurs, des comités de Défense (WDCs) des comités Citoyens, etc.. Ces comités sont impliquées dans des projets communautaires et des décisions de la communauté. Les tribunaux publics, établis en dehors du système juridique, sont aussi créés pour juger les personnes accusées d’actes antigouvernementaux . Et des séminaires de une à quatre semaines visant à rendre ces cadres moralement et intellectuellement prêts pour leur rôle dans la révolution sont organisés à l'Université du Ghana, Legon, en juillet et en août 1983[12].

La première phase d'action commence en 1983. Son objectif est de retrouver une stabilité économique, en acceptant une étape d’austérité. Le gouvernement veut réduire l'inflation et de recréer la confiance dans la capacité du pays à récupérer. En 1987, le progrès est évident. Le taux d'inflation a chuté à 20%, et entre 1983 et 1987, la croissance de l'économie du Ghana reprend. Des prêts arriérés datant d'avant 1966 sont payés. En reconnaissance de ces réalisations, les agences internationales promettent plus de 575 millions de dollars pour l'avenir du pays. Une phase Deux du redressement peut commencer qui prévoit la privatisation d'actifs de l'Etat, la dévaluation de la monnaie, et l'augmentation de l'épargne et de l'investissement, et qui se poursuit jusqu'en 1990[12]. Par contre, un des problèmes de cette politique de redressement est l’accroissement du chômage.

Rétablissement du multipartisme[modifier | modifier le code]

Sous la pression internationale et interne pour un retour à la démocratie, le Conseil provisoire ou PNDC permet la mise en place d'une Assemblée Consultative composée de 258 membres représentant les districts géographiques, ainsi que des citoyens et des entreprises. L'assemblée est chargée d'élaborer un projet de constitution pour fonder une quatrième république. Le PNDC accepte le résultat des débats sans révision, et ce résultat est soumis à un référendum national le 28 avril 1992, dans laquelle il reçoit 92% d'approbation. Le 18 Mai 1992, l'interdiction des partis politiques est levée dans le cadre de la préparation d'élections multipartites.

Le PNDC et ses partisans forment un nouveau parti, le Congrès National Démocratique (NDC). Les élections présidentielles ont lieu le 3 novembre 1992 et les élections législatives le 29 décembre de la même année. Les membres de l'opposition boycottent les élections législatives, cependant, ce qui a entraîné un Parlement de 200 sièges avec seulement 17 membres de partis d'opposition et deux indépendants.

Quatrième république[modifier | modifier le code]

La Constitution entre en vigueur le 7 janvier 1993. C'est le début de la Quatrième République. En 1996, l'opposition participe à la présidentielle et aux élections législatives, qui sont décrites comme pacifiques, libres et transparentes par les observateurs nationaux et internationaux. Rawlings est ré-élu avec 57% des suffrages. En outre, son parti, le NDC, obtient 133 des 200 sièges du Parlement, soit seulement un siège de plus que la majorité des deux tiers nécessaire pour continuer à adapter la Constitution.

Lors de l'élection présidentielle de décembre 2000, Jerry Rawlings approuve le choix de son vice-président, John Atta-Mills, comme le candidat de la décision du NDC, lui même arrivé au pouvoir par un coup d’État en 1981, puis élu en 1992 et en 1996, n'a pas de briguer un troisième mandat, selon la constitution. Il quitte le pouvoir à cinquante-trois ans, après une vingtaine d'années durant lesquelles il a joué les premiers rôles. Mais John Kufuor, candidat du Nouveau Parti patriotique (NPP), parti d'opposition, remporte l'élection, et devient le président le 7 janvier 2001, ce résultat marquant une alternance politique. Le vice-président est Aliu Mahama[13]. Kufuor remporte une autre échéance présidentielle en 2004. Pendant quatre ans, il a su préserver une stabilité économique et politique, et réduire l'inflation[14].

Durant les deux mandats présidentiels de Kufuor, plusieurs réformes sociales sont menées, telles que la réforme du système d'Assurance Nationale de Santé du Ghana[15]. En 2005, est mis en place un programme d'alimentation en milieu scolaire, avec la fourniture d'un repas chaud gratuit par jour dans les écoles publiques et les écoles maternelles dans les quartiers les plus pauvres. Bien que certains projets sont critiqués comme étant inachevés ou non-financés, les progrès du Ghana sont remarqués à l'échelle international[16].

Le président Kufuor quitte le pouvoir en 2008, respectant comme son prédécesseur, la limite du nombre de mandat possible. La décision du Nouveau Parti Patriotique est de choisir Nana Addo Dankwa Akufo-Addo, le fils de Edward Akufo-Addo comme leur candidat, tandis que le Congrès National Démocratique choisit John Atta Mills pour la troisième fois. John Atta Mills remporte l'élection. Il bénéficie ensuite de l'exploitation de forages pétroliers qui créent une dynamique nouvelle. La gestion de cette manne, qui soulève de grands espoirs dans la population, se veut basée sur un modèle norvégien avec « une industrie pétrolière où le sens de l’équité et de la justice doivent être reproduits localement pour le bénéfice de tous les Ghanéens »[15].

Le 24 juillet 2012, le président meurt. Le pouvoir est transmis au vice-président, John Dramani Mahama, et des élections sont convoquées[15]. Il choisit le Gouverneur de la Banque du Ghana, Amissah Arthur, comme nouveau vice-président. Il est confirmé à son poste par le scrutin de décembre 2012[17]. Son mandat est perturbé par une croissance en berne et des scandales de corruption et il perd l'élection présidentielle de 2016 face au chef de l'opposition Nana Akufo-Addo[18].

Références[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. a et b Les cinquante Afriques, Hervé Bourges et Claude Wauthier, Seuil, (1978), page 578
  2. Patrick Puy-Denis, Le Ghana, Éditions Karthala, (lire en ligne), p. 66
  3. Jean-Michel Deveau, L'or et les esclaves: histoire des forts du Ghana du XVIe au XVIIIe siècle, Éditions Karthala, (lire en ligne), p. 106
  4. a et b (en) Robin Blackburn, The Making of New World Slavery: From the Baroque to the Modern, 1492-1800, Verso, , p. 243-256
  5. a et b Les cinquante Afriques, Hervé Bourges et Claude Wauthier, Seuil, (1978), page 581
  6. (en) A summary history of the Ghana press, 1822-1960 Par K. A. B. Jones-Quartey
  7. a et b Les cinquante Afriques, Hervé Bourges et Claude Wauthier, Seuil, (1978), page 579
  8. Les cinquante Afriques, Hervé Bourges et Claude Wauthier, Seuil, (1978), page 580
  9. a, b, c et d Pierre Cappelaere, Ghana. Les chemins de la démocratie, Editions L’Harmattan, , p. 11-22
  10. McLaughlin & Owusu-Ansah (1994), "The National Liberation Council and the Busia Years, 1966–71".
  11. Reuter, « Ghana », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  12. a, b, c et d (en) McLaughlin & Owusu-Ansah (1994), "The second coming of Rawlings: the first six years, 1982–87".
  13. « John Kufuor a été investi président du Ghana », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  14. « John Kufuor réélu à la présidence du Ghana », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  15. a, b et c Fabrice Praz, « La démocratie modèle du Ghana à l’épreuve », Le Temps,‎ (lire en ligne)
  16. (en) William Lambers, Ending World Hunger: School Lunches for Kids Around the World : Interviews with Officials from the United Nations World Food Programme about School Feeding Initiatives that Fight Child Hunger, (lire en ligne), « Ghana », p. 44-46
  17. « Le président ghanéen Mahama élu à la tête de la Cédéao », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  18. Agence Belga, « Présidentielle au Ghana: le président sortant concède sa défaite », sur rtl.be, (consulté le 21 février 2017).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) D.E.K. Amenumey, Ghana : a concise history from pre-colonial times to the 20th century, Woeli Pub. Services, Accra, 2008, 281 p. (ISBN 978-9988-62609-9)
  • Pierre Cappelaere, Ghana: les chemins de la démocratie, Paris, L'Harmattan 2007.
  • (fr) Jean-Michel Deveau, L'or et les esclaves : histoire des forts du Ghana du XVIe au XVIIIe siècle, Unesco, Karthala, Paris, 2005, 330 p. (ISBN 2-84586-588-0)
  • (en) Roger S. Gocking, The history of Ghana, Greenwood Press, Westport, Conn., 2005, 331 p. (ISBN 0-313-31894-8)
  • (en) David Owusu-Ansah, Historical dictionary of Ghana, Scarecrow Press, Lanham, Md., 2005 (3e éd.), 332 p. (ISBN 0-8108-5328-0)

Liens externes[modifier | modifier le code]