Henri Vergé-Sarrat

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Henri Vergé-Sarrat
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Henri Vergé-Sarrat est un artiste peintre et graveur autodidacte né à Anderlecht (Belgique) le 15 juillet 1880[1]. Durant la Seconde Guerre mondiale, il travailla en service auxiliaire aux Usines Schneider de Harfleur[1]. Sociétaire du Salon d'automne[2]. Il résida alternativement au 72, Rue Damrémont[3] (18e arrondissement de Paris) et à Château-Landon avec son épouse Rolande Déchorain, elle aussi artiste peintre[4]. Henri Vergé-Sarrat est mort le 13 octobre 1966 en son domicile, rue Damrémont[5].

Biographie[modifier | modifier le code]

Henri Vergé-Sarrat est un voyageur que, par le nombre de ses villégiatures, Gérald Schurr qualifie d'« acharné »: « il sut à merveille traduire l'atmosphère fine et légère de l'Ile de France, la sérénité de sa campagne; la profondeur des ciels de Bretagne, la puissance de sa mer. Avide de couleurs et de paysages, il alla chercher de nouvelles sensations au cours de plusieurs séjours à l'étranger: en Égypte, en Tunisie, au Maroc, en Espagne et au Portugal, se retrouvant chaque année dans son refuge de Château-Landon »[6]. De fait, ses grands voyages nous sont détaillés[7]: En 1923, il passe six mois à Gafsa, en 1924, quatre mois à Marrakech, en 1927, quatre mois à Biskra et Touggourt. En 1929, une bourse du gouvernement égyptien lui permet d'aller travailler à Assouan, Louxor et Le Caire d'où il rapporte des peintures et aquarelles auxquelles « les souvenirs du cubisme donnent de la solidité »[8] et qui sont exposées au Caire en 1930.

C'est ainsi qu'au Salon de la Société des peintres-graveurs indépendants, s'il expose principalement des paysages français (ses thèmes de prédilection seront finalement la Seine-et-Marne où il réside, Collioure - qu'il fréquente, selon le Musée d'art moderne le la ville, à compter de 1917[9] - mais aussi des scènes plus intimistes à Tournay où il conservera des habitudes estivales), il y montre également en 1926 et 1928 des vues du Maroc. La critique d'alors, à l'instar de Claude Roger-Marx, apprécie « le soin formel accordé par l'artiste à ses estampes orientales »[10]. « Sans conteste, observe Claude Roger-Marx, la vision de Vergé-Sarrat a bénéficié des richesses que lui apporte ce qu'on nomme arbitrairement l'Orient. Le format de ses estampes grandit; elles s'animent d'une figure pittoresque »[11].

Henri Vergé-Sarrat était apprécié par ses pairs: Jules Pascin disait qu'« il était celui des peintres qui comprenait le mieux la France » tandis que Jacques Villon voyait en lui un des plus grands graveurs français[7]. Léopold Lévy le citait parmi ses grands amis[12] tandis que Michel Ciry évoque dans son Journal (Éditions Plon) ses rencontres avec « le gentil Vergé-Sarrat ». A son décès en 1966, qui fut suivi en 1967 d'un hommage particulier du Salon d'automne[2], André Dunoyer de Segonzac écrivit: « J'aimais l'homme et j'admirais son œuvre. C'est un artiste de grande classe qui disparaît. Son œuvre est pure et vraie, son art est élevé. Il avait un sens profond de la vie »[7].

Contributions bibliophiliques[modifier | modifier le code]

Expositions personnelles[modifier | modifier le code]

  • Vergé Sarrat, peintures, dessins et aquarelles, Galerie Berthe Weill, 46, rue Laffitte, avril 1924, mai 1925, avril-mai 1926[13].
  • Leicester Gallery, Londres, 1928.
  • Henri Vergé-Sarrat, peintures, Galerie Berthe Weill, novembre 1927, avril-mai 1929.
  • Galerie Dalpayrat, Limoges, 1931.
  • Galerie Dhainaut, Lille, 1945.
  • Galerie Sélection, Tunis, 1945.
  • Galerie Roger, Lyon, 1946.
  • Galerie Marie L. André, Paris, 1965.

Expositions collectives[modifier | modifier le code]

  • Salon d'automne, Paris, à partir de 1921[2].
  • Peintures de Billette, Frelaut, Hermine David, Kayser, Léopold Lévy, Jules Pascin, Per Krohg, Henri Vergé-Sarrat, sculptures de Charles Despiau, Galerie Berthe Weill, Paris, février mars 1923.
  • La fleur animée, Galerie Berthe Weill, Paris, décembre 1925 - janvier 1926.
  • Salon de la Société des peintres-graveurs indépendants, Paris, 1926, 1928[10].
  • Où étiez-vous cet été?, Galerie Marcel Bernheim, octobre 1926.
  • Fenêtres fleuries, Galerie Berthe Weill, Paris, décembre 1926 - janvier 1927.
  • Exposition de groupe: Maurice Utrillo, Maurice de Vlaminck, Marie Laurencin, André Derain, Henri Vergé-Sarrat, Galerie du Portique, Paris, août 1927.
  • Fleurs et fruits, Galerie Berthe Weill, Paris, décembre 1928 - janvier 1929, décembre 1929 - janvier 1929.
  • Exposition de la collection particulière de Berthe Weill, Galerie Berthe Weill, octobre-novembre 1929.
  • La revanche de l'Algérie, Galerie Gilbert, Paris, avril-mai 1930.
  • Exposition Raymond Warnier[14], Institut français de Zagreb, 1930[15].
  • Le Blanc, Galerie Berthe Weill, décembre 1930 -janvier 1931.
  • Musée des beaux-arts d'Alger, 1931[16].
  • 11th International Water Color Exhibition, Art Institute of Chicago, avril-mai 1931[17].
  • Paris par cent peintres, Galerie Armand Drouand, Paris, juin-juillet 1931.
  • Paris le jour et la nuit, Galerie Berthe Weil, Paris, juin-juillet 1931.
  • Renaissance Society (en), Université de Chicago, The Albert Roulliere Memorial Collection, juin-juillet 1932[18].
  • La joie de vivre - Les trente ans de la Galerie Berthe Weill, Paris, décembre 1931-janvier 1932.
  • Salon de Noël, leur meilleure petite œuvre de l'année, Galerie Armand Drouand, Paris, décembre 1931 - janvier 1932.
  • Les peintres de provinces françaises, Galerie Charpentier, Paris, octobre 1932.
  • Visages et scènes d'enfants, Galerie Berthe Weill, Paris, décembre 1932 - janvier 1933.
  • Galerie Berthe Weill, Paris, décembre 1933 - janvier 1934.
  • Biennale de Venise (section française présentée par la Galerie Charpentier), 1934.
  • The fifteenth international water color Exhibition - water colors, pastels, drawings and monotypes (Hermine David, André Dunoyer de Segonzac, Jean Dufy, Henri Farge, Jean Lurçat, Aristide Maillol, Jules Pascin, Georges Rouault, Paul Signac, Henri Vergé-Sarrat, Maurice de Vlaminck), Art Institute of Chicago, mars-mai 1936[19].
  • Quarante artistes, trois générations, Galerie Berthe Weill, Paris, décembre 1936 - janvier 1937.
  • Exposition universelle de 1937.
  • Expositions thématiques: Un siècle d'aquarelle (1942), Le paysage français de Corot à nos jours 1942), Scènes et figures parisiennes (1943), L'automne (1943), Jardins de France (1943), La vie familiale, scènes et portraits (1944), L'aquarelle romantique et contemporaine (1944), Paysages d'eau douce (1945), L'aquarelle, (1945), Galerie Charpentier, Paris.
  • Exposition les vœux gravés: Yves Alix, Jean Carzou, Michel Ciry, Lucien Coutaud, Albert Decaris, André Minaux, Pino della Selva, Henri Vergé-Sarrat...., Bibliothèque nationale de France, janvier 1956.
  • Les peintres graveurs français, Bibliothèque nationale de France, 1967[20].
  • Salon des Tuileries, non daté.
  • Salon de la Société nationale des beaux-arts, non daté[21].

Prix et distinctions[modifier | modifier le code]

Réception critique[modifier | modifier le code]

  • « Prodige d'un artiste comme Vergé-Sarrat, fervent de la nature qu'il voit et qu'il fixe sur la toile. Il a donné plusieurs visages des mêmes sites, sans jamais se répéter mais au contraire avec un agrément toujours nouveau... Du tableau à l'huile jusqu'au dessin à l'encre de Chine, en passant par de nombreuses aquarelles, il nous a prodigué partout l'enchantement et la surprise. » - Paul Sentenac[22]
  • « Il y a dans la vision de Vergé-Sarrat une acuité qui inévitablement fait penser à l'excellent graveur qu'il est. Déjà, dans les aquarelles et les dessins dont il avait fait en 1931 une exposition, ce rapprochement s'était imposé. Il ne s'agit pas d'un métier de graveur appliqué à la peinture, mais plutôt de la façon nette de voir et de transposer les choses... Sans doute est-ce parce que dans cette préciosité il y a une vigueur parfois brutale, parce que cette subtilité est pleine de liberté, de certitudes, et que, dans ce charme, il y a des contrastes et des audaces qu'on ne découvre que peu à peu... » - Raymond Cogniat[23]
  • « J'admire premièrement dans les tableaux de Vergé-Sarrat la force d'un dessin qui est à la fois synthétique et précis: un dessin de graveur probe et droit. C'est aussi un paysagiste qui ne craint pas d'obéir à la couleur. Il fait les arbres bleus quand il les voit bleus, sans parti-pris ni scandale, parce que c'est ainsi qu'il les voit... Vergé Sarrat sait aussi ne pas demeurer trop esclave du motif: il choisit, épure et compose. Si bien que ses vives peintures y gagnent d'être construites en profondeur comme en surface, sur des rythmes linéaires pleins d'harmonie décorative. » - Léon-Paul Fargue[24]
  • « Il était franc et direct, mais il y avait dans sa vie intérieure une part importante de rêverie, d'approfondissement constant, par élimination de tout ce qui ne comptait pas essentiellement à ses yeux: bien voir et bien rendre, dans la lumière et l'équilibre, sans exclure le frémissement de la vie. Car Vergé-Sarrat fut un vivant, au sens moral du terme. En dépit de son extrême discrétion, ses réactions étaient vives, franches, nettes comme son pinceau et son burin: franches et définitives. » - André Billy[25]
  • « Si ses aquarelles sensibles et spontanées lui ont procuré ses premiers grands succès en Angleterre et en Amérique, ses toiles, d'une construction parfaite, d'une écriture exacte et fine où la lumière frappe toujours ses paysages, lui ont permis de grands succès lors d'expositions à la Bibliothèque Nationale, au Salon d'automne et au Salon des Tuileries. » - Gérald Schurr[6]
  • « Aquarelliste racé, il peignit des scènes d'Afrique du Nord et des paysages de France, jouant de façon très personnelle des tons aigus. Observateur réaliste de la nature, il frôla cependant le cubisme. » - Dictionnaire Bénézit[21]

Musées[modifier | modifier le code]

Collections publiques[modifier | modifier le code]

Collections privées[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Annuaire de la Légion d'honneur, 1954.
  2. a, b et c Patrick-F. Barrer, L'histoire du Salon d'automne de 1903 à nos jours, Arts et Images du Monde, 1992.
  3. André Roussard, Dictionnaire des artistes à Montmartre, Éditions André Roussard, 1995.
  4. « Rolande Déchorain, peintre de paysages et de natures mortes, née à Paris, femme et élève de Vergé Sarrat », dans Dictionnaire Bénézit, Gründ, 1999, tome 4, page 330.
  5. Registres de la mairie du 18e arrondissement de Paris.
  6. a et b Gérald Scurr, Henri Vergé-Sarrat in: Catalogue de l'atelier Henri Vergé-Sarrat, Jean-Akain Labat, 7 mars 1979.
  7. a, b, c et d Archives Vergé-Sarrat, Musée du Mont-de-Piété, Bergues.
  8. Gérald Schurr, Le guidargus de la peinture, Les éditions de l'amateur, 1980, page 489.
  9. Musée d'art moderne de Collioure, Collioure et les artistes peintres
  10. a et b Céline de Poter, Présence et réception des graveurs belges dans les salons de gravure parisiens (1919-1939) in: Cahiers de l'IRHIS, n°9, pages 121 à 124.
  11. Claude Roger-Marx, Un pur: Vergé-Sarrat, in Catalogue de la vente de l'atelier Henri Vergé-Sarrat établi par Claude Robert, Paris, 18 novembre 1969.
  12. Association pour la défense de l'œuvre de Léopold Lévy, biographie mentionnant l'amitié, de 1909 à 1966, entre les deux artistes
  13. Vergé-Sarrat, peintures et aquarelles, Bulletin de la Galerie B. Weill, n°28, 19 avril 1926.
  14. Raymond Warnier, L'art vivant en Serbie, in L'art vivant, n°135, juillet 1930, page 631.
  15. Pauline Chougnet, Les expositions d'art français organisées par la France à l'étranger pendant l'entre-deux-guerres, École pratique des hautes-études, section des sciences historiques, philologiques et religieuses, mémoire de Master 2, 2009.
  16. Jean-Pierre Delarge, Dictionnaire des arts plastiques modernes et contemporains.
  17. Art Institute of Chicago, Eleventh International Water Color Exhibition, 1931, catalogue de l'exposition
  18. Ranaissance Society, Chicago, exposition Albert Roulliere Memorial Collection, 1932
  19. Art Institute of Chicago, The fifteenth international water color Exhibition, catalogue, 1936
  20. André Billy, Les peintres graveurs français, catalogue de l'exposition, B.N.F., 1967.
  21. a, b et c Dictionnaire Bénézit, Gründ, 1999, tome 14, page 143.
  22. Paul Sentenac, Vergé-Sarrat peintre de l'Égypte, in revue La Renaissance littéraire et artistique, mai 1930.
  23. Raymond Cogniat, Vergé-Sarrat, in revue Beaux-Arts, février 1932.
  24. Léon-Paul Fargue, cité par Claude Robert, Catalogue de la vente de l'atelier Henri Vergé-Sarrat, Paris, 18 novembre 1969.
  25. André Billy, Les peintres graveurs français, B.N.F., 1967.
  26. Marie Castro, Le Musée du Mont-de-Piété s'enrichit d'un cabinet graphique et de dons variés, La Voix du Nord, 24 juillet 2015
  27. Service des publices des musées de Nancy, Le paysage au Musée des beaux-arts, dossier enseignant, 2014. Voir collections en page 11
  28. Wichita Art Museum, Henri Vergé-Sarrat dans l'inventaire des collections.
  29. Hunterian Museum and Art Gallery, Henri Vergé-Sarrat dans l'inventaire des collections
  30. Metropolitan Museum of Art, New York, Henri Vergé-Sarrat dans l'inventaire des collections
  31. Princeton University Art Collection, Henri Vergé-Sarrat dans l'inventaire des collections
  32. Art Institute of Chicago, Henri Vergé-Sarrat dans l'inventaire des collections
  33. Minneapolis Institute of Art, John De Lattre Memorial Collection
  34. Cleveland Museum of Art, Index des artistes
  35. Yale University Art Gallery, Henri Vergé-Sarrat dans l'inventaire des collections
  36. Mead Art Museum, Henri Vergé-Sarrat dans l'inventaire des collections
  37. Harvard Art Museums, Henri Vergé-Sarrat dans les collections du Fogg Art Museum
  38. Louise Anderson Allen, A Bluestocking in Charleston, the life and career of Laura Bragg, University of South Carolina Press, 2001. Biographie de Laura Bragg, fondatrice du Bershire Museum. Voir en particulier pages 176-177 (chapitre The Berkshire Museum as a progressive institution) la donation Eliot Watrous.
  39. Bibliothèque de l'I.N.H.A., Henri Vergé-Sarrat dans l'inventaire des collections
  40. Argus du bibliophile, Henri Marie Petiet

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Claude Roger-Marx, Henri Vergé-Sarrat, G.B.A., avril 1912.
  • Vergé-Sarrat, peintures et aquarelles, Galerie Berthe Weill, Paris, bulletin n°28 du 19 avril 1926.
  • Paul Sentenac, Henri Vergé-Sarrat, peintre de l'Égypte, in revue La Renaissance artistique et littéraire, mai 1930.
  • Raymond Cogniat, Vergé-Sarrat, in revue Beaux-Arts (revue de la Galerie des beaux-arts, 140, rue du Faubourg-Saint-Honoré, Paris), février 1932.
  • André Billy, Les peintres graveurs français, B.N.F., 1967.
  • Claude Robert, Catalogue de la vente de l'atelier Henri Vergé-Sarrat, préface de Claude Roger-Marx: Un pur: Vergé-Sarrat, Hôtel Drouot, Paris, 18 novembre 1969.
  • Jean-Alain Labat, Catalogue de la vente de l'atelier Henri Vergé-Sarrat, texte de Gérald Schurr, Hôtel Drouot, Paris, 7 mars 1979.
  • Gérald Schurr, Le guidargus de la peinture, Les éditions de l'amateur, 1980, 1981.
  • Patrick-F. Barrer, L'histoire du Salon d'Automne de 1903 à nos jours, Arts et Images du Monde, 1992.
  • André Roussard, Dictionnaire des artistes à Montmartre, Éditions André Roussard, 1995.
  • Emmanuel Bénézit, Dictionnaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs, Gründ, 2001.
  • Marcus Osterwalder, Dictionnaire des illustrateurs, 1890-1945, Éditions Ides et Calendes, 2005.
  • Marianne Le Morvan, Berthe Weill, 1865-1931 - La petite galerie des grands artistes, collections L'écarlate, Éditions de L'harmattan, 2011.

Liens externes[modifier | modifier le code]