Henry de Waroquier

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Henry de Waroquier
Naissance

Paris
Décès
(à 89 ans)
Paris
Nationalité
Drapeau : France Française
Activité
Formation
Maître
Élève
Mouvement
Distinctions

Henry de Waroquier (rue Laffitte, Paris, - Paris, ) est un peintre, sculpteur, dessinateur et graveur français. Il vécut à partir de 1919 rue de la Montagne-Sainte-Geneviève, puis au n° 15 de la place du Panthéon. Il appartient à l'École de Paris.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il fréquente dans son enfance les galeries Durand-Ruel, Bing et Vollard qui se trouvent près du domicile familial de la rue Laffitte[1]. Si de longues études au Museum d'histoire naturelle lui font envisager une carrière de biologiste[1], devenant un authentique spécialiste en minéralogie et en paléontologie et « avouant éprouver une grande tendresse pour le minéral »[2], il suit les cours d'architecture de Charles Genuys à l'École des arts décoratifs, et profite des cours de l'helléniste Louis Ménard qui approfondit sa connaissance de la mythologie. Julien Cain confirme : « au second, il doit la révélation de l'art grec qui place l'homme au centre de l'univers. Du premier, il apprend à reconnaître la valeur des volumes qu'assemble harmonieusement l'architecte, ce créateur, et il s'en souviendra dans ses paysages gravés : ce qu'il y représentera en effet de préférence, c'est la prise de possession du paysage par l'homme, constructeur d'édifices »[3].

Henry de Waroquier débute par une œuvre picturale d’imagination. Il est alors professeur de composition décorative à l’École Estienne à Paris[4] et professeur de peinture à l'atelier A de l'Académie scandinave.

Waroquier peint surtout la Bretagne (Belle-Île-en-Mer, le golfe du Morbihan, l'Île-aux-Moines, les rives du Trieux) de 1900 à 1910, en se rapprochant du cloisonnisme des Nabis[5], puis il s'installe dans son atelier à Montparnasse et fréquente Modigliani[6] et l'École de Paris.

Le voyage qu’il fait en Italie en 1912 marque le début de sa période blanche, liée à sa découverte des fresques de la pré-renaissance italienne, contre laquelle il entre en réaction en 1917 en peignant, dans des tons à l'encontre très sombres, des paysages imaginaires[7]. Suivent un second voyage en Italie en 1920, en Corse, à Chamonix et Saint-Tropez entre 1914 et 1921, en Espagne en 1921[8], dans le nord de la France et en Belgique autour de 1933, qui l’amènent à peindre le paysage sur nature et la figure humaine. Il participe au salon des Tuileries de 1938 sur le thème de l'Espagne. Il est influencé au début par le cubisme, puis des éclairages dramatiques et la figuration de visages pathétiques donnent à son œuvre un accent tragique.

Également sculpteur (à partir de 1930), graveur (à partir de 1936)[2] et fresquiste, il exécute en 1937 une composition murale pour le palais de Chaillot, La Tragédie[9]. Il produit des cartons de tapisseries pour l'École nationale d'art décoratif d'Aubusson[10].

Henry de Waroquier est aussi photographe et poète : il écrit ainsi Le Jugement dernier « monumental ouvrage en dix volumes qu'il avait commencé en 1908, qui sera terminé seulement en 1967, et encore inédit »[2],[11]. Il était ami de Paul Claudel qui lui consacre un texte critique[12]et de Georges Duhamel. Gaston Bachelard lui consacre un article dans Le droit de rêver[13]. Mort le 31 décembre 1970 et reposant au cimetière du Père-Lachaise (4e division)[14], il nous reste fixé par une estampe de Henri Vergé-Sarrat, Henry de Waroquier dans son atelier[15].

Contributions bibliophiliques[modifier | modifier le code]

Illustrations[modifier | modifier le code]

Écrits[modifier | modifier le code]

  • Henry de Waroquier, « Hommage à Alain », La Nouvelle revue française, 1er septembre 1952.
  • Henry de Waroquier, À propos d'Ingres, Bulletin du Musée Ingres, n°6, décembre 1959.
  • Amavis (Suzanne Arlet, dite), Images de pensée, poèmes, poème-préface d'Henry de Waroquier, Éditions Jean Germain, Bordeaux, 1960.
  • Henry de Waroquier, Fragment autobiographique, revue Points et contrepoints, n°60, mars 1962.

Expositions personnelles[modifier | modifier le code]

Expositions collectives[modifier | modifier le code]

Réception critique[modifier | modifier le code]

  • « Henry de Waroquier est un esprit extrêmement cultivé, un philosophe qui, par conséquent, a le souci du primitif ou, en autre terme, du barbare... Ce peintre cultivé était aussi un sculpteur qui s'éprenait de ce qu'il y a de plus élémentaire et de plus fondamental. En pratiquant la sculpture, il se refaisait une âme des anciens âges, il redevenait celui qui a charge de former des masques. Masques du roi, du prêtre, du mort, bref de l'homme dans sa plus souveraine et nue dignité, et en fin de compte masques de douleur... Tel est le climat symbolique dans lequel se situe la dramaturgie que composent les sculptures de Waroquier, simples et magnifiques à la fois, lourdes, closes, ces têtes exhumées d'un empire encore proche du chaos et où se retrouve l'œuf de l'initial creuset alchimique, ces chefs reliquaires d'une religion toujours antérieure, ces faces dont de savantes dissymétries accroissent le pathétique. » - Jean Cassou[31]
  • « Waroquier n'est pas un de ces artistes chez qui la rétine est un palais à qui l'on sert un festin de saveurs... Lui est un constructeur ou, pour serrer de plus près ma pensée, un sculpteur de monuments dans la troisième dimension, la couleur n'étant que l'un des moyens du relief. Ce monument n'est autre que la face humaine. » - Paul Claudel[32]
  • « Le même goût pour la construction anime Henry de Waroquier dont les structures cubistes mènent à un certain romantisme et à la suggestion d'une atmosphère de légende qui lui permit de renouveler le classicisme du paysage italien en lui apportant un extraordinaire aspect visionnaire. » - René Huyghe et Jean Rudel[33]
  • « Longtemps, le public a montré une certaine réticence à l'égard de l'accent douloureux, jusqu'au pathétique, des toiles et des aquarelles de cet humaniste tragique, véritable personnage de Montherlant dans sa grandeur hiératique et son attitude de condottiere. » - Gérald Schurr[34]
  • « S'il n'a jamais fait figure de visionnaire ni de précurseur, il se montra toujours anxieux des recherches plastiques du moment, les repensant à son propre usage. Le fauvisme lui avait apporté la tragique violence de ses rouges et de ses noirs orchestrés et soutenus par les bruns. Des divergences cubistes, il avait choisi l'ordonnance de l'espace. » - Jacques Busse[1]
  • « Henry de Waroquier fut principalement influencé par les Impressionnistes ainsi que par l'art d'Extrême-Orient, quoique n'étant cependant pas resté indifférent aux tendances contemporaines. C'est à force de volonté qu'il est parvenu à faire admettre l'arbitraire de ses toiles dont le coloris, où dominent les terres, est janséniste à l'excès. On voudrait chez lui plus de détente, de laisser-aller, mais ce laisser-aller ne découvrirait-il pas, au fond, un œil médiocrement sensible ? Son goût des architectures séduit plus, sans doute, dans l'eau-forte dont il connaît admirablement les ressources. Quant à l'élaboration d'un livre, il le conçoit comme une architecture. » - Marcus Osterwalder[35]

Prix et distinctions[modifier | modifier le code]

Élèves[modifier | modifier le code]

Musées et collections publiques[modifier | modifier le code]

Collections privées[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f et g Jacques Busse, Dictionnaire Bénézit, Gründ, 1999, tome 14, pages 456-457.
  2. a, b et c Les Muses, encyclopédie des arts, Éditions Atlas, 1974.
  3. Julien Cain et Jean Pasteur Vallery-Radot, Henry de Waroquier, BNF, 1955
  4. École Estienne, Les anciens et les contemporains
  5. Henry de Waroquier - Images de Bretagne, Somogy Éditions d'art, 2002.
  6. Celui-ci peint trois portraits de Waroquier
  7. Bernard Dorival, Les Peintres du XXe siècle du cubisme à l'abstraction, éditions Pierre Tisné, 1957, page 172.
  8. en particulier à Estella en Navarre
  9. a et b Théâtre national de Chaillot, "La Tragédie", œuvre d'Henry de Waroquier
  10. Cité internationale de la tapisserie, Aubusson, La rénovation du XXe siècle
  11. Jean-Claude Renard, « Découverte d'un livre et d'un poète : Le Jugement dernier d'Henry de Waroquier », La Table ronde, n°124, avril 1958.
  12. Henry de Waroquier dans L'Œil écoute, Œuvres en prose, p. 303-306
  13. Henry de Waroquier, sculpteur: l'homme et son destin. Texte publié d'abord dans la revue Art, 15 mai 1952, p. 47-53.
  14. Amis et passionnés du Père-Lachaise, Henry de Waroquier
  15. Henri Vergé Sarrat, L'atelier d'Henry de Waroquier, collections du Musée d'art moderne de la ville de Paris
  16. a et b Art Aujourd'hui Info, Henry de Waroquier, images de Bretagne - Présentation de l'exposition, Pont-Aven, 2002
  17. a et b Art Aujourd'hui Info, Henry de Waroquier, images de Bretagne - Présentation de l'exposition, Vannes, 2003
  18. Musée des beaux-arts de Lons-le-Saunier, Henry de Waroquier sculpteur, présentation de l'exposition, 2010
  19. a et b Musée des beaux-arts de La Rochelle, présentation de l'exposition, 2010
  20. Christiane Poulin, « Waroquier dévoilé », Sud-Ouest, 17 juin 2010
  21. Musée Despiau-Wlérick, Présentation de l'exposition Henry de Waroquier, 2010
  22. Patrick-F. Barrer, L'Histoire du Salon d'automne de 1903 à nos jours, éditions Arts & Images du Monde, 1992, pages 92, 194-197, 341-345, 369, 371.
  23. Jean-Pierre Crespelle, Montparnasse vivant, Hachette, 1962, pages 134-135.
  24. Institut d'art de Chicago, 12th International Water Color Exhibition, catalogue de l'exposition, 1932
  25. Design et histoires, De l'idée à la forme - Exposition Porza, musée Galliera, 1939, juillet 2011
  26. Haus der Kunst, La peinture moderne française des Impressionnistes à aujourd'hui, présentation de l'exposition, 1946
  27. Les amis de Jean Cocteau, présentation de l'exposition, Château-Thierry, 2010
  28. L'Art en guerre, France, 1938-1947, présentation de l'exposition
  29. Ouest-France, Déambulation japoniste au Musée des beaux-arts de Brest, 30 septembre 2013
  30. Musée Daubigny, Le peintre et l'intime, présentation de l'exposition
  31. Jean Cassou, La Sculpture d'Henry de Waroquier, Éditions du Musée national d'art moderne, 1952.
  32. Paul Claudel, préface à l'Apocalypse selon Saint Jean, Imprimatur, 1954.
  33. René Huyghe et Jean Rudel, L'art et le monde moderne, Larousse, 1970, vol. 2, page 64.
  34. Gérald Schurr, Le guidargus de la peinture, Les Éditions de l'Amateur, 1996.
  35. Marcus Osterwalder, Dictionnaire des illustrateurs, 1905-1965, Éditions Ides et Calendes, 2005.
  36. Fondation Arpad Szenes - Vieira da Silva, Maria Helena Vieira da Silva, biographie
  37. Musée des beaux-arts de Brest, Henry de Waroquier dans les collections
  38. Musée d'Orsay, Henry de Waroquier dans les collections
  39. Musées royaux des beaux-arts de Belgique, Henry de Waroquier dans les collections
  40. Musée Laurier, présentation des collections
  41. Musée d'art moderne de Troyes, Henry de Waroquier dans la donation Pierre Lévy
  42. Yves Leroux, « Portrait de François Mauriac à travers ses tableaux parisiens », Nouveaux cahiers François Mauriac, n°7, Grasset, 1999.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Roger Bissière, « Henry de Waroquier », L'art et les artistes, nouvelle série, tome 1, 1920.
  • Léon-Paul Fargue, Vingt dessins de nus d'Henry de Waroquier, Éditions de la Compagnie française des arts graphiques, 1946.
  • René Huyghe, Les contemporains, Éditions Pierre Tisné, 1949.
  • Jacqueline Auberty, Henry de Waroquier - Catalogue d' l'œuvre gravé, Les grands graveurs français, Paris, 1951.
  • Jean Cassou, La sculpture d'Henry de Waroquier, Éditions du Musée national d'art moderne, 1952.
  • Gaston Bachelard, « Henry de Waroquier sculpteur : l'homme et son destin », revue Arts, 15 mai 1952, réédité dans : Gaston Bachelard, Le Droit de rêver, Presses universitaires de France, 2013.
  • Julien Cain et Jean Pasteur Vallery-Radot, Henry de Waroquier, BNF, 1955.
  • Léon-Paul Fargue, Pour la peinture, Gallimard, 1955.
  • Gabriel Marcel, « Henry de Waroquier », revue Points et contrepoints, 1er janvier 1956.
  • Bernard Dorival, Les peintres du XXe siècle du cubisme à l'abstraction, Éditions Pierre Tisné, 1957.
  • Marc Sandoz et Marc Vaux, Les séjours d'Henry de Waroquier à La Rochelle et Noirmoutier en 1932 et 1947, Imprimerie Oudin, Poitiers, 1958.
  • Jean-Claude Renard, « Découverte d'un livre et d'un poète : Le jugement dernier d'Henry de Waroquier », La Table Ronde, n°124, avril 1958.
  • Sous la direction de René Huyghe, L'art et l'homme, vol.3, Larousse, 1961.
  • Daniel-Rops, Henry de Waroquier, Éditions de la ville de Montauban, 1964.
  • Daniel-Rops, « Les message d'Henry de Waroquier », Jardin des arts, n°121, décembre 1964.
  • Jean Goldman, Henry de Waroquier, Éditions Baukunst, Cologne, 1969.
  • René Huyghe, de l'Académie française, et Jean Rudel, L'art et le monde moderne, vol.2, Larousse, 1970.
  • Les Muses - Encyclopédie des arts, Éditions Atlas, 1974.
  • Emmanuel Bréon, Bernard Dorival et Jean Cassou, Georges Sabbagh et ses amis peintres de la Bretagne, Éditions Maison des Traouieros, Perros-Guirrec, 1988.
  • Patrick-F. Barrer, L'histoire de Salon d'automne de 1903 à nos jours, Arts & Images du Monde, 1992.
  • Gérald Schurr, Le guidargus de la peinture, Les Éditions de l'Amateur, 1996.
  • Ouvrage collectif, l'École de Paris ? 1945-1964, Éditions Fondation Musée d'art moderne Grand Duc Jean/Musée national d'histoire et d'art, Luxembourg, 1998 (présentation du livre).
  • Emmanuel Bénézit, Dictionnaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs, Gründ, 1999.
  • Jean-Pierre Delarge, Dictionnaire des arts plastiques modernes et contemporains, Gründ, 2001 (lire en ligne).
  • Michèle Lefrançois, Henry de Waroquier - Images de Bretagne, Somogy Éditions d'art, 2002.
  • Dictionnaire de la peinture, Larousse, 2003 (lire en ligne).
  • Paul Claudel, Le poète et la Bible II, 1945-1955, Gallimard, 2004. Sur Henry de Waroquier, voir pages 897-911.
  • Marcus Osterwalder, Dictionnaire des illustrateurs, 1905-1965, Éditions Ides et Calendes, 2005.
  • Michel Régnier, Fabrice Riva et Henry de Waroquier, Henry de Waroquier, un indépendant témoin de son temps, Éditions de la Mairie de Vourles, 2009.
  • Gaston Bachelard, Jean-Loup Champion, Paul Claudel, Bruno Gaudichon, Annick Notter et Christophe Richard, Henry de Waroquier sculpteur, Éditions La Piscine, Roubaix, 2009.
  • Michel Charzat, La jeune peinture française, 1910-1940 - Une époque, un art de vivre, Hazan, 2010.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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