Ahès

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Ahès

Créature

Sous-groupe Fée
Proches Dahut

Origines

Origine Mythologie bretonne
Région Bretagne, France

Ahès est un personnage du légendaire breton, princesse, fée ou géante, parfois confondu avec Dahut, la fille du roi Gradlon dans la légende de la ville d'Ys. Elle est surtout créditée de la création de routes, dont on trouve des traces dans la toponymie des « chemins d’Ahès ».

Étymologie[modifier | modifier le code]

L’étymologie populaire « Ker Ahez », en ferait la fondatrice de la ville de Carhaix, ker signifiant « village » en breton. Cependant, Divi Kervella souligne que cette étymologie séduisante est fausse[1]. Elle a été proposée par le père Albert Le Grand dans son œuvre, La vie des saints patriotes de la Bretagne armoricque, en 1636[2].

Description[modifier | modifier le code]

Ahès a influencé la toponymie bretonne et l'astronomie, puisque « chemin d'Ahès » est l'un des surnoms de la Voie lactée, et « char d'Ahès » l'un de ceux de la constellation de la petite Ourse[1]. Ahès est créditée d'une parenté avec Conan Mériadec[3]. Selon les récits, elle peut être présentée comme une princesse, une fée ou une géante. La tombe d'Ahès la géante se trouverait sous un dolmen à Prat, dans le Trégor[4].

Un chant de Gwrac'h Ahes (Ahès-la-vieille ou Ahès-la-fée) a été collecté par Guillaume-René Kerambrun, et probablement remanié par lui aussi[2].

Confusion avec Dahut[modifier | modifier le code]

Il y a une confusion avec le personnage de Dahut, faisant d'Ahès la seconde fille du roi Gradlon. Elle semble provenir du père Albert Le Grand, pour qui la ville de Carhaix ou Keraës a été fondée par une princesse nommée Ahès. Jean-Baptiste Ogée accroît la confusion en voyant dans Keraës « la Ker-Is des anciens »[2]. En 1826, l'Histoire de Bretagne assimile très clairement Ahès à Dahut en parlant de la princesse Ahès, pécheresse et fondatrice du château de Ker-Ahès, devenu la ville de Carhaix[4].

Chemins d'Ahès[modifier | modifier le code]

Ahès est un personnage bâtisseur, comme la fée Mélusine. Elle aurait porté les pierres nécessaires à la construction des routes qui portent son nom[1]. Le nom de « Hent Ahès » est attribué à de nombreuses voies romaines de Basse-Bretagne. Dans La Chanson d'Aiquin, un géant nommé Ohès construit un grand chemin ferré jusqu'à Carhaix[2]. En 1843, depuis le pont de Marsac sur l'Aff, jusqu'à la rivière d'Oust, la voie est connue des paysans sous le nom de chaussée ou chemin d'Ahès. Cette dénomination s'applique à un grand nombre d'embranchements des anciennes voies. Nous la retrouvons dans la Bretagne bretonnante, aux environs de Quimper et de Carhaix, pour les voies romaines sont nommées Hend-Ahès, chemin d'Ahès. La voie de Vennes à Corseul était connue, au sortir de la forêt de Lanouée, sous le nom de Fossé-Ahès[5]. L'une des dames de Rohan aurait fait construire une chaussée-Ahès[6].

Dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Kervella 2001, p. 6
  2. a, b, c et d Piriou 1996, p. 380
  3. Kervella 2001, p. 8
  4. a et b Piriou 1996, p. 381
  5. Société française d'archéologie 1843, p. 224
  6. Société française d'archéologie 1843, p. 225
  7. Frédéric Jambon, « Chanson par chanson, elle commente son nouvel album », Le Télégramme, 12 novembre 2012, consulté sur letelegramme.fr

Annexes[modifier | modifier le code]

  • [Kervella 2001] Divi Kervella (ill. Erwan Seure-Le Bihan), « Ahez », dans Légendaire celtique, Coop Breizh, (ISBN 978-2-84346-137-8)
  • Société française d'archéologie, « Voie de Rennes à Ker-Ahès, par Castel-Noëc », dans Bulletin monumental,
  • Yann-Ber Piriou, « Transmission et contacts entre l'écrit et l'oral. Le thème de la ville engloutie dans la littérature bretonne », dans (Re)Oralisierung, Gunter Narr Verlag, (ISBN 9783823345749)