GAVI Alliance

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GAVI Alliance (GAVI pour «Global Alliance for Vaccines and Immunization» ou, en français, « l’Alliance Globale pour les Vaccins et l’Immunisation ») est un partenariat des secteurs public et privé sur les questions d’immunisation qui a pour but d’accélérer les progrès des pays pauvres dans les possibilités d'accès des enfants à la vaccination et dans la palette de vaccins disponibles. L’Alliance rassemble, entre autres, l’expertise technique de l’OMS, la puissance d’achat en matière de vaccins de l’UNICEF et le savoir-faire financier de la Banque mondiale. Elle intègre également les connaissances en matière de recherche et de développement des fabricants de vaccins, les voix des pays en développement et de grands donateurs étatiques et privés telle que la Fondation Bill-et-Melinda-Gates.

Historique[modifier | modifier le code]

GAVI Alliance est lancée en 2000[1],[2].

Dans les années 1970, 10 % à peine des enfants des pays les plus pauvres sont vaccinés contre des maladies telles que la tuberculose, le tétanos, la poliomyélite, la rougeole, ou la diphtérie. Des millions d’enfants meurent chaque année de maladies évitables[3]. Grâce à l'action de l'UNICEF et à des donations publiques, le niveau de vaccination augmente dans les années 1980, mais rechute dans les années 1990.

À partir des années 2000,la création du GAVI redonne une nouvelle dynamique aux programmes d'accès à la vaccination dans les pays pauvres, le principal financeur du GAVI étant la fondation Bill-et-Melinda-Gates, celle-ci s'engageant par un don de 750 millions d’US$, augmenté depuis à un milliard[3]. Mais cette fondation a voulu ne pas être seule et a constitué une alliance. En 2010, les principaux contributeurs du GAVI, outre cette fondation, sont le Royaume-Uni, avec 1,335 milliard de dollars, et la Norvège, 677 millions de dollars. D'autres gouvernements sont parties prenantes, notamment la France, l'Italie, l'Espagne, la Suède, le Brésil et l'Afrique du Sud, ainsi que des organisations internationales telles que l'UNICEF ou l'OMS. En complément, un emprunt International, Finance Facility for Immunization (IFFIm) a été créé en 2006 pour accélérer la disponibilité et améliorer la prévisibilité des fonds nécessaires sur la durée. L’IFFIm lève des fonds en émettant des obligations sur les marchés des capitaux, et s’appuie sur les engagements à long terme des gouvernements à titre de garantie et pour verser les intérêts[4],[5].

De 2000 à 2015, GAVI a contribué à immuniser 500 millions d’enfants (dont la moitié en Afrique) contre des maladies potentiellement mortelles, telles la tuberculose, la diphtérie, le tétanos, la coqueluche, l’hépatite B, le Hib et la fièvre jaune[6],[2]. Selon David Cameron, en une décennie, le GAVI a aidé à empêcher 5,4 millions de morts[4].

Ngozi Okonjo-Iweala, ancienne directrice générale de la Banque mondiale, est devenue en septembre 2015 la présidente du conseil d'administration de GAVI Alliance, succédant à Dagfinn Høybråten, ancien ministre de la santé norvégien et Secrétaire général du Conseil nordique des ministres[2],[7].

Principes de fonctionnement[modifier | modifier le code]

Le principe retenu par le GAVI est un financement conjoint des campagnes de vaccination entre cette organisation et les pays concernés. La part revenant aux gouvernements des pays aidés est fonction du Revenu national brut par habitant. L’objectif est d'encourager les pays à mobiliser des ressources budgétaires pour ces actions et de placer ces pays sur la voie de la viabilité financière afin de préparer le retrait progressif du soutien du GAVI[4],[8];

Un autre principe retenu par le GAVI est de favoriser l'apparition de nouveaux fabricants de vaccins, notamment dans les pays émergents, pour renforcer la concurrence sur cette fabrication et faire baisser le coût des vaccins, en même temps que la demande s'accroît[9].

La Fédération internationale de l’industrie du médicament et plusieurs institutions de recherche et de développement sont associées au sein de GAVI Alliance. Le Gavi s'emploie d'ailleurs, avec leurs concours, à accélérer la mise en place de nouvelles solutions d'immunisation, par exemple contre la fièvre hémorragique Ebola[10],[2], ou contre le paludisme[11]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. AFP, « Alliance mondiale pour la vaccination: 3,4 millions de vies sauvées en huit ans », Le Point,‎ (lire en ligne)
  2. a, b, c et d « Ngozi Okonjo-Iweala. Madame Vaccin », Jeune Afrique, no hors-série n°45,‎ , p. 68-72
  3. a et b AFP, « Vacciner un milliard d'enfants en dix ans », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  4. a, b et c « 4,3 milliards de dollars collectés pour un programme mondial de vaccination », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  5. Samir Gharbi, Philippe Perdrix et Jean Foglizzo, « Financement salvateur », Jeune Afrique,‎ (lire en ligne)
  6. Christophe Ayad et Serge Michel, « Ngozi Okonjo-Iweala : « La baisse de l’aide au développement est une chance pour l’Afrique » », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  7. « L’OMS salue la nomination du Dr Ngozi Okonjo-Iweala, Présidente du Conseil de Gavi », Organisation mondiale de la Santé,‎ (lire en ligne)
  8. Organisation de coopération et de développement économiques, Pour une meilleure aide au développement. L'efficacité de l'aide dans le secteur de la santé : Progrès et enseignements, OECD Publishing, (lire en ligne), p. 50-52
  9. « L'impact de GAVI sur le marché de la vaccination contribue à la baisse des prix », Business Wire,‎ (lire en ligne)
  10. Bertrand Draguez et Rémi Barroux, « Le vaccin contre Ebola, « une nouvelle encourageante » pour les acteurs de terrain », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  11. Paul Benkimoun, « Un essai de vaccin contre le paludisme est lancé en Afrique », Le Monde,‎ (lire en ligne)

Liens externes[modifier | modifier le code]