Katalin Karikó

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Katalin Karikó
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Biographie
Naissance
Nationalité
Formation
Móricz Zsigmond Gimnázium és Közgazdasági Szakközépiskola (d)
Université de Szeged (maîtrise universitaire ès sciences) (-)
Université de Szeged (Philosophiæ doctor) (-)Voir et modifier les données sur Wikidata
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Enfant
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Katalin Karikó, née le 17 janvier 1955 à Szolnok, en Hongrie, est une biochimiste hongroise spécialisée dans la technique ARN messager. Ses recherches portent sur le développement de l'ARNm vitro-transcrit pour les thérapies protéiques. Elle occupe actuellement le poste de vice-présidente senior chez BioNTech RNA Pharmaceuticals.

Ses recherches ont joué un rôle déterminant dans la mise au point de la technique ARN messager, et son utilisation pour des vaccins. Une approche qui se concrétise avec la recherche de vaccins contre la pandémie de Covid-19.

Biographie[modifier | modifier le code]

Katalin Kariko a grandi au sein d'une famille chrétienne, dans la ville hongroise de Kisújszállás où son père est boucher. Elle se passionne pour les sciences, et suit les cours au lycée Móricz Zsigmond Református. Après avoir obtenu son doctorat, Karikó poursuit ses recherches et ses études postdoctorales au Centre de recherche biologique (CRB) de l'Académie hongroise des sciences (MTA Szegedi Biológiai Központ), situé à Szeged, toujours en Hongrie, à 23 ans. Mais ce centre est démuni et manque de moyens financiers. Aussi quitte-t-elle la Hongrie, en 1985, avec son mari et sa fille de 2 ans[1]. Ayant gagné les États-Unis, elle est recrutée au Département de biochimie de l'université Temple, dans le domaine des sciences de la santé. L’université Temple est située à Philadelphie en Pennsylvanie[2].

Alors qu'elle y est boursière postdoctorale, elle participe à un essai clinique dans le cadre duquel des patients atteints du sida, de maladies hématologiques et de fatigue chronique sont traités à l'aide d'acide ribonucléique (ARN) double brin (ARNdb). À l'époque, cette recherche était considérée comme révolutionnaire car le mécanisme moléculaire de l'induction de l'interféron par l'ARNdb n'était pas connu, mais les effets antinéoplasiques de l'interféron étaient bien documentés[3].

Puis elle rentre dans un établissement universitaire et de recherche voisin, l’université de Pennsylvanie, dite l’Upenn[2] . En 1990, devenue ainsi professeure à l'université de Pennsylvanie, elle soumet sa première demande de bourse dans laquelle elle propose d'établir une thérapie génique basée sur l'ARNm[4]. L'UPenn mène des travaux de recherche sur l’utilisation de l’ADN pour transformer les cellules et s’attaquer à des maladies telles que la mucoviscidose ou le cancer. Katalin Kariko poursuit le même but. Mais elle préfère recourir à l’ARN. « Elle avait compris qu’en attaquant l’ADN, en modifiant le génome des cellules, on prenait le risque d’introduire des modifications génétiques délétères, qui peuvent se multiplier », se rappelle David Langer, jeune médecin qui travaille alors avec elle, et devenu directeur du département de neurochirurgie de l’hôpital Lenox Hill, à New York. « Or Kati n’est pas seulement un génie scientifique, c’est aussi une femme d’une droiture absolue. Et d’une grande franchise. Elle a donc fait savoir son opposition. » Elle n’arrive pas à convaincre de la pertinence de ses points de vue. En 1995, elle est écartée de la liste des titularisations, rétrogradée au rang de simple chercheuse[2].

Depuis lors, la thérapie basée sur l'ARNm est le principal intérêt de ses recherches : ces recherches portent sur la thérapie génique basée sur l'ARN messager, les réactions immunitaires induites par l'ARN, les bases moléculaires de la tolérance ischémique et le traitement de l'ischémie cérébrale. En 2012, Katalin Karikó et Drew Weissman, immunologiste à l'université de Pennsylvanie, développent les réactions immunitaires liées à l’ARN messager et déposent un brevet pour l'utilisation de plusieurs nucléosides modifiés afin de réduire la réponse immunitaire antivirale à l'ARNm[5]. Ils fondent une entreprise. Peu après, l'université vend la licence de propriété intellectuelle à Gary Dahl, le directeur d'une société de fournitures de laboratoire qui deviendra Cellscript. Quelques semaines plus tard, Flagship Pioneering, la société de capital-risque qui soutient Moderna Therapeutics la contacte pour négocier une licence sur le brevet. Tout ce que Karikó répond, c'est : « nous ne l'avons pas ». Début 2013, Katalin Karikó entend parler de l'accord de 240 millions de dollars que Moderna Therapeutics a conclu avec AstraZeneca pour développer un ARNm du VEGF, une protéine, facteur de croissance de l’endothélium vasculaire. Elle réalise qu'elle n'aura pas l'occasion d'appliquer son expérience de l'ARNm à l'université de Pennsylvanie, et prend un rôle de vice-présidente senior chez BioNTech RNA Pharmaceuticals[4].

Les travaux et les recherches de Karikó contribuent à l'effort de BioNTech pour créer des cellules immunitaires qui produisent des antigènes vaccinaux. Ces recherches révèlent également que la réponse antivirale de l'ARNm donne à leurs vaccins contre le cancer un élan supplémentaire dans la défense contre les tumeurs[4]. En 2020, cette technologie est utilisée dans un vaccin candidat contre la covid-19, porté conjointement par Pfizer et BioNTech[2],[6]

Katalin Karikó est la mère de Zsuzsanna Francia, double médaillée d'or olympique d’aviron en huit[2].

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Vaccin : Katalin Kariko, la biochimiste un temps méprisée, qui a mis au point la technique de l'ARN messager », sur franceinter.fr, (consulté le 21 décembre 2020).
  2. a b c d et e Nathaniel Herzberg et Chloé Hecketsweiler, « Covid-19 : la saga du vaccin à ARN messager désormais dans le sprint final », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  3. (en) « Transforming RNA research into future treatments: Q&A with 2 biotech leaders », sur Elsevier Connect.
  4. a b et c (en) Amanda B. Keener, « Just the messenger », Nature Medicine, vol. 24, no 9,‎ , p. 1297–1300 (PMID 30139958, DOI 10.1038/s41591-018-0183-7, S2CID 52074565).
  5. « ARN messager : la leçon de liberté de Katalin Kariko », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne).
  6. (en) Julia Kollewe, « Covid vaccine technology pioneer: 'I never doubted it would work' », The Guardian,‎ (lire en ligne).

Liens externes[modifier | modifier le code]