Ngozi Okonjo-Iweala

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Ngozi Okonjo-Iweala
Illustration.
Ngozi Okonjo-Iweala (2008)
Fonctions
Ministre nigériane des Finances

(3 ans, 10 mois et 18 jours)
Président Goodluck Jonathan
Prédécesseur Olusegun Olutoyin Aganga
Successeur Kemi Adeosun

(3 ans et 6 jours)
Président Olusegun Obasanjo
Prédécesseur Adamu Ciroma
Successeur Nenadi Usman
Ministre des Affaires étrangères

(2 mois et 9 jours)
Président Olusegun Obasanjo
Prédécesseur Oluyemi Adeniji
Successeur Joy Ogwu
Biographie
Date de naissance (66 ans)
Lieu de naissance Ogwashi Ukwu (État du Delta, Nigeria)
Nationalité Nigériane
Diplômée de Université Harvard
MIT

Ngozi Okonjo-Iweala, née le , est une femme politique nigériane. Ministre des Finances du Nigeria au début des années 2000 où elle s'attelle à réduire la corruption et la dette publique, elle devient directrice générale de la Banque mondiale à la fin de ces mêmes années 2000, mais elle échoue à en prendre la présidence. Elle redevient ministre des Finances de son pays jusqu'en 2015.

Biographie[modifier | modifier le code]

Née le à Ogwashi-Ukwu, dans le delta du Niger d'une professeur de sociologie et d'un professeur d'économie, ses parents sont des chefs traditionnels, avec rang royal. Adolescente, en 1969, lors de la guerre du Biafra dans sa région natale, elle porte sa petite sœur, subissant une crise de malaria, à une clinique à 10 km de là, arrive à accéder à l’établissement malgré une foule massée à son entrée et obtient une injection de chloroquine, qui sauve l'enfant. Par ailleurs, elle poursuit quelques années plus tard des études supérieures et sort diplômée de deux des universités américaines les plus connues, Harvard et du Massachusetts Institute of Technology (MIT)[1],[2].

Elle entre à la Banque mondiale en 1982, et suit sur le terrain les projets financés par cet organisme puis devient secrétaire du conseil d'administration de la Banque à la demande de James Wolfensohn[1]. En 2003, le président nigérian Olusegun Obasanjo l'appelle pour devenir ministre des Finances ; elle est la première femme à occuper ce poste dans son pays[3]. Elle quitte Washington, où restent son mari et ses quatre enfants, pour revenir dans son pays natal. Sous sa direction, des entreprises industrielles publiques sont privatisées, et une concurrence se développe dans les télécommunications. Elle lutte contre la corruption, publiant les recettes de l'industrie pétrolière ainsi que les sommes versées aux collectivités locales, pour que « l'argent du pétrole aille dans les écoles et les hôpitaux plutôt que dans les poches de quelques-uns ». Elle lance des procédures de révocation sur des ministres, des juges, des militaires, des gouverneurs, et le chef de la police nationale, gagnant le surnom de «Okonjo-Wahala» (en langue yorouba, ce qui peut se traduire par « l'emmerdeuse »)[3]. Elle consacre également son énergie à réduire et renégocier la dette publique de son pays et y réussit assez bien. Les pays créanciers du Club de Paris crée un programme spécial de remboursement pour le Nigeria, et effacent pour 18 milliards de dollars dans cette dette. En 2006, à l'approche des élections présidentielles, elle se voit proposer une autre ministère, celui des Affaires étrangères. Elle est encore une fois la première femme à occuper cette fonction dans son pays[3]. Mais elle ne reste pas longtemps et, après deux mois, préfère quitter le gouvernement, la période se prêtant moins aux actions de fond[1]. Le bilan de son mandat au ministère est flatteur, avec, notamment, 1 milliard de dollars de remboursements économisé par an, un taux d'inflation annuel ramené de 23 % à 11 %, et un produit intérieur brut multiplié presque par 3. Elle a créé également un fonds spécifique pour les femmes africaines chefs d'entreprise[1]

Redevenue disponible, elle est rappelée en 2007, par le président de la Banque mondiale, Robert Zoellick, qui fait d'elle sa directrice générale[1],[4]. En 2012, elle est candidate pour en devenir la présidente[5]. Le , elle reçoit le soutien de son ancien concurrent José Antonio Ocampo[6], mais l'Américain Jim Yong Kim est nommé à ce poste à ses dépens le [7].

Entre-temps, elle est de nouveau ministre des Finances, de 2011 à 2015. Une de ses mesures est d'arrêter les subventions aux distributeurs d'essence, ce qui double le prix du carburant à la pompe, pour financer des investissements dans les infrastructures et dans la santé des femmes enceintes. Le , sa mère est kidnappée, les ravisseurs exigeant une rançon et sa démission. Mais sa mère fausse compagnie, à 83 ans, à ses ravisseurs[2]. En , quittant le gouvernement, elle devient présidente du conseil d'administration de GAVI Alliance, une organisation favorisant l'accès à la vaccination en Afrique, y succédant à Dagfinn Høybråten, ancien ministre de la santé norvégien et actuel Secrétaire général du Conseil nordique des ministres[8],[9].

Ngozi Okonjo-Iweala est coprésidente de la Global Commission for the Economy and Climate, avec Nicholas Stern et Paul Polman[10],[11]. Elle est également présidente du conseil d’administration de l’Institution Nelson -andela, un organisme-cadre des Instituts africains des sciences et de la technologie, présidente du conseil d’administration de l'université africaine des sciences et de la technologie d’Abuja est administrateur du Fondation Carnegie pour la paix internationale.

En 2020, elle est candidate à la direction de l'Organisation mondiale du commerce, avec pour adversaire la Sud-Coréenne Yoo Myung-hee[3].

Vie privée[modifier | modifier le code]

Elle est mariée au docteur Ikemba Iweala, neurochirurgien. Ils ont quatre enfants et trois petits-enfants.

Publications[modifier | modifier le code]

Elle est l’auteure de nombreux articles et de plusieurs livres, dont Fighting Corruption is Dangerous: The Story Behind the Headlines (MIT Press, 2018), Reforming the UnReformable: Lessons from Nigeria, (MIT Press, 2012), Mobilizing Finance for Education in the Commonwealth (Commonwealth Education Report 2019), Shine a Light on the Gaps – un essai sur l’inclusion financière des petits exploitants agricoles africains (Affaires étrangères, 2015), Financement des ODD : Flux financiers licites et illicites des pays en développement (Horizons Magazine, 2016) et The Debt Trap in Nigeria: Towards a Sustainable Debt Strategy (Africa World Press, 2003). Elle a également co-écrit avec Tijan Sallah le livre Chinua Achebe: Teacher of Light (Africa World Press, 2003).

Reconnaissance[modifier | modifier le code]

Elle a été classée parmi les « 8 femmes combattantes anticorruption de Transparency International qui inspirent[style à revoir] » (2019), l’une des 50 plus grandes dirigeantes mondiales (Fortune, 2015), dans le Top 100 des personnes les plus influentes du monde (TIME, 2014), le Top 100 Global Thinkers (Foreign Policy, 2011 et 2012), le Top 100 des femmes les plus puissantes dans le monde (Forbes, 2011, 2012, 2013 et 2014), les 3 femmes les plus puissantes d’Afrique (Forbes, 2012), le Top 10 des femmes les plus influentes d’Afrique(Forbes, 2011), le Top 100 des femmes dans le monde (The UK Guardian, 2011), le Top 150 Women in the World (Newsweek, 2011), et le Top 100 des personnes les plus inspirantes dans le monde - Delivering for Girls and Women (Women Deliver, 2011). Elle figure également dans le classement des 73 influenceurs d’affaires « brillants » dans le monde établi pas Condé Nast International.

Distinctions[modifier | modifier le code]

En 2019, le Ngozi Okonjo-Iweala est élue à l’Académie américaine des arts et des sciences. En 2017, elle reçoit le Prix Madeleine K. Albright pour le développement mondial de l’Aspen Institute, le Women’s Economic Empowerment Award de WEConnect International et le Vanguard Award de l'université Howard. En 2016, elle reçoit le prix Power with Purpose du Devex Development Communications Network et le Global Fairness Award de l’Initiative mondiale pour l’équité en reconnaissance de sa contribution au développement durable. Elle a également reçu de hautes distinctions nationales de la République de Côte d’Ivoire et de la République du Libéria et le troisième plus haut commandant national de la République fédérale (CFR) du Nigeria[pas clair]. En outre, elle est récipiendaire du David Rockefeller Bridging Leadership Award (2014), de la President of the Italian Republic Gold Medal by the Pia Manzu Centre (2011), du Global Leadership Award du Chicago Council on Global Affairs (2011), du Global Leadership Award de la Columbia University School of International and Public Affairs (2010) et du Bishop John T. Walker Distinguished Humanitarian Service Award (2010). Elle a enfin reçu le Prix européen des héros du magazine TIME en 2004, a été nommée ministre des Finances de l’année (Africa Investor Magazine, 2014), ministre des Finances de l’année pour l’Afrique et le Moyen-Orient (Le Banquier, 2004), ministre des Finances mondiaux de l’année (EUROMONEY, 2005), ministre des Finances de l’année pour l’Afrique et le Moyen-Orient (Emerging Markets Magazine, 2005) et ministre de l’année (THISDAY, 2004 et 2005).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d et e Alain Faujas, « Ngozi Okonjo-Iweala, une lutteuse pour l'Afrique », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  2. a et b Serge Michel, « Ngozi Okonjo-Iweala, la "dame de fer" des finances nigérianes », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  3. a b c et d Richard Hiault, « Pour la première fois, une femme va prendre les rênes de l'OMC », sur Les Échos, (consulté le 15 novembre 2020).
  4. « Le président Zoellick nomme Mme Ngozi Okonjo-Iweala à un poste de directeur général de la Banque mondiale », Banque mondiale,‎ (lire en ligne)
  5. « Banque mondiale : une candidate critique », Le Figaro,‎ 2012. (lire en ligne)
  6. « Banque mondiale : un candidat se retire », Le Figaro,‎ (lire en ligne)
  7. « Banque Mondiale : Jim Yong Kim nommé », Le Figaro,‎ (lire en ligne)
  8. « Ngozi Okonjo-Iweala. Madame Vaccin », Jeune Afrique, no hors-série n°45,‎ , p. 68-72
  9. « L’OMS salue la nomination du Dr Ngozi Okonjo-Iweala, Présidente du Conseil de Gavi », Organisation mondiale de la Santé,‎ (lire en ligne)
  10. (en) « Members of the Global Commission », sur NewClimateEconomy.net (consulté le 18 avril 2017).
  11. (en) « Ngozi Okonjo-Iweala », sur NewClimateEconomy.net (consulté le 18 avril 2017).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]