Ngozi Okonjo-Iweala

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Ngozi Okonjo-Iweala
Ngozi Okonjo-Iweala, 2008
Ngozi Okonjo-Iweala, 2008
Fonctions
Ministre des Finances du Nigeria
Prédécesseur Olusegun Olutoyin Aganga
Prédécesseur Adamu Ciroma
Successeur Nenadi Usman
Ministre des Affaires étrangères
Prédécesseur Oluyemi Adeniji
Successeur Joy Ogwu
Biographie
Date de naissance (62 ans)
Nationalité Nigériane
Diplômé de Université Harvard, MIT

Ngozi Okonjo-Iweala, née le , est une femme politique nigériane. Ministre des Finances du Nigeria au début des années 2000 où elle s'attelle à réduire la corruption et la dette publique, elle devient directrice générale de la Banque mondiale à la fin de ces mêmes années 2000, mais elle échoue à en prendre la présidence. Elle redevient ministre des Finances de son pays jusqu'en 2015.

Biographie[modifier | modifier le code]

Née le 13 juin 1954 à Ogwashi-Ukwu, dans le delta du Niger d'une professeur de sociologie et d'un professeur d'économie, ses parents sont les chefs traditionnels, avec rang royal. Adolescente, en 1969, lors de la guerre du Biafra dans sa région natale, elle porte sa petite sœur, subissant une crise de malaria, à une clinique à 10 km de là, arrive à accéder à l’établissement malgré une foule massée à son entrée et obtient une injection de chloroquine, qui sauve l'enfant. Par ailleurs, elle poursuit quelques années plus tard des études supérieures et sort diplômée de deux des universités américaines les plus connues, Harvard et du Massachusetts Institute of Technology (MIT)[1],[2].

Elle entre à la Banque mondiale en 1982, et suit sur le terrain les projets financés par cet organisme puis devient secrétaire du conseil d'administration de la Banque à la demande de James Wolfensohn[1]. En 2003, le président nigérian Olusegun Obasanjo l'appelle pour devenir ministre des Finances. Elle quitte Washington, où restent son mari et ses quatre enfants, pour revenir dans son pays natal. Sous sa direction, des entreprises industrielles publiques sont privatisées, et une concurrence se développe dans les télécommunications. Elle lutte contre la corruption, publiant les recettes de l'industrie pétrolière ainsi que les sommes versées aux collectivités locales, pour que « l'argent du pétrole aille dans les écoles et les hôpitaux plutôt que dans les poches de quelques-uns ». Elle lance des procédures de révocation sur des ministres, des juges, des militaires, des gouverneurs, et le chef de la police nationale, gagnant le surnom de «Okonjo-Wahala» (en langue yorouba, ce qui peut se traduire par «l'emmerdeuse»). Elle consacre également son énergie à réduire et renégocier la dette publique de son pays et y réussit assez bien. Les pays créanciers du Club de Paris crée un programme spécial de remboursement pour le Nigeria, et effacent pour 18 milliards de dollars dans cette dette. En 2006, à l'approche des élections présidentielles, elle se voit proposer une autre ministère, celui des affaires étrangères, mais elle préfère quitter le gouvernement, la période se prêtant moins aux actions de fond[1]. Le bilan de son mandat au ministère est flatteur, avec, notamment, 1 milliard de dollars de remboursements économisé par an, un taux d'inflation annuel ramené de 23 % à 11 %, et un produit intérieur brut multiplié presque par 3. Elle a créé également un fonds spécifique pour les femmes africaines chefs d'entreprise[1]

Redevenue disponible, elle est rappelée en 2007, par le président de la Banque mondiale, Robert Zoellick, qui fait d'elle sa directrice générale[1],[3]. En 2012, elle est candidate pour en devenir la présidente[4]. Le , elle reçoit le soutien de son ancien concurrent José Antonio Ocampo[5], mais l'Américain Jim Yong Kim est nommé à ce poste à ses dépens le [6].

Entre-temps, elle est de nouveau ministre des Finances, de 2011 à 2015. Une de ses mesures est d'arrêter les subventions aux distributeurs d'essence, ce qui doubble le prix du carburant à la pompe, pour financer des investissements dans les infrastructres et dans la santé des femmes enceintes. Le 9 décembre 2012, sa mère est kidnappée, les ravisseurs exigeant une rançon et sa démission. Mais sa mère fausse compagnie, à 83 ans, à ses ravisseurs[2]. En septembre 2015, quittant le gouvernement, elle devient présidente du conseil d'administration de GAVI Alliance, une organisation favorisant l'accès à la vaccination en Afrique, y succédant à Dagfinn Høybråten, ancien ministre de la santé norvégien et actuel Secrétaire général du Conseil nordique des ministres[7],[8].

Okonjo-Iweala est coprésident de la Global Commission for the Economy and Climate, avec Nicholas Stern et Paul Polman[9],[10].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e Alain Faujas, « Ngozi Okonjo-Iweala, une lutteuse pour l'Afrique », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  2. a et b Serge Michel, « Ngozi Okonjo-Iweala, la "dame de fer" des finances nigérianes », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  3. « Le président Zoellick nomme Mme Ngozi Okonjo-Iweala à un poste de directeur général de la Banque mondiale », Banque mondiale,‎ (lire en ligne)
  4. « Banque mondiale : une candidate critique », Le Figaro,‎ 2012. (lire en ligne)
  5. « Banque mondiale : un candidat se retire », Le Figaro,‎ (lire en ligne)
  6. « Banque Mondiale : Jim Yong Kim nommé », Le Figaro,‎ (lire en ligne)
  7. « Ngozi Okonjo-Iweala. Madame Vaccin », Jeune Afrique, no hors-série n°45,‎ , p. 68-72
  8. « L’OMS salue la nomination du Dr Ngozi Okonjo-Iweala, Présidente du Conseil de Gavi », Organisation mondiale de la Santé,‎ (lire en ligne)
  9. (en) « Members of the Global Commission », sur NewClimateEconomy.net (consulté le 18 avril 2017).
  10. (en) « Ngozi Okonjo-Iweala », sur NewClimateEconomy.net (consulté le 18 avril 2017).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]