Gaston Ramon

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Gaston Ramon
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Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 76 ans)
ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Léon Gaston RamonVoir et modifier les données sur Wikidata
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Gaston Ramon [ʁamɔ̃], né à Bellechaume (Yonne, France), le et mort à Paris le , est un vétérinaire et biologiste français[1]. Par certains traitements chimiques, il est parvenu à rendre efficace le vaccin antidiphtérique.

Il a fait quatre découvertes considérées comme majeures en ce qui concerne la vaccination :

Ses travaux l'ont mené à être nommé 155 fois pour les prix Nobel de physiologie ou médecine, entre 1930 et 1953, sans jamais en être lauréat, ce qui est un record[3].

Biographie[modifier | modifier le code]

  • 1906-1910 : élève de l'École nationale vétérinaire d'Alfort dont il sort diplômé en 1910.
  • 1911-1920 : H. Vallée, son maître de l'école d'Alfort, le présente à Émile Roux qui l'affecte en qualité de vétérinaire au service de production des sérums, à l'annexe de Garches de l'Institut Pasteur. Il y travaille sous la direction du vétérinaire Alexis Prévôt. Il est chargé d'immuniser de très nombreux chevaux et de récolter des sérums antitétanique, antidiphtérique et antigangréneux, destinés au traitement de ces maladies.
  • 1915 : Émile Roux lui demande de trouver un antiseptique propre à assurer, dans des conditions de guerre, une bonne conservation des immunosérums (les sérums souffrent de contaminations microbiennes dues à la récolte, la mise en flacons et aux mauvaises conditions de transport). Le choix du formol se révèlera excellent. La même année, il perfectionne sa technique bactériologique dans le laboratoire de Maurice Nicolle.
  • 1917 : épouse Marthe Momont, petite-nièce d'Émile Roux.
  • 1920 : obtient d'Émile Roux et de Louis Martin, l'autorisation d'installer un petit laboratoire près de son logement de l'annexe de Garches (Institut Pasteur).
  • 1921 : met au point un procédé de purification des sérums antitoxiques qui va rendre les accidents sériques moins fréquents et moins sévères.
  • 1922 : lors d'expériences entreprises sur le poison diphtérique, Gaston Ramon observe la formation d'une précipitation au sein d'un mélange de toxine diphtérique et de son antitoxine. Il remarque que cette floculation se montre d'autant plus intense que le mélange de toxine et d'antitoxine se sont mutuellement saturées. Cette constatation sert de base à la méthode de dosage par floculation qui permet de titrer in vitro l'antitoxine diphtérique ce qui, auparavant, ne pouvait se faire que par l'épreuve in vivo, sur des animaux d'expériences.
  • 1923 : démontre que la toxine diphtérique qui a subi l'action simultanée d'une petite quantité de formol et de la chaleur, se transforme en un dérivé inoffensif mais qui conserve intact son pouvoir vaccinant. Gaston Ramon lui donne le nom d'anatoxine diphtérique. Après quelques essais, la vaccination par l'anatoxine diphtérique entre dans la pratique. À la même époque, il indique que, d'après des principes identiques, la toxine tétanique peut, elle aussi, être transformée en anatoxine tétanique.
  • 1924 : montre qu'à partir des venins peuvent être obtenus des anavenins.
  • 1924 : lauréat du Prix Clotilde Liard décerné par l'Académie nationale de médecine.
  • 1925 : instaure le principe des substances adjuvantes et stimulantes de l'immunité, technique qui permet d'obtenir des sérums plus riches en antitoxines en joignant au vaccin une substance irritante pour les tissus.
  • 1925-1926 : applique l'anatoxine tétanique à la prévention du tétanos, chez les animaux domestiques avec Pierre Descombey, chez l'homme avec Christian Zoeller.
  • 1926 : instaure avec Christian Zoeller la méthode des vaccinations associées. Elle consiste à utiliser un vaccin mixte composé d'un vaccin microbien associé à une ou deux anatoxines. On réalise ainsi plusieurs immunisations en une seule injection. Cette technique est à la base de la conception du vaccin diphtérie-tétanos.
  • 1929-1934 : en collaboration avec Robert Debré, effectue des recherches biologiques et immunologiques concernant la diphtérie et la scarlatine.
  • 1926-1944 : nommé directeur de l'annexe de Garches de l'Institut Pasteur, après le décès d'Alexis Prévôt.
  • 1932 : installe, à l'annexe de Garches, le service de cinématographie scientifique de Jean Comandon.
  • 1934 : élu membre de l'Académie nationale de médecine.
  • 1934 : nommé membre de la Commission des sérums du ministère de la Santé publique, récemment créée. Parmi les autres membres : Ch. Broquet, Louis Cruveilhier, Ch. Dopter, R. Debré, René Dujarric de la Rivière, Louis Martin, G. Roussy.
  • 1934 : devient membre titulaire de la Société de biologie.
  • 1934-1940 : succède à Albert Calmette au poste de sous-directeur de l'Institut Pasteur (Paris), alors que Louis Martin en devient le directeur.
  • 1935 : est nommé membre de la Commission du BCG de l'Institut Pasteur dont le président est Marfan. Parmi les autres membres : Alfred Boquet, Robert Debré, Camille Guérin, Louis Martin, Léopold Nègre, Benjamin Weill-Hallé.
  • 1937-1940 : est chargé de coordonner l'ensemble des services assurant la production des sérums et des anatoxines. Entre 1939 et 1940, l'Institut fournit sept millions de doses de sérums et vaccins pour les armées.
  • Avril 1940 : est nommé à la direction de l'Institut Pasteur. André Boivin et Noël Bernard deviennent sous-directeurs.
  • 5 décembre 1940 : démissionne de la direction de l'Institut, les réformes financières et administratives qu'il souhaite voir appliquer étant refusées par le conseil d'administration. C'est Jacques Tréfouël qui lui succède.
  • 1941 : est nommé directeur honoraire de l'Institut Pasteur et devient le chef du groupement de services immunologie et siège à ce titre au Conseil scientifique.
  • 1943 : élu membre libre de l'Académie des sciences, Paris. Prix décernés par cette académie : Bréant (1925), général Muteau (1937).
  • 1944 : quitte la direction de l'annexe de Garches, à la demande du comité d'épuration de l'Institut Pasteur, qui lui reproche ses fréquentations de scientifiques allemands durant l'Occupation[4], Il est remplacé par Édouard Lemétayer.
  • 1947 : nommé directeur de recherche de l'Institut national d'hygiène.
  • 1948 : quitte ses fonctions à l'Institut Pasteur pour devenir directeur de l'Office international des épizooties, à Paris.
  • 1958 : reçoit la médaille d'or du CNRS[5].
  • 1959 : prend sa retraite.
  •  : remet l'épée d'académicien à Robert Debré, lors d'une cérémonie organisée au Centre international de l'enfance (CIE), en présence de plusieurs personnalités dont Ludwik Rajchman (en).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Encyclopædia Universalis, t. 20, Paris, Encyclopædia Universalis France, (1re éd. 1968), 2282 p. (ISBN 2-85229-281-5, LCCN 68-59350), p. 1610
  2. Jean-Pierre Dedet, La microbiologie, de ses origines aux maladies émergentes, Paris, Dunod, , 288 p.
  3. « Close but no Nobel: the scientists who never won », sur nature.com, (consulté le 26 octobre 2016).
  4. Nicolas Chevassus-au-Louis, Savants sous l'Occupation. Enquête sur la vie scientifique française entre 1940 et 1944, Paris, Le Seuil,
  5. CNRS, « Liste des médaillés d'or du CNRS », sur http://www.cnrs.fr (consulté le 11 février 2014)

Sources[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]