Vaccin contre les infections invasives à méningocoque
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| Maladies à traiter |
Le vaccin contre les infections invasives à méningocoque est un vaccin destiné à prévenir les infections dues à Neisseria meningitidis, une bactérie. Il en existe plusieurs, ciblant différents sérotypes et pouvant être conjugués à des protéines. L'efficacité du vaccin est importante et ses effets secondaires sont le plus souvent sans gravité. Il fait partie des vaccins recommandés chez le nourrisson.
Rappels
[modifier | modifier le code]Neisseria meningitidis est une bactérie responsable d'infections du rhinopharynx, et surtout de formes invasives telles que des méningites, dont la mortalité est de 10 %, et des bactériémies, notamment le purpura fulminans, dont la mortalité est de 20 à 30 % et les séquelles possibles sont une perte de substance cutanée ou une amputation[1].
Caractéristiques
[modifier | modifier le code]Les vaccins contre les infections invasives à méningocoque contiennent des polyosides de la capsule bactérienne. On distingue les vaccins non conjugués et les vaccins conjugués à des protéines (protéine CRM 197, dérivée de la toxine de Corynebacterium diphtheriae, ou anatoxine tétanique). En France, les vaccins non conjugués disponibles sont les vaccins bivalent, dirigé contre les sérotypes A et C, et tétravalent, dirigé contre les sérotypes A, C, Y et W135. Une variante de ce vaccin tétravalent - commercialisée sous le nom Nimenrix - est désormais utilisable chez le très jeune enfant, à partir de 6 semaines[2]. Les vaccins conjugués disponibles sont les vaccins monovalent C et tétravalent A, C, Y et W135. Ils sont injectables par voie intramusculaire[1].
Les vaccins contre les méningocoques de type B ont été développés plus tardivement. Ils contiennent une série de protéines immunogènes propre à ce méningocoque. Deux vaccins sont commercialisés en France, se différant suivant les protéines, le 4CMenB (utilisable dès l'âge de 2 mois[3]) et le MenB-FHbp (utilisable dès l'âge de 10 ans[4]).
Recommandations
[modifier | modifier le code]En France, la vaccination contre les méningocoques ACWY et B est obligatoire chez les nourrissons nés à partir du 1er janvier 2025. Le schéma vaccinal chez les nourrissons pour les méningocoques ACWY consiste en une injection à l'âge de 6 mois puis d'un rappel à l'âge de 12 mois. Pour le méningocoque B, le schéma vaccinal consiste en une injection à l'âge de 3 mois, une deuxième dose à l'âge de 5 mois et une dose de rappel à l'âge de 12 mois[5].
La vaccination contre les méningocoques ACWY est également recommandée chez les adolescents âgés de 11 à 14 ans avec un schéma vaccinal à dose unique. Un rattrapage est possible jusqu'à l'âge de 24 ans. Pour le méningocoque B, la vaccination est recommandée selon un schéma à 2 ou 3 doses selon le vaccin chez les adolescents et adultes jeunes âgés de 15 à 24 ans[6].
Efficacité
[modifier | modifier le code]Les vaccins non conjugués sont peu efficaces chez le nourrisson. Le vaccin bivalent A et C a une efficacité importante après l'âge de 24 mois[1].
Les vaccins conjugués sont efficaces dès le plus jeune âge. Le vaccin monovalent C a une efficacité évaluée à 93 % avant l'âge de 5 mois, 87 % entre les âges de 5 mois et 2 ans, et 97 % entre les âges de 3 et 16 ans. L'efficacité reste élevée un an après la vaccination uniquement chez les enfants vaccinés à partir de l'âge de 5 mois. Le vaccin conjugué tétravalent A, C, Y et W135 a une efficacité évaluée entre 69 et 96 % entre les âges de 11 et 65 ans, variable selon la valence et l'âge du sujet ; la durée de protection est inconnue[1].
Le vaccin 4CMenB dirigé contre le méningocoque de type B, permet de diminuer par trois l'incidence de la maladie sur une durée supérieure à trois ans [7]. Par contre ce vaccin est inefficace sur le portage du germe[8].
Tolérance
[modifier | modifier le code]Les effets indésirables observés après l'injection du vaccin contre les infections invasives à méningocoque peuvent être une douleur, une rougeur ou un œdème au site d'injection, une irritabilité, une fièvre, une céphalée, un malaise. Les événements graves sont rares : réactions allergiques généralisées, anaphylaxie, atteintes neurologiques (paresthésie, réaction méningée, vertige, convulsion), nausée et vomissement, éruption cutanée, arthralgie et purpura[1].
Le vaccin est contre-indiqué en cas d'hypersensibilité à l'un des composants. L'injection doit être différée en cas de maladie fébrile aiguë sévère[1].
Notes et références
[modifier | modifier le code]- Direction générale de la Santé, Comité technique des vaccinations, Guide des vaccinations, édition 2012, Saint-Denis, Inpes, collection Varia, 2012, 488 pages (ISBN 978-2-9161-9228-4), « Vaccination contre les infections invasives à méningocoque », pages 128-141 ([PDF] lire en ligne)
- ↑ Autorisation de mise sur le marché européenne 2017 du vaccin Nimenrix®[1]
- ↑ (en) European Medicines Agency, « Autorisation de mise sur le marché européenne du vaccin Bexsero® »
, sur ema.europa.eu (consulté le )
- ↑ (en) European Medicines Agency, « Autorisation de mise sur le marché européenne du vaccin Trumenba® », sur ema.europa.eu (consulté le )
- ↑ Ministère de la Santé, de la Famille, de l'Autonomie et des Personnes handicapées, « Le calendrier des vaccinations 2025 »
, sur sante.gouv.fr, (consulté le )
- ↑ Haute Autorité de Santé, « Avis n° 2025.0040/AC/SESPEV du 17 juillet 2025 du collège de la Haute Autorité de santé relatif à l’ajout des vaccins contre les maladies méningococciques invasives des sérogroupes A, C, W, Y, et B à l’arrêté fixant la liste des vaccins mentionnée à l’article L. 5122-6 du code de la santé publique »
[PDF], sur has-sante.fr, (consulté le )
- ↑ Ladhani SN, Andrews N, Parikh SR et al. Vaccination of infants with meningococcal group B vaccine (4CMenB) in England, N Engl J Med, 2020;382:309-317
- ↑ Marshall HS, McMillan M, Koehler AP et al. Meningococcal B vaccine and meningococcal carriage in adolescents in Australia, N Engl J Med, 2020;382:318-327