Nathalie Stutzmann

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Nathalie Stutzmann est une contralto et chef d'orchestre française, née le à Suresnes. Elle est fondatrice de l'ensemble Orfeo 55.

Biographie[modifier | modifier le code]

Nathalie Stutzmann naît le , à Suresnes, dans une famille d'artistes lyriques. Son père, un baryton, et sa mère, une soprano lyrique, lui montrent la voie. Dès son plus jeune âge, Nathalie fait des études approfondies de piano, basson, musique de chambre et direction d’orchestre[1]. Elle obtient un premier prix de piano et de musique de chambre en 1982. Elle étudie également le basson et commence ses études de chant avec sa mère, Christiane Stutzmann.

En 1983, elle gagne le 1er prix de chant et art lyrique du conservatoire de Nancy. Elle entre à l’Opéra de Paris dans la classe de Michel Sénéchal. La même année, elle remplace au pied levé Jessye Norman lors d’un concert privé avec Iouri Bachmet. Elle signe alors son premier contrat chez Erato.

De 1983 à 1987, elle rencontre Hans Hotter, dont elle suit les cours de maître, et débute en 1986 à l’Opéra Garnier dans Didon et Enée de Purcell.

En 2008, elle commence une carrière de chef d'orchestre lors d'une tournée au Japon. En 2009, elle fonde son propre orchestre de chambre, Orfeo 55, un ensemble jouant aussi bien sur instruments baroques que modernes. Son ensemble s’est déjà produit en France, à Metz, Paris, Strasbourg, Angers, Avignon, Toulouse mais aussi en Espagne, notamment à Madrid et Valence, en Suisse, aux Pays-Bas, ainsi que dans les grands festivals, comme ceux de Verbier, Ambronay, St Riquier, Sisteron, Auvers sur Oise ou Sablé sur Sarthe[1].

Son disque Prima Donna, sorti en avril 2011, est son premier en tant que chanteuse et chef d'orchestre. Elle y reprend des airs pour contralto d'Antonio Vivaldi extraits d'opéras et oratorios dont Judita Triomphans, Arsilda Regina di Ponto, Tieteberga, Il Giustino, L’Olimpiade, La Costanza trionfante dell ‘Amore e dell’ Odio, Andromeda liberata, l’Altenaïde, Semiramide

En novembre 2012, son disque Une cantate imaginaire est consacré aux airs chantés et pièces orchestrales de Johann Sebastian Bach qu'elle affectionne : Erbarme dich de la Passion selon saint Matthieu, Bist du bei mir, Jésus que ma joie demeure, la Sinfonia de la Cantate BWV 174, la Sinfonia de la Cantate BWV 42…

Son dernier disque, Heroes from the Shadows, paru en novembre 2014 chez Erato (label), met en lumière les héros de l’ombre dans les opéras de Georg Friedrich Haendel. On y retrouve des airs extraits de Giulio Cesare, Orlando, Radamisto, Amadigi, Silla ainsi qu'un duo avec le contre-ténor Philippe Jaroussky.

Elle est régulièrement invitée pour diriger l'Orchestre philharmonique de Londres, l'Orchestre philharmonique de Rotterdam, l'Orchestre philharmonique de Bergen, l'Orchestre philharmonique d'Oslo, le Konzerthausorchester Berlin, l'Orchestre symphonique de la radio-télévision irlandaise, le National Symphony Orchestra de Washington, l'Orchestre philharmonique royal de Stockholm, l'Orchestre philharmonique de Monte-Carlo, l'Orchestre symphonique de Baltimore, l'Orchestre symphonique de Detroit, l'Orchestre de Philadelphie et l'Orchestre symphonique de Saint-Louis, l'Orchestre national d'Espagne et l'Orchestre national Bordeaux Aquitaine.

Elle mène également une carrière de chef d’orchestre au Japon, avec le Nouvel orchestre philharmonique du Japon et l'Orchestre de chambre de Mito de Seiji Ozawa qu’elle retrouvera en 2016.

Artiste en résidence à l'Arsenal (salle de spectacle) de Metz et sous contrat d'exclusivité avec la maison de disque Erato (label), elle enseigne à la Haute École de musique de Genève.

Artiste associée de l'Orchestre symphonique d'Etat de São Paulo jusqu'en 2019 et de l'Orchestre de chambre de Paris.

Récompenses et distinctions[modifier | modifier le code]

  • En 1988, elle remporte le 1er prix du concours international de chant Neue Stimmen de la fondation Bertelsmann.
  • En 1993, elle reçoit le Grand prix de la critique du disque allemand pour son enregistrement de lieder de Schumann.
  • En 2001, elle est faite Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres.
  • En 2012, son disque Prima Donna est nommé dans la catégorie « Enregistrement de l'année » aux Victoires de la musique Classique.
  • En 2012, elle est élevée au grade de Chevalier dans l’Ordre national du Mérite par la Ministre de la Culture, Aurélie Filippetti.
  • En 2013, elle est nommée dans la catégorie « Artiste lyrique de l'année » aux Victoires de la musique Classique.
  • En 2015, elle est élevée au grade d'Officier de l’Ordre des Arts et des Lettres.

Anecdotes[modifier | modifier le code]

  • Elle a appelé son ensemble Orfeo 55 en hommage au personnage d'Orphée, son premier amour lyrique, et y a ajouté 55 car le 5 est un chiffre qui marque sa vie[2].
  • Le logo de son ensemble Orfeo 55 est une statuette en papier mâché qui rappelle Alberto Giacometti et qu'on lui a offerte alors qu'elle chantait avec l'Orchestre Symphonique de São Paulo au Brésil[3].

Citations[modifier | modifier le code]

  • « Il y a deux types d’artistes : ceux qui s’attachent toute leur vie à montrer à quel point ce qu’ils sont en train de faire est difficile – ils ont leur public –, puis il y a ceux qui passent leur vie à essayer de faire croire que ce n’est pas du tout difficile, catégorie à laquelle j’appartiens. C’est sans doute aussi une forme de folie. C’est moins spectaculaire, peut-être, mais je préfère que le public puisse aller à l’essentiel. Je ne veux pas qu’il s’arrête à la performance, tout en la remarquant, mais qu’il puisse s’abandonner d’abord à la beauté de la musique. » [2]
  • « Je rêve d’une belle basse ou d’un vrai mezzo-grave. Le son grave existe dans notre société. Il faut rétablir la balance. » [4]
  • « J'ai toujours ressenti ce désir de diriger un orchestre, cela a toujours été ma seconde passion, mon deuxième rêve. La voix était prioritaire pour des raisons évidentes de temps et d'âge, et la décision de créer mon orchestre est survenue à un moment où j'étais consciente d'avoir réalisé une grande partie de mes rêves en tant que chanteuse. » [3]

Discographie[modifier | modifier le code]

On lui doit plus de soixante enregistrements, parmi lesquels :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Notice sur concertsparisiens.fr
  2. a et b Nathalie Stutzmann, Propos recueillis par Bernard Schreuders pour Forum Opéra - Janvier 2010
  3. a et b Nathalie Stutzmann, Propos recueillis par Tutti magazine - Novembre 2012
  4. Nathalie Stutzmann, Propos recueillis par Gaël Calvez pour Le Républicain Lorrain - Avril 2011

Liens externes[modifier | modifier le code]