Roger Muraro

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Roger Muraro
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Portrait de Roger Muraro réalisé par Bernard Martinez (2015)

Naissance (57 ans)
Lyon, France
Lieux de résidence Paris, France
Activité principale pianiste
Style Musique classique, Musique moderne, Musique contemporaine
Activités annexes Enseignant au CNSMDP
Éditeurs Decca, Deutsche Grammophon, Accord, La Dolce Volta
Formation Conservatoire de Lyon, Conservatoire de Paris
Maîtres Yvonne Loriod, Éliane Richepin
Récompenses Concours Franz Liszt à Parme (1981), Concours Tchaïkovski à Moscou (1986), Victoires de la musique classique "Soliste instrumental" (France, 2001)
Distinctions honorifiques Officier de l'Ordre des Arts et des Lettres
Site internet www.rogermuraro.com

Répertoire

Frédéric Chopin, Franz Liszt, Olivier Messiaen, Maurice Ravel

Roger Muraro, né le à Lyon, est un pianiste français de musique classique. Il est considéré aujourd'hui comme l'un des plus grands interprètes de l'œuvre d'Olivier Messiaen et de Maurice Ravel.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né à Lyon en 1959, de parents vénitiens, Roger Muraro entreprend dans sa ville natale des études de saxophone avant de faire ses gammes au clavier en autodidacte. À dix-neuf ans, il entre dans la classe d’Yvonne Loriod au Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris (CNSMDP) et reçoit en parallèle l'enseignement d’Éliane Richepin. Doté d'une technique éblouissante, il y obtient le premier prix de musique de chambre (1980) et le premier prix à l'unanimité de piano (1981), puis le premier prix au Concours Franz Liszt à Parme (1981) et le quatrième prix au Concours Tchaïkovski à Moscou (1986). Son art à la fois onirique et lucide, imaginatif et rigoureux s’applique tout autant aux couleurs de Moussorgski, Ravel, Albéniz, Debussy, qu’au romantisme de Beethoven, Chopin, Liszt, Schumann, Rachmaninov dont il sait dégager l’émotion et les ambiances sonores. En février 2001, il reçoit à Nantes une Victoire de la musique classique dans la catégorie Soliste instrumental.

Accueilli en récital ou avec orchestre dans les plus grandes salles du monde, il collabore avec des chefs d’orchestre de renom tels Daniel Barenboim, Sylvain Cambreling, Myung-Whun Chung, Iván Fischer, Valery Gergiev, Marek Janowski, Hannu Lintu, Susanna Mälkki, Zubin Mehta, Kent Nagano, Eiji Ōue, Emilio Pomàrico, Pascal Rophé, Yutaka Sado, Pinchas Steinberg… Il a joué également avec les plus prestigieuses formations : les orchestres philharmoniques de Berlin, Londres, Luxembourg, Monte-Carlo, Munich, Radio France, Vienne, d’État de Russie... ; les orchestres symphoniques de San Francisco, la RAI, RTÉ National, Yomiuri Nippon, de la SWR de Baden-Baden et Fribourg-en-Brisgau... ; l'Orchestre du Festival de Budapest, le Gewandhaus de Leipzig, l'Orchestre du Gürzenich de Cologne, l'Orchestre de la Beethovenhalle, l'Orchestre de Paris, l'Orchestre de chambre de Lausanne, l'Orchestre national de France, l'Orchestre national de Lyon, l'Orchestre national des Pays de la Loire, l'Orchestre national du Capitole de Toulouse, l'Orchestre de la Résidence de La Haye, l'Orchestre du Staatsoper-Berlin…

Après avoir enseigné au Conservatoire de Lyon, Roger Muraro dispense désormais son expérience de pianiste et son savoir de pédagogue aux étudiants du Conservatoire de Paris qui apprécient, comme le public du monde entier, la générosité de son discours musical et l’émotion qui se dégagent de ses interprétations toujours marquées du sceau de l’intelligence et de la sensibilité. Son altruisme apporte en effet ce supplément d’âme hérité d’Yves Nat et d’Alfred Cortot, maîtres romantiques du clavier dont il se sent artistiquement proche.

Musique de Messiaen[modifier | modifier le code]

Aux côtés d'Yvonne Loriod, il fait la connaissance du compositeur Olivier Messiaen et s’impose très rapidement comme l’un de ses interprètes majeurs. Son exécution sans partition des Vingt regards sur l'Enfant-Jésus en 1988, concert parisien en présence du compositeur qui lui adressera cette dédicace : « Merci à Roger Muraro pour son intégrale absolument sublime de cette œuvre si difficile ! Avec toute mon admiration pour sa technique éblouissante, sa maîtrise, ses qualités sonores, son émotion, et j’oserai dire sa Foi ! », ou encore de la somme du Catalogue d'oiseaux est considérée non seulement comme une gageure, mais comme une appropriation intime de l’œuvre de Messiaen à laquelle il s’identifie totalement. En 2001, il lui consacre une intégrale de ses partitions pour piano seul qui fait l’unanimité de la critique.

En 2005, il est engagé par le Festival de Salzbourg pour jouer la Turangalîla-Symphonie sous la direction de Bertrand de Billy. Dès lors, il est invité pour interpréter l’œuvre à São Paulo (2005, en création sud-américaine), aux Proms’ de Londres en 2006 avec le BBC National Orchestra of Wales dirigé par Thierry Fischer (un enregistrement live est édité par le BBC Music Magazine), à Berlin, Vienne, Paris, Lisbonne, Dublin, Belgrade, Taipei, etc. Très récemment, le chef d'orchestre Iván Fischer l'invite dans le cadre d'une tournée européenne avec le Budapest Festival Orchestra en 2014 puis il le retrouvera à Berlin en 2016, avec le Konzerthaus Orchester... De nombreuses reprises sont inscrites dans l'agenda du pianiste : Helsinki en 2017, Tokyo en 2018...

Depuis la fin des années quatre-vingts, Roger Muraro est mis au rang des interprètes "officiels" de la musique d’Olivier Messiaen. En 2008, année du centenaire du compositeur, il joue plus de 80 concerts dédiés à sa musique (sur plus de 600 concerts répertoriés dans le monde cette année-là[1]) et participe également, depuis plusieurs années déjà, à la renommée du compositeur à travers ses participations au jury du Concours Olivier Messiaen organisé par la Ville de Paris ou encore sa collaboration avec la Fondation Messiaen.

Musique de Ravel[modifier | modifier le code]

Après une tournée européenne, Roger Muraro joue en 2003 l'intégrale de l'œuvre pour piano seul de Maurice Ravel, en un seul concert, au Théâtre des Champs-Élysées. Il est depuis invité en France et dans le monde entier pour l'interpréter ainsi que les concertos en sol et pour la main gauche, qu'il enregistre avec le chef Myung-Whun Chung, en 2011 et 2012. À noter également ses débuts ravéliens à Tokyo (Japon), en 2004-2005, dont un concert consacré à l'intégrale, qu'il rejouera le 12 janvier 2014 au Toppan Hall. L'intégrale de l'œuvre pour piano de Ravel est le véritable aboutissement de plusieurs années de travail et de multiples concerts qui valent aujourd'hui au pianiste une reconnaissance mondiale pour ses interprétations du compositeur français. Pour la saison 2015-2016, il est invité à jouer ce répertoire en récital et avec orchestre dans les festivals d'été en France et dans de nombreuses villes européennes.

Musique de Liszt[modifier | modifier le code]

En janvier 2011, Roger Muraro surprend le public et la presse avec la sortie de son album consacré à la transcription pour piano seul de Franz Liszt de la Symphonie fantastique de Berlioz (ffff Télérama) ; œuvre que le chef Daniel Barenboim -alors “Maestro Scaligero[2]” (principal chef invité) à la Scala de Milan- suggère au pianiste, après trois concerts avec l’Orchestra Filarmonica della Scala en novembre 2008. L'année du bicentenaire de Liszt sera le démarrage d'une nouvelle lumière sur ses interprétations du répertoire romantique. D'un bout à l'autre de la planète, il sera sollicité pour jouer non seulement Liszt, mais aussi quelques transcriptions emblématiques du répertoire d'orchestre : Berlioz/Liszt, Verdi/Liszt et Wagner/Liszt. Outre les nombreux concerts programmés chaque année, à noter un concert mémorable en hommage à son professeur Éliane Richepin, donné en 2014 dans le cadre de l'Annecy Classic Festival et capté par Medici.tv. Pour l'année 2015, il est invité à jouer ce répertoire dans les festivals d'été en France, puis à Paris, dans le cadre des Concerts du dimanche matin produits par Jeanine Roze.

Prix[modifier | modifier le code]

  • Premier Prix de musique de chambre au CNSMDP (France, 1980)
  • Premier Prix à l'unanimité de piano au CNSMDP (France, 1981)
  • Premier Prix du Concours Franz Liszt de Parme (Italie, 1981)
  • Quatrième Prix du Concours Tchaïkovski de Moscou (Russie, 1986)
  • Victoires de la musique classique dans la catégorie Soliste instrumental (France, 2001)

Distinctions[modifier | modifier le code]

Discographie sélective[modifier | modifier le code]

Roger Muraro est à la tête d’une riche discographie développée chez Decca, Deutsche Grammophon, Accord/Universal et La Dolce Volta. Parmi ses albums phares : La suite Iberia d'Albéniz (Choc du Monde de la Musique en 1997). L'intégrale de l’œuvre pour piano solo de Messiaen (Diapason d’or, Choc du Monde de la Musique, 10 de Répertoire, ffff Télérama en 2001) . Le coffret Regards sur le XXe siècle (Choc du Monde de la Musique en 2008) qui offre un large florilège de la création pianistique de notre temps, convoquant Bartók, Boulez, Dutilleux, Ives, Jolas, Schoenberg, Tremblay et Messiaen dans un hommage à Claude Helffer qui fit tant pour la connaissance de la Musique contemporaine . Berlioz/Liszt : Symphonie fantastique et “Reflets” avec le Concerto en sol de Ravel, des œuvres pour piano solo de Gershwin, Fauré, Stravinsky (ffff Télérama 2011). Son dernier enregistrement Liszt - Le piano de demain, dont le programme a été conçu autour de la Sonate en si (ffff Télérama 2015[3]).

Participations discographiques[modifier | modifier le code]

  • Olivier Messiaen : La Transfiguration de Notre Seigneur Jésus-Christ avec Myung-Whun Chung, Orchestre Philharmonique et Chœur de Radio France (Deutsche Grammophon, 2002)
  • Olivier Messiaen : Turangalîla-Symphonie avec Thierry Fischer, BBC National Orchestra Of Wales, Jacques Tchamkerten (Live, BBC Music Magazine, 2006)
  • Olivier Messiaen : Jardin du sommeil d'amour - Multi-interprètes (Deutsche Grammophon, compilation, 2008)
  • Olivier Messiaen : Orchestral Works avec Pierre Boulez, Myung-Whun Chung, Multi-interprètes (Deutsche Grammophon, 10CD, 2012)
  • Olivier Messiaen : Complete Édition - Multi-interprètes (Deutsche Grammophon, 32CD, 2013)
  • Maurice Ravel : Concerto pour la main gauche, Boléro, Ma Mère l'Oye (ballet intégral), Le Tombeau de Couperin avec Myung-Whun Chung, Orchestre Philharmonique de Radio France (Deutsche Grammophon, 2012)

Vidéographie[modifier | modifier le code]

  • Olivier Messiaen : Vingt regards sur l'Enfant-Jésus (œuvre), Roger Muraro : Un regard sur Olivier Messiaen (documentaire), Bonus - Réalisation : Stéphan Aubé - Co-production : Universal Classics France/Aller Retour Productions (2DVD, NTSC, Fr/Eng, Accord, 2005) | Choc du Monde de la Musique 2005

Liens externes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]