Lac de Paladru

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

Lac de Paladru
Image illustrative de l’article Lac de Paladru
Le lac de Paladru en 2020.
Image illustrative de l’article Lac de Paladru
Administration
Pays Drapeau de la France France
Département Isère
Géographie
Coordonnées 45° 27′ 18″ nord, 5° 32′ 06″ est
Type naturel
Origine 12000
Montagne Terres froidesVoir et modifier les données sur Wikidata
Superficie 3,9 km2
Longueur 5,3 km
Largeur 650 m
Altitude 492 m
Profondeur
 · Maximale
 · Moyenne

36 m
25 m
Volume 97 millions de m3
Hydrographie
Bassin versant 10 km2
Alimentation le Courbon du côté de Montferrat
le Chantabot (ou Surand) du côté de Le Pin
Émissaire(s) la Fure
Divers
Peuplement piscicole brochets, carpes, perches, tanches, ombles chevaliers, truites lacustres, corégones, gardons, ablettes, écrevisses
Peuplement avifaune hérons cendrés, grèbes, locustelles, rousserolles, bruants des roseaux, cincles plongeurs, becassines des marais, martins-pêcheurs, canards, sarcelles, macreuses, foulques, cygnes
Commentaire plages aux deux extrémités
Géolocalisation sur la carte : Isère
(Voir situation sur carte : Isère)
Lac de Paladru
Géolocalisation sur la carte : Rhône-Alpes
(Voir situation sur carte : Rhône-Alpes)
Lac de Paladru
Géolocalisation sur la carte : France
(Voir situation sur carte : France)
Lac de Paladru

Le lac de Paladru, surnommé le « lac bleu », par ses riverains[1], est un lac naturel des Terres froides, situé administrativement dans le département de l'Isère en région Auvergne-Rhône-Alpes et autrefois rattachée à l'ancienne province du Dauphiné.

D'une longueur légèrement supérieure à 5 km et d'une superficie de 3,9 km2, ce lac est partagé entre cinq communes et deux cantons et se présente aujourd'hui comme le cinquième lac naturel d'origine glaciaire de France, exception faite de la partie française du Léman.

C'est aussi un haut lieu archéologique français, ainsi que de biodiversité piscicole ; plusieurs espaces sont classés en zones naturelles protégées et sont inaccessibles au public[2].

Son bassin, situé à mi-chemin entre les agglomérations de Grenoble et de Lyon, dans un paysage de collines et de petites montagnes est géré par une société privée : la Société du lac de Paladru qui a publié un règlement qui s'applique aux riverains et aux plaisanciers, notamment dans l'usage des bateaux à moteurs et dans la pratique de la baignade autorisée au niveau de certains lieux[3].

Son étymologie, selon J. Tripier qui citerait lui-même Nicolas Chorier, homme de loi et historien dauphinois du XVIIe siècle, signifierait « Pelas Druon », soit littéralement « près des chênes », du fait de la présence en nombre de ces arbres sur ces rives. Cette thèse fut reprise dans l'ouvrage de Jean-Étienne Guettard, Mémoires sur la minéralogie du Dauphiné[4],[5].

Géographie[modifier | modifier le code]

Situation et description[modifier | modifier le code]

Le lac de Paladru est situé dans le département de l'Isère et plus précisément dans la région des collines miocènes du Bas-Dauphiné, appelées Terres froides, approximativement entre les villes de Voiron et La Tour-du-Pin. Il s'étend selon une orientation nord-est/sud-ouest sur 5 300 m, pour une largeur de 650 m. Il a une profondeur moyenne de 25 m, avec un maximum de 36 m. Le volume d'eau qu'il contient est de 97 millions de m3. Il est situé à 492 m d'altitude.

Quatre communes se partagent le territoire lacustre. Celle-ci sont, dans le sens des aiguilles d'une montre; au sud, la commune de Charavines, à l'ouest et au nord, la commune nouvelle de Villages du Lac de Paladru (fusion des deux communes riveraines Le Pin et Paladru, en 2017), et, à l'est, les communes de Montferrat et Bilieu.

Les plages les plus importantes se situent aux deux extrémités nord et sud, les rives latérales ayant une déclivité plus importante. Le bassin du lac est un facteur d'unité et donne une image d'authentique « pays » au sens géographique du terme.

Accès[modifier | modifier le code]

Le lac de Paladru, vers le nord-ouest, depuis Bilieu

Le lac est bordé par deux routes départementales permettant l'accès à ses rives, selon les lieux :

  1. la route départementale 50 (RD50) qui relie la commune de La Bâtie-Divisin (par jonction avec la RD1075) à la commune de La Murette (par jonction avec la RD 520).
  2. la route départementale 90 (RD90) qui relie la commune de Charavines par détachement de la RD50d avec la commune des Villages du Lac de Paladru (village de Paladru) par la rive orientale du lac.

Le lac est situé à environ 5 km de l'autoroute A48 qui relie l'agglomération Lyonnaise à celle de Grenoble grâce à l'installation d'une bretelle d'accès qui est celle qui dessert également l'agglomération de Rives.

Géologie[modifier | modifier le code]

Rivages du lac à Paladru (près du village de Paladru) en janvier 2020

Le lac est le produit du surcreusement par le glacier du Rhône sur un dépôt Miocène à dominance calcaire du Bas-Dauphiné. Lors du retrait au moment du réchauffement würmien, il y a 12 000 ans, le barrage morainique du Guillermet a formé le lac. Cette origine est perceptible par la présence, au sommet des collines environnantes, de blocs erratiques, arrachés aux sommets des Alpes et abandonnés à des altitudes de 800 m lors du retrait du glacier. Un témoin impressionnant appelé pierre Beau Soleil ou pierre de Libre Soleil (6 m de long sur 4,50 m de large et haut de 2 m) est visible au-dessus de Bilieu[a].

La forme en auge est caractéristique des deux vallées contiguës au lac de Paladru, la vallée de la Bourbre et la vallée d'Ainan qui démontre l'origine commune de ce qui est localement dénommé les « Trois-Vals ». Les langues glaciaires du Rhône y rencontraient celles du glacier de l'Isère au débouché de la cluse de Voreppe et ont conduit à la constitution de bourrelets morainiques et de plusieurs seuils dont celui de Charavines (au lieu-dit Le Guillermet).

Au musée du château d'Annecy, dans la salle aménagée par l'Observatoire régional des lacs alpins, le lac de Paladru est présenté comme un des cinq grands lacs d'origine glaciaire avec le Léman, le lac d'Annecy, le lac du Bourget et le lac d'Aiguebelette[6], tous issus du grand glacier würmien qui reposait sur l'ensemble des massifs alpins et jurassiens. Cependant, géographiquement, ce lac qui reste le plus petit, en volume et en superficie de cet ensemble, est situé hors du massif alpin et même hors des Préalpes, le massif de la Chartreuse, étant situé plus à l'est, ce qui n'empêche pas le lac de Paladru d'être le lac du groupe le plus élevé en altitude.

Hydrographie[modifier | modifier le code]

Vue sur le lac depuis le versant occidental.
Vue sur le lac et le village du Pin depuis le versant occidental

L'alimentation du lac[modifier | modifier le code]

L'alimentation du lac s'effectue par deux ruisseaux qui sont donc indirectement deux affluents de la Fure :

  • le Courbon, ruisseau d'une longueur 3,7 km qui prend sa source à Montferrat et rejoint le lac à Paladru (commune des Villages du Lac de Paladru)[7] ;
  • le Surand, également connu sous le nom de Chantabot, ou de ruisseau des Marais, s'écoulant depuis le village Pin est un émissaire de l'étang du Vivier, plan d'eau situé sur le territoire de la commune de Valencogne.

Un apport par des sources sous-lacustres est attesté par l'importante différence entre la somme des débits entrants et le débit sortant.

La source de la Fure[modifier | modifier le code]

Le lac de Paladru donne naissance à la Fure[8] sur le territoire de la commune de Charavines qui constitue ainsi son principal émissaire. Le nom de ce cours d'eau évoque la violence du torrent primitif.

Cette rivière rejoint l'Isère à Tullins, après un parcours d'une vingtaine de kilomètres après avoir notamment traversé Rives, ville renommée au Moyen Âge pour la qualité de ses épées. Le vallon de la Fure a connu du XVIIIe au début du XXe siècle un destin industriel prospère (aciéries, papeteries). Une prise en surface et un éclusage furent aménagés en 1869 pour réguler le cours de la Fure en saison sèche et permettre l'exploitation de toutes ces usines.

Climat[modifier | modifier le code]

Le tour du lac présente un climat tempéré frais à tendance continentale. L'orientation nord-sud et l'altitude relativement élevée font que la moyenne thermique annuelle se situe autour de 10 °C avec une amplitude d'une vingtaine de degré. La pluviométrie est irrégulière avec des maximums en juin et octobre à la faveur des remontées des masses d'air humide de la Méditerranée. Le mois de janvier est le plus froid, avec des gels fréquents[b]. En revanche le début de l'automne est particulièrement doux.

  • Tableau de températures pour l'année 2016 à Paladru (village)
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc.
Température minimale moyenne (°C) 1,6 3 2,3 7,1 9,5 14,5 15,7 14,6 13 6,5 3,9 −3,8
Température maximale moyenne (°C) 9,3 11,3 13,4 17,1 21,3 25,8 28,8 29,1 26,6 16,8 11,6 6,6
Source : Climat de Paladru en 2016 sur linternaute.com, d'après Météo France.


Toponymie[modifier | modifier le code]

Il existe deux possibilités pour expliquer l'origine du nom :

  1. Le mot palud (écrit parfois palue) signifie « marais » en ancien français. Le terme Paladru rattaché au village du même nom se rapproche donc ce terme. Un marais, celui de La Verronière (classé espace naturel sensible), est situé au nord du lac sur le territoire de l'ancienne commune de Paladru[9] ;
  2. Selon l'historien dauphinois Nicolas Chorier, le terme Paladru pourrait se rapporter à la présence de chênes (« δρύς » drús en grec), sans qu'on sache sur quelle source, l'écrivain, décédé en 1692 à Grenoble, s'est appuyé.

Selon Jean Filleau, auteur d'un Dictionnaire toponymique des communes de l'Isère, le nom de Paladru pourrait provenir du latin « palus » (marais) associé au celte « druco » (mauvais) , signifiant ainsi le mauvais marais, mais sans préciser d'autres sources[10].

Histoire[modifier | modifier le code]

Préhistoire et Antiquité[modifier | modifier le code]

Le site, peu favorisé par son climat et la pauvreté des sols, fut temporairement occupé durant le Néolithique (site des baigneurs - voir infra), puis pendant la période gallo-romaine, mais sans que l'on y ait découvert des restes de villa à proximité immédiate du lac.

Au début de l'Antiquité, le territoire des Allobroges s'étendait sur la plus grande partie des pays qui seront nommés plus tard la Sapaudia (ce « pays des sapins » deviendra la Savoie) et au nord de l'Isère.

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Au début de l'ère médiévale, l'ensemble de la zone lacustre dépend du comté carolingien de Sermorens créé tardivement au IXe siècle et qui est rattaché à la Francie médiane, puis au royaume de Provence. C'est au cours du XIe siècle qu'un essor démographique et économique entraîna une colonisation durable des rives du lac (site des chevaliers-paysans - voir infra). Au XIIe siècle, le lac de Paladru est dans la zone frontière des principautés de Savoie et du Dauphiné que ni l'une ni l'autre ne dominent complètement. Cette situation trouble favorise l'émergence de baronnies telle que la Maison des Clermont. En 1340, ces derniers prêteront hommage au Dauphin pour les châteaux de Virieu, Paladru, Montferrat, Saint-Geoire-en-Valdaine, tous à proximité du lac. Dès lors le site suivra le sort du Dauphiné et sera intégré au royaume de France.

Période moderne et contemporaine[modifier | modifier le code]

Le lac de Paladru au XIXe siècle, illustré par Alexandre Debelle (1805-1897).

Durant les années 1909 à 1913, le lac servit de terrain d'expérience pour des prototypes d'hydravion construits par Raymond de Montgolfier, un descendant de la célèbre famille[11].

La Via Gebennensis, un des chemins du pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle, longe la rive du lac.

Archéologie[modifier | modifier le code]

Le secteur du lac héberge plusieurs sites archéologiques remarquables[c].

Le site néolithique[modifier | modifier le code]

Des prospections menées sur les rives du lac en 1976 n'ont identifié aucun autre site préhistorique que celui de la rive sud, dit « des Baigneurs » près de Charavines. Il a été identifié en 1904 à l'occasion d'une baisse importante du niveau des eaux[12]. D'une surface d'environ 1 500 m2, il a fait l'objet d'une fouille systématique sur 450 m2 de 1972 à 1986. Il a été occupé au néolithique, deux fois à bref intervalle[13] de 2668 à 2646 et de 2611 à 2592 av. J.-C. d'après les analyses dendrochronologiques[14].

Selon le catalogue publié par le musée de la maison du parc de Paladru[15], les objets d'origine néolithique, tous du Néolithique récent, sont :

Contrairement aux premières hypothèses, il ne s'agissait pas d'habitations sur l'eau, mais de huttes construites sur pilotis plantés sur la terre ferme au bord du lac, formant un village palafittique[16]. À la fin de la première occupation, les habitants ont pris le temps d'emporter tout ce qui était utilisable avant d'abandonner le village. Un groupe est arrivé environ 40 ans plus tard, il a construit des maisons au même endroit, et a séjourné là une vingtaine d'années, mais cette fois le départ a été provoqué par une montée brutale et rapide des eaux poussant les habitants à abandonner de nombreux objets encore utilisables.

Cette montée des eaux a été définitive et a permis une bonne conservation des vestiges. Entourés d'une palissade légère, les deux villages successifs étaient organisés autour d'une place centrale empierrée par les restes des "pierres de chauffe", quartzites utilisés pour la cuissons des aliments, les vases n'étant pas capables de supporter le feu direct sur les foyers. Les activités domestiques et artisanales (taille du silex et fabrication de vases, cuillères, peignes à tisser) comme l'évacuation des déchets sont similaires pour les deux villages. Les villageois commerçaient avec des communautés lointaines (ambre de la mer Baltique, vase et cuivre du Languedoc, vases du Centre-ouest de la France, haches polies du Piémont ou de Suisse). Leurs vases étaient exportés vers le lac de Bienne en Suisse ou celui de Chalain dans le Jura.

Une exposition permanente était installée à l'ancien musée archéologique du lac de Paladru à Charavines, avant sa fermeture[d].

Le site des « chevaliers-paysans de l'an Mil »[modifier | modifier le code]

Le site archéologique de Colletière, situé à Charavines[e] est aussi célèbre pour ses chevaliers paysans.

Il existe en réalité trois sites contemporains : Pré d'Ars, les Grands Roseaux et Colletière[f].

C'est le site de Colletière[g] qui a fait l'objet de fouilles systématiques. Sa fondation est datée de 1003 par dendrochronologie. Les trois sites seront abandonnés simultanément vers 1035, à cause d'une montée des eaux[h]. L'émergence du pouvoir civil et des châtellenies environnantes (Paladru, Clermont, Virieu) à la même époque peut évoquer un passage direct d'un mode d'exploitation à un autre.

Les constructions ont été faites à même le sol sur une plage de craie et non sur pilotis. Les sites subaquatiques permettent une conservation des restes organiques, et donc une documentation extrêmement riche. Colletière présente aussi l'intérêt de n'avoir connu ni réoccupation postérieure à l'an mil, ni modification de conditions du gisement.

Les fouilles ont été faites, après carottages sédimentaires, par carroyage général et prélèvement manuel.

Faune et flore[modifier | modifier le code]

Les oiseaux[modifier | modifier le code]

De nombreuses espèces d'oiseaux nichent[i] dans les marais ou les roseaux du lac : hérons cendrés, grèbes, locustelles, rousserolles, bruants des roseaux, cincles plongeurs, bécassines des marais, martins-pêcheurs, canards, sarcelles, macreuses, foulques, cygnes. Le marais de la Véronière, situé sur la commune de Montferrat au nord du lac, est classé zone naturelle protégée. Les roselières sont également protégées (150 ha), un arrêté préfectoral interdit d'y accéder et de les détruire.

L'une des activités de l'Association des Ayants-Droit de Colletière est de protéger la Roselière de Colletière. Les membres de l'association sont très actifs dans la préservation du site de Colletière. En plus de la vigilance à faire respecter l'arrêté préfectoral qui protège la roselière, les membres de l'association s'emploient à nettoyer les berges et à entretenir les frayères en plantant des branches de saules pour assurer un espace de fraie suffisant aux poissons.

Les poissons[modifier | modifier le code]

Le lac recèle une faune aquatique diversifiée : brochets, carpes, perches, tanches, ombles chevaliers, truites lacustres, corégones, gardons, ablettes, carassins, achigans, écrevisses.

Bien que l’amélioration des eaux du lac permette la vie du poisson, la reproduction naturelle des brochets n'y est pas encore possible. C'est pour cette raison que l'association des ayants-droit de Colletière, avec l'aide du département qui lui a concédé la jouissance gratuite de la parcelle 119 de Colletière, a pu autofinancer et construire sa propre pisciculture, inaugurée le 3 juin 2000.

Chaque année en collaboration avec l'APPMA et par dérogation, les brochets géniteurs sont prélevés et leur semence est collectée. Les œufs fécondés sont mis en incubation dans des bouteilles alimentées soit en eau du lac, soit en eau de la source Ribeaud. Dès l'éclosion les alevins sont mis en bac et nourris par le phytoplancton récolté par filet dans le lac. Arrivés à maturité, les alevins sont relâchés dans le lac.

Activités[modifier | modifier le code]

Propriété et exploitation du Lac[modifier | modifier le code]

Il s'agit d'un lac privé, propriété de la société civile du lac de Paladru fondée le . Ce statut est le résultat d'un imbroglio juridique et d'une série de procès s'étendant sur tout le XIXe siècle. Outre le fait que la société civile du lac de Paladru soit propriétaire du terrain, dernièrement, un arrêt rendu par la cour d'appel de Grenoble en date du a statué sur le fait que la société civile du lac de Paladru était propriétaire de l'eau.

À l'origine, la propriété du lac était partagée par droit féodal entre le marquis de Pons-de Tourzel, héritier des Clermont, le marquis de Barral, qui fut maire de Grenoble, et les Chartreux de la Sylve Bénite. Les habitants du hameau de Colletière (commune de Charavines) bénéficiaient d'un droit de pêche consenti par le seigneur de Clermont[j].

À la Révolution, les Chartreux sont chassés et leurs biens immobiliers vendus, les Pons-de-Tourzel émigrent, les Barral renoncent à leurs droits féodaux[k]. Dès lors, les revendications des communes et des riverains se heurtent aux fermages renouvelés par les anciens propriétaires de retour d'émigration (les Tourzel en 1808) ou revenant sur le renoncement à leurs droits (cas des Barral). L'État intervient également dans les instances. En définitive, les tribunaux reconnaissent la validité des transactions (baux et ventes) passées par les premiers propriétaires et permettent la constitution de la Société civile.

Historique des projets[modifier | modifier le code]

  • Projet sans suite du conseil général - An II (1794) : l'asséchement du lac par abaissement du seuil de la Fure pour gagner des terres labourables.
  • Projet sans suite de l'Administration des mines - 1849 : l'utilisation des eaux du lac pour arroser la plaine de la Bièvre pendant les quatre mois d'été. Le projet nécessitait de surélever le seuil de la Fure, et donc de noyer une partie des communes de Paladru et Charavines.
  • Projet réalisé : l'aménagement de la vallée de la Fure[17].

Tourisme[modifier | modifier le code]

Le tourisme autour du lac associe l'intérêt culturel à la détente et aux loisirs, notamment en période estivale pendant laquelle de nombreuses manifestations sont organisées. Le site est très fréquenté par les Grenoblois (Grenoble est à 45 minutes en voiture).

Régate entre amateurs sur le Lac de Paladru.
Régate entre amateurs sur le Lac de Paladru
le lac de Paladru depuis un des plages privées.
le lac de Paladru depuis une des plages privées (entre Charavines et Le Pin)

Le pays est labellisé par le ministère de la Culture comme Pays d'Art et d'Histoire des Trois Vals - Lac de Paladru.

Équipement hôtelier[modifier | modifier le code]

L'hôtellerie renforce ses capacités pendant la saison (hôtels-restaurants, chambres d'hôtes, campings) notamment à Charavines et Paladru. Il existe également des campings, des gîtes ruraux et des chambres d'hôtes.

Équipement sportif[modifier | modifier le code]

Sur le plan sportif, détente ou loisirs, l'éventail est vaste, dont notamment :

  • les plages privées ou municipales sont à baignade surveillée (seule celle de Charavines est gratuite)
  • la navigation sur le lac est contrôlée par la Société civile du lac (délivrance d'autorisation)
  • les écoles de voiles, ski nautique, plongées
  • les écoles d'aviron du Lac bleu[18]
  • le centre VTT et cyclotourisme avec de nombreux jeux de piste pour tous les niveaux, École MCF0
  • de nombreux circuits pédestres et VTT autour du lac et dans les environs[l]
  • le centre équestre des écuries du Lac Bleu sur l'ancienne commune du Pin[19].

La vallée de la Bourbre (Virieu) et le val d'Ainan (Chirens et Saint-Geoire-en-Valdaine) de chaque côté du lac de Paladru apportent un complément au site grâce à leurs équipements divers.

Événements sportifs[modifier | modifier le code]

Le trail du lac de Paladru est divisé en trois tronçons selon l'âge et la capacité des participants (14, 24 et 50 kilomètres), le trail se déroule durant le printemps (généralement au mois d'avril). La troisième édition s'est déroulée le 23 avril 2017 [20][21]

Musée archéologique du lac de Paladru[modifier | modifier le code]

Chantier de construction du musée du lac de Paladru en décembre 2019

L'installation d'un musée consacré à l'histoire du lac est prévu sur le territoire de la commune des Villages du Lac de Paladru, dans le village de Paladru. Le futur bâtiment présentera une surface de 900 m2. Celui-ci, construit dans un design contemporain, abritera des objets datant du Néolithique et du Moyen Âge avec les cavaliers-paysans de l’an mil[22].

À l'origine, le nouveau musée archéologique devait ouvrir ses portes au public à la fin de l'année 2019, mais son ouverture a été reportée pour l'année 2021[23],[24]. Il remplacera le musée archéologique de Charavines, celui-ci ayant fermé définitivement ses portes au grand public en [25].

Dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

Les légendes d'Ars[modifier | modifier le code]

En 1116, les Chartreux créent le monastère de la Sylve Bénite (sur le territoire de l' ancienne commune du Pin) à quelques kilomètres du lac. Un fils naturel de Frédéric Ire Barberousse étant frère convers au monastère, ce dernier bénéficie d'importantes donations et entre en conflit avec le village d'Ars (Arsa signifiant « brûlé »), peut-être un reste de la précédente colonisation littorale. Le village est détruit, mais on ignore quand et par qui[m].

En 1177, le pape Alexandre III confirme leurs privilèges aux Chartreux et la possession d'Ars. C'est ce texte qui révèle la destruction antérieure du village, car il interdit la reconstruction de la chapelle incendiée. Plus tard, l'abandon définitif du village fut la conséquence d'une simple montée progressive du niveau du lac.

C'est à partir de ces faits avérés que vont se bâtir différentes légendes. De tradition orale, elles seront transcrites par Louise Drevet dans ses Nouvelles et Légendes dauphinoises - Les légendes du lac de Paladru (1895).

  • La Légende du pèlerin : un pèlerin se heurte à l'hostilité du village à l'exception d'une femme et de sa fille qui lui offrent l'hospitalité. Par sa malédiction, un gouffre s'ouvre et engloutit le village dans le lac. Seules les deux femmes hospitalières sont épargnées (D'autres légendes similaires existent pour d'autres lacs comme pour le lac de Saint-Point).
  • La Légende de la dame blanche : la belle comtesse d'Ars accompagnée de son jeune amant va plaider la cause de son village auprès de l'empereur Frédéric Barberousse. Ce dernier accepte d'épargner le village à condition que la comtesse épouse son neveu. Elle accepte, contrainte. De retour, les deux amants empruntent une barque pour traverser le lac. Elle n'atteindra jamais l'autre rive.
  • La Légende du chevalier d'Ars : le chevalier d'Ars est choisi par la belle Béatrice de la Buisse. Le seigneur de Maurienne, éconduit, vend son âme au diable et obtient par vengeance l'engloutissement du village.
  • La Légende de la cloche d'or : plusieurs versions d'une cloche pêchée, retournant au lac du fait de maladresses, et conduisant au malheur du pêcheur.

Le lac de Paladru dans les arts[modifier | modifier le code]

Dans la littérature[modifier | modifier le code]

Les légendes du lac n'ont pas manqué d'inspirer les poètes. Voici quelques vers de Mlle A. Gardaz :

« Un jour un choc brûlant fit trembler les collines,
De sanglantes vapeurs noyèrent l'horizon
Les pierres et les eaux bouillaient dans les ravines
Des murs et d'ossements, ce fut un tourbillon !
La terre s'entr'ouvrit... Soudain un lac immense
Étendit son miroir et son morne silence. »,

un texte qui évoque un passage d'Orientales, poème de Victor Hugo :

« Une ville n'est plus et miroir du passé
Sur ses débris éteints s'étend un lac glacé. »

Dans la musique[modifier | modifier le code]

Georges Martin Witkowski

Le lac a inspiré ce compositeur et chef d'orchestre français, directeur du conservatoire de Lyon qui composa, en 1921, un poème symphonique pour piano et orchestre intitulé « Mon Lac ». L'œuvre comporte un prélude, un thème suivi de quatre variations :

  • Prélude : Brises du matin
  • Thème
  • Bois et Labours
  • Jeux aquatiques
  • Glas
  • Final

Un buste de ce compositeur, œuvre du sculpteur lyonnais Georges Salendre, est installé, face au lac, sur le territoire de l'ancienne commune dont il fut le maire de 1919 à 1943[26].

Dans les films[modifier | modifier le code]

Sites naturels et espaces sensibles[modifier | modifier le code]

L'espace naturel sensible des marais de la Véronnière et du Courbon[modifier | modifier le code]

Cet ENS est situé sur le territoire de l'ancienne commune de Paladru, en amont du lac, à l'entrée du ruisseau du Courbon et de plusieurs sources alimentant le plan d'eau.

Ce marais est l'unique zone humide riveraine classée du lac. Il joue un rôle fonctionnel important dans la régulation et l'épuration de l'eau, ainsi que dans la capacité d'accueil et de nourrissage pour l'avifaune migratrice et nicheuse et pour les populations de poissons[27].

Photographies des paysages autour du lac[modifier | modifier le code]

message galerie Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Un autre bloc appelé Pierre-qui-danse situé au-dessus du village de Paladru est également témoin de cette origine.
  2. Le lac a entièrement été gelé en 1956, l'épaisseur de glace permettant sa traversée à pied.
  3. « Charavines est le plus bel exemple en France de fouilles médiévales dont puisse rêver l'historien » - citation professeur Robert Fossier (université Paris I-Sorbonne).
  4. Pour plus de détails, voir Charavines Wikipédia et la publication synthétique de 2012, Les Oubliés du lac de Paladru, ouvrage de vulgarisation et d'anecdotes de chantier par Aimé Bocquet, responsable des fouilles et des études. Une synthèse illustrée du résultat des fouilles du site néolithique est montrée ici et français et en anglais [1].
  5. L'ouvrage de référence est le document d'archéologie française cité à la rubrique bibliographie.
  6. Selon Colardelle et Verdel, on peut retenir l'hypothèse selon laquelle cette colonisation relève d'un souci de la part de l'archevêque de Vienne d'affirmer sa possession face à l'évêque de Grenoble au plus fort du partage du comté de Sermolens dont le lac faisait partie.
  7. C'est le projet de créer une plage dans les années 1970 qui amène les scientifiques Michel Colardelle et Éric Verdel à commencer les fouilles sur ce site jusqu'en 2007. La synthèse de ces travaux devrait aboutir à la création d'un grand musée archéologique à Montferrat. Le Dauphiné libéré, 24 août 2007.
  8. Raoul le Glabre, moine à Cluny, décrit ces années comme catastrophiquement pluvieuses.
  9. La FRAPNA (Fédération Rhône-Alpes de la protection de la nature y recense 21 espèces d'oiseaux nicheurs.
  10. Selon la tradition, ce droit est un acte de reconnaissance en faveur d'un habitant de Colletière qui aurait sauvé un membre de la famille des Clermont de la noyade lors d'une croisade.
  11. En application du décret 4 août 1789.
  12. Voir la Via Gebennensis.
  13. L'abbé Millon évoque plusieurs hypothèses : destruction par Frédéric Barberousse ou par Humbert, comte de Savoie pour protéger les chartreux ; tremblement de terre ou affaissement du rivage.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Site chartreuse-tourisme.com, page de présentation du lac de Paladru, consulté le 14 juillet 2020
  2. http://www.paysvoironnais.info/lac-de-paladru.html#.U_eAl_l_s08 Site du pays voironnais, page sur le lac de Paladru.
  3. « site de la société du lac de paladru, page du règlement », sur www.lacpaladru.com (consulté le 7 février 2017).
  4. J. Tripier, Dissertation sur le lac de Paladru et sur la ville d'Ars engloutie par ce lac..., Baratier frères et fils, (lire en ligne)
  5. Mémoires Sur La Minéralogie Du Dauphiné, Clousier, (lire en ligne).
  6. Site de l'observatoire régional des lac alpins, page de présentation
  7. Site Sandre, page sur le Courbon
  8. Sandre, « Fiche cours d'eau - la Fure (W3120500) » (consulté le 8 mai 2013)
  9. Site isere-tourisme.com, page "Espace Naturel Sensible des Marais de la Véronnière et du Courbon", consulté le 8 décembre 2019.
  10. Site sudoc.abes.fr, fiche sur le livre "Dictionnaire toponymique des communes de l'Isère", fiche sur "Paladru", consulté le 9 janvier 2021.
  11. Site lecharpeblanche.fr, page "Deux pionniers de l'aviation", consulté le 30 juin 2020.
  12. « Chantier archéologique » sur le site du musée du lac de Paladru.
  13. BOCQUET A. – 2012 - Les oubliés du lac de Paladru. Ils vivaient depuis 5000 ans à Charavines en Dauphiné. 180 p. 200 ill. (avec un DVD de tous les résultats scientifiques). Ed. Fontaine de Siloé, Montmélian. [2]. www.aimebocquet.com/Paladru3.pdf
  14. [3].
  15. la pirogue du lac de Paladru, catalogue de l'exposition au musée du lac de paladru à Charavines, Aimé Bocquet et collectif, Isère, 1990
  16. Christelle Four, « Les vestiges engloutis du Lac de Paladru », echosciencesgrenoble.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 13 octobre 2017)
  17. Site persée.fr, article de Jean-François Parent et d'Alain Schrambach "La Fure, d'une énergie à l'autre", consulté le 4 décembre 2020.
  18. Site de l'OT du pays Voironnais, page sur l'école d'aviron
  19. Site cheval vert, page sur les écuries du lac bleu
  20. [2017http://traildulacdepaladru.fr
  21. Site du sport dauphinois, page sur le trail du lac de Paladru
  22. Site du dauphiné libéré, page sur le nouveau musée du lac
  23. Site de France bleu, page "Les chevaliers-paysans de l'an Mille auront bientôt leur musée à Paladru"
  24. Site paysvoironnais.info, page "D'un musée à l'autre : le Musée archéologique du Lac de Paladru", consulté le 1er juillet 2020
  25. Site ledauphine.com, article "Charavines : fermeture du musée archéologique", consulté le 14 juillet 2020.
  26. Site paladrupatrimoine.wordpress.com, page "Hommage à Georges Martin Witkowski (août 2017)", consulté le 25 janvier 2021.
  27. Site https://www.isere.fr/, page "espace naturel sensible des marais de la Véronnière et du Courbon", consulté le 8 décembre 2019.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Abbé Millon : Le Lac de Paladru - 1930 Ed. Esperluette
  • Les Habitats du lac de Paladru dans leur environnement - La formation d'un terroir au XIe siècle - sous la direction de Michel Colardelle et Éric Verdel - Coll. Documents d'archéologie française - Ed. Maison des Sciences de l'Homme - 1993.
  • Michel Colardelle et Eric Verdel, Chevaliers-paysans de l'an mil au lac de Paladru, Paris, Editions Errance, , 119 p. (ISBN 978-2-87772-076-2, OCLC 214944551)
  • Aimé Bocquet : Charavines, il y a 5 000 ans. La vie quotidienne dans un village néolithique au bord d'un lac des Alpes (avec dessins d'André Houot). Dossiers d'archéologie no 199, 1994, Dijon.
  • Christian Abry et al., Les légendes du lac de Paladru : parmi les récits de catastrophes du Dauphiné et de la Savoie, Charavines, Maison du pays d'art et d'histoire des Trois Vals-Lac de Paladru, , 95 p. (ISBN 978-2-909701-06-6)
  • Charavines, modèle des villages lacustres alpins", La France préhistorique, Paris, Nouveaux loisirs Éd. du patrimoine, coll. « Guides Gallimard », , 351 p. (ISBN 978-2-7424-0468-1, OCLC 417262174), p. 274-275
  • Aimé Bocquet : Les oubliés du lac de Paladru (Ils vivaient il y a 5000 ans à Charavines). Les fouilles et la vie au Néolithique, livre de vulgarisation complété par un DVD contenant les documents et les rapports scientifiques. 180 pages, 200 illustrations. Editions Fontaine de Siloé. 2012.
  • Les oubliés du lac de Paladru. Ils vivaient il y a 5000 ans à Charavines. Les fouilles et la vie au Néolithique, livre de vulgarisation complété par un DVD contenant les documents et les rapports scientifiques. 180 pages, 200 illustrations. Ed. Fontaine de Siloé. 2012.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]