Culture palestinienne

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Faculté des sciences à l'université nationale An-Najah de Naplouse

Cet article présente différents aspects de la culture de la Palestine, une région du Proche-Orient située entre la mer Méditerranée et le désert à l'est du Jourdain et au nord du Sinaï[1].

Patrimoine[modifier | modifier le code]

Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité[modifier | modifier le code]

Le programme Patrimoine culturel immatériel (UNESCO, 2003) a inscrit dans sa Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l'humanité différents éléments issus de la culture palestinienne (au ) :

Drapeau de la Palestine[modifier | modifier le code]

Sur la gauche, figure un triangle rouge prolongé par 3 bandes horizontales noire, blanche et verte.

Ces couleurs avaient été adoptées par la Grande Révolte arabe de 1916, qui visait à la formation d'un royaume arabe englobant tout le Croissant fertile. Cette révolte échoua avec la fin de la Première Guerre mondiale et la mainmise du Royaume-Uni et de la France sur le Proche-Orient. Après 1948, ces couleurs sont devenues celles de la résistance palestinienne.

Fêtes traditionnelles[modifier | modifier le code]

  • La fête de Nabi Moussa (Moïse), sous forme d'une procession allant de Jérusalem à la tombe de Moïse dont le sanctuaire se trouve près de Jéricho en bordure du désert.
  • La fête de Nabi Rubeen (le prophète Reuven de la Bible), le long de la rivière Rubeen[Où ?], regroupe des groupes musicaux et des troupes de théâtre.
  • La fête commémorant la naissance d'Al-Khadr (saint Georges), le , pour marquer le printemps et le début des travaux des champs.
  • La fête commémorant la mort d'Al-Khadr, le , pour marquer l'arrivée de l'hiver et le début de la récolte des olives, et la préparation des cultures hivernales.
  • La fête de Job, prophète selon la Bible, au printemps, consacrée au culte de la fécondité, et lors de laquelle les femmes se baignaient dans la mer dans l'espoir de tomber enceintes. Dans les années 1990, les fondamentalistes religieux la bannirent sous prétexte qu'elle était une pratique païenne pré-islamique et qu'elle portait atteinte à la pudeur des femmes.
  • La fête cananéenne du printemps, célébrée depuis 1996, constitue un retour aux sources de la nation. Elle rétablit le culte du dieu Baal et des autres divinités cananéennes. Yasser Arafat fut déclaré premier Cananéen.
  • La fête de Nuwwar Nisan, célébrée depuis 1996, sous forme d'une procession dans la ville de Ramallah.

Fête Nationale[modifier | modifier le code]

La fête nationale est fixée au 15 novembre depuis 1988, par la Déclaration d'indépendance du Conseil national palestinien en exil à Alger.

Journaux palestiniens[modifier | modifier le code]

Au total une trentaine de journaux existent dont :

  • Les quotidiens :
    • Al-Ayyam (les Jours) à Ramallah, organe officieux de l'Autorité palestinienne
    • Al-Ittihad (l'Unité) à Haïfa, porte-parole des communistes
    • Al-Nahar (le Jour) à Jérusalem
    • Al-Qods (Jérusalem) à Jérusalem
    • Filastine (Palestine) à Jérusalem
    • Jerusalem News à Jérusalem, en anglais
  • Les périodiques :
    • Al-Sennara (l'Hameçon) à Nazareth
    • Fassi al-Magal (Sélection) à Nazareth
    • Koul al-Arab (Tous les Arabes) à Nazareth
    • Ou al-houriyyade (la Liberté) à Umm al-Fahm
    • Saout al-Haq (la Voix de la vérité) à Umm al-Fahm

Traditions vestimentaires[modifier | modifier le code]

Keffieh[modifier | modifier le code]

Homme filant la laine à Ramallah (1919, image colorisée)
Shemagh palestinien

Le keffieh est la coiffe traditionnelle des paysans et des bédouins palestiniens. Il permettait de distinguer les citadins des ruraux. Le keffieh appartient à toute la population arabe de la péninsule Arabique, d'Irak, de Jordanie, de Syrie, du Liban et de la Palestine. De la région appelée anciennement : Al-Hijaz, Al-Iraq, Al-Yaman, Accham et Filistin. Ensuite, cela s'est généralisé au point de devenir un élément de costume commun, à tous les bédouins et tous les paysans d'Arabie et du Moyen-Orient.

Cette pièce de tissu servait originellement à masquer le visage pour se protéger du soleil et des tempêtes de sable. Il existe différents motifs et différentes couleurs qui varient du jaune au noir en passant par le rouge, le blanc et le vert.

Dimension politique[modifier | modifier le code]

Au cours du soulèvement populaire contre la présence britannique en Palestine, mené par Izz al-Din al-Qassam, à partir de 1936, le keffieh revêt alors une importance capitale pour les Arabes de Palestine. En effet, les révolutionnaires portaient alors le keffieh, qui leur servait à se protéger le visage et à ne pas être reconnu par les Britanniques. Mais cela les rendait bien évidemment plus repérables dans les villes et les arrestations se multipliaient, les porteurs du keffieh étant considérés comme résistants. C'est alors que toute la population fut appelée à porter le keffieh. Les citadins abandonnèrent la tarbouche (signe de distinction sociale) pour porter le keffieh, qui était, comme nous l'avons vu plus haut, une coiffe paysanne.

Détail de broderie de soie sur coton sur une robe de fête, Al-Mesmiya, Gaza, v. 1920.
Coiffes avec burgo, variante du voile, portées par les Bédouines, sud de la Palestine.

Le keffieh est aujourd'hui le symbole et l'emblème de la résistance palestinienne. Son port, en guise de foulard dans les pays européens par de jeunes Européens, leur permet de montrer leur solidarité politique avec les mouvements pro-palestiniens. Mais, soumis à un effet de mode, il est souvent adopté par des personnes qui le portent sans même savoir quelles en sont les origines, significations, valeurs...

Broderies[modifier | modifier le code]

Les robes brodées sont une tradition palestinienne ; les motifs et le style diffèrent en fonction du milieu social et des régions. Les broderies sont généralement de couleur vive. Elles étaient le fait d'un riche artisanat très ancien qui a été interrompu avec l'exode des Palestiniens à partir de 1948 mais depuis quelques années, cet artisanat a connu une renaissance grâce aux associations de femmes palestiniennes dans les camps de réfugiés. Par la fabrication artisanale et le port de ces robes brodées, elles peuvent ainsi affirmer leur identité, même en exil.

Salle palestinienne au Musée des Traditions populaires, Amman (Jordanie)

Le Musée des arts et traditions populaires à Amman en Jordanie est ouvert depuis 1971 et situé à l'est du théâtre romain de la ville. Son ambition est de préserver son héritage populaire, d'être une vitrine du patrimoine jordanien et palestinien de toute la Jordanie, et de partager ses trésors avec le monde entier.

Traditions culinaires[modifier | modifier le code]

La cuisine palestinienne s'est enrichie des influences des régions qui l'entourent : la cuisine de Galilée est proche de celle du Liban, celle de la bande de Gaza ressemble à celles de l'Egypte et de la Méditerranée, etc.

Le pain (khobez) est un aliment de base de la nourriture en Palestine et possède une valeur symbolique. Il est plat et cuit sur une plaque plate ou arrondie appelée taboun ou tabouna qui lui donne aussi ce nom : pain tabouna. Il se mange seul avec de l’huile d’olive issue de la région, du thym frais qui pousse en abondance localement et des graines de sésame. Il est servi avec tous les plats ; il accompagne les mezzés et souvent, on place la nourriture au-dessus du pain. Le piment est très apprécié et relève tous les plats.

Plats[modifier | modifier le code]

  • Le mensef : le pain est couvert de riz et d’agneau mijoté (épices, caillé de brebis, amandes, pignons…) ;
  • La sfiha : le pain est couvert d'un mijoté de viande, oignons, tomates
  • Le kedreh : riz au safran et agneau, cuits à l’étouffée dans une jarre de terre cuite (spécialité d’Hébron)
  • Le musakhan : le pain est couvert d'oignons et de miettes de poulet au sumac, puis éventuellement roulé
  • Le kalayat bandura ou galayat bandura : mijoté de tomates, haricots, huile d'olive. Se sert au petit-déjeuner ou le soir
  • Le shish barak (tatarbari en Irak) : raviolis farcis au bœuf épicé dans une sauce au yogourt

La courgette farcie à la viande reste un plat classique.

Pâtisserie[modifier | modifier le code]

Outre les pâtisseries orientales connues comme le baklawa, la pâtisserie palestinienne possède ses spécialités :

Café turc et son verre d'eau.

Boisson[modifier | modifier le code]

Les Palestiniens boivent du thé, du café turc (ou arabe) à la cardamone très sucré, des jus de fruits (abricot, amande, caroube, tamarin) et ces dernières décennies, beaucoup de sodas industrialisés aux marques connues.

A Taybeh, se brasse une bière : la Taybeh beer. A Latroun, les moines trappistes sont aussi connus pour leur bière.

L’arak est une eau-de-vie préparée à partir de moût de raisin fermenté (vin) et distillé, auquel sont ajoutées des graines d'anis ; le Liban, la Syrie, la Jordanie, la Palestine et Israël sont les seuls endroits du Proche-Orient où sa distillation et sa consommation sont courantes malgré l'interdit islamique et que consomment les Palestiniens chrétiens, juifs ou musulmans modérés. Les Salésiens (congrégation cléricale de droit pontifical) produisent du vin au monastère de Cremisan situé entre Jérusalem et Beit Jala, appelé « Côtes de Cremisan ».

Littérature[modifier | modifier le code]

Poètes palestiniens[modifier | modifier le code]

Auteurs palestiniens[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Cinéma palestinien.

Le cinéma palestinien est essentiellement un cinéma engagé. On peut diviser l'histoire du cinéma palestinien en deux tendances historiques[3]:

  • Films au discours explicitement politique de l’Organisme de Cinéma Palestinien (OCP), fondé en 1968 par Hani Jawhirriya, qui entendait « mettre le cinéma tout entier au service de la révolution palestinienne »
  • Films au langage plus esthétique réalisés à partir de 1980 par Michel Khleifi et les jeunes auteurs qu’il a inspirés

Réalisateurs palestiniens[modifier | modifier le code]

Acteurs palestiniens[modifier | modifier le code]

Films palestiniens[modifier | modifier le code]

Télévision[modifier | modifier le code]

Musique[modifier | modifier le code]

Dabkeh en tenue traditionnelle.

Danse[modifier | modifier le code]

La dabkeh est une danse traditionnelle où les danseurs en ligne se tiennent par l'épaule. Celle des femmes se pratique à l'intérieur d'un cercle. La danse est rythmée par des tambourins et des flûtes.

  • Troupe Ibdaa, créée en 1994, au camp de Dheisheh (près de Bethléem), présente dans plus de 70 festivals internationaux :
    • Khaima (la tente), Wasiya (le commandement), Mo'takal (la prison), Ghorba (Être un étranger)...

Théâtre[modifier | modifier le code]

Religions[modifier | modifier le code]

La Palestine est le berceau du judaïsme et du christianisme, et une terre sainte pour ces derniers ainsi que pour l'Islam.

Depuis des siècles, tous se croisent et se retrouvent sur le sol de la Palestine, terre hautement sacrée et chargée de symboles pour ces trois grandes religions. Des lieux de culte et de vénération sont éparpillés sur tout ce territoire historique : Jérusalem, Bethléem, Jéricho, Hébron, le lac de Tibériade sont autant de noms de villes et de lieux qui font vibrer la fibre religieuse de centaines de millions de personnes de par le monde.

Les Palestiniens d'aujourd'hui sont majoritairement musulmans sunnites.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Widad Kamel Kawar, Threads of identity: preserving Palestinian costume and heritage, Rimal Publications, Nicosia, Cyprus, 2011, 449 p. (ISBN 978-9963-610-41-9)
  • (en) Nicholas Rowe, Raising dust : a cultural history of dance in Palestine, I.B. Tauris, London, New York, NY, 2010, 244 p. (ISBN 978-1-8451-1943-0)
  • Salim Tamari, La montagne contre la mer : essai sur la société et la culture palestiniennes (traduit de l'arabe par Dima al-Wadi), Actes sud, Arles, 2011, 313 p. (ISBN 978-2-7427-9667-0)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Palestine Definition, The Palestine Exploration Fund, accédé le 4 avril 2008
  2. « La Hikaye palestinienne - patrimoine immatériel - Secteur de la culture - UNESCO », sur www.unesco.org (consulté le 9 novembre 2018)
  3. La troisième génération , Le Monde diplomatique, Benjamin Bibas (consulté le 7 novembre 2006)