Battir

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Battir
(ar) بتير
Battir
Vue générale
Administration
Pays Drapeau de la Palestine Autorité palestinienne
Maire Akram Bader
Démographie
Population 3 967 hab. (2007)
Géographie
Coordonnées 31° 43′ 29″ nord, 35° 08′ 12″ est
Localisation

Géolocalisation sur la carte : Palestine (administrative)

Voir sur la carte administrative de Palestine
City locator 14.svg
Battir

Palestine : terre des oliviers et des vignes – Paysage culturel du sud de Jérusalem, Battir *
Terrasses antiques de Battir, 1893.
Terrasses antiques de Battir, 1893.
Pays Drapeau de la Palestine Palestine
Type Culturel
Critères (iv), (v)
Superficie 349 ha
Zone tampon 624 ha
Numéro
d’identification
1492
Zone géographique Amérique latine et Caraïbes **
Année d’inscription 2014 (38e session)
Classement en péril 2014
* Descriptif officiel UNESCO
** Classification géographique UNESCO

Battir (en arabe بتير) est un village palestinien de Cisjordanie bâti sur le site de l'ancienne Betar. Le village est situé à 5 km à l'ouest de Bethléem et au sud-ouest de Jérusalem. Le site est occupé depuis l'âge du fer et c'est le lieu de la dernière bataille de la révolte de Bar Kokhba en 135. Le site est habité durant les périodes byzantines et ottomanes, et à l'époque du mandat britannique les habitants en sont enregistrés comme des musulmans.

Battir est situé à proximité de la ligne de chemin de fer de Jaffa à Jérusalem, qui a servi de ligne d'armistice entre Israël et la Jordanie de 1949 jusqu'à la guerre des Six Jours, à l'issue de laquelle il a été occupé par Israël.

Battir possède une population d'environ 4 000 personnes et dépend désormais de l'Autorité palestinienne. Les terrasses cultivées et le réseau d'irrigation sont classés au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 2014[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Betar (Judée).

Antiquité[modifier | modifier le code]

Anciennement nommé Betar (ou Beiter). Le village moderne est bati sur l'ancien site de Khirbet el-Yahud ( « ruines des Juifs » en arabe )[2]. Un système d'irrigation sophystiqué avait été installé à l'intérieur de fortifications. La perte de la ville de Betar, marque la fin de la révolte juive et Bar Kokhba y trouve la mort[3],[4].

Époque moderne et contemporaine[modifier | modifier le code]

Système d'irrigation[modifier | modifier le code]

Battir possède un système d'irrigation unique qui utilise des terrasses artificielles et un système destiné à détourner manuellement de l'eau. Ce réseau datant de l'époque romaine est relié à sept sources qui ont alimenté le village et les champs en eau pendant 2 000 ans[5].

Le village de Battir assigna le ministère israélien de la Défense en justice en 2007 pour essayer de les forcer à changer le tracé de la barrière de séparation qui devait couper à travers le système d'irrigation. La direction de la Nature et des Parcs israélienne avait donné son accord sur le tracé en 2005 changea son avis et publia un document de 13 pages disant que les terrasses de Battir formaient un site historique israélien et devaient être préservées. Ce document affirmait que les techniques agricoles millénaires de la région seraient endommagées de manière irréversible par la construction de la barrière, quelle que soit la largeur de son emprise sur le terrain. C'est la première fois qu'une agence gouvernementale israélienne exprime son opposition à la construction de la barrière de séparation[6]. En mai 2013, la haute cour de justice israélienne statue en demandant au ministère de la Défense d'expliquer pour quelles raisons le tracé de la barrière de séparation autour du village de Battir ne pouvait pas être annulé ou modifié, ou alors pourquoi la barrière ne pouvait pas être reconfigurée (« why should the route of the separation barrier in the Battir village area not be nullified or changed, and alternately why should the barrier not be reconfigured »). Le ministère de la Défense doit produire un nouveau plan avant le 2 juillet 2013[7]. La colonie de peuplement de Betar Illit, voisine du village, a elle aussi fait recours contre la barrière de séparation car elle craignait d'être empêchée d'agrandir la colonie[8].

La Palestine a déposé une demande auprès de l'UNESCO de classer Battir au patrimoine mondial d'empêcher toute destruction de son système d'irrigation lors de la construction de la barrière de séparation[9]. Les terrasses cultivées et le réseau de canaux d’irrigation alimenté par des sources souterraines ont été classés au patrimoine mondial et sur la liste du patrimoine mondial en péril[10].

Archéologie[modifier | modifier le code]

Le village possède des ruines d'un bain romain. L'archéologue David Ussishkin date la naissance du village à l'âge du fer et souligne pour la période de la révolte que c'était un village contenant entre mille et deux mille personnes. Après la révolte il n'y a pas de preuve d'une occupation du site. Une mosaïque datée de la période byzantine tardive ou du début de l'époque musulmane y a été trouvée.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Palestine : terre des oliviers et des vignes – Paysage culturel du sud de Jérusalem, Battir », sur UNESCO Centre du patrimoine mondial (consulté le 13 avril 2015)
  2. K. Singer, Pottery of the Early Roman Period from Betar, Tel Aviv 20, 1993, pp. 98-103
  3. http://www.tau.ac.il/humanities/archaeology/projects/proj_past_betar.html
  4. D. Ussishkin, Archaeological Soundings at Betar, Bar-Kochba's Last Stronghold, Tel Aviv 20, 1993, pp. 66-97.
  5. (en) « A Palestinian Village Tries to Protect a Terraced Ancient Wonder of Agriculture », New York Times 25 juin 2012
  6. (en) « For first time, Israeli state agency opposes segment of West Bank separation fence », Haaretz, 13 septembre 2012
  7. (en) « Land for Peace in the Battle Over Millennia-Old Palestinian Farming Terraces », Tablet Magazine, 10 juin 2013
  8. (en) Historic Palestinian village fights Israel's separation wall, Radio France internationale, 12 mars 2013
  9. L'urgence d'inscrire le village Battir, en Palestine, candidat au Patrimoine mondial de l'Humanité, France Inter, 15 janvier 2013
  10. (en) « Liste du patrimoine mondial en péril », sur UNESCO Centre du patrimoine mondial (consulté le 13 avril 2015)

Source[modifier | modifier le code]

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