Émile Habibi

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Émile Habibi
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Émile Habibi.
Fonctions
Membre de la Knesset
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Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 73 ans)
NazarethVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Nom dans la langue maternelle
אמיל חביבי‎ et إميل حبيبي‎Voir et modifier les données sur Wikidata
Nationalités
Activités
Autres informations
Parti politique
Distinctions
Order of Jerusalem for Culture, Arts and Literature (d) ()
Prix Israël ()Voir et modifier les données sur Wikidata

Émile Habibi ([1],[2]-) (arabe : إميل حبيبي, hébreu: אמיל חביבי), né et mort à Haïfa, est un homme de lettres arabo-israélien. Comme 850 000 « Palestiniens de l'intérieur », il est de ceux qui acceptèrent de prendre la nationalité israélienne après 1948.

Comme de nombreux Palestiniens, il a choisi de « lutter de l'intérieur ». Membre du Parti communiste israélien, il est élu député à la Knesset et dirige le plus grand quotidien israélien de langue arabe, Al-Ittihâd (L'Union) de 1948 à 1990.

Avec le temps et à mesure que paraissent ses romans (Péchés oubliés, sombre relation du retour d'un Palestinien dans sa ville natale ; Soraya fille de l'ogre, où la réapparition d'une sauvageonne est le prétexte à l'exploration d'un exil intérieur ; Les Aventures extraordinaires de Sa'îd le peptimiste, petite chronique de l'absurdité quotidienne), la personnalité controversée de Habibi s'estompe au profit de la figure de l'écrivain novateur et audacieux, à laquelle restera à jamais lié le personnage de Sa'îd le peptimiste, qui passe sans cesse de l'optimisme au pessimisme et n'est pas sans rappeler le Candide de Voltaire.

Controverse[modifier | modifier le code]

En 1992, il est le premier Arabe à obtenir le Prix Israël de littérature, la plus haute distinction du pays, décernée, après hésitation, par un gouvernement de droite dirigé par Yitzhak Shamir. Ce que lui reprochent beaucoup de Palestiniens. Mais il scandalise également certains Israéliens en versant les 8 000 dollars du prix au profit des enfants palestiniens blessés par l'armée israélienne durant l'Intifada. En 1990, le chef de l'OLP Yasser Arafat lui avait remis le prix Al-Qods pour son œuvre littéraire[3].

Œuvres traduites[modifier | modifier le code]

  • L'Optissimiste. Les circonstances étranges de la disparition de Said Abou Nahs, Paris, Le Sycomore,
    Réédité quelques années plus tard dans une nouvelle traduction, sous le titre Les Aventures extraordinaires de Sa'îd le Peptimiste, Paris, Gallimard, 1987
  • Péchés oubliés, Paris, Gallimard,
  • Soraya fille de l'ogre, Paris, Gallimard,
  • La terre des deux promesses, Solin / Actes Sud,
    En collaboration avec Yoram Kaniuk, essai traduit de l'arabe et de l'hébreu

Interview de Ayman Odeh par la journaliste israélienne Lily Galili le [4] : « ...Il conclut en citant Emile Habibi, un important intellectuel arabe israélien et militant politique. Peu de temps avant sa mort, on avait demandé à Habibi : "quand Israéliens et Palestiniens accepteront finalement de s'asseoir à la table des négociations, choisirez-vous de vous asseoir avec les Israéliens ou avec les Palestiniens?". "Je choisirai d'être la table", avait-il répondu. »

Prix littéraires[modifier | modifier le code]

En 1990, Habibi a reçu le prix Al-Quds de l'OLP. En 1992, il a reçu le prix israélien de littérature arabe[5]. Sa volonté d'accepter les deux reflétait sa croyance en la coexistence, bien que son acceptation du prix Israël ait déclenché un débat au sein de la communauté intellectuelle arabe. Habibi a été accusé de légitimer ce qu'ils considéraient comme la politique « anti-arabe » d'Israël. Habibi a répondu aux accusations : « Un dialogue de prix vaut mieux qu'un dialogue de pierres et de balles », a-t-il déclaré. "C'est une reconnaissance indirecte des Arabes d'Israël en tant que nation. C'est la reconnaissance d'une culture nationale. Cela aidera la population arabe dans sa lutte pour s'enraciner dans le pays et gagner l'égalité des droits"[6].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Sabry Hafez, « Obituary: Emile Habibi », sur Independent, (consulté le )
  2. (en) The Editors of Encyclopædia Britannica, « Emile Habibi, Israeli Arab writer », sur Encyclopaedia Britannica (consulté le )
  3. Libération 3 mai 1996
  4. Sur i24news
  5. « Tashnab_Tashmag_Rikuz », sur cms.education.gov.il (consulté le )
  6. (en-US) Joel Greenberg, « Emile Habibi, 73, Chronicler Of Conflicts of Israeli Arabs », The New York Times,‎ (ISSN 0362-4331, lire en ligne, consulté le )

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Catherine Portevin, « Deux romanciers face à la paix. Habibi l'Arabe et Yehoshua le Juif », Télérama, no 2291, , p. 8-14.

Liens externes[modifier | modifier le code]