Ghassan Kanafani

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Ghassan Kanafani
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Biographie
Naissance
Décès
(à 36 ans)
BeyrouthVoir et modifier les données sur Wikidata
Activités
Enfant
Fayez Kanafani (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Parti politique
FPLP
Site web
Distinction
Lotus Prize for Literature (en) ()Voir et modifier les données sur Wikidata
Œuvres principales
Retour à Haifa عائد إلى حيفا

Ghassan Kanafani (en arabe : غسان كنفاني), né le à Acre en Palestine, et mort le à Beyrouth, au Liban est un écrivain et homme politique palestinien.

Sur le plan littéraire, il est connu pour son œuvre prolifique relative à la cause palestinienne dont la plus emblématique est : "Retour à Haifa".

Sur le plan politique, il est connu pour être un membre important du Front populaire pour la libération de la Palestine (FPLP).

Le , il a été assassiné avec sa nièce Lamis de 17 ans par le service d'intelligence israélien Mossad[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance et jeunesse[modifier | modifier le code]

Ghassan Fayiz Kanafani est né à Acre en 1936 dans une famille de confession sunnite. Son père qui était avocat l'envoie dans une école de missionnaires. Il vécut à Jaffa jusqu'à la guerre israélo-arabe de 1948 lors de laquelle il dut partir avec ses parents en exil. Ils sont d'abord partis au Liban avant de rejoindre la Syrie où ils ont vécu en tant que réfugiés. Kanafani complète ses études secondaires en 1952.

Engagement politique[modifier | modifier le code]

La même année, il s'inscrit dans le département de littérature arabe à l'université de Damas, mais il se fait expulser en 1955 à cause de ses activités politiques au sein du Mouvement nationaliste arabe (MNA). C'est Georges Habache qui l'avait recruté lors de leur rencontre en 1953.

Après sa mésaventure, il s'installe au Koweït où il travaille en tant que professeur, et devient plus actif politiquement. Il édite al-Ra'i (L'Opinion), un journal dépendant du MNA fondé par Habache. Dans ce journal, il s'intéresse également au marxisme.

Il retourne à Beyrouth en 1960 où il édite le journal al-Hurriya du MNA. Il rencontre en 1961 une activiste danoise pour le droit des enfants, Anni Høver, avec qui il aura deux enfants.

En 1962 il travaille dans le journal nassériste, al-Muharrir (Le Libérateur). En 1967, il devient rédacteur d'un autre journal nassériste, al-Anwar (L'Illumination).

Fin de vie[modifier | modifier le code]

L'aile palestinienne du MNA devient en 1967 le Front populaire de libération de la Palestine (FPLP). Kanafani en est le porte parole. Il rédige en 1969 le programme politique du FPLP, c'est par lui que le mouvement devient officiellement marxiste-léniniste. Dans le même temps il a fondé d'autres journaux comme Al-Hadaf (La Cible), il a écrit plusieurs essais et des articles politiques, culturels et historiques.

En , il est assassiné, lui et sa nièce Lamis, après l'explosion d'une bombe placée dans sa voiture[1]. Les Palestiniens accusent les services secrets israéliens de la responsabilité de sa mort.

L'assassinat est commis en réponse au massacre de l'aéroport de Lod, perpétré au nom du Front populaire de libération de la Palestine. À l'époque, Kanafani était le porte-parole du FPLP et le groupe revendique la responsabilité de l'attaque. L'attentat rappelle ceux de l'opération Colère de Dieu alors que la prise d'otages des Jeux olympiques de Munich a eu lieu après son assassinat. En 2005, un ancien porte-parole du Premier ministre Yitzhak Rabin reconnaissait, dans un article publié par le Yedioth Ahronoth, la responsabilité de l'État israélien dans cette opération qui avait également entraîné la mort de la nièce de l'écrivain.

Production littéraire[modifier | modifier le code]

Il a écrit dix-huit livres et des centaines d’articles sur la culture, la politique et la lutte du peuple palestinien. Ghassan Kanafani a eu une influence importante dans la modernisation de la littérature arabe, et reste une figure majeure de la littérature palestinienne. Ses livres parlent essentiellement de la Palestine et de la lutte palestinienne, et il évoque souvent ses propres expériences en tant que réfugié.

Nouvelles[modifier | modifier le code]

Les nouvelles constituent la partie la plus connue de sa production écrite.

Thèmes[modifier | modifier le code]

Les nouvelles de Kanafani prennent en majeure partie la cadre de la cause palestinienne. Toutefois comme toutes les grandes œuvres, elles traitent de thématiques transversales qui peuvent être comprises indépendamment de leurs contextes spécifiques[2].

Le thème du choix et de la responsabilité est un thème majeur qui traverse l'œuvre de Ghassan Kanafani. Dans cette œuvre, ses personnages ont évolué d'une posture d'impuissance dans les premières nouvelles vers celle d'acteurs responsables et engagés vers la fin[3],[4].

Kanafani a également su décrire l'importance du rôle de la femme dans les mouvements révolutionnaires[5],[6],[7], notamment dans sa nouvelle Umm Saad[8].

Forme[modifier | modifier le code]

Kanafani a beaucoup innové dans ses nouvelles dans la forme[3].

L'utilisation des flashback est une technique récurrente dans son œuvre. On la retrouve en particulier dans ses deux nouvelles majeures, "Retour à Haifa"[9]et "Des hommes dans le soleil"[10].

Dans la nouvelle "Ce qui vous reste" [11], il croise le regard de plusieurs personnages ainsi que ceux de plusieurs objets et lieux personnifiés[3].

La structure de "Umm Saad" est également innovante. La nouvelle est constituée de 9 tableaux présentant les mêmes personnages à des périodes différentes[6]. Ces 9 tableaux sont autonomes chacun, mais construisent également une unité globale[8].

Critique littéraire[modifier | modifier le code]

Selon Mahmoud Darwich, Kanafani considère l'expression culturelle comme intimement liée au projet politique correspondant[12]. Son œuvre critique correspond donc à la littérature de la résistance palestinienne qu'il représente[13], et celle du projet sioniste qu'il combat[14].

Études politiques[modifier | modifier le code]

Une édition posthume des écrits politiques de Ghassan Kanafani est réalisée en 2015[15]. Ces écrits sont répartis sur trois grandes thématiques :

  • Réflexions sur le marxisme tant sur le plan théorique que pratique.
  • Panarabisme.
  • Étude des mouvements de libération qui a notamment inclus une analyse de la révolution 1936-1939 en Palestine ainsi qu'une couverture de sa visite en Chine au milieu des années 1960.

Œuvre épistolaire[modifier | modifier le code]

Ghada al-Semman édite en 2005 un recueil de lettres qu'elle attribue à Kanafani[16].

Principales œuvres[modifier | modifier le code]

Les romans de Ghassan Kanafani traduisent une progression tant dans le contexte vécu par les palestiniens que dans leur capacité à y répondre. Nous avons choisi donc d'afficher ci-dessous, la date de première parution de l'œuvre dans sa version originale.

Livres de l'auteur traduits en français[modifier | modifier le code]

  • Des hommes dans le soleil, 1963[10].
  • Retour à Haïfa et autres nouvelles, 1970 pour la nouvelle principale[9].

Livres de l'auteur en Arabe[modifier | modifier le code]

  • Mort du lit numéro 12, 1961[17].
  • Des hommes dans le soleil, 1963[18]
  • La terre des oranges tristes, 1963[19].
  • Un monde qui n'est pas à nous, 1965[20].
  • Sur la littérature sioniste, 1967[14].
  • Des hommes et des fusils, 1968[21].
  • La littérature palestinienne sous l'occupation, 1968[13].
  • Umm Saad, 1969[8].
  • Retour à Haifa, 1970 [22].
  • Ce qui vous reste[11].
  • Le chapeau et le prophète, 1973[23].

Adaptations[modifier | modifier le code]

  • "Des hommes dans le soleil"[10],[18] a été adaptée au cinéma dans le film "Les dupes" Par Tawfiq Saleh[24].
  • "Retour à Haifa"[9],[22] a été adaptée dans le film "Le restant" par Jamal Souleiman[25].
  • Lien d'un article qui a détaillé d'autres adaptations moins connues[26].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en) Mark Ensalaco, Middle Eastern Terrorism: From Black September to September 11, University of Pennsylvania Press, (ISBN 978-0-8122-0187-1, lire en ligne)
  2. C. F. Audebert, « Choice and Responsibility in ‘Rijāl Fī al-Shams. », Arabic Literature, vol. 15, Brill, 1984, pp. 76–93,,‎ , p. 76
  3. a b et c (ar) « خارج النص.. أدب غسان كنفاني », sur www.aljazeera.net (consulté le )
  4. C. F. Audebert, « Choice and Responsibility in ‘Rijāl Fī al-Shams », Journal of Arabic Literature, vol. 15,‎
  5. (ar) قس بن ساعدة. et مقبل، ماجد., Image de la mère de l'œuvre de Ghassan Kanafani, دار كلمات،,‎ (ISBN 978-99966-45-04-4 et 99966-45-04-5, OCLC 1291966272, lire en ligne)
  6. a et b Hanadi Loubani, « شهرزاد فلسطين: بين تحدي أم سعد وتمرد غسان » Accès libre [html], sur https://www.jadaliyya.com/,‎
  7. Zalman, Amy., « Gender and the Palestinian Narrative of Return in Two Novels by Ghassan Kanafani. », The Arab Studies Journal, vol. 10/11, no. 2/1,‎ , pp. 17–43
  8. a b et c Ghassān. Kanafānī et كنفاني، غسان., Umm Saʻd, Rimal,‎ (ISBN 978-9963-610-93-8 et 9963-610-93-5, OCLC 892576192, lire en ligne)
  9. a b et c Ghassan Kanafani, Retour à Haifa et autres nouvelles, ACTES SUD, , 128 p. (ISBN 2742711848)
  10. a b et c Ghassan Kanafani, Des hommes dans le soleil, Actes Sud, , 208 pages (ISBN 2727401892)
  11. a et b Ghassān. Kanafānī et كنفاني، غسان., Mā tabaqqá la-kum, Rimal,‎ (ISBN 978-9963-610-94-5 et 9963-610-94-3, OCLC 859669543, lire en ligne)
  12. « محمود درويش عن غسان كنفاني: عمق الثقافة الفلسطينية », sur www.albawabhnews.com,‎ (consulté le )
  13. a et b (ar) غسان كنفاني, الأدب الفلسطيني المقاوم تحت الاحتلال 1948-1968, منشورات الرمال, 274 p. (ISBN 9789963610891)
  14. a et b غسان كنفاني, في الأدب الصهيوني, Rimal Publications, Cyprus, 192 p. (ISBN 9963610986)
  15. (ar) Ghassan Kanafani, Etudes politiques الدراسات السياسية, منشورات الرمال,‎ 2015 première édition, 542 p. (ISBN 978-9-963-71526-8)
  16. رسائل غسان كنفاني إلى غادة السمان
  17. غسان كنفاني, موت سرير رقم 12, Rimal Publications,Cyprus, 224 p. (ISBN 978-9963610822)
  18. a et b غسان كنفانى, رجال في الشمس, Rimal Publications,Cyprus, 112 p. (ISBN 978-9963610853)
  19. غسان كنفاني, أرض البرتقال الحزين,‎
  20. غسان كنفاني, عالم ليس لنا, Rimal Publications, Cyprus (ISBN 9963610951)
  21. غسان كنفاني, عن الرجال والبنادق, Rimal Publications, Cyprus (ISBN 9963610870)
  22. a et b Ghassān. Kanafānī et كنفاني، غسّان., ʻĀʼid ilá Ḥayfā, Rimal,‎ (ISBN 978-9963-610-91-4 et 9963-610-91-9, OCLC 864844027, lire en ligne)
  23. (ar) غسان كنفاني, القبعة والنبي, Rimal Publications, Cyprus (ISBN 9963610846)
  24. Tewfik Saleh, Al-makhdu'un, National Film Organization, (lire en ligne)
  25. « فيلم المتبقي عائد الى حيفا لجمال سليمان » (consulté le )
  26. (ar) « «عائد إلى حيفا» ما بين فيلمين », sur الجزيرة الوثائقية,‎ (consulté le )

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (ar) وادي، فاروق, ثلاث علامات في الرواية الفلسطينية [« Trois symboles du roman palestinien »], المؤسسة العربية للدراسات والنشر, بيروت,‎ .
  • (ar) عدنان كنفاني, غسان كنفاني صفحات كانت مطوية [« Ghassan Kanafani : Des pages qui étaient fermés »], 278 p..
  • Rebecca L. Stein, « Retour sur la dépossession Israël, la Nakba, les Choses », Ethnologie française, vol. 45, no 2,‎ , p. 309–320 (ISSN 0046-2616, DOI 10.3917/ethn.152.0309)
  • As'ad AbuKhalil, « La seconde vie de Ghassan Kanafani », Chronique de Palestine,‎ (lire en ligne)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]