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Drapeau de la Palestine

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Drapeau de la Palestine
Drapeau de la Palestine.
Drapeau de la Palestine.
Utilisation Symbole décrivant l'usage, explicité ci-après Symbole décrivant l'usage, explicité ci-après
Caractéristiques
Proportions 1:2
Adoption entre 1964 et 1974[1], 15 novembre 1988
Éléments Trois bandes horizontales noire, blanche et verte avec un triangle rouge à gauche. Ce sont les couleurs pan-arabes.

Drapeau de l'État de Palestine
Drapeau de l'État de Palestine.
Drapeau de l'État de Palestine.
Utilisation Symbole décrivant l'usage, explicité ci-après Symbole décrivant l'usage, explicité ci-après
Caractéristiques
Proportions 1:2
Adoption 15 novembre 1988
Éléments Identique au drapeau national avec les armoiries de l'Autorité palestinienne sur le haut à gauche.

Drapeau présidentiel de Palestine
Drapeau de l'État de Palestine.
Drapeau de l'État de Palestine.
Utilisation Symbole décrivant l'usage, explicité ci-après Symbole décrivant l'usage, explicité ci-après
Caractéristiques
Éléments Similaire au drapeau national avec les armoiries de l'Autorité palestinienne en plein milieu[2].

Le drapeau de la Palestine est le drapeau de l'État de Palestine, État observateur non-membre de l'ONU. Il est identique au drapeau de l'Autorité nationale palestinienne et plus généralement, il est le symbole des Palestiniens.

Comme pour beaucoup de pays arabes, le drapeau reprend les couleurs panarabes du drapeau de la Révolte arabe de 1916-1918. Il est presque identique à celui du parti Baas et à celui de la Jordanie (ainsi qu'au drapeau de la République arabe sahraouie démocratique[3]). Ainsi sa composition est-elle proche d'autres drapeaux arabes, du royaume d'Irak, des Émirats arabes unis, du Soudan ou encore du Koweït. Ce drapeau fut également utilisé en 1958 par l’éphémère Fédération arabe d'Irak et de Jordanie.

Composition

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Le drapeau palestinien se compose de trois bandes horizontales tricolores de même largeur - de haut en bas : noir, blanc et vert - et d'un triangle rouge superposé sur la gauche, pointant sur la bande centrale blanche.

À l'origine, les bandes noire, verte et blanche se présentaient différemment, dans cet ordre. En 1922, l'ordre des rayures du drapeau est changé en noir, blanc et vert pour améliorer sa visibilité[4].

Les différentes couleurs représentent des dynasties arabes[4]. Le triangle rouge sur le côté gauche figure la maison hachémite de Mahomet (570-632) et des émirs de La Mecque (Arabie saoudite) ; la bande noire est le signe des Abbassides de Bagdad (Irak, 750-1258) ; la blanche symbolise les Omeyyades de Damas (Syrie, 661-750) et la bande verte distingue les Fatimides d'Afrique du Nord (909-1171)[5],[4],[6].

L'origine du drapeau est source de débat[7].

Le drapeau utilisé par les nationalistes palestiniens arabes dans la première moitié du XXe siècle est celui de la révolte arabe de 1916. Les origines de ce drapeau font l'objet de controverses et de mythes[7]. Selon une version, les couleurs auraient été choisies par le « Club littéraire » nationaliste arabe à Istanbul en 1909, en référence aux paroles du poète arabe du XIIIe siècle Safi al-Din al-Hili[7] : :

« Demandez aux lances qui s'élèvent haut, de nos aspirations. Apportez le témoignage des épées, avons-nous perdu espoir ? Nous sommes une bande, l'honneur retient nos âmes. De commencer par le mal, ceux qui ne nous feront pas de mal. Nos actes sont blancs, nos batailles sont noires, Nos champs sont verts, nos épées sont rouges. »

Une autre version attribue la paternité du drapeau à la Ligue de la jeunesse arabe, fondée à Paris en 1911. Une autre encore affirme qu'il a été conçu par Sir Mark Sykes, du ministère britannique des Affaires étrangères. Quelle que soit la version exacte, le drapeau était utilisé par Sharif Hussein dès 1917 au plus tard et est rapidement devenu le symbole du mouvement national arabe au Mashriq[8], [note 1].

Une résolution de l'Organisation des Nations unies du autorise les drapeaux des États non membres mais observateurs à flotter devant le siège de l'institution. À la suite de cette résolution (119 voix pour, 8 contre et 45 abstentions), les drapeaux des États observateurs (outre la Palestine, le seul autre État observateur est le Vatican[10] mais qui ne s'était pas associé à cette demande[11]) seront hissés à la suite des drapeaux des états membres[10] (ceux-ci sont rangés par ordre alphabétique).

Drapeau historique

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Le militant indépendantiste indien Shaukat Ali (en) recevant un drapeau arabe palestinien (avec le dôme du Rocher imprimé au centre) des mains de Mohammed Amin al-Husseini et d'autres nationalistes arabes palestiniens à Jérusalem, en Palestine mandataire, en 1931.

La Palestine sous mandat britannique - effective de 1923 à 1948[12] - est issue de la conférence de San Remo (1920), où les vainqueurs de la Première Guerre mondiale se partagèrent les provinces arabes de l’Empire ottoman. La Société des Nations (SDN) confie aux Britanniques le territoire couvrant à la fois la Jordanie et une partie de celui de la Palestine[13].

Le drapeau de ce territoire était composé du Red Ensign flanqué d'un disque blanc où est indiqué le nom « Palestine » en capitales[14]. Tout comme les dépendances du Royaume-Uni, l'Union Jack était officiellement utilisé sur les bâtiments officiels. Ces deux drapeaux sont utilisés jusqu'en 1948[4].

En 1938, lors de la grande révolte arabe de 1936-1939, le drapeau est hissé sur les grands bâtiments de Jérusalem. C’est le même que le drapeau actuel mais avec une croix et un croissant dans le triangle rouge[15].

L'Organisation de libération de la Palestine (OLP) approuve officiellement le drapeau le 1er décembre 1964, année de sa fondation[4].

Après des négociations avec l'OLP, Israël lève en 1993 les restrictions de longue date sur le drapeau palestinien. Le drapeau est adopté en 1994 par l'Autorité nationale palestinienne, année de sa fondation après les accords d'Oslo[4].

En vertu de la loi israélienne, faire flotter le drapeau palestinien n'est pas un délit, mais depuis 2014, la police israélienne a le pouvoir de confisquer un drapeau s'il est utilisé pour soutenir le terrorisme ou perturbe l'ordre public[16].

En , Itamar Ben-Gvir, le ministre de la sécurité nationale israélien revient sur cet acquis et interdit l'affichage du drapeau palestinien dans l'espace public israélien[17],[18],[19]. Pour contourner cette interdiction, des représentations de pastèques, devenues un symbole de l’identité palestinienne, sont alors utilisées lors des manifestations de l'opposition israélienne[20] et des Palestiniens[21].

Notes et références

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(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Flag of Palestine » (voir la liste des auteurs).
  1. « Un petit signe de l'artificialité de la révolte arabe est que Mark Sykes lui-même a conçu le drapeau des Arabes comme une combinaison de vert, rouge, noir et blanc. Des variations de ce motif sont aujourd'hui les drapeaux officiels de la Jordanie, de l'Irak, de la Syrie et des Palestiniens[9]. ».

Références

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  1. (en) « Description du drapeau », Flags of the World.
  2. (en) « Presidential Standard (Palestine) », Flags of the World.
  3. État non reconnu par la majeure partie de la communauté internationale.
  4. a b c d e et f (en) « Flag of Palestine Liberation Organization | Symbolism, History, Design | Britannica », sur www.britannica.com (consulté le )
  5. (en-US) « The Origins of the Palestinian Flag – PASSIA » (consulté le )
  6. (en) « My Flag : Fatimid period », "American Educator", New York, 1973, 7th vol., p. 131, sur www.ismaili.net (consulté le )
  7. a b et c (en) Tamir Sorek, « The orange and the ‘Cross in the Crescent’: imagining Palestine in 1929 », Nations and Nationalism, vol. 10, no 3,‎ , p. 269–291 (ISSN 1469-8129, DOI 10.1111/j.1354-5078.2004.00167.x, lire en ligne, consulté le )
  8. (en) Tamir Sorek, « The orange and the 'Cross in the Crescent : imagining Palestine in 1929 », Nations and Nationalism,‎ (lire en ligne).
  9. (en) William Easterly, The White Man's Burden, New York, Penguin, (ISBN 978-1-1012-1812-9), p. 238.
  10. a et b « Drapeaux à l'Onu : le Vatican se démarque de la Palestine », sur lorientlejour.com, (consulté le ).
  11. « Le drapeau de la Palestine pourra flotter devant le siège de l’ONU », sur Le Monde.fr, (consulté le ).
  12. Mutaz M. Qafisheh, « Genèse de la citoyenneté en Palestine et en Israël », Bulletin du Centre de recherche français à Jérusalem, no 21,‎ , § 41 (ISSN 2075-5287, lire en ligne, consulté le )
  13. Note : Entre 1920 et 1923, le mandat sur la Palestine comprend les territoires actuels de la bande de Gaza, d'Israël (à l'exception du plateau du Golan), de la Cisjordanie, et du royaume hachémite de Jordanie. Le 16 septembre 1922, le Conseil de la Société des Nations (futur ONU) vote une résolution agréant la proposition de la part du Royaume-Uni d’exclure la Transjordanie (futur royaume hachémite de Transjordanie, créé en mai 1946) de l’ensemble du territoire du mandat britannique.
  14. (en) « Description du drapeau », Flags of the World.
  15. Thomas Snégaroff et Vincent Lemire, Israël-Palestine: anatomie d'un conflit : 50 questions pour tout comprendre, Les Arènes France-Inter (ISBN 979-10-375-0589-7).
  16. (en) Kellman, Laurie, « Palestinian prime minister says Israel aims to topple the PA », sur AP News, (consulté le )
  17. AFP, « Israël poursuit sa ligne dure en interdisant les drapeaux palestiniens dans les lieux publics », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  18. Clothilde Mraffko, « En Israël, l’obsession du drapeau palestinien », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  19. i24NEWS, « Israël : Itamar Ben-Gvir interdit les drapeaux palestiniens dans l'espace public », sur I24news (consulté le ).
  20. Selin Girit, « Confilt israélo-palestinien : comment les pastèques sont devenues un symbole palestinien ? », BBC News Afrique,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  21. Sami Medjool, « Pastèque Palestine : pourquoi ? », Stop Colonies,‎ (lire en ligne, consulté le ).

Articles connexes

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Liens externes

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