Danse orientale

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Danseuse orientale.

La danse orientale, est une danse d'origine égyptienne qui comprend de nombreux styles. Le style majeur "Raqs Sharqi" s'est développé en Occident à partir des années 90 et connaît un succès fulgurant.

A l'origine, la danse orientale est une danse spontanée et improvisée, mais elle est aujourd’hui enseignée de manière académique partout dans le monde.

Élèves de l'Institut de technologie et d'études supérieures de Monterrey dansent à la Semana de la Cultura (2012).

c'est une danse du ventre et des hanche

Histoire[modifier | modifier le code]

La danse orientale Raqs Sharqi (le terme « danse du ventre » est considéré comme réducteur, il a été donné à l'époque de Napoléon en Égypte) est originaire d'Égypte et est présente au Moyen-Orient ; elle est dansée essentiellement par des femmes et s'est développée dans le monde entier.

À la fois admirée et détestée en Égypte de nos jours, elle s'est d'avantage répandue en Occident où elle compte désormais des millions de pratiquantes.

Plusieurs célèbres professeurs / danseuses voyagent aujourd'hui à travers le monde pour enseigner leur art à la demande du public passionné (quelques références majeures : Saïda d'Argentine, Randa Kamel d'Egypte, Jillina des USA, Yaël Zarca de France, Nour de Russie, Mercedes Nieto d'Hongrie, Dariya d'Ukraine,

Il y a aussi, depuis toujours (et de plus en plus) des hommes, à travers le monde qui enseignent cette danse : Tito, Mayodi, Wael Mansour, Gamal Seif, Yousry Sharif, Zaza Hassan.

En arabe, elle est appelée Raqs sharqi (littéralement : danse orientale) et en turc Oryantal dansı, qui a donné le terme de « danse orientale ». Elle est reconnue comme l'une des plus anciennes danses du monde, surtout dans les pays du Moyen-Orient (Liban, Égypte, Turquie, Syrie, Irak), et de la Grèce.

Certains pensent que l'origine de cette danse remonte aux anciens rites de fertilité, associés à la fois à la religion et à l'ésotérisme[réf. nécessaire]. Très peu de sources valables d'informations sont accessibles sur le sujet, voilà pourquoi il existe autant de mythes autour de l'origine et de l'évolution de cette danse. Elle se développe particulièrement en Égypte au Xe siècle avec l'arrivée d'une population d'Inde.

Suzanne de Soye : "Du temps des pharaons, les prêtresses sacrées faisaient tournoyer leur corps et ondulaient leur ventre afin que la déesse de l’amour et de la fécondité, vienne prendre possession d’elles ; ensuite la divinité qu’elles étaient devenues, s’offrait aux hommes."

C’est en 1926 que fut ouvert au Caire par la danseuse et actrice syrienne Badia Massabni, le premier cabaret égyptien “Le Casino Opéra”. Si de nos jours c’est la forme égyptienne qui domine dans les cours et spectacles, c’est en raison de la notoriété acquise par les danseuses égyptiennes lorsque le Caire devint capitale du spectacle dans les années 1930. Les danseuses orientales de l'époque (Samia Gamal...) sont formées entre autres par des professeurs de ballet classique ce qui permet de fusionner une gestuelle très orientale (mouvements du bassin et du tronc) avec des mouvements mieux adaptés à des spectacles de scène (déplacements, arabesques, tours...)

Il n’existe pas de documents précis concernant les pas, la codification ou la chorégraphie. Il s'agit d'avantage d'une transmission orale.

La danse orientale est adulée, aimée, reniée, voire interdite dans certains pays dont ceux d'origine. Les danseuses égyptiennes sont considérées comme des prostituées tandis qu'en Occident, les jeunes générations présentent cet art dans les théâtres.

Elle soulève parfois le voile du tabou et du sacré.

Les Français ont découvert la danse orientale lorsque les soldats de Bonaparte débarquèrent pendant la campagne d'Égypte. Venant d'une société relativement pudibonde, la moindre nudité leur était alors perçue comme un puissant aphrodisiaque[réf. nécessaire]. En voyant ces femmes se déhancher langoureusement, ils assimilèrent la danse orientale à une invitation à la prostitution et il est vrai que certaines prostituées se sont improvisées danseuses causant de graves préjudices à l'art. Plusieurs fois interdite, la danse du ventre devint dans les années 1930 le morceau de bravoure des comédies musicales égyptiennes.

Styles[modifier | modifier le code]

Paire de sagattes en action

La danse orientale est traditionnellement pratiquée par les femmes, qui expriment par cet art leur féminité, leur vitalité, mais aussi leurs sentiments, joies et peines. Il en existe plusieurs styles, dépendant du pays d'origine, et aussi de multiples fusions émergentes. De façon générale, cette danse se caractérise par la dissociation des parties du corps (isolations) qui peuvent bouger indépendamment l'une de l'autre. Cet art compose aussi bien avec les rythmes saccadés que lents et fluides.

On retrouve différents styles : le Baladi et Shaabi (danses populaires), le Raqs Sharqi (la plus répandue mêlant les influences modernes), les folklores (Saïdi, Fellahi, Bambouti...) et également les fusions (flamenco-oriental, tango-oriental, Tribal...)

Elle peut utiliser comme accessoire un voile (ou deux : double voile voire plus), des ailes d'Isis (voile plissé), canne (Saidi: inspirée du raqs tahtib masculin avec des bâtons), Melaya Leff (grande étoffe séparée au milieu par une broderie et décorée avec des paillettes dorées ou argentées), sagattes (castagnettes en métal), Shamadan (candélabre porté sur la tête) ...

La pratique de la danse orientale est apparue en Europe et en Amérique dans les cabarets au milieu des années 1930 et années 1940, d'où est issu l'étincelant costume deux pièces brodé de pierres et de paillettes. Depuis les années 1990, cette danse connaît un essor fulgurant partout dans le monde.

Contrairement à ce que l'on peut penser, la danse orientale ne se limite pas à des mouvements du bassin. En effet, elle sollicite souplesse et tonicité du buste, des épaules, des bras, des mains, du bassin et du ventre. Elle permet de tonifier les cuisses, d'assouplir les articulations, de bien développer les abdominaux et d'entretenir le dos. Certains mouvements amples demandent une souplesse extrême du dos mais l'essentiel réside dans la contraction musculaire, si bien qu'on peut pratiquer cette danse à tout âge en fonction des limites de chaque danseuse ou danseur.

Le danseur étoile Patrick Dupont a récemment dansé "oriental" à l'IMA et déclaré "Il est temps aussi que l’Orient et l’Occident se tiennent la main et que l’Orient puisse envahir les théâtres et montrer que la danse orientale n’est pas qu’une danse de cabaret mais plutôt une danse sacrée." Une chance inouïe que Patrick Dupont a pu offrir à l’Orient grâce à son nom[1]

Sur la trace des Tziganes[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Doms et Ghawazi.

Dans les villages égyptiens, on appelle une danseuse professionnelle une "raqasa" (de "raqs al sharqi" (raasa, sans le q est une insulte pour les Égyptiens) ou ghaziya ("envahisseuse des cœurs" et au pluriel, ghawazi) ou . À l'origine, les ghawazi appartenaient à la branche orientale des Tziganes, ou Doms. C'est maintenant un terme générique qui désigne les danseuses en général, et non plus une tribu particulière ou des tribus comme autrefois. Le rôle important qu'ont joué les tziganes dans l'évolution des danses profanes se retrouve dans la langue turque où le vieux terme de danseuse (cengi) vient de cingene (tzigane).

« La vie est comme une Ghaziya, elle ne danse qu'un instant pour chacun. » (proverbe égyptien).

La Danse du harem (Giulio Rosati). Les peintures orientalistes ont contribué à la mauvaise image de la danse orientale dite "danse du ventre" assimilée à la prostitution.

En arabe égyptien, ghawazi signifie envahisseur ou étranger, et il est vrai que les Tziganes ont toujours vécu à la périphérie des villes et en marge de la société.

Leur origine fait polémique, mais il semble qu'elles venaient d'Inde, de la tribu des Nawar ("gitan" en arabe).

La danse orientale, les bienfaits et le périnée féminin[modifier | modifier le code]

En plus d'être gracieuse, sensuelle et élégante, la danse orientale permet également de muscler son corps.

Elle améliore la posture et tonifie les muscles, elle prévient l'ostéoporose et renforce les os, elle prépare à l'accouchement (voir périnée ci-dessous), elle réduit le stress, elle permet d'assumer son corps et se sentir plus féminine.

  • Elle permet aussi de muscler son périnée. Ainsi, un périnée tonique permet de faciliter l'accouchement, éviter une épisiotomie ou le risque de déchirure

[2]. À la suite de l'accouchement, lorsque le périnée a été très étiré et est relâché, faire ces mouvements de déhanchements et d'ondulations du bassin permet de muscler le périnée (nommée rééducation du périnée). C'est donc un sport « conservateur » pour cette partie intime et méconnue du corps. Outre l’intérêt de ce sport pour les femmes enceintes, ce sport est accessible à toutes.

La danse en Égypte[modifier | modifier le code]

En Égypte[modifier | modifier le code]

Le baladi est un style populaire du Caire. La danseuse baladi porte sa tenue du quotidien si elle danse chez elle, ou utilisera une " galabeya" si elle danse sur scène, une robe traditionnelle large, décorée ou non, avec un foulard simple sur les hanches. Les mouvements sont terriens, car les appuis se font à plat au sol et le bassin est particulièrement enraciné, lourd et puissant. Les bras sont en mouvement permanent mais toujours près du corps.

Le sharqi est basé sur le style baladi mais fut développé par Samia Gamal, Tahia Carioca, Neima Akef et d'autres danseurs dont la célébrité s'établit pendant l'âge d'or de l'industrie du film égyptienne. Ce style vint à être considéré comme le style classique de la danse égyptienne. Ces danseurs furent célèbres non seulement pour leurs rôles dans les films égyptiens, mais aussi pour leurs performances à l'« Opera Casino » ouvert en 1925 par Badia Masabni. Il s'agissait d'un endroit apprécié par les musiciens et chorégraphes d'influence d'Europe et des États-Unis qui s'engagèrent dans les performances et carrières des danseurs ; beaucoup des développements de l'âge d'or qui y furent conçus peuvent être considérés comme de nouveaux développements de la danse. Les danseurs suivants qui basèrent leurs styles en partie sur la danse de ces artistes sont Sohair Zaki, Fifi Abdou, Nagwa Fouad. Ils devinrent célèbres entre 1960 et 1980 et sont toujours populaires aujourd'hui. Quelques-uns de ces danseurs furent les premiers à chorégraphier et pratiquer des danses avec un « orchestre » complet et une mise en scène, ce qui a eu une grande influence sur ce qui est considéré comme le style « classique ».

Bien que les mouvements à la base du Raqs Sharqi n'aient pas changé, la forme de la danse continue à évoluer. Nelly Mazloum et Mahmoud Reda ont incorporé des éléments du ballet dans leurs danses et leur influence s'est fait sentir chez les danseurs égyptiens modernes.

Les danseurs occidentaux voient l'Égypte comme le berceau de la danse orientale, les danseurs en Égypte ne sont pas bien vus par la société [3]. Les Égyptiens ne considèrent pas la danse orientale comme une profession respectable et la plupart des danseurs donnant des performances pour les touristes en Égypte aujourd'hui sont des étrangers. Les danseurs n'ont pas le droit de pratiquer certains mouvements ou de travailler au sol et les danseuses doivent désormais cacher leur nombril. La télévision d'État égyptienne ne transmet plus de danse orientale. Un projet pour établir un institut d'État afin d'entraîner les danseurs en Égypte fut lourdement attaqué car, d'après le membre du parlement Farid Esmail, il « compromet sérieusement les traditions de la société égyptienne et viole clairement la constitution »[4].

À cause de l'action des religieux et de certaines danseuses égyptiennes, qui se prostituent et offrent un spectacle lascif, parfois même vulgaire elles se font rejeter. La vision occidentale a heureusement changé la donne grâce notamment aux spectacles dansés dans les théâtres et cinéma (Kaouther Ben Amor danseuse et chorégraphe crée dans le film "Hors la Loi" de Rachid Bouchareb, et aussi dans le film Tunis By Night du réalisateur tunisien Elyes Baccar, des tableaux de danse orientale rendant hommage aux films musicaux des années cinquante ) et aux cours enseignés dans les écoles de danse.

Les actuelles stars de la danse en Égypte (on peut les voir dans les films ou clips de chanteurs): Dina, Randa Kamel, Aziza, Sahar Samara, Soraia, Camelia...

Les danseurs Ghawahzee ont aussi été connus pour être au cœur du conflit en Égypte sur la bienséance des danses exécutées en public. Les sœurs Mazin sont généralement réputées pour être les dernières pratiquantes authentiques de la danse Ghawahzee. Khayreyya Mazin est en 2009 la dernière de ces danseuses à continuer l'enseignement et la pratique du Ghawahzee[5].

Notes et références[modifier | modifier le code]


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