Contenu latent

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Le contenu latent est une notion introduite par Freud en 1900 dans son ouvrage L'Interprétation des rêves, en même temps que celle de contenu manifeste du rêve qu'elle complète.

Concept[modifier | modifier le code]

Le contenu latent désigne l’ensemble des significations auquel conduit l’analyse du rêve. Il est le produit du travail d’interprétation : les pensées du rêve (ou contenu latent) sont antérieures à leur traduction manifeste, sont dissimulées derrière le contenu manifeste, et l’analyse consiste à suivre le parcours inverse du travail du rêve. La mise au jour du contenu latent permet de retrouver le sens véritable du rêve, déformé par divers mécanismes opérés par la censure de l’inconscient.

Par extension, la notion de contenu latent est appliquée à toute production de l’inconscient.

Critique[modifier | modifier le code]

Selon le psychologue, sociologue et essayiste G. William Domhoff et le psychologue cognitiviste David Foulkes l'idée selon laquelle l'association libre permet d'accéder au contenu latent du rêve est infirmée par des travaux de psychologie expérimentale qui ont conclu au caractère arbitraire de cette méthode[1]. Le neuropsychiatre Allan Hobson a critiqué l’ouvrage de Domhoff en lui reprochant de méconnaître les mécanismes neurobiologiques qu'il étudie[2] et Drew Westen (en) remarque que Foulkes partage des points de vue avec la théorie de Freud, notamment qu'il existe un contenu latent et un contenu manifeste qui en est la transformation, et que cette transformation relève d'un langage à déchiffrer[3]. Selon le neurologue Bernard Lechevalier, il y a compatibilité entre la conception psychanalytique du rêve et les neurosciences[4]. Selon le neuroscientifique Winson, l’association libre de Freud est une méthode valide qui permet l'accès au contenu latent[5].

Psychologie[modifier | modifier le code]

En psychologie projective, l’analyse de la production du sujet vise à dégager ses contenus latents. Mais on utilise le terme de sollicitations latentes pour rendre compte des contenus sous-jacents susceptibles d’être figurés par le matériel manifeste du test même.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Foulkes D., A grammar of dreams (1978), Basic Books, 1998 et Domhoff G.W.,The scientific study of dreams, American Psychological Association, 2003
  2. J. Allan Hobson, « Book Review: The Scientific Study of Dreams, by G. William Domhoff. APA Press, 2002 » in Dreaming, September 2003, Volume 13, Issue 3, pp. 187-191
  3. « Une perspective cognitive qui partage bien des points de vue avec la théorie de Freud, est la perspective cognitive proposée par un chercheur qui étudia le rêve, David Foulkes (...). Foulkes comme de nombreux psychologues psychodynamiques contemporains, ne se contente pas de la conclusion relative à signification latente du rêve, à savoir un désir inconscient. Il propose à la place que les rêves soient simplement l'expression de préoccupations courantes d'un type ou d'un autre, traduites dans un langage ayant sa propre grammaire spécifique. » Drew Westen, Psychologie : pensée, cerveau et culture, De Boeck Supérieur, 2000, p. 496
  4. « Comment l’inconscient psychanalytique peut-il être perçu par un neurologue ? [...] Quant au rêve, état original “ni veille, ni sommeil”, nous ne voyons pas d’obstacle neurologique à le considérer comme une forme de pensée particulière, non aléatoire, utilisant un mode symbolique correspondant à l’activation d’ensembles de réseaux préformés pendant les stades de sommeil paradoxal » in Séverine Lestienne et Françoise Lotstra « Neuroplasticité et inconscient, sujets d'articulation entre psychanalyse et neurosciences », Cahiers critiques de thérapie familiale et de pratiques de réseaux, 2/2009 (n° 43), p. 35-45, DOI:10.3917/ctf.043.0035
  5. J. Winson, Brain and psyche, Double Day, New York, 1985, p. 153