Compagnie des chemins de fer des Flandres

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Page d'aide sur l'homonymie Pour la compagnie de chemin de fer concurrente de la Compagnie du Nord, voir Compagnie des chemins de fer de Picardie et des Flandres.
La gare de Rexpoëde, d'où partait l'embranchement de Bergues.
On voit l'arrivée d'un train provenant de Hondschoote, tracté par la locomotive n°32

La Compagnie des chemins de fer des Flandres (CF) est une ancienne entreprise de chemin de fer secondaire qui exploitait plusieurs lignes dans le département du Nord.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le schéma départemental de 1886[modifier | modifier le code]

À la fin du XIXe siècle, face à l'urbanisation croissante, au développement de l'industrie et en réaction aux nombreuses demandes de concessions de lignes de chemin de fer secondaire ou tramway, le département du Nord adopte en 1886 le principe de réalisation d'un important réseau secondaire, destiné à être concédé[a], devant comporter 19 lignes pour un total de 429,7 kilomètres[1].

Liste des lignes du schéma départemental de 1886 :
  1. Bergues à Hondschoote (11,700 km);
  2. Bergues à Steenvoorde et Hazebrouck (31,100);
  3. Lille à Douai par Pont-à-Marcq (33,500);
  4. Douai à Denain, par Aniches, Abscon et Lourches (25,600);
  5. Denain à Valenciennes, par Thiant et Maing et pénétrant à Valenciennes par la porte Famars (13,500 km);
  6. Thiant à Solesmes par Bermerain (20,600 km);
  7. Solesmes à Caudry par Briastre (10,900 km);
  8. Solesmes à Landrecies par Bousies (16,800 km);
  9. Landrecies à Avesnes par Cartignies et Étrœungt (29,400 km);
  10. Valenciennes au Quesnoy par Préseau, avec entrée à Valenciennes par la porte Famars (17,900 km);
  11. Rœulx à Cambrai par Marquette, Wasnes-au-Bac et Bantigny (22,000 km);
  12. Bon-Secours à Condé (4,800 km);
  13. Condé à St-Amand, par Vieux-Condé, Bruille et Fontaine-Bouillon (13,400 km);
  14. Saint-Amand à Lens, par Orchies, (partie située dans le Nord) (33,600 km);
  15. Hazebrouck à Estaires par Merville (17,700 km);
  16. (a) Valenciennes à Maubeuge, par Gussignies, Houdain et Taishières-sur-Hon (38,500 km),
    (b) Maubeuge à la frontière belge par Villers-sir-Nicole (7,800 km),
    (c) Bavay à Aulnoye ou Berlaimont, par Pont-sur-Sambre (13,200 km),
    (d) Maroilles à Aulnoye par Noyelles et Leval (9,200 km);
  17. Lomme à La Bassée, par Englos, Ennetières-en-Weppes, Radinghem, Le Maisnil, Fromelles, Aubers, Illies (17,500 km);
  18. Lille à Menin, avec embranchement sur Bondues, Linselles et Bousbecques (14,000 km);
  19. Armentières à Halluin, par Deulémont et Comines(27,000 km).

La constitution du réseau des Flandres[modifier | modifier le code]

Trois entreprises firent part de leur intérêt pour réaliser et exploiter les lignes de Bergues à Hondschoote, de Bergues à Steenvoorde et Hazebrouck, et enfin d'Hazebrouck à Estaires :

L'offre des Chemins de fer économiques du Nord fut retenue, mais, après discussions, cette compagnie renonça au projet en 1899[2], et l'entrepreneur Alfred Lambert, un ingénieur civil de Paris, obtint la concession pour une durée de 99 ans[3] par le Département du Nord des deux premières lignes, qui furent déclarées d'utilité publique par la loi du 2 avril 1891[4]. Celui-ci substitua ses droits à la Compagnie des Chemins de fer des Flandres[5].

La ligne Hazebrouck - Hondschoote et son embranchement de Rexpoëde à Bergues (Porte de Cassel) fut ouverte le 8 septembre 1894, et la section terminale de Cassel (Porte de Cassel) à Cassel - Gare, qui nécessitait un passage à travers l'enceinte fortifiée et de laborieuses négociations avec l'autorité militaire, ne fut mise en service que le 1er juillet 1897[2].

La Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Le réseau contribua au ravitaillement de la poche de résistance de l'Yser, autour de Nieuport, Furnes et Ypres, et fut mis sous tutelle militaire. Celle-ci mit en place une coopération dès l'hiver 1914 entre les CEN, les CF et la 10e section des Chemins de fer de campagne, qui exploitaient la ligne Hondschoote - Bray-Dunes (à voie normale[2]).

La Première Guerre mondiale fit peu de dégâts sur ce réseau situé loin des lignes du front. On nota l'incendie, les 8 et 9 octobre, de la halte de Saint-Sylvestre-Cappel, et, le 4 novembre 1915, la destruction de la voiture de seconde classe no 33[6].

L'exploitation de ce réseau fut reprise par la Compagnie générale de voies ferrées d'intérêt local (VFIL ou CGL) le 1er juillet 1919. Cette compagnie a été formée autour de la compagnie de chemin de fer voisine du Chemin de fer d'Anvin à Calais.

Elle cessa en 1954[7].

Infrastructure[modifier | modifier le code]

La gare de Bambecque

La compagnie exploitait une ligne à voie métrique :

avec un embranchement Rexpoëde - Bergues-Gare, de 9 km, ouverte en deux temps :

Aux termes du Cahier des charges de la concession, les lignes desservaient également les communes de Bambecque, Herzeele, Winnezeele, Steenvoorde, Terdeghem, Saint-Sylvestre-Cappel et Hondeghem.

La voie[modifier | modifier le code]

Rails. De gauche à droite, type UIC 60, type Vignole, type Broca ou à gorge, type double champignon symétrique, et asymétrique

La ligne était à voie unique et métrique, longue de 34 km, armée de rails de type Vignole, de 20 kg par mètre. La voie comprenait quelques rampes atteignant 25 ‰ et des courbes de 100 mètres de rayon[2].

Gare et connexions[modifier | modifier le code]

Les gares étaient établies sur le même modèle, un bâtiment voyageur à 1 étage auquel était accolé une dépendance.

Certaines gares portaient les inscriptions Chemin de Fer du côté de l'entrée et du côté des quais figurait le nom de la ville ou de l'arrêt.

Les gares de jonctions étaient les suivantes:

De l'autre côté des voies de la Compagnie du nord se trouvait le terminus de la ligne de la Société générale des chemins de fer économiques, réseau du Nord pour la direction de Bollezeele, à laquelle le CFC n'était pas physiquement relié[3].

Exploitation[modifier | modifier le code]

Horaires des Chemins de fer des Flandres en mai 1914

La ligne, ainsi que l'embranchement de Bergues, étaient desservis jusqu'en 1905 par trois allers-retours quotidiens.

De 1905 à la Première Guerre mondiale, la desserte fut portée à quatre trains sur les lignes d'Hazebrouck à Hondschoote et de Bergues à Hondschoote, plus une navette entre Rexpoëde et Hondschoote, soit sur ce tronçon, neuf circulations dans chaque sens. cela était une fréquence élevée pour un chemin de fer secondaire à vocation surtout rurale.

Après la guerre, le service reprit avec trois trains sur chaque section, dont deux assurés après 1936 par autorail.

Cette exploitation permit, dans les dernières années d'exploitation la ligne de voir à nouveau circuler quatre aller-retours Hazebrouck - Hondschoote (dont un fractionné à Rexpoëcle) et trois Bergues - Hondschoote[2].

Matériel roulant[modifier | modifier le code]

Le matériel roulant avait un gabarit limité par le cahier des charges à 2,50 m. en largeur et 3,70 m. en hauteur[8].

Il prévoyait également que les voyageurs disposeraient de deux classes de voitures, pouvant éventuellement être dotées d'une impériale[9].

Le tamponnement était central, comme sur de très nombreux chemins de fer secondaires, et le matériel était doté du frein à vide[2].

Le réseau fut doté, dans un premier temps, de cinq locomotives à vapeur construites par Corpet-Louvet en 1890-1891, type 031T de 16 tonnes, qui avaient antérieurement circulé sur d'autres réseaux du Département du Nord ou celui du Pas-de-Calais exploitées par les compagnies de M. Lambert :

La CGL, qui exploitait le réseau depuis 1919, construisit dans son atelier de Lumbres des engins diesel pour la ligne :

  • deux autorails à bogies nos 401 et 402, mis en service en 1936, dotés d'un moteur Berliet de 115 ch et d'une avec une caisse construite par Million-Guiet, d'un modèle identique à ceux livrés à la Chemin de fer de Hermes à Beaumont. Longs de 14,650 m, pesant 18 tonnes et aptes à une vitesse maximale de 75 km/h, ils disposaient de 48 places assises et 20 places debout ;
  • deux locotracteurs à trois essieux livrés en 1951, avec moteur Willème à 8 cylindres en ligne, de 180 ch et transmission mécanique à bielles (n°351 et 352), capables de remorquer une charge de 130 t à 15 km/h sur une rampe de 15 mm/m. Lors de la fin de l'exploitation du réseau des Flandres, en 1954, ces deux locotracteurs furent cédés au réseau départemental de la Somme[2]..

Matériels et installations préservées[modifier | modifier le code]

Le locotracteur à trois essieux et transmission par bielle 352, tel qu'il a été restauré par le Chemin de fer de la baie de Somme
  • Les deux locotracteurs nos 351 et 352 sont préservés par le Chemin de fer de la baie de Somme où ils ont été restaurés et assurent la traction de trains touristiques.
  • Des gares qui jalonnent l'ancien tracé de la ligne, de nombreuses subsistent et ont été transformées en habitat privatif.
  • Portion de voie de la Compagnie des chemins de fer des Flandres subsistant à Bergues.
    Une portion de voie de la ligne Bergues - Rexpoëde est encore visible au sud de la porte de Cassel à Bergues.

Sources et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Suivant les dispositions de la loi du .

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Henri Domengie et José Banaudo, Les petits trains de jadis : Nord de la France, vol. 9, Breil-sur-Roya, Éditions du Cabri, , 251 p. (ISBN 2-908816-29-6), p. 192-196
  • Claude Wagner, Les petits trains de Ch'Nord : Histoire des voies ferrées d'intérêt local du Nord et du Pas-de-Calais, Éditions LR Presse, , 278 p. (ISBN 978-290365167-1), p. 228-249

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Rapport de l'Ingénieur en chef sur les propositions faites en conformité de la délibération du Conseil général du Nord en date du  », Rapport du Préfet au Conseil général, Lille, Imprimerie Léonard Danel,‎ , p. 65-132 (lire en ligne)
  2. a b c d e f et g Domengie et Banaudo,op. cit. en bibliographie
  3. a b c et d Claude Wagner, op. cit. en bibliographie
  4. « Loi du 2 avril 1891 qui déclare d'utilité publique l'établissement, dans le département du Nord, d'un chemin de fer d'intérêt local à voie étroite de Bergues à Hazebrouck, avec embranchement sur Hondschoote (ainsi que la convention passée avec la Compagnie du Nord, celle de concession passée par le Département du Nord et le cahier des charges de la concession) », Bulletin des lois de la République Française, no 1399,‎ , p. 509-535 (lire en ligne)
  5. « Décret du 1er avril 1892, qui approuve la substitution, au sieur Lambert, de la Compagnie des chemins de fer des Flandres, comme concessionnaire du chemin de fer d'intérêt local à voie étroite de Bergues à Hazebrouck, avec embranchement de Rexpoëde sur Hondschoote », Bulletin des lois de la République Française, no 1478,‎ , p. 1155-1156 (lire en ligne)
  6. « Voies ferrées d'intérêt local », Rapport du Préfet au Conseil général - 1re session ordinaire de 1918,‎ , p. 16-52 (et notamment pp21-22) (lire en ligne)
  7. a et b « Les Chemins de Fer Secondaires de France : Département du Nord. », FACS (consulté le 5 mars 2012)
  8. Article 7 du cahier des charges de la concession.
  9. Article 31 du cahier des charges de la concession.
  10. Sébastien Jarne, liste des 1841 locomotives Corpet Louvet produites, 2003 [1]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]