Tramway d'Armentières à Halluin

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Tramway d'Armentières à Halluin
Ligne de Armentières à Halluin
via Houplines, Frelinghien, Deûlémont, Warneton, Comines, Wervicq-Sud, Bousbecque
Image illustrative de l’article Tramway d'Armentières à Halluin
Avant 1914 Train à vapeur tracté par une locomotive bicabine ANF 030T (série 15-21) à la douane d'Halluin.
Pays Drapeau de la France France
Historique
Mise en service 23 mai 1895
Fermeture 1935
Concessionnaires CEN
Caractéristiques techniques
Longueur 26 km
Écartement Voie métrique (1,000 m)
Trafic
Exploitant(s) CEN -

SGTD -

Trafic Voyageurs, marchandises

Le tramway d'Armentières à Halluin est une ancienne ligne de tramway, exploitée entre le et . Construite et exploitée par les Chemins de fer économiques du Nord (CEN), elle était intégrée au sein de cette société au Réseau Nord.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le schéma départemental de 1886[modifier | modifier le code]

À la fin du XIXe siècle, face à l'urbanisation croissante, au développement de l'industrie et en réaction aux nombreuses demandes de concessions de lignes de chemin de fer secondaire ou tramway, le département du Nord adopte en 1886 le principe de réalisation d'un important réseau secondaire, destiné à être concédé[a], devant comporter 19 lignes pour un total de 429,7 kilomètres[1].

Liste des lignes du schéma départemental de 1886 :
  1. Bergues à Hondschoote (11,700 km);
  2. Bergues à Steenvoorde et Hazebrouck (31,100);
  3. Lille à Douai par Pont-à-Marcq (33,500);
  4. Douai à Denain, par Aniches, Abscon et Lourches (25,600);
  5. Denain à Valenciennes, par Thiant et Maing et pénétrant à Valenciennes par la porte Famars (13,500 km);
  6. Thiant à Solesmes par Bermerain (20,600 km);
  7. Solesmes à Caudry par Briastre (10,900 km);
  8. Solesmes à Landrecies par Bousies (16,800 km);
  9. Landrecies à Avesnes par Cartignies et Étrœungt (29,400 km);
  10. Valenciennes au Quesnoy par Préseau, avec entrée à Valenciennes par la porte Famars (17,900 km);
  11. Rœulx à Cambrai par Marquette, Wasnes-au-Bac et Bantigny (22,000 km);
  12. Bon-Secours à Condé (4,800 km);
  13. Condé à St-Amand, par Vieux-Condé, Bruille et Fontaine-Bouillon (13,400 km);
  14. Saint-Amand à Lens, par Orchies, (partie située dans le Nord) (33,600 km);
  15. Hazebrouck à Estaires par Merville (17,700 km);
  16. (a) Valenciennes à Maubeuge, par Gussignies, Houdain et Taishières-sur-Hon (38,500 km),
    (b) Maubeuge à la frontière belge par Villers-sir-Nicole (7,800 km),
    (c) Bavay à Aulnoye ou Berlaimont, par Pont-sur-Sambre (13,200 km),
    (d) Maroilles à Aulnoye par Noyelles et Leval (9,200 km);
  17. Lomme à La Bassée, par Englos, Ennetières-en-Weppes, Radinghem, Le Maisnil, Fromelles, Aubers, Illies (17,500 km);
  18. Lille à Menin, avec embranchement sur Bondues, Linselles et Bousbecques (14,000 km);
  19. Armentières à Halluin, par Deulémont et Comines(27,000 km).

Parmi ces projets de lignes figure une ligne (n°19) devant relier Armentières à Halluin en longeant la vallée de la Lys par Comines, celle-ci n'empruntant quasiment que les chaussées est classifiée comme tramway.

Les projets avortés[modifier | modifier le code]

Déjà en 1880, deux projets desservant en partie de la vallée de la Lys mais restés sans suite avaient été établis : le premier présenté par la compagnie des Tramways du département du Nord (TDN), exploitant le tramway de Lille, pour des lignes de Lille à Armentières avec embranchement vers Nieppe et Houplines, Lille à Menin, Roncq à Comines par Bousbecque et Roncq à Tourcoing; le second projet proposé par la Compagnie générale des chemins de fer secondaires concerne une ligne de Lille à Armentières[b],[2].

Dans un second temps, suite au projet de réseau secondaire voulu par le département du Nord en 1886, seul Victor Lecocq, un armentiérois, demande la concession de la ligne d'Armentières à Halluin mais sa demande n'aboutira pas et la ligne reste en l'état de projet[1].

Les Chemins de fer économiques du Nord[modifier | modifier le code]

À la même période, le baron Édouard Empain, financier belge, développe un important réseau d'entreprises de transports pour exploiter les réseaux de tramway. Déjà exploitant du réseau de Valenciennes à partir des années 1880, il va développer son réseau vers le nord du département, en prenant possession de la compagnie des Tramways du département du Nord dont il rachète 90 % des actions et va via la société exploitant le tramway de Valenciennes, la société des Chemins de fer économiques du Nord (CEN) demander la concession de la ligne d'Armentières à Halluin[3]. Sa société obtient la concession de la ligne en 1891, sous le régime de voie ferrée d'intérêt local (VFIL) pour une durée de soixante ans[c],[4].

Mise en service et évolution[modifier | modifier le code]

L'exploitation était assurée par la compagnie des chemins de fer économiques du Nord. Le 21 mars 1895 a lieu le premier essai ; le 23 mai, la mise en service.

Elle fut marquée par les destructions de la Grande Guerre. Après le conflit, la reprise du réseau eut lieu par paliers : 1920, puis 1924. Les navettes passèrent de 6 à 3.

Du fait du déficit engrangé, le 9 juin 1931, un arrêté préfectoral donna le coup de grâce de la ligne.

Plan de la ligne en 1910 (en rouge) ainsi que des lignes du tramway d'Armentières (en bleu)

Infrastructure[modifier | modifier le code]

Voies et tracés[modifier | modifier le code]

Au départ d'Armentières, le tram emprunte les rues suivantes : Comines Gare Lille Notre-Dame Promenades Rond-Point Roubaix Chanzy Ypres.

Un poste de prise d'eau rue de la Gare à Armentières.

Avant 1900, la durée du trajet est de 33 minutes et est marquée par 12 stations.

Arrêts et stations[modifier | modifier le code]

Voir CEN, section arrêts pour la description des modèles standardisés d'arrêts.

La ligne comporte différentes gares présentant un bâtiment à 1 étage et 3 travées d'un modèle standardisé. Elle assure également la liaison avec le grand chemin de fer de la Compagnie des chemins de fer du Nord aux gares d'Armentières, Houplines, Comines et Halluin.

Les gares n'appartenant pas aux CEN sont en italique.

Type : type de bâtiment standardisé, «u» bâtiment à l'architecture unique, «nc.» non concerné dans le cas de bâtiments d'autres compagnies, voir CEN, section arrêts pour la description des modèles standardisés d'arrêts.

Illustration Nom Arrêt Ville Type
Armentières Gare Armentières nc.
Houplines Gare Houplines nc.
Frelinghien Gare Frelinghien 1a
Deûlémont Gare Deûlémont 1a
Comines Gare Comines nc.
Wervicq Gare Wervicq-Sud 1a
Bousbecque Gare Bousbecque 1a
Halluin Gare Halluin nc.

Dépôt[modifier | modifier le code]

Plan du dépôt d'Houplines (photographie aérienne de )
#1 Bâtiments du dépôt et remise.
#2 Gare d'Houplines

Le dépôt est situé place de la République à Houplines. Les bâtiments de l'ancien dépôt ont longtemps survécu après la suppression de la ligne et ont été détruits entre et pour laisser place à un supermarché[5].

Matériel roulant[modifier | modifier le code]

Cadre légal[modifier | modifier le code]

Les règles concernant le matériel roulant sont identiques à celles en vigueur sur le tramway de Saint-Amand à Hellemmes : la largeur des véhicules est limitée à 2,3 m, l'exploitation se faisant au moyen de locomotives à vapeur et remorques, la longueur des trains ne peut dépasser 60 m pour un maximum de 10 voitures. La vitesse des trains en exploitation est limitée à 20 km/h[6].

Locomotives à vapeur[modifier | modifier le code]

Locomotive bicabine de type 030T de la série 15 à 21.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Suivant les dispositions de la loi du .
  2. Ces deux projets s'appuient sur les lignes existantes du réseau de Lille, assurant la correspondance ou en constituant un prolongement.
  3. Suivant les dispositions de la loi du , le département obtient l'autorisation de construire la ligne et concède sa construction et son exploitation à la société des Chemins de fer économiques du Nord.
  4. Numéros constructeur 138 à 144 (La Métallurgique 996 à 1002).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Les ouvrages de référence portent la mention «Document utilisé pour la rédaction de l’article».

  • Document utilisé pour la rédaction de l’article Henri Petit, À toute vapeur : L'histoire du petit tram d'Armentières à Halluin
  • « Le tramway à vapeur Armentières-Halluin : Du temps où des voies ferrées traversaient la cité », La Voix du Nord,‎ date inconnue (lire en ligne)
  • « Décret n°24038 du qui déclare d'utilité publique l'établissement, dans le département du Nord, d'une ligne de tramways entre Armentières et Halluin, par Houplines, Deulémont et Comines. », Bulletin des lois de la République française, no 1423,‎ second semestre de 1891, p. 362-378 (lire en ligne)

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Rapport de l'Ingénieur en chef sur les propositions faites en conformité de la délibération du Conseil général du Nord en date du  », Rapport du Préfet au Conseil général, Lille, Imprimerie Léonard Danel,‎ , p. 65-132 (lire en ligne)
  2. Claude Gay (préf. Alain Decaux), Au fil des trams, association Amitram, (1re éd. 1971), 383 p., p. 37
  3. Gay, 1971, p. 49
  4. Décret n°24038 du qui déclare d'utilité publique l'établissement, dans le département du Nord, d'une ligne de tramways entre Armentières et Halluin, par Houplines, Deulémont et Comines., op. cit. en bibliographie.
  5. Photographies aériennes IGN : mission C92SAA0691_1992_F2504_0031 cliché 31 du 18/05/1992; mission C93SAA0711_1993_F2404_0015 cliché 15 du 29/06/1993 et mission C94SAA1361_1994_FD59-62_2331 cliché 2331 du 30/06/1995
  6. Articles quatre et quinze du cahier des charges annexé au décret n°24038 du , op. cit. en bibliographie.
  7. Jens Merte, « Liste de construction ANF Blanc-Misseron », liste de construction du matériel roulant des Ateliers de construction du Nord de la France (ANF) de Blanc-Misseron établie par Jens Merte

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]