Parc national

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Hiver en Wattamolla au Parc national royal en Australie.
Parc national de la Forêt bavaroise, en Allemagne.

Un parc national est une portion de territoire qui est classée par décret à l'intérieur de laquelle la faune, la flore et le milieu naturel en général sont protégés des activités humaines. Leur intérêt peut être aussi touristique. Ils utilisent des définitions différentes mais partagent la mission de protéger la nature sauvage pour la postérité et comme un symbole de fierté nationale[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

La première approche de l'idée de parc national a été formulée aux États-Unis en 1832 par le peintre américain George Catlin (1796-1872). De retour d'un voyage dans l'Ouest, il propose une politique de protection par le gouvernement d'un « parc contenant hommes et bêtes dans toute la beauté sauvage de leur nature ».

La première réserve naît aux États-UnisAbraham Lincoln, le 30 juin 1864, déclare terrain public inaliénable la vallée du Yosemite en Californie. C'est cependant Yellowstone, à cheval sur les États de l'Idaho, du Montana et du Wyoming, qui doit être considéré comme premier parc national au monde. Il a été créé par la loi du 1er mars 1872. Le deuxième fut le Parc national royal australien créé en 1879 et puis Yosemite devant attendre 1890 pour disposer de la même réglementation.

Plus récemment, certains parcs nationaux, pour des actions de protection particulièrement remarquables, ont obtenu le diplôme européen du Conseil de l’Europe. Avec l’espace européen, le concept de parc transfrontalier regroupant le parc national du Mercantour et « Parco naturale delle Alpi marittime » s’est ainsi concrétisé.

Dans le monde[modifier | modifier le code]

En 2003, la liste des Nations unies comptait plus de 100 000 aires protégées dans le monde, dont 3 881 parcs nationaux (catégorie II de l'UICN)[2]. Certains sont tellement exceptionnels qu'ils ont été classés au sur la Liste du patrimoine mondial de l'UNESCO comme le Parc national de Kilimanjaro en Tanzanie.

Superficie[modifier | modifier le code]

La superficie des parcs nationaux est très variable, oscillant entre 550 ha (5,5 km2) pour le Parc national des îles Ehotilé en Côte d'Ivoire et plus de 2 millions d'hectares - soit 22 275 km2 - pour le Parc national d'Etosha en Namibie.

Les parcs nationaux représentent à eux seuls une superficie supérieure à 4,4 millions de km2[2], soit un peu plus que la superficie de l'Union européenne.

Gestion[modifier | modifier le code]

Tous les parcs nationaux dans le monde sont animés du même esprit et investis de trois types de missions : protéger la nature, soutenir les activités traditionnelles et gérer la fréquentation du public. En effet, tous les parcs nationaux et, de façon générale, les réserves naturelles ne contiennent pas exclusivement des animaux sauvages et des terres inviolées.

En Occident, ces parcs s'étendant sur plusieurs communes ou comtés, il est habituel que ces réserves « abritent » également une ou plusieurs populations humaines présentes depuis bien avant la mise en place des parcs nationaux. Dans certains pays (par exemple, États-Unis ou République populaire de Chine), ce sont les minorités installés là depuis plusieurs centaines ou milliers d'années.

Même si on tente de l'éviter, de nombreux parcs nationaux sont écologiquement fragmentés par des routes et autoroutes (par exemple le Parc national Braulio Carrillo au Costa Rica). Les enjeux de la fragmentation écologique par les écoducs ou d'autres moyens (passage en tunnel, etc.) sont particuliers élevés dans les parcs où les impacts des routes n'ont pas ou peu été compensés (Une étude faite auprès de 106 des 196 entités gestionnaires de parcs nationaux aux États-Unis [3] (2008) a montré que seulement 36 % des zones concernées avaient mis en place des mesures d'atténuation des impacts des routes sur la faune, et près de la moitié des parcs enquêtés s'attendaient à ce que cette situation de fragmentation empire dans les cinq prochaines années[3]).

Certains parcs sont partiellement exploité par des paysans ou des entreprises (avec des impacts en termes de déforestation et d'artificialisation, par exemple dans la réserve de biosphère de Petén au Guatemala), ou par des sociétés pétrolières (par exemple la forêt pluvieuse de Yasina au Brésil) ou bien en France avec les exploitant de gaz de schiste dans le Parc national des Cévennes[4] C'est tout le défi que doivent résoudre les organisations qui gèrent ces territoires.

Certains parcs sont étroitement surveillés, d'autres sont si vastes que cela est impossible. C'est notamment le cas au Zimbabwe. Connu notamment pour ses célèbres Chutes Victoria, l'une des sept merveilles de la nature (107 m de hauteur, 1 700 m de longueur, pour un débit de plus de 9 000 m3/seconde), ce pays d'Afrique australe a créé des parcs nationaux pour protéger les espèces menacées tel le rhinocéros, l'éléphant et le buffle dont ce territoire constitue l'un des derniers sanctuaires.

Les autorités chargées de la préservation de ces réserves sensibilisent la population; des guides, des gardes forestiers, des vétérinaires et des chercheurs expliquent aux habitants et aux touristes les avantages de préserver ces espèces et les risques que les braconniers encourent s'ils tuent ces animaux ou essayent de les vendre. Mais le combat de ces hommes et femmes de bonne volonté est parfois démesuré devant l'ampleur de la tâche.

Ainsi, le Parc national Hwange au Zimbabwe s'étend sur 14 620 km2, c'est l'un des plus vastes du monde. Il a acquis son statut de parc national dès 1930. Mais certains secteurs s'étendent sur plusieurs milliers d'hectares et ne sont surveillés que par cinq gardes, se déplaçant de surcroît à pied... Or, ce parc contient la plus forte concentration d'animaux avec 107 espèces de mammifères et 450 espèces d'oiseaux. Aujourd'hui, bien que le dernier rhinocéros blanc ait été abattu, officiellement, en 1995, sa population a encore diminué et est menacée d'extinction. Le problème vient du braconnage, car le rhinocéros est pourchassé pour sa corne aux vertus prétendues aphrodisiaques qu'affectionne la population asiatique et surtout chinoise.

En Amérique[modifier | modifier le code]

Parcs nationaux au Canada[modifier | modifier le code]

Article détaillé : parcs nationaux du Canada.

Le Canada compte 42 parcs nationaux, couvrant 2,2 % de la superficie du pays.

Parcs nationaux de la province du Québec[modifier | modifier le code]

Le Québec compte pas moins de 22 parcs nationaux, auxquels s'ajoute un parc marin (Parc marin du Saguenay–Saint-Laurent) géré conjointement par le Québec et le Canada. Le premier parc national du Québec fut créé en 1895 ; il s'agit du parc du national du Mont-Tremblant. Le deuxième plus ancien est le parc national de la Gaspésie qui fut créé en 1937. L'objectif était de protéger le mont Albert, la rivière à saumons et surtout le troupeau de caribous de la Gaspésie. Le plus récent est le parc national Opémican, situé en Abitibi qui a été créé en 2013 mais qui n'a pas encore été inauguré.

Conformément à l'article 5 de sa Loi sur la conservation du patrimoine naturel, le Québec s'est doté d'une registre des aires protégées qui rassemble les données de base (nom, superficie, localisation, statut(s) de protection, ministère ou organisme gouvernemental responsable et classement selon les catégories reconnues de l’Union mondiale pour la nature) sur les aires protégées au Québec. Selon le ministère du développement durable, de l'environnement et des parcs, le réseau québécois des aires protégées utilise plus de 20 désignations juridiques différentes ; les parcs nationaux sont l'une de ces désignations.

Selon la mise à jour la plus récente du registre (août 201), 8,13 % de la superficie du pays est réservée à des fins d'aires protégées. L'objectif gouvernemental pour 2010 était d'atteindre 13 %.

Parcs nationaux aux États-Unis[modifier | modifier le code]

Il existe 380 parcs et monuments nationaux aux États-Unis qui accueillent au total 380 millions de visiteurs par an[5].

En Asie[modifier | modifier le code]

Parcs nationaux en Indonésie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Parc national d'Indonésie.

Il existe quelque 50 parcs nationaux en Indonésie.

Parcs nationaux en Chine[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Parc nationaux de Chine.

Il y avait en 2005 186 parcs nationaux sur l'ensemble du territoire chinois.

En Europe[modifier | modifier le code]

Parcs nationaux en France[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Parcs nationaux de France.

Les parcs nationaux ont été officiellement créés par la loi du 22 juillet 1960. La France en compte actuellement dix. Ce fut l'aboutissement d'une lutte d'un demi-siècle puisque c'est en 1911 que la Société nationale d'acclimatation partit en campagne pour la création de parcs en France. Les protecteurs de la nature obtinrent une première et mince satisfaction le 31 décembre 1913 avec la création d'un parc national du Pelvoux. En 1912, la Ligue pour la protection des oiseaux (qui existe toujours) constitua la réserve des Sept-Îles. Quant au gouvernement français, il gagna du temps en inaugurant en 1925 le parc national antarctique. Un grand mot pour une assez vague réglementation de chasse et de pêche. La campagne des protecteurs de la nature continua jusqu'en 1937, date à laquelle un député déposa un premier projet de loi qui ne vit jamais le jour. Pourtant, dès 1935, la société de géographie et la société d'acclimatation ont publié un volumineux ouvrage, dans lequel sont décrits tous les parcs nationaux qui seront créés trente ou quarante années plus tard. Et la seule concession accordée aux associations de protection de la nature aura été la création, en 1978, d'un Conseil national de la protection de la nature (CNPN) qui existe toujours et qui est désormais rattaché au Ministère de l'Écologie, du Développement et de l'Aménagement durables français.

Parc naturel régional en France[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Parc naturel régional en France.

Parc national suisse[modifier | modifier le code]

La Suisse a créé en 1914 le parc national suisse, celui-ci est situé dans les Alpes dans le canton des Grisons le long de la frontière italienne. Côté italien on retrouve le parc national du Stelvio. Pendant très longtemps, il est resté le seul « parc national » du pays. En 2013, deux parcs sont candidats à devenir des parcs nationaux en Suisse, il s'agit du parc Adula et du parco del Locarnosee. De plus, il existe le statut de parc d'importance nationale, dans lequel on retrouve le parc national suisse mais aussi différents parc naturels régionaux.

Parcs nationaux de Belgique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Parc national de la Haute Campine.

Parcs naturel de Belgique[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Europarc Federation (eds.) 2009, Living Parks, 100 Years of National Parks in Europe, Oekom Verlag, Munchen
  2. a et b untitled
  3. a et b (en) Ament, R., Clevenger, A.P., Yu, O., and A. Hardy. (2008). An Assessment of Road Impacts on Wildlife Populations in U.S. National Parks (en anglais). Environmental Management, 42(3), p. 480-96
  4. http://www.cevennes-parcnational.fr/Acces-directs/Toute-l-actualite/Le-Parc-national-s-oppose-au-gaz-de-schiste
  5. Pierre Gouyou Beauchamps, « Au cœur des parcs américains », dans Terre sauvage (ISSN 0981-4140), no 223, (décembre 2006-janvier 2007), p.18

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • C. Aubertin et E. Rodary, Aires protégées, espaces durables, éditions de l'IRD, Paris, 2008
  • S. Depraz, Géographie des espaces protégés. Genèse, principes et enjeux territoriaux, Armand Colin, Collection U, Paris, 2008
  • B. Gissibl, S. Höhler et P. Kupper, Civilizing Nature, National Parks in Global Historical Perspective, Berghahn, Oxford, 2012
  • S. Héritier et L. Laslaz, Les parcs nationaux dans le monde. Protection, gestion et développement durable, Ellipses, Paris, 2008

Liens externes[modifier | modifier le code]

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