Collège des Bernardins
| Collège des Bernardins | ||
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| Présentation | ||
| Période ou style | Style gothique | |
| Date de construction | XIIIe siècle | |
| Destination initiale | Collège | |
| Propriétaire | Archidiocèse de Paris | |
| Destination actuelle | Lieu de rencontre culturel et d'enseignement théologique | |
| Protection | ||
| Géographie | ||
| Pays | ||
| Région | Île-de-France | |
| Localité | 5e arrondissement de Paris | |
| Coordonnées | ||
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Le collège des Bernardins ou Collège Saint-Bernard, situé 20, rue de Poissy dans le 5e arrondissement de Paris, est un ancien collège cistercien de l'historique Université de Paris. Après une rénovation complète achevée en septembre 2008, il est aujourd’hui un lieu de rencontres, de dialogues, de formation et de culture proposant une programmation riche de conférences et colloques, d’expositions, de concerts, d’activités pour le jeune public ainsi qu’un centre de formation théologique et biblique.
Il fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le 10 février 1887[1].
Sommaire |
[modifier] Histoire du Collège
[modifier] Fondation du collège
C'est au début du XIIIe siècle que l'abbé de Clairvaux décide avec l'accord du chapitre général des cisterciens de fonder un collège à Paris pour former les religieux de cet ordre, également connus sous le nom de bernardins. La demeure dans laquelle les moines avaient tout d'abord élu domicile est bientôt trop petite, et il devient nécessaire de construire un nouveau bâtiment. Ce sera Étienne de Lexington, autre abbé de Clairvaux, né d'une puissante famille en Angleterre, qui mènera ce projet à bien, en achetant des terrains considérés jusqu'alors comme insalubres car envahis régulièrement par les inondations de la Bièvre. Le corps principal du collège est achevé vers 1253. Il comprend alors plusieurs bâtiments sur quatre niveaux avec salles de cours, réfectoires et dortoirs. Pour éviter que le bâtiment ne s'enfonce sous son propre poids dans cette zone marécageuse, les cisterciens font reposer les fondations sur des pilotis de chêne[2].
Alphonse de France, frère de Louis IX, en devient bientôt le protecteur et offre une rente afin d'entretenir vingt à trente étudiants religieux. En 1320, l'abbé et les religieux de Clairvaux cédèrent cet établissement à l'ordre cistercien. Le pape Benoît XII, qui avait été religieux de cet ordre, encouragea la construction d'une sacristie et d'une église à partir de 1338 ; cette dernière restera inachevée.
[modifier] Les études au collège
[modifier] Fermeture du collège et ses différentes affectations
En 1790, le collège est confisqué par les révolutionnaires et devient bien national, tandis que les quelques moines qui restaient en sont chassés. Durant quelque temps le ci-devant collège reçoit, dans les locaux entourant le cloître, les galériens transférés du château de la Tournelle voisin, voué à la démolition. La plupart d'entre eux (70 sur 73) seront tués au cours des massacres de prisonniers des 2,3 et 4 septembre 1792[3]. Les bâtiments sont ensuite vendus à la ville de Paris qui les utilise successivement comme grenier à sel et comme école, puis en fait une caserne de pompiers, qui ne sera désaffectée qu'un siècle plus tard. Le site représente alors un superficie de 2 hectares s'étendant jusqu'à la Seine[2]. L'église, abandonnée, était entre-temps devenue carrière de pierre et a été finalement rasée pour permettre le passage du boulevard Saint-Germain sous le baron Haussman. Il en fera différents usages dont l'installation d'une caserne de pompiers rue de Poissy. Le collège a également servi d'internat à la Police Nationale et a accueilli de nombreux policiers auxiliaires (service national).
[modifier] Achat du collège
En avril 2001, le Collège des Bernardins a été racheté par le diocèse de Paris.
[modifier] Rénovation des années 2000
Le lieu a connu une rénovation complète à partir de 2004 et achevée en août 2008. Elle fut menée par Hervé Baptise, architecte en chef des monuments historiques pour la partie ancienne et Jean-Michel Wilmotte pour les espaces contemporains. Cette rénovation lourde a nécessité de placer 350 pieux d'acier sur 20 mètres de profondeur sous tous les murs extérieurs ainsi que sous chacun des piliers[2]. Les espaces dégagés en sous-sol pour cette opération ont permis de découvrir les anciennes voûtes romanes d'un niveau qui s'était avec le temps enfoncé dans le sol meuble. Les combles ont également été réaménagés avec la pose d'une nouvelle toiture à armature métallique en lui redonnant sa pente originelle[4] et une couverture en tuiles plates de six nuances différentes[2]. L'ensemble sera chauffé et réfrigéré par géothermie[2]. L'ensemble de la rénovation et du nouvel aménagement aura coûté un peu plus de 50 millions d'euros[2]. Il a été inauguré début septembre 2008 par l'archevêque de Paris Monseigneur André Vingt-Trois. Le vendredi 12 septembre 2008, le pape Benoît XVI y prononça un discours devant 700 personnalités de la culture, dans le cadre de son voyage apostolique en France.
[modifier] Utilisation actuelle
Le diocèse de Paris a souhaité redonner au Collège des Bernardins sa triple vocation initiale, éducative, culturelle et lieu de rencontre. C’est un lieu où l’on apprend à prendre le temps de la réflexion, de l’échange, à prendre le temps d’écouter, de regarder, de former à la théologie.
Pour cela, il propose plusieurs activités : expositions d’art contemporain, musique, performances, activités pour le jeune public ; rencontres et débats à travers des tables rondes, des colloques et des conférences retransmises, pour celles du mardi, par la chaîne KTO ; formation théologique et biblique au sein de l’École Cathédrale. Pour nourrir sa réflexion et sa programmation, le Collège des Bernardins s’appuie sur un pôle de recherche composé de six départements qui travaillent sur les sujets suivants : « Sociétés humaines et responsabilités éducatives », « Économie, homme, société », « Éthique biomédicale », « Société, liberté, paix », « Judaïsme et christianisme », « La parole de l’art ».
Ce nouveau lieu parisien propose 5 000 m2 de surface utile dont 1 000 de surface créée[2] avec 15 salles de cours et deux auditoriums.
[modifier] Références
- Ministère de la Culture, base Mérimée, « Notice no PA00088408 » sur www.culture.gouv.fr.
- Les Échos "La résurrection du collège des Bernadins", d'Annick Colybes, mercredi 3 septembre 2008.
- Jacques Hillairet, Gibets, piloris et cachots du vieux Paris, éditions de minuit, 1956, p. 245.
- Pierre Engel, La résurrection du Collège des Bernardins, p. 198-209, dans ''Bulletin Ouvrages Métalliques, no 6, 2010
[modifier] Annexes
[modifier] Les collèges des ordres religieux à Paris
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| Nom du collège | Date de fondation | Fondateur | Adresse actuelle |
|---|---|---|---|
| Collège des Cordeliers |
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| Collège des Jacobins |
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| Collège des Bernardins |
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abbé de Clairvaux |
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| Collège des Prémontrés |
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et de la rue Hautefeuille |
| Collège des Carmes |
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| Collège des Augustins |
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puis Gilles de Rome, confesseur de Philippe IV |
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| Collège de Cluny |
1269 |
puis son neveu Yves de Chasant, abbés de Cluny |
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| Collège de Saint-Denis |
1266 |
abbé de Saint-Denis |
et sous la rue Christine |
| Collège de Marmoutiers |
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conseiller de Philippe IV et notaire pontifical |
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[modifier] Bibliographie
[modifier] Collège des Bernardins
- Sous la direction de Vincent Aucante, Le Collège des Bernardins, Association du 18-24 Poissy, Paris, 2008 (ISBN 978-2-917784-00-6) ; p. 256
- Pierre Engel, La résurrection du Collège des Bernardins, p. 198-209, dans le Bulletin Ouvrages métalliques, no 6, 2010 (ISBN 978-2-7258-0018-9) ; p. 256
[modifier] Les ordres religieux au Moyen Âge
- Henri-Irénée Marrou, L'église de l'Antiquité tardive (303-604), Éditions du Seuil (collection Points Histoires H81), Paris, 1985 (ISBN 2-02-008747-2) ; p. 321
- Jean Chélini, Histoire religieuse de l'Occident médiéval, Hachette - Pluriel, Paris, 1991 (ISBN 2-01-27907-47) ; p. 661
- Marcel Pacaut, Les ordres monastiques et religieux au Moyen Âge, Nathan, Paris, 1993 (ISBN 2-09-191356-1) ; p. 256
- Sous la direction de Jacques Berlioz, Moines et religieux au Moyen Âge, Éditions du Seuil (collection Points Histoire H185), Paris, 1994 (ISBN 2-02-022685-5) ; p. 346
- Jacques Paul, Le christianisme occidental au Moyen Âge. IVe ‑ XVe siècle, Armand Colin, Paris, 2004 (ISBN 2-200-25187-4) ; p. 396
- Geneviève Bührer-Thierry, Charles Mériaux, Histoire de France. La France avant la France (481-888), Éditions Belin, Paris, 2010 (ISBN 978-2-7011-3358-4) ; p. 688
[modifier] Universités
- Jacques Verger, Les universités au Moyen Âge, puf (collection Quadrige, Paris, 2007 (ISBN 978-2-13-056091-3) ; p. 226
- Aurélie Perraut, L'architecture des collèges parisiens au Moyen Âge, Presses universitaires Paris Sorbonne (collection cultures et civilisations médiévales no 46), Paris, 2009 (ISBN 978-2-84050-638-6) ; p. 467
- Michel Sot, Jean-Patrice Boudet, Anita Guerreau-Jalabert, Histoire culturelle de la France. Tome 1. Le Moyen Age, Éditions du Seuil (collection Points Histoire H348), Paris, 2005 (ISBN 978-2-02-082675-4) ; p. 472
- Jacques Le Goff, Les intellectuels au Moyen Âge, Éditions du Seuil (collection Points Histoire H78), Paris, 2000 (ISBN 978-2-02-008691-2) ; p. 233
[modifier] Cisterciens
- Sous la direction de Julie Roux, Les cisterciens, MSM, Vic-en-Bigorre, 2003 (ISBN 2-911515-069-2) ; p. 320
- Georges Duby, Saint Bernard. L'art cistercien, Arts et Métiers Graphiques, Paris, 1976 (ISBN 2-7004-0020-8) ; p. 222