Marquenterre

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Marquenterre
Subdivision administrative Picardie, Nord-Pas-de-Calais
Subdivision administrative Somme, Pas-de-Calais
Ville(s) principale(s) Rue, Berck-sur-Mer, Le Touquet-Paris-Plage
Relief plage, dunes
forêt
marais littoraux
Région(s) et espace(s) connexe(s) Boulonnais, Ponthieu, Vimeu

Image illustrative de l'article Marquenterre
Localisation

Le Marquenterre est une petite région naturelle de France, partie maritime du Ponthieu située le long du littoral de la Manche en Nord-Pas-de-Calais (arrondissement de Montreuil) et en Picardie (arrondissement d'Abbeville).

Le Sud de cette région est le berceau de la race des chevaux Hensons. Une réserve ornithologique y est implantée, sur la commune de Saint-Quentin-en-Tourmont. De nombreux équipements touristiques proposent une découverte de la faune et de la flore.

Le Marquenterre est aussi le nom d'un territoire qui a bénéficié d'une charte communale en 1199. Le siège en était à Vieux-Quend[1]. Cette commune est dissoute en 1791 pour former les communes de Saint-Quentin-en-Tourmont et de Quend. Une nouvelle commune, Fort-Mahon-Plage, sera ensuite séparée de Quend en 1923.

Ce nom Marquenterre vient de l'expression latine mare in terra — la mer dans les terres —, un nom bien significatif pour expliquer la nature marécageuse de son sol[2].

Géographie[modifier | modifier le code]

Les principales communes, pour tout ou partie, de cette petite région naturelle sont Rue, Noyelles-sur-Mer, Le Crotoy, Favières, Quend, Fort-Mahon-Plage, Arry, Vercourt, Vron, Villers-sur-Authie, … pour la Somme, Groffliers, Berck, Rang-du-Fliers, Verton, Merlimont, Cucq, Le Touquet-Paris-Plage, … pour le Pas-de-Calais.

Géographie agricole[modifier | modifier le code]

Le zonage du ministère de l'Agriculture[3] répartie cette région naturelle sur deux régions agricoles. Le Marquenterre pour la Somme, les Bas-Champs Picards pour le Pas-de-Calais. Pour la première, elle inclut aussi Brutelles, Cayeux-sur-Mer et Lanchères, communes des Bas-Champs ; pour la seconde, elle intègre Camiers, Dammes et Étaples, communes du Boulonnais. Il s'agit toujours de communes entières.

Marquenterre (12 communes) :

Bas-Champs Picards (17 communes) :

Formation[modifier | modifier le code]

La région s'étend de la Baie de Canche à la Baie de Somme sur 33 km de la Pointe du Touquet au nord, à la Pointe de Saint-Quentin au sud. En prolongation, au Sud de la Somme, on trouve les Bas-Champs (dans le Vimeu, notamment sur Cayeux-sur-Mer), petite région de galets amenés par l'érosion des falaises du Pays de Caux et elle-même soumise actuellement à l'érosion. Les éléments les plus légers ont pu traverser le courant de la Somme pour s'accumuler au pied des falaises du Ponthieu et engraisser le Marquenterre. La double accumulation, marine (avec notamment la formation et l'extension des dunes) et fluviale (Canche, Authie, Maye et Somme), a été accompagné de l'action humaine avec l’endigage (royons) pour créer des polders (renclôtures[4]).

Il s'agit d'une région de dunes (stabilisées par des plantations de pins et d'oyats), d'étangs et marais, de pâtures et de cultures. Elle couvre environ 23 000 hectares.

Évolution[modifier | modifier le code]

L'engraissement du Marquenterre a beaucoup diminué et ne suffit plus à contrebalancer l'érosion naturelle et met en danger cette région souvent sous le niveau des plus hautes eaux marines. À Berck, le marnage atteint 8,55 m en période de vive-eaux[5] (coefficient 95) pour un estran de plus de 700 mètres à Berk, Fort-Mahon-Plage ou Quend[6]. Même si le trait de côte n'a jamais été stable, l'importance croissante des aménagements (routes, urbanisation, etc.), qui eux-mêmes peuvent influencer sa stabilité, fait que cette inconstance a des impacts économiques importants. Berck Plage en est la victime la plus notable dans la baie d'Authie. Des plans de préventions de risques naturels (PPRN) sont devenus nécessaires.

Un arrêté préfectoral du Pas-de-Calais, du 13 septembre 2011, a prescrit l'élaboration du Plan de Prévention des Risques Naturels Littoraux sur le territoire du Montreuillois[7]. Le périmètre à l'étude concerne Berck-sur-Mer, Camiers, Conchil-le-Temple, Cucq, Étaples-sur-Mer, Groffliers, Merlimont, Rang-du-Fliers, Saint-Josse, Le Touquet-Paris-Plage (érigée en commune autonome en 1912 à partir de la commune de Cucq), Verton et Waben[8]. Toutes, sauf Étaples et Camiers, sont des communes du Marquenterre Nord.

Un autre plan est prévu pour le Marquenterre Sud, un Programme d'action et de préventions des inondations (PAPI) littoral pour les baies de Somme, d'Authie et de Bresle[9], de Flocques (Seine-Maritime) à Berck.

Ces deux plans cherchent à prévenir le risque de submersion marine dans une région où l'altitude, entre les dunes et la falaise morte, dépasse rarement les 4-5 mètres.

Environnement[modifier | modifier le code]

Des zones humides sont donc nombreuses, en arrière des dunes, dans les estuaires et le long des cours d'eau, mais aussi au bas des anciennes falaises[10]. Les principales sont :

  • Le marais de Cucq et de Villiers (un hameau de Saint-Josse)[11].
  • Le marais de Balançon[12], limité à l'est - comme le précédent - par le fossé de la Petite Tringue, reliée au Fliers au Sud et à la Canche au Nord. Ce marais s'étend sur les communes de Airon-Notre-Dame, Airon-Saint-Vaast, Merlimont, Rang-du-Fliers, Saint-Aubin et Saint-Josse.
  • Les étangs de Waben et Conchil-le-Temple, jusqu'au Pas d'Authie juste en amont de la baie d'Authie.
  • Le marais de Villers-sur-Authie et celui de Rue (sur la Maye)[13].
  • Le plan d'eau de Saint-Firmin et de La Bassée, au Crotoy, sur le site de carrières.

Les bois sont encore importants, en arrières des dunes le plus souvent, sur notamment Le Touquet-Paris-Plage, Cucq, Merlimont, Rang-du-Fliers, Quend et Saint-Quentin-en-Tourmont.

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Zégierman, Le Guide des pays de France : 1, Nord, vol. 1, Fayard,‎ 1999, 749 p. (ISBN 2-213-59960-2), p. 599-600
  2. Bernard Daras, La Vie en Marquenterre : deux témoignages de 1900 à 1950, Paillart,‎ 2012, 127 p. (ISBN 978-2-7466-3784-9)
  3. Zonages sur Agreste, le site de statistique, d'évaluation et de prospection agricole du ministère de l'Agriculture (mise à jour de 2007).
  4. Ce terme renclôture est utilisé ailleurs pour désigner un champ ou un prés enclos.
  5. http://www.donnees.nord-pas-de-calais.developpement-durable.gouv.fr/diren/polmar62/AtlasPDF/geomorphologie_atlasPDF.pdf Géomorphologie côtière du Pas-de-Calais
  6. http://www.eau-artois-picardie.fr/IMG/BaseDoc/aegis/1399/%DAtablisssement_profils_risque_baignade_baie%20authie.pdf Baie d'Authie : établissement des profils de risque pour la baignade des plages du littoral du bassin Artois-Picardie (Agence de l'Eau Artois-Picardie, décembre 2005).
  7. Plan de prévention des risques naturels littoraux du Montreuillois, présenté le 25 avril 2012
  8. Description de l'arrêté.
  9. PAPI littoral à l'état d'intention : de l'estuaire de la Bresle à celle de l'Authie (consulté le 12/12/2012).
  10. La limité Est du Marquenterre correspond, au Nord de l'Authie à la ligne de chemin de fer Paris-Boulogne qui s'est construite en bord de la falaise morte.
  11. Sur le site du Conservatoire d'espaces naturels Nord - Pas-de-Calais (consulté le 12/12/2012) et sur le site de l'Inventaire National du Patrimoine Naturel (consulté le 12/12/2012).
  12. sur le site de l'Inventaire National du Patrimoine Naturel (consulté le 12/12/2012).
  13. Sur le site du réseau Natura 2000 (consulté le 14/12/2012)] sur les communes de Rue et Bernay-en-Ponthieu.