Josef Dietrich

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Josef Dietrich
Sepp Dietrich en 1943 (en tenue de SS-Obergruppenführer)
Sepp Dietrich en 1943
(en tenue de SS-Obergruppenführer)

Surnom Sepp
Naissance 28 mai 1892
Hawangen, Royaume de Bavière, Empire allemand
Décès 24 avril 1966 (à 73 ans)
Ludwigsburg, Allemagne
Origine Allemand
Allégeance Flag of the German Empire.svg Empire allemand
Flag of German Reich (1935–1945).svg Troisième Reich
Arme War Ensign of Germany 1903-1918.svg Deutsches Reichsheer
Flag Schutzstaffel.svg Waffen-SS
Grade SS-Oberstgruppenführer
Années de service 19111945
Conflits Première Guerre mondiale,
Seconde Guerre mondiale
Commandement 1re division SS Leibstandarte Adolf Hitler
Faits d'armes Bataille des Ardennes
Distinctions Croix de fer
Ritterkreuz des Eisernen Kreuzes

Josef « Sepp » Dietrich (né le 28 mai 1892 à Hawangen, district de Memmingen en Bavière et décédé le 24 avril 1966 à Ludwigsburg, Bade-Wurtemberg) était un officier général SS (Oberstgruppenführer, équivalent de général d'armée) et un membre du Parti nazi. Il fut jugé et condamné pour crimes de guerre.

Jeunesse[modifier | modifier le code]

De père hôtelier, Dietrich est destiné par sa famille à une carrière dans la restauration. Il s'y refuse pour s'engager, en 1911, au 4e régiment royal bavarois d'artillerie à Augsbourg.

En 1914, il part sur le front avec le 6e régiment royal bavarois d'artillerie mais, suite à divers conflits, demande à être muté au 8e régiment. Toujours insatisfait, il se fait muter au 13e bataillon bavarois de blindés d'assaut. Il finit la Première Guerre mondiale comme adjudant avec les Croix de fer de 1re et 2e classe et l'insigne d'argent des blindés. Démobilisé, il rejoint aussitôt les corps francs : avec le Freikorps Oberland, il combat les Polonais en Haute-Silésie en 1920, aux côtés de Kurt Daluege, le futur commandant de l'Ordnungspolizei.

SS et Waffen-SS[modifier | modifier le code]

Soldat politique[modifier | modifier le code]

Rendu à la vie civile, il s'essaie (de manière conflictuelle) à divers métiers tout en restant membre du Freikorps Oberland, et participe à la transformation de ce corps en Bund (ligue). Sans être encarté au Parti nazi, il participe à la tentative de putsch manqué du 9 novembre 1923. À ce titre, il peut être considéré comme un nazi de la première heure. Pour Hitler, il fait partie du cercle restreint des Kampfgenossen (« camarades de combat »).

Il adhère officiellement au Parti nazi en 1926, après la levée de l'interdiction de celui-ci. Son ascension au sein de la hiérarchie SS est particulièrement rapide : le 1er août 1928, il est Sturmbannführer. En 1929, il devient Standartenführer et responsable de la SS bavaroise, puis Oberführer en 1930, année où il est élu député de Bavière au Reichstag, tout en étant garde du corps d'Hitler. En 1931, il est promu Brigadeführer, qui est le 1er grade d'officier général.

En 1932, il prend le commandement du SS Begleit-Kommando Der Führer, la garde rapprochée d'Hitler, et est nommé Gruppenführer. Après la nomination d'Hitler comme chancelier du Reich en 1933, Sepp Dietrich reçoit l'ordre de former une troupe militarisée, le SS Stabwache (« garde SS d'état-major »), chargé de la protection de la chancellerie et embryon de la future Waffen SS (« SS en armes »). L'unité prend le nom de Leibstandarte SS Adolf Hitler.

Le 30 juin 1934, il participe à Bad Wiessee à la Nuit des Longs Couteaux à la tête de la Leibstandarte. Il commande personnellement les pelotons d'exécution à Munich, dans la cour de la prison de Stadelheim, et fournit par ailleurs à Reinhard Heydrich un groupe de 18 hommes de main pour participer aux exécutions de Berlin[1].

Il devient Obergruppenführer le 1er juillet 1934.

Le 7 mars 1936, la Leibstandarte est à la tête des troupes qui entrent en Rhénanie et, en 1938, elle prend part à l'Anschluss. La Leibstandarte est ensuite intégrée au XVIe corps d'armée blindé du général Guderian.

Dans la Waffen-SS[modifier | modifier le code]

Sepp Dietrich, portant sa Croix de chevalier de la Croix de fer à Metz, en septembre 1940

À l'entrée en guerre, le 1er septembre 1939, la Leibstandarte entre en Pologne, et Sepp Dietrich y gagne à nouveau les Croix de fer de 2e et 1re classe. En juin 1940, cette division participe à l'invasion des Pays-Bas, de la Belgique et de la France. Durant ces campagnes, la Leibstandarte fait très peu de prisonniers et en exécute un certain nombre, notamment 13 prisonniers français du 110e régiment d'infanterie le 26 mai 1940 à Houlle, ainsi que 85 anglais et 1 français le mardi 28 mai 1940 à Esquelbecq, route de Wormhout[2]. Sepp Dietrich est toujours à l'avant de ses troupes, faisant le coup de feu comme un simple soldat : il reçoit la Croix de chevalier de la Croix de Fer le 4 juillet 1940. Il séjourne ensuite à Metz à partir d'août 1940, où il reconstitue les forces de la 1re division SS[3]. Le 7 septembre 1940, Dietrich reçoit le Reichsführer SS Himmler sur les hauteurs de Metz, au fort de Plappeville, pour la cérémonie de remise du nouvel étendard de la division[4]. Le 26 décembre 1940, Sepp Dietrich et ses officiers reçoivent la visite informelle du chancelier Hitler à Metz[5], prouvant une fois encore l'attachement du Führer à cette unité d'élite.

En février 1941, Sepp Dietrich part pour les Balkans. Il combat en Yougoslavie à partir du 6 avril 1941. Ensuite, il participe à l'attaque de la Russie dès le 22 juin 1941. Le 1er janvier 1942, il reçoit les feuilles de chêne ; le 14 mars 1943, il reçoit les épées.

Il quitte le commandement de la Leibstandarte, confié à l'Oberführer puis Brigadeführer Theodor Wisch, pour celui du 1er SS-Panzerkorps qui comprend : la Leibstandarte, la 12e Panzerdivision SS Hitlerjugend, la 2e Panzerdivision de la Wehrmacht et la 17e Division SS Götz Von Berlichingen.

Sepp Dietrich en janvier 1945

Il se signale par des atrocités en Ukraine et en Russie, où des villages sont brûlés et des villageois, soupçonnés de ravitailler les partisans, exécutés en masse. Des massacres de prisonniers sont aussi signalés[6]. Affecté de nouveau sur le front de l'Ouest, Sepp Dietrich participe à la bataille de Normandie dans la plaine de Caen, face aux Britanniques de Montgomery. Là, il passe le plus clair de son temps en première ligne, laissant son chef d'état-major s'occuper de la gestion tactique. Le 1er août 1944, Dietrich est nommé Oberstgruppenführer, équivalent au grade de Generaloberst dans la Wehrmacht, le grade le plus élevé de général. Le 8 août 1944, il ajoute les brillants à sa Croix de chevalier.

Après la défaite en Normandie, Sepp Dietrich est chargé de constituer une grande réserve blindée derrière la ligne Siegfried : ce sera la 6e Panzer Armee, futur fer de lance de la contre-offensive des Ardennes. Lors de cette bataille, il a notamment sous ses ordres le Kampfgruppe Joachim Peiper, responsable du massacre de prisonniers américains à Baugnez (Belgique).

À la fin janvier 1945, Sepp Dietrich reçoit l'ordre de retourner sur le front de l'Est, en Hongrie, contre les Roumains, où il doit lancer une offensive entre les lacs Balaton (au sud) et Velencze (au nord), ceci dans le but de dégager les troupes allemandes encerclées par les Soviétiques et les Roumains dans Budapest[7]. L'offensive est un échec et il prend la décision de faire reculer ses troupes plutôt que de les voir anéanties.

Par la suite, le commandant de la 6e Panzer Armee défend Vienne, mais il doit à nouveau reculer devant l'avancée soviétique. À la suite de cet échec, Hitler a un temps voulu qu'on le rétrograde au grade de simple soldat et qu'on lui prenne toutes ses décorations, mais il s'est contenté de priver Dietrich et toutes les troupes SS ayant combattu en Hongrie (Leibstandarte Adolf Hitler, Das Reich et Hitlerjugend) de leur brassard honorifique distinctif[8].

Après-guerre[modifier | modifier le code]

Sepp Dietrich, prisonnier des Alliés (1945)

Sepp Dietrich est fait prisonnier le 11 mai 1945, trois jours après la capitulation du Reich. En 1946, il est condamné à la prison à perpétuité par le tribunal militaire international de Dachau, notamment pour le massacre de prisonniers de guerre britanniques à Wormhout (de mai 1940) et celui de soldats américains capturés à Baugnez (décembre 1944), près de Malmedy. Suite à la remise en cause de certaines phases de l'instruction, le général américain Lucius Clay réduit sa peine à vingt ans de prison. Libéré en 1956, en pleine guerre froide, ce grâce aux remous suscités autour du Procès du massacre de Malmedy par le sénateur américain Joseph McCarthy, les autorités allemandes décident néanmoins de l'arrêter de suite pour le juger sur sa participation à la Nuit des Longs Couteaux : il est condamné à dix-neuf mois de prison en 1957. Définitivement relâché en 1959, sans que les demandes d'extradition de l'URSS et de la Roumanie n'aient jamais été satisfaites, il meurt le 21 avril 1966 à Ludwigsburg, âgé de près de 74 ans.

Promotions[modifier | modifier le code]

Décorations[modifier | modifier le code]

Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Deux auteurs ont écrit la biographie de Sepp Dietrich, Charles Messenger (en anglais) et Jean Mabire. Des informations peuvent également être trouvées à travers de nombreux livres, cf bibliographie ci-dessous.

En français[modifier | modifier le code]

  • Jean Mabire, Panzers Marsch ! : Sepp Dietrich, le dernier lansquenet, Paris, Éditions Grancher,‎ 23 novembre 2011, 263 p. (ISBN 978-2-733-91166-2)
  • Klemens Wingler, Oberstgruppenführer Sepp Dietrich, père de la Leibstandarte, Les éditions du Lore, Chevaigné, 2009.

En anglais[modifier | modifier le code]

  • Bruce, Donald Roger. The Early Career of Sepp Dietrich, 28 May 1892-1 September 1939. Master's Thesis. Tempe, Arizona: Arizona State University, 1977.
  • Gisevius, Hans Bernd. To the Bitter End. Translated by Richard and Clara Winston. Boston: Houghton Mifflin, 1947.
  • Guderian, Heinz. Panzer Leader. Translated by Constantine FitzGibbon. New York: Dutton, 1952.
  • Höhne, Heinz. The Order of the Death's Head: The Story of Hitler's SS. Translated by Richard Barry. New York: Coward-McCann, 1969.
  • Messenger, Charles. Hitler's Gladiator: The Life and Times of Oberstgruppenführer and Panzergeneral-Oberst Der Waffen-SS Sepp Dietrich. No location: Potomac Books, 1988.
  • Messenger, Charles. Hitler's Gladiator: The Life and Wars of Panzer Army Commander Sepp Dietrich. No location: Conway Maritime Press, 2005.
  • Reitlinger, Gerald. The SS: Alibi of a Nation, 1922-1945. London: William Heinamann, 1965.
  • Stein, George H. The Waffen SS: Hitler's Elite Guard at War, 1939-1945. Ithaca, New York: Cornell University Press, 1966.
  • Weingartner, James J. Hitler's Guard: The Story of the Leibstandarte SS Adolf Hitler, 1933-1945. Carbondale and Edwardsville, Illinois: Southern Illinois University Press, 1974.

En allemand[modifier | modifier le code]

  • Dienstalterliste der Schutzstaffel der NSDAP.
  • Hausser, Paul. Soldaten wie andere auch.
  • Hausser, Paul Waffen-SS in Einsatz.
  • Hoffmann, Peter. Die Sicherheit des Dictators.
  • Jahncke, Kurt, ed. Das Archiv.
  • Schwarz, Max. MdR: Biographisches Handbuch der Reichstage.
  • Steiner, Felix. Die Armee der Geächten.
  • (de) Robert Wistrich et Hermann Weiß, Wer war wer im Dritten Reich : ein biographisches Lexicon : Anhänger, Mitläufer, Gegner aus Politik, Wirtschaft, Militär, Kunst und Wissenschaft, Frankfurt, Fischer,‎ 1987 (réimpr. 1993) (ISBN 3-596-24373-4 et 978-3596243730).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Peter Padfield, Himmler, Reichsführer SS, Papermac, London, 1990, p. 154
  2. Le massacre oublié (The forgotten massacre) - Guy Rommelaere - 2000.
  3. George H. Stein, The Waffen SS: Hitler's elite guard at war, 1939-1945, p. 114.
  4. (en) George Stein, The Waffen SS : Hitler's elite guard at war, 1939-1945, Ithaca, N.Y, Cornell University Press,‎ 1984, 330 p. (ISBN 978-0-801-49275-4), .288, note 4:Ansprache des Reichsführers SS aus Anlass der Übergabe der Führer-standarte an die Leibstandarte 'Adolf Hitler', Metz, Fort Alvensleben, am 7. September 1940, RFSS/T-175, 90/2612641ff.)
  5. (en) Hans Quassowski et Hans Quassowski (éditeur) (trad. David Johnston), Twelve years with Hitler : a history of 1. Kompanie Leibstandarte SS Adolf Hitler, 1933-1945, Atglen, Pa, Schiffer Pub, coll. « Schiffer military history »,‎ 1999, 2e éd. (ISBN 978-0-764-30777-5), p. 121 (Discours à la LSSAH, le 26 décembre 1940 à Metz).
  6. Ion V. Emilian, Les Cavaliers de l'Apocalypse, La Pensée moderne, Paris 1974
  7. Florin Constantiniu, Une histoire sincère du peuple roumain, ed. Univers Enciclopedique, Bucarest, 2002.
    Alesandru Duţu, Mihai Retegan, Marian Stefan, La Roumanie dans la Seconde Guerre mondiale, Magazine historique, Bucarest, juin 1991, p. 35-40
  8. Gerhard Boldt, La fin de Hitler, 1949

Article connexe[modifier | modifier le code]