Karl Hanke

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Karl Hanke
Le Gauleiter s'adressant en février 1945 à un bataillon de la Volkssturm.
Le Gauleiter s'adressant en février 1945 à un bataillon de la Volkssturm.
Fonctions
Reichsführer-SS d'Allemagne
29 avril 19456 mai 1945
Chancelier Adolf Hitler
Karl Donitz
Prédécesseur Heinrich Himmler
Successeur le dernier
Député au Reichstag
1932 – 1945
Chancelier Kurt von Schleicher
Prédécesseur Franz von Papen
Successeur Adolf Hitler
Député à la Diète de Prusse
1932 – ?
Chancelier Kurt von Schleicher
Secrétaire permanent au ministère du Reich à l'Éducation du peuple et à la Propagande
1938 – 1939
Chancelier Adolf Hitler
Prédécesseur Franz von Papen
Successeur Adolf Hitler
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance  Empire allemand
Date de décès (à 41 ans)
Lieu de décès Nová Ves, du district de Louny
Nationalité Allemande
Parti politique NSDAP
Profession enseignant, assistant personnel de Goebbels (1933-1938)

Karl August Hanke, né le à Lubań, mort le près de Nová Ves, du district de Louny[1] — aujourd’hui en Tchéquie —, était un officier de la Schutzstaffel (SS), Gauleiter de Basse-Silésie de 1940 à 1945 et le dernier Reichsführer-SS en poste, pendant la brève période qui a suivi la disgrâce de Heinrich Himmler.

Jeunesse (1903-1928)[modifier | modifier le code]

Le père de Hanke est mécanicien de locomotive. Son frère aîné meurt lors de la Première Guerre mondiale, lui-même est trop jeune pour y participer. Il est volontaire dans la Reichswehr au 19e régiment d'infanterie au début de l'année 1920.

Hanke suit des cours pour devenir technicien dans la minoterie à Dippoldiswalde. Ensuite, pendant un an, il exerce en tant qu'apprenti dans un atelier des chemins de fer mais, après cela, il revient à la minoterie. De 1921 à 1926, Hanke est principalement employé dans cette industrie, avec un poste de gestionnaire de moulins en Silésie, en Bavière et dans le Tyrol. Ensuite, il suit à nouveau des cours au Berufspädagogischen Institut (institut de formation professionnelle) de Berlin. En 1928, il obtient un diplôme qui lui permet d’enseigner les techniques de la minoterie dans des écoles professionnelles. La même année, il travaille à Berlin-Steglitz en tant que meunier en chef. Ensuite, il devient formateur professionnel dans un collège technique de Berlin.

Militant puis cadre du NSDAP (1928-1931)[modifier | modifier le code]

Hanke rejoint le NSDAP, avec le n° de membre 102606, le comme Amtswalter (secrétaire de cellule dans une entreprise). Il rejoint la réserve de la SA en 1929 et devient adjoint d’un chef d’unité de quartier. En 1930, il est promu à la tête de cette cellule de quartier (Strassenzellenleiter, littéralement « chef d’une cellule pour une rue ») puis à la tête d'une section berlinoise (Sektionsfüher)[2].

Collaborateur de Joseph Goebbels (1931-1939)[modifier | modifier le code]

Licencié de son poste d'enseignant pour « activité politique » en avril 1931, il se consacre alors exclusivement au parti. Fin 1931, il devient Kreisleiter (chef de district) de l'ouest de Berlin sous les ordres du Gauleiter Joseph Goebbels. En 1932, il devient directeur de l'organisation du Gau, assistant personnel (Adjutant) et conseiller (Referent) de Goebbels qui est en charge de la propagande du parti (Reichspropagandaleiter der NSDAP)[3].

C'est Hanke qui prend contact avec le jeune architecte Albert Speer pour la transformation d'une villa de la banlieue ouest de Berlin en bureaux d'une section du parti. Cela permet à Speer de commencer sa carrière d'architecte au service du national-socialisme et en fait un ami proche de Hanke.

Hitler apprécie le jeune Hanke pour son élégance et sa franchise et Hanke devient délégué du parti au Parlement de Prusse. Ensuite, il se fait élire au Reichstag en tant que député de Potsdam et garde ce siège de 1932 à 1945.

Hanke obtient pour Speer un autre contrat, celui de la construction des locaux du parti en centre ville : sur la Voßstraße.

Après la victoire aux élections législatives de mars 1933, lors de la création par Goebbels du ministère du Reich à l'Éducation du peuple et à la Propagande, Hanke suit son chef à son poste d'assistant personnel.

C'est à ce titre qu'il invente la légende selon laquelle l'edelweiss est la fleur préférée d'Adolf Hitler. Albert Speer explique dans son ouvrage Au cœur du Troisième Reich qu'en 1934, une délégation de l'Organisation berlinoise des Femmes du Reich va accueillir Adolf Hitler à la gare d'Anhalt et doit lui remettre des fleurs ; sa responsable demande alors à Karl Hanke, quelle est sa fleur préférée : comme il n'en a pas, Hanke propose l'edelweiss, fleur rare et typiquement bavaroise[4].

Hanke progresse dans le parti et rejoint la SS le 25 février 1934 — membre n° 203013 — ; il est intégré à la 6e Standart SS (en).

En 1937, il devient deuxième vice-président de la Reichskulturkammer (Chambre de culture du Reich).

En 1938, il est secrétaire d’État au ministère de la Propagande.

Cette montée dans la hiérarchie est temporairement arrêtée à la suite d’un imbroglio sentimental dans le couple Goebbels : lassée des infidélités de son mari, notamment avec l’actrice tchèque Lída Baarová, Magda Goebbels est séduite par Hanke, jeune homme célibataire également attiré par Magda. Le couple Goebbels est près de se séparer, mais tout rentre dans l'ordre sur injonction de Hitler.

Soldat dans l'armée allemande (1939-1941)[modifier | modifier le code]

Hanke est encore volontaire pour servir dans l'armée et se trouve dans la 3e Panzerdivision pendant l'invasion de la Pologne en 1939. Il est sous les ordres de Rommel dans la 7e Panzerdivision pour la campagne de France. Il quitte l'armée en 1941 avec le grade de lieutenant. Il reçoit la Croix de fer de 2e et 1re classe.

Gauleiter de Basse-Silésie (1941-1945)[modifier | modifier le code]

À Breslau, Hitler lui confie le poste de Gauleiter de Basse-Silésie en 1941 et Himmler le nomme Gruppenführer. Pendant sa présence à ce poste, plus de 1 000 personnes ont été exécutées sur ses ordres, ceci lui valant le surnom de « bourreau de Breslau ».

Pendant l'été 1944, selon son ami Albert Speer, il vient lui rendre visite. Ce jour-là, assis dans un fauteuil, parlant d'une voix hésitante et profondément troublé, il demande à Albert Speer de ne jamais accepter une invitation à visiter un camp de concentration dans le Gau de Haute-Silésie, sous aucun prétexte et il affirme avoir vu là-bas un spectacle qu'il n'a pas le droit de décrire et qu'il n'est pas non plus capable de décrire[5]. Speer, qui décrit Hanke comme un homme sensible, car Hanke lui a rapporté le spectacle des morts et des blessés au cours des campagnes de France et de Pologne, pense par la suite qu'il doit s'agir d'Auschwitz.

À Breslau, Hanke a longuement fréquenté la baronne Freda von Fircks, la fille d’un riche propriétaire et enseignant à l'Université de Berlin. Ils ont eu une fille en décembre 1943 et se sont finalement mariés le 25 novembre 1944.

La chute (1945)[modifier | modifier le code]

Siège de Breslau et perte de la Basse-Silésie[modifier | modifier le code]

Après le succès soviétique de l'offensive Vistule-Oder en janvier, la Silésie, flanc sud vulnérable du front soviétique, devient le lieu de combat acharnés, orchestrés, côté allemand, par Hanke et Schörner. La ville de Breslau subit ainsi un siège en règle dans les trois derniers mois du conflit[6].
Hitler nomme ainsi Hanke chef de la défense de la forteresse (Kampfkommandant) qu'est devenue la ville. Dans son journal personnel, Goebbels marque son admiration pour l'action de Hanke durant le printemps 1945. Aux yeux des nazis convaincus, il représente l'incarnation du refus de la capitulation[7]. Il organise et tente de galvaniser la résistance dans la ville assiégée : au mois de mars, il tente de relativiser les pertes matérielles, reprenant ainsi un thème cher à Robert Ley[8] ; puis au mois d'avril, il fait raser le centre-ville détruit par les bombardements pour mettre en place une nouvelle piste atterrissage, l'aérodrome de Gandau ayant été occupé par les troupes soviétiques[7].

Mais une fois Breslau tombée, Hanke est introuvable.

Le 6 mai, Hermann Niehoff présente la reddition de la ville assiégée et donne les clefs de la ville ; Hanke avait fui le 5 par les airs depuis l'aérodrome de la ville. Albert Speer a dit qu'il aurait fui avec un prototype d'hélicoptère Fl 282B-1/B-2 [9].

Nomination comme Reichsführer-SS[modifier | modifier le code]

De retour de Breslau, ayant montré fanatisme et dévouement à la parole d'Hitler, il reçoit l'Ordre allemand, la plus haute décoration nazie ; en même temps, Himmler tombe en disgrâce pour avoir tenté des négociations de paix avec les Alliés sur le front ouest. Dans son testament, organisant le Reich après sa mort, Hitler récompense les plus fanatiques parmi les membres de son entourage et nomme Hanke Reichsführer-SS le 29 avril 1945[10].

Après avoir été informé de sa promotion le 5 mai, Hanke part, pour des raisons inconnues, à Prague, rejoindre la 18e SS Freiwilligen Panzergrenadier Division Horst Wessel et il revêt l'uniforme d'un simple soldat SS, dans le but de dissimuler son identité en cas de capture.

Capture et mort[modifier | modifier le code]

Alors que son unité tente de revenir en Allemagne, des combats sont engagés contre les partisans tchèques : il est capturé près du village de Neudorf (aujourd’hui Nová Ves, du district de Louny) au sud-ouest de Komotau (aujourd’hui Chomutov). Son identité n'est pas découverte. Détenu avec 65 prisonniers de guerre, il essaye de s'échapper avec d’autres lors d'un transfert à pied, en tentant de s'accrocher à un train en marche, mais il est abattu par un garde tchèque ; les 2 autres prisonniers ayant participé à cette tentative d’évasion sont tués à coups de crosse.

Promotions[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. La version allemande de l’article indique qu'il s'agit de Nová Ves nad Popelkou, également en Tchéquie, et non pas en Slovaquie, ce qui serait incohérent avec la proximité de Prague et la présence de résistants tchèques qui sont rapportées dans le récit.
  2. Mitcham Jr., Rommel's Lieutenants : The Men Who Served the Desert Fox, France, 1940, p. 43-44.
  3. Mitcham Jr., Rommel's Lieutenants : The Men Who Served the Desert Fox, France, 1940, p. 44
  4. Albert Speer (trad. Michel Brottier), Au cœur du Troisième Reich, Librairie Arthème Fayard, Paris, novembre 2010, p. 69.
  5. Albert Speer (trad. Michel Brottier), Au cœur du Troisième Reich, Librairie Arthème Fayard, Paris, novembre 2010, p. 529.
  6. P.Masson, Hitler chef de guerre, p. 273
  7. a et b La Fin, p. 412
  8. La Fin, p. 571
  9. Speer, Inside the Third Reich, p. 423
  10. La Fin, p. 443