Kurt Daluege

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Kurt Daluege
Image illustrative de l'article Kurt Daluege

Naissance 15 septembre 1897
Kreuzburg, Allemagne
Décès 24 octobre 1946 (à 49 ans),
Prague, Tchécoslovaquie
Origine Drapeau de l'Allemagne nazie Reich allemand
Allégeance NSDAP
Grade SS-Oberstgruppenführer
Années de service 1932 – 1945
Conflits Première Guerre mondiale,
Seconde Guerre mondiale
Commandement Generaloberst de l’Ordnungspolizei
Autres fonctions Protecteur adjoint de Bohême-Moravie
Famille marié, quatre enfants
Kurt Daluege en 1940
Kurt Daluege, Heinrich Himmler et Ernst Röhm en 1933

Kurt Daluege, (15 septembre 1897-24 octobre 1946), membre du NSDAP depuis 1922, SS-Oberstgruppenführer et Generaloberst de l’Ordnungspolizei, Protecteur de Bohême-Moravie après la mort de Reinhard Heydrich.

Jeunesse et Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Kurt Daluege, fils d’un fonctionnaire prussien est né à Kreuzburg, une petite ville de Haute-Silésie, le 15 septembre 1897.

Pendant la Première Guerre mondiale, en 1916, il rejoint l’armée allemande et sert dans le 7e régiment de la Garde, sur le front de l’Ouest. Il y est sérieusement blessé à plusieurs reprises (reconnu handicapé à 25 %); il est alors décoré pour sa bravoure.

Années 1920[modifier | modifier le code]

De 1918 à 1921, il participe aux combats entre milices allemande et polonaise, en tant que membre du Freikorps Selbstschutz Oberschlesien (SSOS, "Autodéfense de Haute-Silésie"), corps franc organisé par des anciens combattants.

Il associe son activisme militant avec des études d'ingénieur civil et un travail d'ouvrier d'usine à Berlin. Durant cette période, il milite dans de nombreux groupuscules nationalistes, völkisch et antisémites et rejoint le Freikorps Roßbach en 1922. Il obtient son diplôme d'ingénieur civil en 1924.

Dès 1922, il s'affilie au NSDAP encore inconnu et qui n'est à ce moment qu'un groupuscule nationaliste parmi d'autres; Daluege soutient le pustch d'Adolf Hitler du 9 novembre 1923, en tant qu'agent de liaison à Berlin, ce que Hitler n'oubliera jamais.

Après l'échec de cette tentative de prise du pouvoir, le parti nazi et la SA sont interdits. Cela n'empêche pas Daluege de rester un militant actif, qui déploie ses efforts pour maintenir la cohésion de la base du parti et de la SA pendant leur interdiction.

En mars 1926, NSDAP et SA peuvent à nouveau agir dans un cadre légal et Daluege leur renouvelle son adhésion, s'inscrivant au parti nazi sous le matricule 31.981 et fondant la SA pour Berlin et le Brandebourg.

Le 16 octobre 1926 Daluege épouse Käthe Schwarz, née le 23 novembre 1901, avec laquelle il aura quatre enfants (trois fils et une fille).

Daluege occupe de nombreux postes de responsabilité au sein de la SA : SA-Gruppenführer à Berlin et le Brandebourg puis SA-Gausturmführer pour le gau de Berlin-Brandebourg de 1926 à 1930, et enfin Gauleiter suppléant du NSDAP pour la même région.

SS et policier[modifier | modifier le code]

En juillet 1930, à la demande personnelle d'Hitler, Daluege quitte la SA et rallie les rangs de la SS, avec le grade d’Oberführer. Il est principalement chargé d’espionner la SA et les opposants politiques au NSDAP. À ce moment-là, la SS est une petite organisation dépendant de la SA et de faible importance numérique. En 1931-1932, il est nommé Führer de la IIIe section SS de Berlin. Il prouve à nouveau sa loyauté à Hitler en s'opposant à la tentative de prise de pouvoir de la SA au sein du NSDAP, menée en 1931 par Stennes. Pour la deuxième fois, il s'affirme comme un Kampfgenosse (camarade de combat), ce qui lui assurera la protection d'Hitler tout au long de sa carrière. Hitler lui écrira un jour : "ton honneur, c'est ta fidélité." Le mot sera repris et deviendra un jour la devise même de la SS : "Meine Ehre heisst Treue."[réf. nécessaire] Selon Jean Mabire dans " les waffen SS" (ISBN 2-91-3561-21-9)[à vérifier : Le calcul de la somme de contrôle donne 7 et non 9, demandé le 17 novembre 2013], page 22.

En 1932, Daluege devient membre du parlement prussien ; en novembre de la même année, il est élu, dans le district de Berlin-Ouest, député au Reichstag, siège qu’il conservera jusqu’en 1945.

À la même époque, Hermann Göring le nomme au ministère prussien de l’intérieur, chargé des forces de police. En 1936, toutes les forces de police allemandes sont réorganisées par le ministre de l’intérieur du Reich, Wilhelm Frick.

Elles sont intégrées à la SS et placées sous l’autorité directe de Heinrich Himmler, Reichsführer SS et Chef der deutschen Polizei. Daluege et l’Ordnungspolizei ne sont donc pas intégrés au RSHA dirigé par Reinhard Heydrich, malgré les efforts de celui-ci. De 1936 à la fin de la guerre, Daluege est le dirigeant de l'Ordnungspolizei, qui regroupe toutes les polices régulières allemandes en uniforme, à l'exception de la police militaire. Le rôle de Daluege dans la nazification de la police et sa transformation en bras armé de l'antisémitisme est largement méconnu[1]. or l'Ordnungspolizei a joué un rôle majeur dans la Shoah par balles. Daluege atteint le grade de SS-Oberstgruppenführer et de Generaloberst der Polizei. Il se rend plusieurs fois dans la partie de l'URSS conquise par les nazis et où ont lieu les tueries massives de juifs[2]. Le lendemain de la mort de Heydrich, il devient protecteur adjoint de Bohême-Moravie (Stellvertretender Reichsprotektor in Böhmen und Mähren) et il est l'un des responsables de la destruction des villages de Lidice et Ležáky.

Maladie, arrestation et exécution[modifier | modifier le code]

En mai 1943, Daluege subit une grave attaque cardiaque, dont il ne se remet que très partiellement. En août, il est déchargé de ses responsabilités, et il passe le reste de la guerre dans une propriété qui lui a été offerte par Adolf Hitler.

En mai 1945, Daluege est arrêté par les troupes anglaises à Lübeck et emprisonné à Nuremberg jusqu’à son extradition en Tchécoslovaquie, en septembre 1946.

Condamné à mort pour crimes de guerre par un tribunal tchécoslovaque, il est exécuté par pendaison à Prague le 24 octobre 1946.

Références[modifier | modifier le code]

  • Gordon Williamson - The SS: Hitler's Instrument of Terror: The Full Story From Street Fighters to the Waffen-SS (Motorbooks International, (March 1994), (ISBN 0879389052), (ISBN 978-0879389055)).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Georges Bensoussan (dir.), Jean-Marc Dreyfus (dir.), Édouard Husson (dir.) et al., Dictionnaire de la Shoah, Paris, Larousse, coll. « À présent »,‎ 2009, 638 p. (ISBN 978-2-035-83781-3), p. 185
  2. Dictionnaire de la Shoah, p 186