Lebensborn

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Infirmière dans un établissement du Lebensborn (1943).

Le Lebensborn e. V. (Lebensborn eingetragener Verein, en français « Association enregistrée Lebensborn ») était une association de l'Allemagne nationale-socialiste, patronnée par l'État et gérée par la SS, dont le but était d'accélérer la création et le développement d'une race aryenne parfaitement pure et dominante. Le terme « Lebensborn » est un néologisme formé à partir de « Leben » (« vie ») et « Born » (« fontaine », en allemand ancien). Le journaliste, écrivain et cinéaste Marc Hillel l'a traduit en français par « Fontaines de vie ».

Le programme de création des Lebensborn vit le jour à l'initiative de Heinrich Himmler le 12 décembre 1935 dans le cadre de la politique d'eugénisme et de promotion des naissances, pendant la « Solution finale ».

Il s'agissait à l'origine de foyers et de crèches, mais il semble sur la base de témoignages de voisinage[réf. nécessaire] que la SS transforma rapidement certains de ces centres en lieux de rencontre où des femmes considérées comme « aryennes » pouvaient concevoir des enfants avec des SS, puis accoucher anonymement dans le plus grand secret et remettre leur nouveau-né à la SS en vue de constituer l'élite du futur « Empire de mille ans ». Durant la Seconde Guerre mondiale, plusieurs dizaines de milliers d'enfants, dont les caractéristiques physiques correspondaient au « type aryen », furent arrachés à leurs parents dans les pays conquis pour être placés dans ces centres.

L'existence de ces maternités et de ces crèches fut longtemps considérée comme une simple légende donnant lieu à une grande puissance fantasmatique, certains y voyant des haras humains, d'autres des bordels SS, jusqu'à ce que Georg Lilienthal, un jeune historien spécialiste de la médecine SS, y consacre sa thèse en 1985[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

En vertu du concept de « pureté raciale » inscrit dans les principes fondateurs du nazisme et du rétablissement[2] de la polygamie germanique[3], Heinrich Himmler ouvrit le premier établissement à Steinhöring, près d'Ebersberg, en Haute-Bavière, le 15 août 1936, inaugurant la maternité Hochland, maison-mère du Lebensborn. Ce centre comportait trente lits pour les mères et cinquante-cinq berceaux pour les enfants à naître. Leur nombre fut doublé en 1940.

Le service du Lebensborn était placé sous l'égide du général SS Sollmann. La « pureté de la race aryenne » répondait à plusieurs critères, qui déterminaient l'appartenance à une typologie aryenne qui comportait plusieurs niveaux de « pureté ». Le niveau le plus élevé était celui des pays nordiques. Chacun des niveaux de pureté était supposé indiquer les qualités de ses membres : attachement à la patrie, attachement au Führer, attachement au pays.

Avant la Seconde Guerre mondiale, une dizaine d'établissements furent créés en Allemagne — 8 000 enfants y naquirent —, puis deux en Autriche. Après le déclenchement de la guerre, la fascination des nazis pour la « race aryenne nordique » les conduisit à ouvrir une dizaine de centres en Norvège recueillant des krigsbarn, « enfants de la guerre ». On estime à entre 9 000 et 12 000 le nombre d'enfants nés dans ces centres selon certaines sources. [réf. nécessaire]

D'autres centres furent ouverts en Pologne, au Danemark, en Belgique, au Luxembourg, aux Pays-Bas et en France. Ces centres étaient de taille et de nature variable, du simple bureau administratif à l'institution. Au total furent dénombrés :

Rôle[modifier | modifier le code]

L'objectif affiché du Lebensborn était de permettre à des femmes, mariées ou célibataires, de « race pure », de donner naissance à des enfants dont les pères appartenaient à l'élite raciale, notamment des membres de la SS. Beaucoup de ces Lebensborn étaient consacrés à l'éducation des enfants nés de l'union de soldats allemands et de femmes des pays occupés.

Le Lebensborn se chargeait de la germanisation d'orphelins issus de ces couple mixtes, mais aussi par la suite d'enfants arrachés à leurs parents en provenance de Norvège, de Pologne et de Tchécoslovaquie. Ainsi, plus de 200 000 enfants furent emmenés en Allemagne et confiés à des familles allemandes sélectionnées.

En Pologne, plusieurs dizaines de milliers d'enfants dits « racialement valables » (parmi les 2 millions d'enfants soustraits à leurs parents) auraient été littéralement enlevés pour être germanisés. La proportion d'enfants arrachés à leurs véritables parents aurait ainsi atteint un cinquième des effectifs des Lebensborn. [réf. nécessaire]

La Maternité des Ardennes[modifier | modifier le code]

De novembre 1942 à septembre 1944 fut ouverte l'institution du château de Wégimont, aujourd'hui domaine provincial de Wégimont dans la province de Liège, en Belgique. Les Allemands la baptisèrent « Maternité des Ardennes ».

Celle-ci accueillit des femmes belges convaincues par les thèses nazies, mais aussi quelques Néerlandaises et Françaises du Nord. La contribution masculine était assurée par des soldats des régiments belges nazis, comme la Légion Wallonie, ou leurs homologues flamands, ainsi que des SS stationnés en Belgique[réf. nécessaire].

Il reste peu de documents sur cette affaire et la population locale évoque rarement ces faits. Il semble néanmoins que ce centre ne fonctionna jamais véritablement ainsi que les Allemands l'auraient voulu, notamment du fait des réticences du personnel belge qui y travaillait[réf. nécessaire].

Galerie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (de) Georg Lilienthal, Der « Lebensborn e.V. » Ein Instrument nationalsozialistischer Rassenpolitik, Fischer-TB,‎ 2003 (ISBN 3-596-15711-0)
  2. Le sexe-ratio étant très défavorable aux hommes depuis la Grande Guerre.
  3. Serge Guérout, Science et politique sous le Troisième Reich, Édition Marketing,‎ 1992, p. 93
  4. (en) David Crossland, « Nazi Program to Breed Master Race: Lebensborn Children Break Silence », Der Spiegel, Hamburg,‎ 7 November 2006 (lire en ligne)

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Roman

  • Sarah Cohen-Scali, Max, Éditions Gallimard, série Scripto, 2012 (ISBN : 207-0-6438-91)
Récit
Études et essais
  • Marc Hillel, Au nom de la race, Éditions Fayard, 1975 (ISBN 2-2530-1592-X)
  • Boris Thiolay, Lebensborn : la fabrique des enfants parfaits : ces Français qui sont nés dans une maternité SS, Éditions Flammarion, 2012, (ISBN 2-08-124343-1)
  • Marc Hillel (en collab. avec Clarissa Henry), Au nom de la race ; Paris (Librairie Arthème Fayard), 1975. - Ouvrage paru également en format de poche chez Marabout (collection Marabout université), en décembre 1985 ; 274 pages (bibliographie aux pp. 269-272); ISBN 2-501-00749-2

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • (en) « The Lebensborn » Jewish Virtual Library's description of the Lebensborn programme (Les activités de Lebensborn à Jewish Virtual Library)