Dieter Wisliceny

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Dieter Wisliceny (13 janvier 19124 mai 1948) était un membre de l'organisation nazie des SS, et un exécutant clé de la « solution finale » durant la phase ultime de la Shoah. Intime d'Eichmann, il évoqua dans son témoignage une lettre d'Himmler ordonnant l'exécution de la dite « solution finale » et détenue par Eichmann.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il rejoignit le parti nazi en 1933 et la SS en 1934, atteignant le rang de Hauptsturmführer. C'est aussi en 1934 qu'il devint membre du SD, le service de renseignement de la SS, en même temps qu'Adolf Eichmann avec qui il devint intime[1], travaillant avec lui à Berlin de 1934 à 1937[1].

Tout comme Eichmann, il travailla au RSHA Amt IV B 4 chargé des « affaires juives ». Durant l'application de la « solution finale », son rôle était de réunir les Juifs de différentes communautés dans des ghettos puis de les expédier dans les camps d'extermination. Il fut actif en Grèce, en Hongrie et en Slovaquie.

Témoignage et procès[modifier | modifier le code]

Le témoignage de Wisliceny fut important lors du procès de Nuremberg et celui-ci fut plus tard utilisé lors du procès d'Adolf Eichmann, jugé pour crimes de guerre en Israël en 1961. Wisliceny rapporta notamment qu'Eichmann lui avait montré une lettre, signée d'Himmler et datant d'avril 1942, évoquant explicitement la « solution finale » avec comme responsable le chef de la police de sécurité et du SD et l'Inspecteur des camps de concentration. Eichmann lui expliqua la signification de l'euphémisme, à savoir l'« extermination biologique » des Juifs, et qualifia la consigne en tant qu'« ordre du Führer »[1]. Il évoque aussi dans son témoignage les chambres à gaz comme moyen d'assassiner les Juifs[1].

Wisliceny fut extradé en Tchécoslovaquie en 1948 et il y fut jugé et condamné à la pendaison. Des nostalgiques du troisième Reich réussirent toutefois à le faire évader le 3 mars 1948. Il fut découvert quelques jours plus tard dans une auberge à une vingtaine de kilomètres de la prison en train de dîner avec ses complices d'évasion. L'aubergiste avait reconnu Wiscliceny sur des affiches signalant sa fuite. Il appela immédiatement la police qui fit arrêter l'ancien nazi. En voyant de loin arriver la police, il aurait dit selon l'aubergiste : « Mes amis, je lève mon verre à nos actes héroïques, à Hitler et au Reich. » Un mois plus tard, Dieter Wisliceny monta sur l'échafaud avec ces dernières paroles : « J'ai toujours agi pour le bien de mon pays et de mon peuple. Heil Hitler. »

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Affidavit of Dieter Wisliceny Source: Nazi Conspiracy and Aggression. Volume VIII. USGPO, Washington, 1946/pp.606-619. [This affidavit is substantially the same as the testimony given by Wisliceny on direct examination before the International Military Tribunal at Nurnberg, 3 January 1946.]

Lien externe[modifier | modifier le code]