Bloc identitaire

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Bloc identitaire
Image illustrative de l'article Bloc identitaire
Logo officiel
Présentation
Président Fabrice Robert
Fondation 6 avril 2003
Siège BP 13
06301 Nice Cedex 04
France
Idéologie Identitarisme
Régionalisme
Solidarisme
Ethno-différencialisme
Nouvelle Droite[1]
Couleurs Bleu
Site web www.bloc-identitaire.com

Le Bloc identitaire – Mouvement social européen est un mouvement politique[2],[3] français créé le 6 avril 2003. Il s'agit d'une composante d'un courant dit « identitaire », apparu au cours des années 2000 à la suite de la dissolution par le ministère de l'intérieur Français d'Unité radicale[4]. Le logo du mouvement représente un sanglier stylisé.

Généralement classé à l'extrême droite de l'échiquier politique[5],[6],[7],[8], le BI promeut l'« alter-europe » et une certaine forme de régionalisme[9]. Il tient, dans sa « quête de respectabilité »[10], à « se démarquer de l'antisémitisme et de l'antisionisme » et est « principalement préoccupé par la croissance de l’islam en Europe et le caractère désagrégateur du multiculturalisme »[11]. Dominique Venner est un des penseurs qui influence le plus le mouvement[7].

Le Bloc revendique 2 000 adhérents[5] et a rassemblé près de 600 militants lors de sa convention qui s'est tenue à Orange en octobre 2009[12].

Histoire[modifier | modifier le code]

Création[modifier | modifier le code]

À la suite de la tentative d'assassinat perpétrée par Maxime Brunerie — membre du Mouvement national républicain (MNR) et sympathisant d'Unité radicale — contre le président de la République française Jacques Chirac lors du défilé du 14 juillet 2002, le groupe Unité radicale a été dissous le 6 août 2002[13]. Les conclusions de l’instruction menée par le juge Marie-Odile Bertella-Geffroy rendues en juillet 2004 avaient établi que l'acte, isolé, n'avait pas de but politique[14]. Deux des dirigeants d'Unité radicale (Fabrice Robert et Guillaume Luyt) ont participé peu après au lancement du site www.les-identitaires.com et de l'association Les identitaires, avant de contribuer, en avril 2003, à la fondation du Bloc identitaire. Fabrice Robert devint président du BI et Guillaume Luyt vice-président[15]. Depuis, le Bloc est en voie de normalisation et la grande majorité de ses militants n'était pas membre d'Unité radicale[16]. Il s'est transformé en parti politique à l'occasion de sa convention organisée à Orange en octobre 2009.

Résultats électoraux[modifier | modifier le code]

Le Bloc identitaire s'est présenté pour la première fois à des élections le 12 juin 2005 à Nice, par l'intermédiaire de son mouvement associé Nissa Rebela. Il présente alors un candidat à l’élection cantonale dans le 7e canton[17], récoltant 85 voix, soit 1,9 % des suffrages exprimés[18].

En 2008, toujours à Nice, son candidat à la mairie de Nice, Philippe Vardon, obtient 3 % des voix[19] et Benoît Lœuillet recueille 5 % des suffrages dans le 6e canton[17].

En septembre 2009, dans ce même 6e canton, Benoît Lœuillet obtient le résultat de 7,68 %, le plaçant 5 voix derrière celui du FN (7,82 %)[20].

À l'occasion des régionales de 2010, une liste est présentée en Languedoc-Roussillon intitulée « Ligue du Midi »[21] qui recueille 0,7 % des voix, et en Provence-Alpes-Côte d'Azur est présentée une liste baptisée Ligue du Sud autour de Jacques Bompard[2], celle-ci recueille 2,7 % des voix. Le score le plus élevé est réalisé dans le Vaucluse (8,4 %).

En Alsace, la liste d'Alsace d'abord conduite par Jacques Cordonnier a obtenu 4,98 % des suffrages, en forte baisse par rapport au résultat obtenu au premier tour des élections régionales de 2004 (9,4 %).

Bureau directeur et dirigeants du Bloc identitaire[modifier | modifier le code]

  • Président : Fabrice Robert (ancien élu du Front national et ancien membre du Mouvement national républicain).
  • Le bureau directeur a fait l’objet d'un important renouvellement au printemps 2012[22] et a intégré plusieurs représentants des mouvements de jeunes identitaires. Il est composé des membres suivants[23]:
    • Fabrice Robert (président du Bloc identitaire)
    • Simon Charles (Bloc identitaire)
    • Alban Ferrari (Génération identitaire)
    • Georges Gourdin (Bloc identitaire)
    • Guillaume Lotti (Bloc identitaire)
    • Dominique Lescure (Bloc identitaire)
    • Benoît Lœuillet (Nissa Rebela)
    • Christophe Pacotte (Bloc identitaire)
    • Damien Rieu (Génération identitaire)
    • Pierre Robesson (Maisons de l'identité)
    • Tristan Ronarc'h (Bloc identitaire)
    • Sébastien Roux (Bloc identitaire)
    • Émilie Cassel (Bloc identitaire)

Fondements idéologiques[modifier | modifier le code]

Ligne politique[modifier | modifier le code]

Le Bloc identitaire se donne pour objectif de « fédérer les jeunes Français et Européens fiers de leurs racines et de leur héritage ». Il se présente comme étant « né de la rencontre de militants issus de parcours politiques divers mais partageant tous le même rejet du système dominant » :

Le mouvement se positionne de diverses manières dans le corpus idéologique d'extrême droite. Il prend une posture ruraliste en « défendant la ruralité comme alternative à la schizophrénie urbaine » et en s'opposant à l'« horreur mondialiste ». Même s'il défend les « racines et l'héritage » européen - dont fait partie la religion chrétienne -, le BI utilise peu les thèmes du traditionalisme catholique. Il introduit aussi le thème de « la conjugaison de la résistance identitaire au féminin »[26].

Le Bloc qui entend renvoyer les immigrés dans leur pays, fustige de manière radicale les conséquences et le phénomène avec des slogans comme « racaille immigrée » et demande « pas de kärchers, mais des charters ! »[25]. Ses membres affirment défendre les personnes de « souche européenne » et les « petits blancs de banlieue »[27]. De plus, le Bloc entend donner à ses actions une dimension européenne puisque, par exemple, il soutient « nos frères serbes du Kosovo » contre les Albanais musulmans au Kosovo.

Le Bloc identitaire ne considère ni l'islam ni les États-Unis comme des « dangers » mais c'est « l'islamisation de l'Europe et l'américanisation de notre culture qui en sont »[28].

Enfin, le Bloc identitaire compte sur l'insatisfaction d'une partie de la droite radicalisée, en particulier des partisans de Philippe de Villiers et son Mouvement pour la France depuis son rapprochement de l'UMP et sur la restructuration du Front national. Lors de la convention, Richard Roudier, tête de liste de la Ligue du Midi en Languedoc-Roussillon pour les régionales de 2010, condamne implicitement Jean-Marie Le Pen : « le Front national a déshonoré la notion d'identité » par les déclarations de son chef sur la Seconde Guerre mondiale, que le Bloc « condamne formellement et absolument »[16]. Le BI espère, selon les spécialistes, se placer entre Philippe de Villiers et Jean-Marie Le Pen[16].

Le Bloc identitaire est plus particulièrement bien implanté en Île-de-France, PACA, Alsace et Aquitaine.

Il soutient la candidature de Arnaud Gouillon pour l'élection présidentielle française de 2012[29]. Il renonce à ce projet en septembre 2011, en raison de l'impossibilité de réunir les 500 parrainages, mais aussi pour ménager un possible accord avec le FN lors des législatives 2012 et des municipales de 2014, notamment à Nice[30]. Lors d'une consultation nationale, ses adhérents décident pourtant à plus de 62 % de ne soutenir aucune candidature à l'élection présidentielle[31].

Références idéologiques revendiquées par le mouvement[modifier | modifier le code]

Considérant que le combat culturel prépare les victoires politiques[32], « ce que Mitterrand avait bien compris en prenant la tête du PS au début des années 1970 »[32], le Bloc identitaire développe des projets qui ne relèvent pas proprement dit du politique, au sens traditionnel du terme, mais qui ont une incidence directe sur la vie politique, des projets de type métapolitique[32]. L'objectif est de s'inscrire dans l'évolution en perpétuel renouvellement qu'ont les « individus du monde et de la société dans laquelle ils vivent »[32] afin qu'ils permettent d'attirer des personnes qui ne viendront jamais à l'action politique par le militantisme classique »[32]. Cette action culturelle peut se traduire à travers « la littérature, la bande dessinée, la peinture, la musique, le web, l'organisation de conférences, de spectacles enracinés.

Pour mener à bien cette conquête par l'esprit[32], l'objectif est de mettre en place des outils politiques, associatifs, culturels pour 2020, 2030[3].

Concernant les références, « il s'agit là plus d'inspirations et d'objets de réflexions que de véritables « filiations », car le mouvement identitaire est un phénomène nouveau, tant dans sa composition que dans ses modes de fonctionnement, qui ne peut légitimement être rattaché à aucun autre dans le passé, si ce n'est partiellement et donc imparfaitement. »[33]. Dominique Venner, le penseur d'extrême-droite, est une des principales références du mouvement. Le BI organise en mai 2014 un colloque en sa mémoire, et réédite un de ses principaux ouvrages. Pierre Vial et Jean Haudry sont aussi des références du mouvement[7]. Les références proviennent parfois de penseurs de gauche ou issus de la gauche[réf. nécessaire].

Économie, finance, fiscalité[modifier | modifier le code]

Les ouvrages généraux en économie sont, outre ceux de Maurice Allais et de Jacques Sapir, ceux de Jean-Claude Michéa ou de Serge Latouche[33].

Philosophie, psychologie, psychanalyse et religion[modifier | modifier le code]

Le Bloc identitaire, dans sa critique de l'islam et de l'histoire de l'islam, recycle les ouvrages de Guillaume Faye pour le lien entre le califat et l'immigration musulmane et arabe en Europe, d'Anne-Marie Delcambre sur l'islamisme, mais aussi de Jacques Heers pour les interactions entre l'Occident, l'Europe et l'islam, et plus récemment de Sylvain Gouguenheim.

Sociologie, anthropologie, démographie, sciences de l'éducation[modifier | modifier le code]

La doctrine sociale des Identitaires s'inspire aussi bien de la doctrine sociale de l'Église que du socialisme français de Pierre-Joseph Proudhon ou de Georges Sorel[33]. Politiquement, cela se traduit par une sorte de « socialisme identitaire »[25].

Structures connexes[modifier | modifier le code]

Le Bloc identitaire contrôle plusieurs associations qui se veulent à vocation humanitaire et sociale : Comité d’entraide aux prisonniers européens, Solidarité des Français, Soulidarietà. Plusieurs structures politico-culturelles régionalistes, comme Alsace d'abord, Nissa Rebela, Jeune Bretagne ou Kerkant, sont également proches du BI.

Le Bloc a créé, avec l'association Terre et Peuple, le Conseil représentatif des associations blanches[25]. Il entretient des liens étroits avec les mouvements identitaires suisses, belges (comme le Mouvement Nation ou le Vlaams Belang[11]), italiens, espagnols et portugais.

Le BI est à l'origine de la Convention identitaire, dont les invités sont issus de la mouvance identitaire européenne, qui se rassemble annuellement[34]. La Convention identitaire a organisé sa première réunion à Beaune en Bourgogne en 2007[35]. La réunion du 17-18 octobre, au Palais des princes d'Orange[36], invite le Suisse Dominique Baettig, les Espagnols Josep Anglada (président de Plataforma per Catalunya) et Eduardo Núñez (président d'Asamblea Identitaria), les Portugais de Causa Identitària, Andreas Mölzer (député européen) représente le FPÖ autrichien. La Ligue du Nord italienne envoie Mario Borghezio[37]. La convention annonce la présence de représentants de deux « partis de gouvernement », l'UDC suisse et la Ligue du Nord italienne. Yves-Marie Laulan est aussi invité[38]. Cette convention réunit « 600 participants, un nombre en très importante augmentation par rapport aux conventions précédentes de ce mouvement et avec une proportion très importante de jeunes gens » selon Novopress. Au cours de cette réunion le Bloc identitaire annonce qu’il devient statutairement un parti politique[36].

Novopress.info[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Novopress.

Le mouvement est à l’origine de Novopress.info, un site internet qui se présente comme une « agence de presse internationale »[39]. Il compte parmi ses responsables Fabrice Robert[40], mégretiste, ex-dirigeant d'Unité radicale ainsi que Guillaume Luyt ancien dirigeant du Front national de la jeunesse[41]. Patrick Gofman compte parmi les rédacteurs de Novopress.info (section française)[42].

Labels musicaux[modifier | modifier le code]

Le mouvement est aussi à l’origine du label musical « Alternative-s ».

Jeunesses identitaires[modifier | modifier le code]

Ce mouvement est également proche des Jeunesses identitaires. Les deux dirigeants du Bloc identitaire ont reconnu leur « influence » sur celles-ci[43]. Enfin, le nom de domaine du site officiel des Jeunesses identitaires a été déposé par Nos racines qui utilise la même boîte postale que le Bloc identitaire[44],[45] (ainsi que les sites : Les Identitaires, Soulidarietà, La maioun, Nissa Rebela, Novopress, Expulsion Sans Frontières).

Enfin lors de sa création, le Bloc décrivait les Jeunesses identitaires comme son « mouvement de jeunesse ». Néanmoins dans son dossier de présentation de janvier 2005[46], les liens semblent avoir évolué car le mouvement adopte la position suivante : « En aucune manière, les Jeunesses identitaires ne sont le mouvement de jeunesse du Bloc ».

Le fondateur des Jeunesses identitaires est Philippe Vardon.

Le comité directeur du mouvement est composé de : Gaëtan Jarry, Jean-David Cattin et Adrien Heber.

En 2012, ce mouvement de jeunesse disparaît pour mettre en place Génération identitaire.

Condamnations[modifier | modifier le code]

Le 17 décembre 2007, le tribunal de grande instance de Nice estime que les Jeunesses identitaires sont une émanation d'Unité radicale, dissoute par le gouvernement en 2002[47]. Les JI sont ainsi condamnées à une amende de 20 000 euros, et son ancien président, Philippe Vardon, écope de quatre mois de prison avec sursis et de 10 000 euros d'amende[47]. Par ailleurs, dans une autre affaire jugée le même jour, Philippe Vardon, le président du Bloc identitaire Guillaume Luyt, et deux autres militants des JI sont poursuivis par la justice pour avoir distribué un tract intitulé « Ni voilée ! Ni violée ! » aux abords du lycée niçois Thierry Maulnier[47]. Philippe Vardon est condamné pour discrimination raciale à trois mois de prison avec sursis et 3 000 euros d'amende ; Guillaume Luyt, à quatre mois de prison avec sursis et 5 000 euros d'amende ; et les deux autres militants à 3 000 euros d'amende chacun[47].

En septembre 2008, la cour d'appel d'Aix-en-Provence aggrave les condamnations : pour la « reconstitution de ligue dissoute », elle fixe une amende de 30 000 euros envers les Jeunesses identitaires, ainsi que 1 100 euros à verser aux associations SOS Racisme et MRAP. Elle prive également Philippe Vardon de ses droits civiques pendant deux ans et le condamne à nouveau à quatre mois de prison avec sursis. Pour la distribution du tract, la justice impose une amende de 16 000 euros au total. Philippe Vardon et Nissa Rebela se sont pourvus en cassation mais ils furent déboutés en janvier 2010.

Génération identitaire[modifier | modifier le code]

Logo de la Génération Identitaire

« Génération identitaire » (ou « Génération ID ») est un mouvement politique francophone créé en 2012. Se définissant lui-même comme une « communauté de combat » il a prétention à « rassembler les jeunes européens, garçons et filles »[48]. Génération identitaire s'est fait connaître en occupant le chantier d'une mosquée[49],[50] à Poitiers, le 20 octobre 2012. Ils s'y revendiquent, dans leurs banderoles et slogans, de Charles Martel ou encore de la Reconquista et réclament « un referendum sur la construction de mosquées, et sur l'immigration »[51]. À la suite de cette occupation, initialement quatre, puis trois personnes (donc sept personnes) ont été mises en examen entre autres pour des dégradations même si les inculpés protestent contre ces chefs d'inculpations[52],[53].

Actions et lobbying[modifier | modifier le code]

Le Bloc identitaire se serait notamment fait remarquer par l'organisation d'actions de « lobbying ».

En 2003, le groupe de rap Sniper est accusé d’être « anti-Français » et raciste anti-blanc. Le ministre de l’Intérieur d'alors, Nicolas Sarkozy, a d'ailleurs été interpellé à ce sujet à l’Assemblée par le député UMP Nadine Morano. En novembre 2005, 200 députés ont demandé — sous l'impulsion du député François Grosdidier — l’interdiction de groupes de rap présentés comme faisant l’apologie de la violence et du racisme, cependant sans succès.

En 2004, c’est Cesare Battisti, ancien membre des Prolétaires armés pour le communisme (PAC), condamné dans son pays pour plusieurs braquages et assassinats, qui est pris pour cible par les militants identitaires. Cesare Battisti est alors menacé d’expulsion, puis s'ensuit une publication d'un entretien avec le fils de Lino Sabbadin, assassiné par les PAC[54]. En avril 2006, Cesare Battisti, toujours en fuite, publie aux éditions Rivages et Grasset un livre intitulé Ma Cavale. Il y accuse notamment le Bloc identitaire d’avoir été financé par l’ambassade d’Italie pour l’« agresser »[55].

Soupes identitaires[modifier | modifier le code]

Depuis 2003, le Bloc identitaire organise ou appuie, d'abord directement puis par l'intermédiaire d'associations satellites ou amies, la distribution de « soupes identitaires » aux sans domicile fixe. Ces distributions ont lieu dans plusieurs villes en France et en Belgique : à Strasbourg par le collectif Solidarité alsacienne proche d'Alsace d'abord, à Nice par l'association Soulidarietà, à Paris par l'association Solidarité des Français ainsi qu'en Belgique : à Bruxelles par l'association Renaissance sociale et à Anvers par l'association Antwerpse Solidariteit proche du Vlaams Belang. Le principe de ces soupes identitaires est de contenir du porc, ce qui a pour conséquence d'exclure les juifs et les musulmans pratiquants, qui la refusent.

Ces distributions sont l'objet de vives critiques (comme celles de la députée européenne Catherine Trautmann) car jugées par certains « discriminatoires et xénophobes »[56]. Le préfet du Bas-Rhin a interdit la distribution de la soupe identitaire à Strasbourg le 21 janvier 2006. La distribution a également été interdite à Paris. Pour sa part, le Bloc défend les soupes identitaires en arguant que « le porc est partie intégrante du patrimoine culinaire de la France »[57]. L'association niçoise Soulidarietà revendique « de servir “lu nouostre davant lu autre” (« les nôtres avant les autres ») »[58].

Polémique en France[modifier | modifier le code]

Devant la polémique soulevée en France[59], la préfecture de police de Paris a décidé d'interdire les soupes identitaires à partir du 28 décembre 2006, à cause du risque de trouble à l'ordre public.

Saisi en référé, le Tribunal administratif suspend la décision au motif que même s'il reconnaît que cette distribution a un caractère clairement discriminatoire, cela ne justifie pas l'atteinte à la liberté de réunion constituée par cette interdiction[60]. Le Ministre de l'Intérieur de l'époque, Nicolas Sarkozy, soutenu par le maire de Paris de l'époque, Bertrand Delanoë, saisit alors le Conseil d'État qui, par une ordonnance du juge des référés du 5 janvier 2007[61],[62],[63] lui donne raison en annulant l'ordonnance rendue en première instance. Le Conseil estime qu'il y a eu contradiction de la part du tribunal administratif quand il a affirmé que l'interdiction était disproportionnée alors que le caractère discriminatoire était clairement établi[61],[64]. Par une décision du 16 juin 2009, la Cour européenne des droits de l'homme a déclaré irrecevable, pour défaut manifeste de fondement, le recours de Solidarité des Français fondé sur les articles 6, 9 et 11 de la Convention européenne des droits de l'homme[65].

Dans un entretien au Financial Times, la présidente de Solidarité des Français, Odile Bonnivard, anciennement membre du MNR, revendique son affiliation au Bloc identitaire ; elle affirme que la tendance française est de privilégier les besoins des étrangers au détriment des personnes partageant sa culture et sa civilisation et ajoute que les SDF musulmans ou juifs ne sont pas obligés de manger sa soupe, affirmant qu'il y a d'autres organisations susceptibles de les nourrir[66]. Dans le journal Minute, elle décrit son action en ces termes : « Nous avons décidé d’aider “les nôtres” avant “les autres” »[67].

Juridiquement, de tels propos permettent d'affirmer que le caractère discriminatoire de la distribution est revendiqué, même si ce n'est pas le terme employé par les distributeurs[68].

Maisons et locaux associatifs[modifier | modifier le code]

Prônant un militantisme enraciné localement, les identitaires ont ouvert quatre lieux sous forme associative, dénommés Maisons de l'Identité. Il s'agit de la Maioun à Nice, de Ti Breizh en Bretagne de la Barricade à Paris et de la "Traboule" a Lyon[69]. Ces lieux destinés à servir de point de ralliement aux activités militantes, abriteraient en général un bar, une salle de boxe, une bibliothèque et des structures d'hébergement. L'hebdomadaire Minute dans son numéro du 15 juillet 2009, à la page 6, indique qu'à cette date que seule une Maison de l'Identité est actuellement active: Lou Bastioun, ouvert depuis peu à Nice et remplaçant la Maioun, sa prédécesseuse[70].

Publication[modifier | modifier le code]

ID Magazine
Pays Drapeau de la Belgique Belgique
Drapeau de la France France
Langue Français
Périodicité Bimestriel
Genre Politique, culture, histoire, géopolitique, mouvance identitaire, nationalisme européen.
Date de fondation 2005
Ville d’édition Nice

Directeur de publication Fabrice Robert, Jean-Charles Van Zee
Site web Site d'ID Magazine


Le BI publiait le bimestriel ID Magazine. La revue a été fondée en 2005 en remplacement de Jeune Résistance[71] et de la revue Devenir, revue apparentée au mouvement Nation. Elle a cessé de paraître au début du second semestre 2009 pour céder la place au périodique Identitaires.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Qui sont les Identitaires ? Ce qu'ils sont, ce qu'ils ne sont pas », sur site officiel du Bloc Identitiaire,‎ 5 janvier 2005 (consulté le le 20 août 2014)
  2. a et b Le Bloc identitaire aux régionales
  3. a et b « Mieux connaître les Identitaires, « Êtes-vous un parti politique ? », sur bloc-identitaire.com. « Le mouvement identitaire n'est pas qu'un parti politique. Les Identitaires, c'est bien plus qu'un parti. C'est un réseau, c'est une communauté. »
  4. dossier extrême droite radicale - UNITÉ RADICALEcréation : juin 1998, dissolution : décret du 6 août 2002, origine : Unité Radicale est issu de la fusion de deux mouvances : Nouvelle Résistance/Jeune Résistance/Union des Cercles Résistance, Groupe Union Défense (GUD). Unité Radicale a en outre attiré des dissidents d'autres groupuscules d'extrême droite radicale (Œuvre Française, PNFE : Parti Nationaliste Français et Européen) "critiquant l'inaction, le folklorisme et le passéisme de leurs ex-organisations". successeurs : Bloc Identitaire/Jeunesses Identitaires (Fabrice Robert, Guillaume Luyt/Philippe Vardon), Réseau Radical (Christian Bouchet)
  5. a et b « Le mouvement d'extrême droite Bloc identitaire se lance dans les régionales », Le Point, 17 octobre 2009
  6. Abel Mestre et Caroline Monnot, « Du Bloc identitaire au FN, l'extrême droite française se concentre sur la peur de l'islam », Le Monde, 1er décembre 2009
  7. a, b et c Rémi Noyon (interviewer), Stéphane François (interviewé), « Oubliez "Game of Thrones" : les identitaires ont des théories plus folles », Rue89, 11 mai 2014.
  8. Cependant, Jean-Yves Camus classe le BI non à l'extrême droite, mais « à droite de la droite » : « Oskar Freysinger et ses inquiétantes fréquentations européennes » (interview par Patricia Briel), Le Temps, 18 novembre 2010
  9. Guillaume Luyt, « Oui nous ne sommes pas (plus) nationalistes… », Blog identitaire, 4 mars 2006
  10. Selon Jean-Yves Camus, « le Bloc identitaire essaie de concilier un populisme débarrassé des oripeaux de la vieille extrême droite radicale dont il est issu, avec cette question identitaire, un peu comme la Ligue du Nord italienne. » ; voir le Le FN ressuscité par l’UMP
  11. a et b « Les Identitaires en quête de respectabilité », sur RésistanceS.be, le 8 octobre 2009.
  12. « La formation politique rassemble plus de 620 partisans en convention encore aujourd'hui », Le Dauphiné libéré, 18 octobre 2009
  13. Chronologie de la dissolution d'Unité radicale
  14. Vivien Vergnaud, « Maxime Brunerie libéré », Le JDD, 22 août 2009
  15. Annuaire de l'extrême droite en France : Bloc identitaire et Jeunesses identitaires
  16. a, b et c Jean-Yves Camus, « Le Bloc identitaire, nouveau venu dans la famille de l'extrême droite », Rue89, 19 octobre 2009
  17. a et b http://www.nissarebela.com/wp-content/uploads/documents/profdamien.pdf
  18. http://www.interieur.gouv.fr/sections/a_votre_service/elections/resultats/elections-cantonales/2005/nice-vii3678/downloadFile/file/Nice_VII.pdf?nocache=1145019118.78
  19. http://www.humanite.fr/municipales-Nice
  20. http://www.nicematin.com/article/politique/nice-la-course-en-tete-de-lauriano-azinheirinha-0
  21. http://www.cafebabel.fr/politique/article/le-bloc-identitaire-la-nouvelle-droite-populiste-francaise.html
  22. http://www.france-politique.fr/wiki/Bloc_Identitaire_%28BI%29
  23. http://www.bloc-identitaire.com/bloc-identitaire/bureau-directeur
  24. Abel Mestre et Caroline Monnot, À l'extrême droite aussi, on refuse les "dérives productivistes et mercantiles", Le Monde, 14 novembre 2009
  25. a, b, c et d Stéphane François, « Réflexions sur le mouvement Identitaire 1/2, sur tempspresents.wordpress.com.
  26. Présentation du Bloc identitaire
  27. « Flics ou voyous : la République privilégie la racaille », communiqué du 12 novembre 2005
  28. Mieux connaître les Identitaires : Foire aux Questions
  29. « Le candidat du Bloc Identitaire Arnaud Gouillon se retire », Le Point, 11 septembre 2011
  30. « Présidentielle 2012: les Identitaires abandonnent », Droites extrêmes,‎ 11 septembre 2011 (consulté le 11 septembre 2011)
  31. http://www.bloc-identitaire.com/actualite/2268/presidentielles-mouvement-identitaire-ne-soutiendra-aucun-candidat
  32. a, b, c, d, e et f « Mieux connaître les Identitaires, « Que pensez-vous du combat culturel », sur bloc-identitaire.com.
  33. a, b et c « Mieux connaître les Identitaires : Foire aux Questions », « Quelles filiations « idéologiques » revendiquez-vous ? », sur bloc-identitaire.com/.
  34. Jean-Yves Camus, MPF : de l'UMP aux Identitaires, le grand écart idéologique, le 3 juillet 2009
  35. Les Identitaires sautent sur Orange, La Provence, 17 octobre 2009
  36. a et b http://blogs.rue89.nouvelobs.com/jean-yves-camus/2009/10/19/le-bloc-identitaire-nouveau-venu-dans-la-famille-de-lextreme-droite
  37. La Rédaction du DL, La Convention identitaire européenne donne rendez-vous, Le Dauphiné libéré, le 5 septembre 2009.
  38. Communiqué, Convention Identitaire - Flash info no 8, Bloc-identitaire.com, le samedi 26 septembre 2009.
  39. Ludovic Finez, « Les “infos” xénophobes de Novopress », 27 juillet 2005
  40. Silvère Boucher-Lambert et Olivier Saretta, Comment l'antisémitisme tisse sa toile sur Internet, 26/02/2009, article en ligne
  41. Alexandre Duyck, Les Identitaires sur Google, in Le JDD, 08/06/2008, article en ligne
  42. exemple d'article : L’humeur de Patrick Gofman : J’inaugure le Salon du Livre !, rubrique Société, le 20 mars 2008
  43. « Les Jeunesses identitaires accusées », Le Nouvel Observateur, 3 mai 2005
  44. WhoIs Results for jeunesses-identitaires.com
  45. Adresses postales du Bloc identitaire
  46. Argumentaire du Bloc identitaire [PDF]
  47. a, b, c et d Michel Bernouin, « Les Identitaires ne sont pas tout blancs », Metro, 18 décembre 2007.
  48. Présentation de Génération identitaire sur son site
  49. « La mosquée occupée par "Génération identitaire" », France 3 Poitou-Charentes,‎ 20 octobre 2012
  50. « Des manifestants occupent une mosquée dans la Vienne », Reuters,‎ 20 octobre 2012
  51. « Les identitaires veulent un référendum », Dépêche AFP reprise par Le Figaro,‎ 23 octobre 2012
  52. www.lefigaro.fr/flash-actu/2012/11/28/97001-20121128FILWWW00673-mosquee-des-controles-judiciaires-alleges.php
  53. http://www.rtl.fr/actu/societe-faits-divers/mosquee-occupee-a-poitiers-des-militants-d-extreme-droite-mis-en-examen-7773066951 www.rtl.fr/actu/societe-faits-divers/mosquee-occupee-a-poitiers-des-militants-d-extreme-droite-mis-en-examen-7773066951
  54. « La rencontre du mois : Le fils de Lino Sabbadin, assassiné par Cesare Battisti, répond aux Identitaires », 1er avril 2004
  55. « Sur le front de l’intimidation, la cellule de l’ambassade italienne finança et lança à l’assaut le Bloc identitaire. Ce groupe de fanatiques aryens, émanation d’un parti d’extrême-droite français, était resté inconnu jusqu’à ce 14 juillet 2002 où l’un des leurs, pour s’assurer une gloire éternelle, ouvrit le feu sur Jacques Chirac. », p. 160.
  56. Lettre de la députée Catherine Trautmann à la Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité le 19 janvier 2006.
  57. « Au cochon ou aux saucisses, notre soupe identitaire continue ! », communiqué du 23 janvier 2006
  58. « 1, 2, 3 - Paris, Nice, Charleroi - Que mijotent cent soupes identitaires ! », communiqué du 23 décembre 2005
  59. Paul Barelli, « Une soupe au porc pour les sans-abri crée la polémique à Nice », Le Monde, 31 décembre 2005
  60. (en) French court bans right wing soup, publié le 6 janvier 2007 par Al Jazeera English [lire en ligne]
  61. a et b CE, ord. réf., 5 janvier 2007, no 300311, MINISTRE D’ETAT, MINISTRE DE L’INTERIEUR ET DE L’AMENAGEMENT DU TERRITOIRE c/ l’association « Solidarité des Français »
  62. « Le Conseil d'État interdit la distribution de la soupe au cochon », Dépêches JurisClasseur, 9 janvier 2007, 31
  63. Bertrand Pauvert, « À propos de l'interdiction de distribution d'une soupe populaire contenant du porc », AJDA 2007, p. 601. L'auteur s'interroge quant à la présence des éléments juridiques permettant d'identifier une discrimination effective et note que l'ordonnance est en rupture avec la jurisprudence Benjamin (CE 19 mai 1933, N° 17413 17520 : « l'éventualité de troubles, alléguée par le maire de Nevers, ne présentait pas un degré de gravité tel qu'il n'ait pu, sans interdire la conférence, maintenir l'ordre en édictant les mesures de police qu'il lui appartenait de prendre ; que, dès lors, sans qu'il y ait lieu de statuer sur le moyen tiré du détournement de pouvoir, les requérants sont fondés à soutenir que les arrêtés attaqués sont entachés d'excès de pouvoir »). Un autre commentaire affirme au contraire que l'interdiction pouvant seule prévenir le trouble à l'ordre public, l'ordonnance est conforme à la jurisprudence Benjamin (Serge Deygas, « La notion d'atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale », Procédures no 3, mars 2007, comm. 69).
  64. Catherine Coroller, Le Conseil d'État ne goûte pas la «soupe au cochon», dans Libération du 6 janvier 2007 [lire en ligne]
  65. CEDH, 16 juin 2009, Association Solidarité des Français c. France, no 26787/07
  66. (en) Adam Jones, Pig soup off menu for Paris homeless, dans le Financial Times du 6 janvier 2007 [lire en ligne]
  67. « L’extrême-droite remet le couvert », L'Humanité, 19 janvier 2006
  68. Analyse de la décision du Conseil d'État par Maître Eolas
  69. http://www.lyonlemelhor.org/la-traboule/
  70. Derrière les lignes du Front. Immersions et reportages en terre d'extrême droite, Jean-Baptiste Malet, Golias, 2012 (ISBN 978-2354721374)
  71. http://www.les-identitaires.com/presse.htm

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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