Serge Ayoub

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Serge Ayoub

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Serge Ayoub au défilé du FN, le 1er mai 2014, à Paris.

Naissance 29 octobre 1964 (50 ans)
Bagnolet, Seine-Saint-Denis, France
Nationalité Drapeau : France Français

Serge Élie Ayoub[1], né le 29 octobre 1964[2], est un militant français, leader du groupe d'extrême droite Jeunesses nationalistes révolutionnaires et du mouvement Troisième Voie des années 2010.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils d'une magistrate[3] d'origine libanaise, Serge Ayoub grandit à Bagnolet et découvre à l'âge de quatorze ans le milieu skinhead à l'occasion d'un séjour linguistique en Angleterre et décide de rejoindre la mouvance d'extrême droite[4] devenant « Batskin » en raison de l'utilisation fréquente qu'il faisait des battes de baseball lors des affrontements physiques avec ses adversaires politiques notamment lors d'un affrontement au lycée Charlemagne de Paris[5]. Il a déclaré avoir soutenu François Mitterrand lors de l'éléction présidentielle de 1981, avant de se tourner vers les courants nationalistes-révolutionnaires après le tournant de la rigueur.

Très actif durant les années 1980 avec sa bande de skinheads appelée « le Klan » et ayant pour symbole une rune d'Odal rouge — d'où l'appellation « poissons rouges » qui leur était donnée —, il tente de devenir le leader des hooligans du Parc des Princes afin de les politiser, avec le Pitbull Kop[6], sans véritable succès. Il fonde ainsi en 1987 les Jeunesses nationalistes révolutionnaires (JNR) et s'inscrit comme étudiant à l'Université de Paris VI (Jussieu) où il aurait été coutumier d'affrontements avec les divers groupes antifascistes, dont le plus connu sont les Red Warriors[7]. Les JNR furent médiatisées, dans les années 1980-1990, du fait de la violence de leur engagement et Serge Ayoub fit plusieurs apparitions télévisées lors de débats ou de reportages[3]. Après avoir été associées à Jean-Gilles Malliarakis, dirigeant du Mouvement nationaliste révolutionnaire, puis de Troisième Voie, les JNR s'en dissocient dès 1989[8], à la suite de la « droitisation » de ce dernier. En 1993, Ayoub se présente aux élections législatives où il obtint 0,17 % des voix dans les Hauts-de-Seine[9],[10].

Il ouvre ensuite plusieurs boutiques de fanzines et d'accessoires pour skinheads d'extrême droite[11] : Dark Side (dans le 14e arrondissement), qui fut dynamité fin 1993, puis un autre magasin, Dark Lords (cette fois dans le 15e), qui fut fermé par décision préfectorale, en mai 1994, à la suite d'une manifestation marquée par la mort du militant nationaliste Sébastien Deyzieu[12]. La même année, le 19 janvier, il est condamné avec Joël Giraud et Éric Rossi à 8 mois de prison avec sursis après l’attaque d’un groupe de jeunes le 22 avril 1990[13],[14] ainsi que pour l'agression de Karim Diallo à Paris en 1990 sous l'œil des caméras de la Cinq[15],[16].

Dans les années 1990, il s'éloigne de l'action politique, effectue un séjour de neuf mois en prison pour trafic de stéroïdes[4] (il fut arrêté lors d'un festival de bikers pour possession de méthamphétamine d'origine japonaise[17]), s'essaie à la production de films pornographiques[18], et dit avoir travaillé plusieurs années à l'étranger : au Salvador, en Lituanie et en Russie[19].

De retour en France, il ouvre un bar (Le Garage) pendant l'été 2006, dans le quartier d'Oberkampf à Paris[2](11e arrondissement) et déclare évoluer désormais dans le milieu Biker[20].

Il participe les 8 et 9 septembre 2007 à l'université d'été du mouvement Égalité et Réconciliation présidé par Alain Soral dont il s'éloigne pourtant rapidement en raison d'un désaccord avec les vues de Soral sur l'immigration[21].

Déclarant avoir décidé de fermer Le Garage pour se concentrer à nouveau sur une activité plus politisée, il a lancé en 2007 la « Société des Égaux » ainsi que « Le Local » — monté avec l'aide de Frédéric Chatillon, ancien responsable du GUD dans les années 1990 et une participation initiale d'Alain Soral —, un bar situé au 92 de la rue de Javel et se présentant comme un espace de rencontre associatif pour les « nationaux “des deux rives” ». Des conférences sur l'histoire et l'actualité y sont régulièrement organisées, avec des invités tels que Jean-Paul Gourévitch, Pierre Sidos, Pierre Hillard, François-Bernard Huyghe (membre de l’Institut de relations internationales et stratégiques et proche des cercles chevènementistes), Pierre-Yves Rougeyron (fondateur du Cercle Aristote), Guillaume de Tanoüarn de l’Institut du Bon-Pasteur, Michel Drac, spécialisé en économie, Romain Bessonnet, spécialiste de la Russie (ancien du Parti communiste et membre du MRC), Jean-Marie Vianney Ndagijimana (ancien ambassadeur du Rwanda en France, ex-ministre des Affaires étrangères et opposant à Paul Kagame), Véronique Hervouët (psychanalyste et spécialiste des « fondements archaïques de la crise identitaire »), David Mascré (directeur des études de l’Institut de recherches indépendant pour l’éducation (IRIÉ) et auteur de l'ouvrage Des barbares dans la cité) ou encore Maurice Gendre (rédacteur à B.I et encarté au Parti ouvrier indépendant[22]) et le philosophe post-marxiste Denis Collin. Le 28 juin 2008, à l'occasion d'une French Pride[23] organisée au Local, Serge Ayoub y reçoit Marine Le Pen et les blogueurs influents de la « réacosphère[24] ».[pertinence contestée] En avril 2009, Philippe Goujon, maire UMP du 15e arrondissement, a annoncé vouloir fermer le bar[25].

En 2008, il a publié chez Scribedit un premier roman : Conte barbare.

Le 13 mars 2009, il diffuse sur Dailymotion un documentaire en cinq parties intitulé Sur les pavés, retraçant ses années skinhead et se présentant comme une réponse au DVD Antifa chasseurs de skins, réalisé l’année précédente par Marc-Aurèle Vecchione[26].

En octobre 2010, il lance « Troisième Voie, pour une avant-garde solidariste » avec pour projet « d'investir le champ syndical »[27]. Il réactive aussi le mouvement des Jeunesses nationalistes révolutionnaires. En janvier 2011, il participe avec le groupuscule Front comtois à une réunion au sujet du combat nationaliste, à Montbéliard[28].

En mai 2011, il copréside le Comité du 9-Mai, initialement prévu pour entretenir la mémoire de Sébastien Deyzieu ; ce défilé a rassemblé à Paris environ 700 personnes (selon la police)[29] de diverses mouvances nationalistes contre le « mondialisme » célébrant aussi la mémoire de Jeanne d’Arc. Ce défilé avait eu lieu précédemment en 2010 avec la présence de Serge Ayoub[30].

Le 8 octobre 2011, à Lille, il organise une manifestation baptisée « Front populaire solidariste » en « hommage patriote » à Roger Salengro, dans la lignée de la récupération de l'image de ce dernier par le Front national. Le défilé rassemble de 500 à 600 participants sous les slogans « Europe, jeunesse, révolution », « Libre, social et national » ou « Crise mondiale, solution nationale ». Cette manifestation suscite, le même jour, une contre-manifestation rassemblant derrière une banderole « Hier, aujourd'hui, demain, résistance anti-fasciste » de 1 600 à 2 500 personnes venues notamment de SOS Racisme, du MRAP, de la CGT, de la Ligue des droits de l'homme, des syndicats SUD, du NPA et du Front de gauche[31].

Affaire Méric[modifier | modifier le code]

En juin 2013, dans le cadre de l'affaire Clément Méric, il est sollicité par les médias pour s'exprimer sur la responsabilité des JNR suspectées d'être impliquées[32]. Najat Vallaud-Belkacem demande, le 7 juin, d’arrêter de lui offrir une tribune publique[33]. Le 11 juin, il donne une interview pour le site ripostelaique.com dans laquelle il annonce une nouvelle affaire Dreyfus[34]. Le 12 juin, Le Canard enchaîné publie une photo le présentant avec Esteban Morillo, accusé principal de la mort de Clément Méric[35]. Le 25 juin, il annonce l'auto-dissolution des mouvements Troisième Voie et JNR, expliquant avoir « pris cette décision pour l'honneur, avant d'être dissous par d'autres »[36]. Le gouvernement socialiste avait en effet lancé deux semaines auparavant une procédure de dissolution de ces groupes et allait probablement signer le décret de dissolution lors du Conseil des ministres du 26 juin[37]. C'est finalement lors du Conseil des ministres du 10 juillet que le gouvernement prononce la dissolution des mouvements Troisième Voie et JNR ainsi que de l'association Envie de rêver, au motif que « ces trois entités propagent une idéologie incitant à la haine et à la discrimination envers les personnes à raison de leur non-appartenance à la nation française et de leur qualité d'immigrés »[38],[39]. Serge Ayoub annonce le même jour qu'il compte engager un recours pour excès de pouvoir contre ce décret de dissolution devant le Conseil d'État car, selon lui, « aucun des écrits de Troisième Voie n'incite à la haine raciale » et les « JNR ne sont pas une milice privée, c'est un service d'ordre »[39]. Le 11 septembre, le Conseil d'État rejette sa requête formée contre le décret prononçant la dissolution des associations Troisième Voie, Jeunesses nationalistes révolutionnaires et Envie de rêver[40],[41].

Publications[modifier | modifier le code]

  • Serge Ayoub, Conte barbare, Paris, Le Retour aux sources,‎ 2008, 184 p. (ISBN 978-2-35512-015-2)
  • Serge Ayoub, Michel Drac et Michel Thibaud, G5G-Déclaration de guerre, Paris, Éditions du Pont d’Arcole,‎ 2010 (ISBN 978-2355120305)
  • Serge Ayoub, Doctrine du Solidarisme, Paris, Éditions du Pont d’Arcole,‎ 2012, 184 p. (ISBN 979-1-09196-602-3)
  • Serge Ayoub, L'Affaire Clément Méric - Du fait divers au scandale politique, Paris, Éditions du Pont d’Arcole,‎ 2013, 120 p. (ISBN 979-1091966030, présentation en ligne)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • Sur les pavés, Autonomiste media, 2009.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Enregistrement de sa société Le Garage au Registre national du commerce et des sociétés et de sa société Dark Side sur Infogreffe.
  2. a et b Sébastien Ramnoux, « L’ex-leader des Skinheads ouvre un bar dans le XIe », Le Parisien, 12 septembre 2006.
  3. a et b Caroline Monnot, « Serge Ayoub, le chef de bande de la mouvance skinhead », Le Monde, 10 juin 2013.
  4. a et b Entretien avec Serge Ayoub
  5. Yan Morvan, Gang, Éditions Marval.
  6. Nicolas Hourcade, « L'engagement politique des supporters “ultras” français : Retour sur des idées reçues », Politix, Hermes Science, vol. 13, no 50 « Sport et politique »,‎ 2e trim. 2000, p. 107-125 (115) (ISBN 2-7462-0150-X, ISSN 1953-8286 et 0295-2319, lire en ligne).
  7. Renaud Leblond, « Les skinheads voient rouge », L'Express, 2 décembre 1988.
  8. Roland Gaucher, La Montée du Front, 1983-1997, éd. Picollec, 1997, 446 p. (ISBN 2-86477-164-0), p. 315.
  9. A. Chebel d'Appollonia, L'Extrême-droite en France. De Maurras à la Pen, Éditions Complexe, 1987, p. 389.
  10. L'élection est par la suite invalidée faute de présentation des comptes de campagne. Voir Emmanuel Lemieux 2011, p. 322.
  11. (en) « The ADL's "Skinhead International: A Worldwide Survey of Neo-Nazi Skinheads" », 30 août 1995.
  12. « Skinheads ou Le Pen prolétariat », REFLEXes, no 47, octobre-novembre 1995.
  13. « L’extrême droite musicale en France. Petite musique de nuit (et brouillard…) », REFLEXes, 24 avril 2002.
  14. Frédéric Haziza, Vol au-dessus d'un nid de fachos: Dieudonné, Soral, Ayoub et les autres, Fayard, 2014, 184 p., pages 49-50
  15. « Skins tueurs à la bière empoisonnée. Les meurtriers d'un Mauricien au Havre démasqués huit ans après », Libération, 9 novembre 1998.
  16. Emmanuel Lemieux, ''Génération tonton, Don Quichotte, 2011, 476 p., page 404.
  17. Emmanuel Lemieux, Génération tonton, Don Quichotte, 2011, 476 p. (ISBN 9782359490084) p. 404.
  18. http://www.lemonde.fr/politique/article/2013/06/10/serge-ayoub-le-chef-de-bande-de-la-mouvance-skinhead_3427092_823448.html
  19. Pour Emmanuel Lemieux, qui fait état d'éventuelles activités d'Ayoub au Salvador, en Russie et en Lituanie, puis d'un retour plus discret à Paris au début des années 2000, « durant une quinzaine d’années, Serge Ayoub est un roman, avec beaucoup de blancs ». Voir Emmanuel Lemieux 2011, p. 404.
  20. « Paris - Skinheads Vs. Bikers », Vice Magazine, 16 octobre 2006.
  21. Interview de Serge Ayoub
  22. Interview de Maurice Gendre, 27 décembre 2010, sur le site web de Riposte laïque
  23. « French Pride 2008 », fdesouche.com, 29 juin 2008.
  24. « Un verre avec les extrémistes de la “réacosphère” », Rue89, 5 juillet 2008.
  25. « Le bar de skinheads embarrasse Javel », Le Parisien, 14 avril 2009.
  26. http://www.20minutes.fr/societe/1171585-20130611-serge-ayoub-skin-utile-a-police
  27. « Les projets syndicaux d’un ancien chef skinhead », Droite(s) extrême(s), 9 octobre 2010.
  28. « Mobilisation “antifasciste” à Montbéliard », MaCommune.info, 22 janvier 2011.
  29. « L’extrême-droite groupusculaire manifeste à Paris », Les Inrocks, 8 mai 2011.
  30. « 9 mai 2010 : de Jeanne d’Arc à Deyzieu, une même Occupation », REFLEXes, 2010.
  31. Jacques Leclercq, De la droite décomplexée à la droite subversive : Dictionnaire 2010-2012, L'Harmattan,‎ 2012, 256 p. (ISBN 978-2-296-96809-7), p. 224-225 ; Laurent Grenoble, « Lille : manif de l'extrême-droite et protestations. Profils de néonazis », LePost.fr, 8 octobre 2011 ; AFP, « Lille : manifestation d'extrême droite et contre-manifestation antifasciste », lexpress.fr, 8 octobre 2011.
  32. « Serge Ayoub, starlette de la violence », marianne.net, 10 juin 2013.
  33. « Najat Vallaud-Belkacem demande aux médias de ne pas faire de publicité aux groupuscules d'extrême droite », sur lelab.europe1.fr, 7 juin 2013.
  34. http://ripostelaique.com/interview-choc-de-serge-ayoub-affaire-meric-jaccuse.html
  35. Clément Méric : son agresseur et Serge Ayoub des JNR ensemble sur des photos
  36. Groupuscules d'extrême-droite: Troisième voie et JNR annoncent leur dissolution
  37. Dissolution à l'extrême droite: une solution efficace?
  38. Décret du 12 juillet 2013 portant dissolution d'une association et de deux groupements de fait
  39. a et b Le gouvernement dissout trois groupes d'extrême-droite
  40. 20minutes, Dissolution des associations Troisième Voie, JNR et Envie de rêver, 11/09/2013.
  41. Auparavant, le Conseil d'État avait déjà rejeté la requête en suspension du décret (procédure en référé-liberté) d'Envie de rêver demandant la suspension du décret, jusqu'à ce que le Conseil se prononce sur le fond de l'affaire. (cf. CE, juge des référés, 23 juillet 2013, Association Envie de rêver et M. C.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]