Puget-Théniers

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Puget-Théniers
Vue sur le village en grimpant vers le col de Saint-Raphaël.
Vue sur le village en grimpant vers le col de Saint-Raphaël.
Blason de Puget-Théniers
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Provence-Alpes-Côte d'Azur
Département Alpes-Maritimes
Arrondissement Nice
Canton Puget-Théniers
(chef-lieu)
Intercommunalité Communauté de communes des Alpes d'Azur
Maire
Mandat
Robert Velay
2008-2014
Code postal 06260
Code commune 06099
Démographie
Gentilé Pugetois
Population
municipale
1 820 hab. (2011)
Densité 186 hab./km2
Géographie
Coordonnées 43° 57′ 25″ N 6° 53′ 39″ E / 43.9569444444, 6.89416666667 ()43° 57′ 25″ Nord 6° 53′ 39″ Est / 43.9569444444, 6.89416666667 ()  
Altitude Min. 353 m – Max. 1 436 m
Superficie 9,76 km2
Localisation

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Puget-Théniers

Puget-Théniers (Lo Puget Tenier en nissart) est une commune française située dans le département des Alpes-Maritimes en région Provence-Alpes-Côte d'Azur. Ses habitants sont appelés les Pugetois.

Géographie[modifier | modifier le code]

Puget-Théniers est une cité méridionale ramassée au confluent de la Roudoule et du Var. Elle est située dans la moyenne vallée du Var, à environ 55 kilomètres de Nice. Le territoire de la commune s'étend entre 320 m et 1 450 m (à la cime du Gourdan). La commune est traversée d'ouest en est par le Var.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Qualifiée de Pugetum Tenearum en latin médiéval, la ville se voit alternativement appelée lo puget de tenias en dialecte local et poggetto en italien, avant de se fixer sous la forme actuelle Puget-Théniers.

Les deux éléments du nom désignent[1] :

  • l’un, une petite montagne, sous la forme d’un diminutif de puy : le puget ;
  • l’autre, le fleuve Var : le cours moyen de celui-ci était en effet appelé Tinée, comme son affluent, au Moyen Âge.

Histoire[modifier | modifier le code]

La position stratégique sur le passage du Var place Puget-Théniers au milieu des affrontements armés entre le royaume de France et l’Empire. Elle lui bénéficie aussi, puisqu'une foire et un péage y étaient établis[2]. La peste n'épargna pas ce bourg rural, qui perdit un tiers de sa population lors de la première vague de « mort noire » au milieu du XIVe siècle.[réf. nécessaire]

Guillaume de Puget, viguier d'Avignon (1347-48), vice-sénéchal de Provence (1353), chevalier, fut coseigneur de Puget-Théniers[3], seigneur de Figanières, de Bargemon, Flayosc, etc. Il fut conseiller et chambellan[4] de la reine Jeanne qu'il suivit de Provence à Naples[5]. Il eut au moins deux fils, Guillaume et Honorat, coseigneurs de Figanières[6]. Manuel de Puget (?-av.1384), viguier-capitaine de Nice (1374) puis viguier d'Arles (1374-1384), fut chevalier, coseigneur de Puget-Théniers et Figanières, seigneur de Bargemon ; il fut conseiller de la reine en 1350. Il fut assassiné avant le 1er août 1384 alors qu'il était viguier d'Arles, par Bertrand Sanneri d'Arles[7]. La mort de la reine Jeanne Ire ouvre une crise de succession à la tête du comté de Provence, les villes de l’Union d'Aix (1382-1387) soutenant Charles de Duras contre Louis Ier d'Anjou. La communauté de soutient les Duras jusqu’en 1386, puis change de camp pour rejoindre les Angevins grâce aux négociations patientes de Marie de Blois, veuve de Louis Ier et régente de leur fils Louis II. La reddition d’Aix a également pu jouer un rôle dans le retournement de la communauté[8].

La baillie de Puget-Théniers avait sous son autorité la vallée de la Tinée et le cours moyen du Var, lui aussi appelé Tinée à cet endroit[1]. Elle est érigée au rang de viguerie en 1379[9] et est surnommée viguerie des deux Tinées[1]. Elle fait partie du comté de Provence jusqu'à la dédition de 1388, par laquelle la rive gauche de la vallée se mit sous la protection du comte de Savoie. Puget-Théniers fut alors inféodé au puissant Jean Grimaldi, baron de Beuil et instigateur du transfert de suzeraineté. Cette branche de la Maison des Grimaldi perdit Puget-Théniers suite à l'une de ses nombreuses rébellions contre la Maison de Savoie.

Dès lors Puget-Théniers devint domaine de la Maison de Savoie avant d'être élevé au rang de comté en vue de l'inféoder au comte Nicolas Grimaldi. Un descendant du rameau des Grimaldi d'Antibes, Nicolas Grimaldi, reçut l'investiture de Puget-Théniers des mains du duc Victor Amédée de Savoie en 1704.[réf. nécessaire]

Puget-Théniers, comme la plus grande part du comté de Nice, fut un foyer contre-révolutionnaire jusqu'à la Restauration, qui rétablit le roi de Sardaigne dans ses droits. Les nombreux changements de frontières à travers les âges ont profondément influencé Puget-Théniers et la vallée du Var, tant au plan de l'identité, qu'à celui de l'administration.

Le dernier en date, en 1860, fut mené par Napoléon III en compensation de son intervention dans la guerre d'indépendance de l'Italie. Il devait durablement rattacher Puget-Théniers à la France. En dépit d'une résistance initiale des autorités, la révolution industrielle et son chemin de fer pénétrèrent également la vallée. Trente ans plus tard, le « train des Pignes » apportait une nouvelle prospérité.

Puget-Théniers fut une sous-préfecture des Alpes-Maritimes de 1860 à 1926. C'était alors l'une des sous-préfectures les moins peuplées de France. Depuis, si son importance administrative a quelque peu diminué, Puget-Théniers reste un centre commercial assez actif.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Hôtel de ville et Maison des services publics.

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
1919 1945 François Boyer    
1945 1947 Charles Isnardy    
1947 1977 Jean Bailet    
1977 1995 Gilbert Laugier PS  
1995[10] en cours Robert Velay UMP Conseiller général du Canton de Puget-Théniers

Depuis le 1er janvier 2014, Puget-Théniers fait partie et est le siège de la communauté de communes des Alpes d'Azur. Elle était auparavant le siège de la communauté de communes des vallées d'Azur, jusqu'à la disparition de celle-ci lors de la mise en place du nouveau schéma départemental de coopération intercommunale.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 1 820 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1822 1838 1848 1858 1861 1866
800 914 1 011 1 053 1 168 1 195 1 077 1 304 1 289
1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901 1906 1911
1 222 1 403 1 426 1 215 1 571 1 224 1 337 1 383 1 166
1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962 1968 1975
1 252 1 261 1 279 1 271 1 105 1 089 1 415 1 488 1 438
1982 1990 1999 2004 2006 2009 2011 - -
1 446 1 703 1 533 1 796 1 836 1 815 1 820 - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[11] puis Insee à partir de 2004[12])
Histogramme de l'évolution démographique


Économie[modifier | modifier le code]

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Ruelle en escalier à Puget-Théniers

Église Notre-Dame-de-l'Assomption[modifier | modifier le code]

L'église Notre-Dame-de-l'Assomption a été construite au XIIIe siècle. Elle renferme de nombreuses œuvres d'art parmi lesquelles certaines sont exceptionnelles. À noter en particulier les groupes sculptés en bois verni (XVIe siècle) du premier autel latéral à gauche, représentant de bas en haut : la Mise au tombeau, la Vierge quittant le calvaire, la Résurrection, attribué à Matthieu d'Anvers. Le retable primitif (1525) derrière le maître-autel, attribué à Ronzens. Les peintures du chœur et de la voûte ont été terminées le par le peintre tessinois L. Adami. Une partie du mobilier provient du couvent des Augustins qui a été supprimé en 1783.

Chapelle Sainte-Croix des Pénitents Blancs[modifier | modifier le code]

La chapelle Sainte-Croix des Pénitents Blancs date du XVIe siècle. Située rue Lucien-Viborel, elle a été restaurée. C'est la seule chapelle subsistante des huit chapelles primitives. Elle possède un tableau représentant la Transfiguration, daté de 1620, réalisé pour la confrérie du Saint-Sauveur sous le rectorat de Pierre de Millia et Thomas Raynaud.

Autres lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • Ancienne église des Augustins. Elle se trouvait à l'emplacement des no 2-4-6 rue Papon.
  • Église ruinée de la Trinité.
  • Porche de l'ancien couvent de templiers, rue Papon.
  • Ruines du château au-dessus de la ville avec la base du donjon XIIe siècle et les vestiges de l'enceinte.
  • Maisons anciennes à loggias rapportées et pans de bois rue Casimir-Brouchier, maisons à granges-auvents, portes médiévales, insignes de maîtrise gravés sur les linteaux rue Papon.
  • Ancienne sous-préfecture XIXe siècle.
  • Maison natale de Louis-Auguste Blanqui.
  • Maison natale de Jean-Pierre Papon au no 14 rue Papon.
  • Maison Barety, au no 8 rue Papon.
  • Maison Renaissance, datée de 1569, à l'angle de la rue Papon et de la rue Centrale.
  • Hôtel de l'ancienne sous-préfecture, rue du 4-Septembre.
  • Ancien tribunal de grande instance, place Casimir-Brouchier.
  • Buste du XIXe siècle de Jean-Pierre Papon, de 7 m de haut.
  • La Statue "La liberté enchaînée" de 1908 : œuvre du sculpteur Aristide Maillol, en hommage à Auguste Blanqui, célèbre leader socialiste de la fin du XIXe siècle et enfant du pays. Une réplique de cette statue (et non l'inverse) se trouve dans le Jardin des Tuileries à Paris.
  • Anneaux qui portaient les chaînes servant à fermer l'ancien ghetto, rue Gisclette.
  • Inscriptions XVIe siècle au quartier des Costes.
  • Fontaine, place Adolphe-Conil.
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Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Alexandre Baréty (1844-1918), médecin, historien et homme politique, né à Puget-Théniers.
  • Jean Dominique Blanqui (1757-1832), homme politique, premier sous-préfet de Puget-Théniers en 1800.
  • Louis Auguste Blanqui (1805-1881), révolutionnaire républicain socialiste, né à Puget-Théniers.
  • Jean-Pierre Papon (1734-1803), abbé, oratorien et historien, né à Puget-Théniers.
  • Auguste Riboty (1816-1892), amiral sarde puis italien, né à Puget-Théniers.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason de Puget-Théniers

-

Nice symboles.JPG

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Nadine Bovis-Aimar, Puget-Théniers à la fin du XIXe siècle d’après les notes du docteur Alexandre Barety, p. 198-213, Nice Historique, année 2000, no 64, [lire en ligne]
  • Charles Jacquet, Puget-Théniers, moult noble cité et ancienne, p. 236, Serre éditeur, Nice, réédition 2002 (ISBN 978-2-86410-023-2)
  • Luc Thévenon, Les arts dans le canton de Puget-Théniers, p. 168-197, Nice Historique, année 2000, no 271, [lire en ligne]
  • Olivier Vernier, Puget-Théniers, les mutations d’une capitale administrative de la montagne à l’époque contemporaine, p. 214-225, Nice-Historique, année 2000, no 296, [lire en ligne]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Bénédicte Fénié, Jean-Jacques Fénié, Toponymie provençale, Éditions Sud-Ouest, 2002 (réédition), (ISBN 978-2-87901-442-5), p. 81.
  2. Lucien Stouff, « Ports, routes et foires du XIIIe au XVe siècle », carte 12 et commentaire in Baratier, Duby & Hildesheimer, op. cit..
  3. J.-P. Boyer, aux origines, p. 217.
  4. Cortez, les grands officiers, p. 119.
  5. Léonard, Histoire, t.II, p. 177.
  6. AD du 13, série 309E6f105v.
  7. Musée Arbaud, MQ563, p. 270.
  8. Geneviève Xhayet, « Partisans et adversaires de Louis d'Anjou pendant la guerre de l'Union d'Aix », Provence historique, Fédération historique de Provence, volume 40, no 162, « Autour de la guerre de l'Union d'Aix », 1990, cartes p. 417-419.
  9. Édouard Baratier, La démographie provençale du XIIIe au XVIe siècles, avec chiffres de comparaison pour le XVIIIe siècle, Paris : SEVPEN/EHESS, 1961. Collection « Démographie et société », 5. p. 5.
  10. Site de la préfecture des Alpes-Maritimes, consulté le 20 juin 2008.
  11. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  12. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2004, 2006, 2009, 2011