La Croix-sur-Roudoule

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La Croix-sur-Roudoule
Vue du village en redescendant vers la vallée.
Vue du village en redescendant vers la vallée.
Blason de La Croix-sur-Roudoule
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Provence-Alpes-Côte d'Azur
Département Alpes-Maritimes
Arrondissement Arrondissement de Nice
Canton Canton de Puget-Théniers
Intercommunalité Communauté de communes des Alpes d'Azur
Maire
Mandat
Marie Martin
2014-2020
Code postal 06260
Code commune 06051
Démographie
Gentilé Crousencs
Population
municipale
91 hab. (2011)
Densité 3 hab./km2
Géographie
Coordonnées 43° 59′ 18″ N 6° 52′ 33″ E / 43.9883, 6.875843° 59′ 18″ Nord 6° 52′ 33″ Est / 43.9883, 6.8758  
Altitude Min. 495 m – Max. 1 743 m
Superficie 30,06 km2
Localisation

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La Croix-sur-Roudoule

La Croix-sur-Roudoule (en occitan La Crotz de Rodola) est une commune française située dans le département des Alpes-Maritimes en région Provence-Alpes-Côte d'Azur. Ses habitants sont appelés les Crousencs. En langue niçoise (Georges Castellana), c'est La Crous et ses habitants lu Crouzenc.

Géographie[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

Après la conquête romaine (achevée en 14 av. J.-C.), Auguste organise les Alpes en provinces. Le territoire de l’actuelle commune de La Croix-sur-Roudoule dépend de la province des Alpes-Maritimes et est rattaché à la civitas de Glanate (Glandèves). À la fin de l’Antiquité, le diocèse de Glandèves reprend les limites de cette civitas[1].

Le village est bâti sur un rocher abrupt surplombant les gorges de la Roudoule. Un descendant de Clovis, Childebert II, réunit à sa couronne la région actuelle des Alpes-Maritimes. Mais, les Lombards, venus d'Italie, sous la conduite d'Aboin détruisirent complètement Cimiez (574), dévastèrent Nice, Vence et Glandèves. Pour échapper aux barbares, les habitants furent obligés de se replier dans les montagnes. C'est alors que les habitants de Glandèves fondèrent Daluis, Saint-Léger, Auvare et La Croix.

Plus tard ce fut une Viguerie des Templiers. Cet ordre construisit au sommet du village un château fort dont la tour maîtresse était surmontée d'une immense croix que l'on pouvait voir des lieues à la ronde, ceci vers 1137. Il ne reste plus de cet ouvrage que de rares vestiges et on pense que le nom du village vient de cette grande croix « Castrum de Cruce ».

Par la suite, à mesure que la sécurité dans le travail et dans les habitations s'affirmait, que la vie hors de l'enceinte devenait plus sûre, certains habitants se fixèrent sur les lieux de leur travail. C'est ainsi que furent créés les hameaux de Léouvé, Amarine et Villars. C'est à la Croix que passait la route muletière dite « voie romaine » qui, par le col de Roua conduisait à Guillaumes pour continuer jusqu'à Barcelonnette par le col de la Cayolle. Ce qui faisait de ce village un lieu de halte où les voyageurs pouvaient se reposer et se restaurer dans les auberges.

Lorsque les routes carrossables ouvrirent les vallées, tout ce mode de déplacement disparut. La voie romaine dont on peut encore voir les pavages dans la montée du col de Roua n'est plus utilisée aujourd'hui que par les touristes et les gens du pays.

En 1388, à la suite de troubles survenus après le décès de la reine Jeanne, le pays de Nice, y compris Puget-Théniers, se plaça sous la protection du Comte rouge, Amédée VII de Savoie. Les communes de La Croix, Saint-Léger, Auvare, Puget-Rostang, La Penne, Saint-Antonin et Cuébris restèrent attachées à la Provence et firent partie du bailliage de Guillaumes. En 1760, ces communes suivirent la destinée de la Provence, tandis que le comté de Nice suivait celle du duc de Savoie, devenu Roi de Sardaigne. Sous Louis XV, après la guerre de succession d'Autriche et le traité d'Aix-la-Chapelle (1748) , une rectification de frontière fut signée à Turin, le 24 mars 1760, qui donnait à la maison de Savoie, les communes en échange de Gattières, Bonson, Les Ferres, Conségudes, Aiglun et une partie du village de Roquestéron qui porte aujourd'hui le nom de Roquestéron-Grasse.

Le comté de Nice fut réuni à la France en 1793, rendu au roi de Sardaigne en 1815 par le traité de Paris, et enfin réuni définitivement à la France en 1860. La Croix n'a donc fait partie des états sardes que durant moins de trois quarts de siècle.

Au XIXe siècle, de 1860 à 1880, la Croix connut une très grande prospérité grâce à l'exploitation d'un filon de minerai de cuivre connu depuis l'Antiquité. À l'époque, on évaluait la population à cinq cents habitants et les registres de l'état-civil du moment témoignent de 25 à 30 naissances annuelles. La mine ferma ses portes, faute de minerai, cette population est tombée en 1914 à 300 habitants et la commune ne compte plus aujourd'hui que 86 habitants.

Une succession de trois ponts enjambe les gorges profondes de la Roudoule. Elle témoigne de l'avancée technique. Jusqu'à la fin du XIXe siècle, pour se rendre à Daluis ou Saint-Léger, les hommes ne pouvant franchir les gorges de Daluis et du Cians, empruntent le pont médiéval (calcaire - vers le XIVe siècle) pour traverser la vallée de la Roudoule. Ce dernier, en arc plein cintre, restauré, comporte un tablier en V inversé.

En 1889, le pont suspendu à 65 m du sol, est une synthèse d'innovations techniques et prend le relais du pont muletier datant de 1842. Des poutres métalliques assurent la rigidité du tablier. Les dispositifs de fixation, câbles de suspension et suspentes, sont amovibles ; les fils des câbles sont tressés entre eux afin d'assurer la régularité de la tension des brins…

Autant de prouesses techniques qui feront la célébrité de son inventeur, Ferdinand Arnodin.

Ce pont a été restauré par la même entreprise tout récemment.

Au XIIIe siècle ce fut un fief des Templiers puis des Hospitaliers de St-Jean de Jérusalem partagé avec une succession de co-seigneurs.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason de Croix-sur-Roudoule (La) Blason D’azur à la croix d’or cantonnée de quatre croisettes du même.
Détails Le statut officiel du blason reste à déterminer.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Mars 2001 en cours Marie Martin    
Les données manquantes sont à compléter.

Depuis le 1er janvier 2014, La Croix-sur-Roudoule fait partie de la communauté de communes des Alpes d'Azur. Elle était auparavant membre de la communauté de communes des vallées d'Azur, jusqu'à la disparition de celle-ci lors de la mise en place du nouveau schéma départemental de coopération intercommunale.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 91 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1822 1831 1838 1841 1848 1851
400 372 410 411 580 473 596 506 620
1858 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
388 396 375 510 518 792 418 420 343
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
305 297 333 253 219 208 195 169 121
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2008 2011
105 91 102 69 81 97 86 83 91
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[2] puis Insee à partir de 2004[3].)
Histogramme de l'évolution démographique


Économie[modifier | modifier le code]

La cheminée de haut-fourneau de la mine de cuivre de Cerisier à Léouvé.

Culture[modifier | modifier le code]

Les traditions[modifier | modifier le code]

  • La Saint-Arnoux

Chaque année vers la fin du mois d'août le village célèbre la Saint-Arnoux. Après la messe une procession est organisée jusqu'à la petite chapelle située au pied d'un rocher à quelques centaines de mètres du village. Le cortège emprunte un petit chemin caillouteux bordé de lavandes et de thym. Lors de cette célébration il est de coutume que le prêtre bénisse les campagnes. Cette fête est l'occasion pour familles et amis de se retrouver, de transmettre et de partager.

  • La Pentecôte

La tradition de la Pentecôte au village de la Croix a traversé le temps et persiste de nos jours.

Jadis les deux plus jeunes couples de l'année collectaient auprès de la population le blé qui servait à pétrir les fougasses et le pain.

Les fougasses après avoir été bénies étaient pendant la messe distribuées en portions aux fidèles à la communion.

Parallèlement « les Novis » de l'année fournissaient les éléments nécessaires à la confection d'une soupe, faite de haricots, de riz et d'huile d'olive.

Cette soupe cuite dans un chaudron de cuivre donnait lieu à tout un cérémonial qui conduisait la population en procession au « Saint-Esprit » où avait lieu la bénédiction des pains et de la soupe avant d'être distribués à l'assistance.

Après les vêpres dans l'après-midi les mariés cherchaient les successeurs pour l'année suivante.

De nos jours, le village de La Croix-sur-Roudoule perpétue cette tradition.

Pendant les festivités nous profitons de la présence de la population pour allumer le four communal. Toutes les cuisinières profitent de l'occasion pour préparer viandes, farcis, pissaladière, pizzas, tartes à la confiture, tartes au miel et aux noix, tourtes de blettes…

Les festivités du village sont animées par un groupe de musique traditionnelles du village "lou brandi de la roudoule" composé de fifres et tambours. Ce groupe commence à avoir une notoriété qui va au-delà du département.

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Par sa situation, son pittoresque, son climat sec et ensoleillé, La Croix est un lieu bien agréable à découvrir :

Ses sites sauvages aux couleurs variées allant des marnes noires du Rivet aux roches rouges de Léouvé.

Ses ponts qui enjambent les gorges profondes de la Roudoule :

  • reste d'une culée d'un pont en bois disparu,
  • le pont en pierre, édifié au XVe siècle ou XVIe siècle[4],
  • le pont en pierre, construit en 1852,
  • le pont suspendu de Saint-Léger, réalisé en 1899 par l'entreprise de Ferdinand Arnodin, d'une portée de 34,60 m[5].
  • Vestiges d'une enceinte du petit château féodal.
  • Porte d'enceinte fortifiée du début du XVe siècle, à l'entrée du village.
  • Bel ensemble de hautes maisons resserrées, avec étages supérieurs à auvent (séchoirs).
  • Château rustique du XVIIe siècle (le château des Corporandy d'Auvare) remanié au XIXe siècle.
  • Église Saint-Michel romano-gothique (fragments de retable de Bréa). À l'entrée du village chapelle Notre-Dame du Rosaire d'aspect médiéval, avec clocheton récent. Chapelle Saint-Arnoux, Saint-Sébastien, Saint-Estève au Villars, et Saint-Pierre aux Amarines.
  • Croix au sommet du village sur une stèle de grès datée de 1867. La face sud-ouest porte dans sa structure une tête couronnée, probablement le Christ-Roi. Mais ce qui fait l'originalité de ce petit monument est le petit "masque effrayant" sculpté sur la face nord-est.
  • Le musée du cuivre au hameau de Léouvé[6],[7]

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  • Yves Bernard, L'annuaire Touristique et Culturel des Alpes-Maritimes et de Monaco, p. 460, Éditions Campanile, 1997 (ISBN 2912366-003)
  • Philippe de Beauchamp, Le haut pays méconnu. Villages & hameaux isolés des Alpes-Maritimes, p. 108-109, 111, Éditions Serre, Nice, 1989 (ISBN 2-86410-131-9) ; p. 159

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Brigitte Beaujard, « Les cités de la Gaule méridionale du IIIe au VIIe s. », Gallia, 63, 2006, CNRS éditions, p. 22
  2. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  3. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2008, 2011
  4. Archéam : Vincent Chavane, Mille ans de ponts sur la Roudoule
  5. Archéam : André Tiret, Le pont suspendu de Saint-Léger sur la Roudoule
  6. Écomusée du pays de la Roudoule : Le musée du cuivre
  7. Écomusée du pays de la Roudoule : Patrimoine industriel
  8. Sous la direction d’Édouard Baratier, Georges Duby, et Ernest Hildesheimer, Atlas historique. Provence, Comtat Venaissin, principauté d’Orange, comté de Nice, principauté de Monaco, Paris, Librairie Armand Colin, 1969 (notice BnF no FRBNF35450017h), p. 146