Beuil

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Beuil
Beuil
Beuil
Administration
Pays Drapeau de France France
Région Provence-Alpes-Côte d'Azur
Département Alpes-Maritimes
Arrondissement Nice
Canton Guillaumes
Intercommunalité Communauté de communes de Cians Var
Maire
Mandat
Raymond Ricci
2008-2014
Code postal 06470
Code commune 06016
Démographie
Gentilé Beuillois et les Beuilloises.
Population
municipale
493 hab. (2008)
Densité 6,5 hab./km2
Géographie
Coordonnées 44° 05′ 45″ N 6° 59′ 18″ E / 44.0958333333, 6.9883333333344° 05′ 45″ Nord
       6° 59′ 18″ Est
/ 44.0958333333, 6.98833333333
  
Altitude Min. 1 040 m — Max. 2 815 m
Superficie 75,65 km2
Localisation

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Liens
Site web http://www.beuil.fr

Beuil est une commune française, située dans le département des Alpes-Maritimes et la région Provence-Alpes-Côte d'Azur. Ses habitants sont les Beuillois et les Beuilloises.

Sommaire

Géographie [modifier]

Situé en haut des Gorges du Cians, à 1 450 m d’altitude et à 72 km de Nice, Beuil forme avec Les Launes (commune de Beuil) et Valberg (commune de Péone), l’une des trois plus grandes stations de sports d’hiver de la Côte d’Azur, les deux autres étant Isola 2000 (commune d'Isola) et Auron (commune de Saint-Étienne-de-Tinée).

Communes limitrophes de Beuil
Saint-Étienne-de-Tinée Isola
Péone, Guillaumes Beuil Roubion
Puget-Rostang Rigaud Pierlas
Carte de la commune de Beuil.


Situé en zone périphérique du Parc national du Mercantour, le site jouit d’une faune et d’une flore riches et diversifiées : conifères, fleurs, marmottes, chamois, loups sauvages…

Toponymie [modifier]

Boglio est la forme italienne officielle avant 1860.

En langue alpine ou gavote beuilloise (synonyme vivaroalpin), on dit Buelh (prononcer Buèlie) et los bulhencs (prononcer lous buliencs) pour les habitants[1].

À Nice, en langue niçoise (Georges Castellana), on dit Buèi et lu Buienc pour les habitants. En Provence, en langue provençale (Frédéric Mistral) on dit Bueih, et li buihen.

Histoire [modifier]

En haut des Gorges du Cians, avec des allures de place forte, Beuil excite très rapidement la convoitise des Romains. Les bergers ligures qui l’habitent sont emportés sous le nombre. Castrum Boliacum sert dès lors de relais aux armées romaines entre l’Italie et la cité romaine de Cimiez (au-dessus de Nice).

Moyen Âge [modifier]

Les rivalités entre grands du Moyen Âge sont féroces. Lorsque la population souffre, elle ne manque pas de répondant et sait se faire entendre. Ainsi, en 1258, Beuil se révolte contre son puissant seigneur Guillaume Rostaing. La main de sa fille unique ira à Andaron Grimaldi, un patricien génois de la maison des Grimaldi. La famille, alliée du pape et des Angevins, est influente auprès du comte de Savoie et du roi de France.

L’ère des Grimaldi [modifier]

Pendant deux siècles, les Grimaldi savent naviguer entre ces protecteurs, puissants mais parfois encombrants. Les Grimaldi de Bueil régneront sur l'un des plus grands fiefs de Provence et seront successivement seigneurs, barons et comtes. Jean Grimaldi de Bueil|Jean de Bueil deviendra sénéchal de Provence et sera à l'origine de la dédition du pays niçois. Grand-Vassal du comte de Savoie, les Grimaldi de Bueil seront fréquemment gouverneurs du comté de Nice. Fière de son indépendance, cette famille sera alternativement rebelle et fidèle à la maison de Savoie. Annibal Grimaldi de Bueil, dont le talent militaire sauva la couronne de Savoie, complotera contre le duc sans avoir assez mesuré l’appui qu'il pouvait tirer des Français et des Espagnols. Il sera exécuté, ses possessions confisquées, et le château de Beuil rasé en 1633.

Les années napoléoniennes annexent la région à la France. À Turin, le comte Mattei renonce à ses droits sur Beuil et vend ses biens aux villageois qui les rachètent pour la somme de 6 125 louis.

L’époque change. Les pérégrinations du chevalier de Cessole dans les Alpes-Maritimes, à la fin du XIXe siècle font découvrir la montagne à une population venue en villégiature au bord de la mer. Et Beuil voit naître très rapidement sa vocation de station de sports d'hiver.


Comté du Beuil [modifier]

Le comté du Beuil appartenait aux Grimaldi. En 1616, durant la guerre de succession de Montferrat, Annibal Grimaldi, comte de Beuil, gouverneur de Nice intriguait avec don Pedro de Tolède. Le duc de Savoie, Charles-Emmanuel le fait arrêter et fait détruire les châteaux du Beuil et de la Tourette qui devaient servir d'asile aux conjurés. Le sénat de Nice prononça contre Grimaldi un arrêt de mort malgré les sollicitations de la cour de Paris en faveur du coupable et ses biens furent partagés par Charles Emmanuel entre plusieurs de ses serviteurs fidèles.
Le comté de Beuil comprenait 22 fiefs qui furent distribués aux frères Cavaglia, Beuil, Péona et Sauze; au chevalier Badat, Illonsa, Rora, Pierlas, Malaussena et Robbio; au secrétaire d'état Claretti, Thieri, Latour et Linuccio; au sénateur Caisotti, Rigaud Massoins et Tournefort; au comte Solar de Morette, Villars, Marie; au comte Galleani Seros Todon, la Tourette et Revers.

La période 1940 - 1944 [modifier]

De par sa situation, Beuil ne verra ni l’occupation italienne, ni l’occupation allemande pendant la période 1940 – 1944.

C’est la raison pour laquelle, un grand nombre de familles juives trouveront refuge à Beuil où elles seront accueillies avec hospitalité. Une plaque apposée sur la place Joseph Garnier (devant l’église) le rappelle.

À partir de 1944, une zone de maquis sous obédience de l’ORA[2] s’installe dans la région de Beuil.

Le 9 juillet 1944, les FFI prennent le pouvoir à Beuil, Valberg, St Brès, Guillaumes et Péone. Un Comité de Libération est créé. Un dispositif de défense se met en place.

Le 7 juillet, le pont de Pra d’Astier dans les gorges du Cians est détruit par les maquisards à la barbe des Allemands.

Le 14 juillet, les maquisards organisent sur la place Joseph Garnier une mémorable commémoration de la fête nationale. C’est la « République de Beuil » !

Le 18 juillet, les Allemands attaquent à partir de Touët-sur-Var, mais ils renoncent rapidement à s’engager dans les gorges du Cians. Ils progressent dans les gorges de Daluis et s’emparent de Guillaumes le 22 juillet. Mais ils ne poursuivent pas vers Beuil et quittent définitivement Guillaumes le 24 juillet.

L’évacuation de Beuil jugé trop menacé avait été ordonnée le 22, mais, suite au retrait des Allemands, les habitants regagnent très rapidement leur village.

Les parachutages, notamment celui du 12 août au plateau St Jean aux Launes, permettent aux FFI de compléter leur armement et à partir du débarquement allié du 15 août, de contribuer à l’élimination des garnisons allemandes résiduelles de la région, en liaison avec les alliés.

Héraldique [modifier]

Blason de Beuil Blason D’or à l’étoile de seize rais de gueules.
Détails Le statut officiel du blason reste à déterminer.

Administration [modifier]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1860 1863 André Donadeï    
1863 1871 Louis Baylon    
1871 1876 Honoré Carlon    
1876 1881 Jean-Dominique Robion    
1881 1884 Honoré Carlon    
1884 1884 (démissionnaire) André Garnier    
1884 1888 Honoré Carlon    
1888 1896 André Garnier    
1896 1900 Michel Donadey    
1900 1904 André Baylon    
1904 1908 Eugène Guerin    
1908 1912 Jean-Baptiste Robion    
1912 1926 Jean-Joseph Donadey    
1929 1945 Mars Donadey    
1945 1947 Firmin Robion    
1947 1952 Gaston Raybaud    
1952 1953 Angelin Baylon    
1953 1959 Serge Delipowski    
1959 2001 Louis-François Perissol    
2001 2003 Jean-Charles Pourchier    
2003 réélu en 2008[3] Raymond Ricci Divers droite  

Démographie [modifier]

Évolution démographique (Source : Insee[4])
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006
326 320 313 330 334 489
Nombre retenu à partir de 1962 : Population sans doubles comptes

Économie [modifier]

Les habitants de Beuil vivent aujourd’hui du tourisme en hiver avec un domaine de plus de 90 km de pistes balisées. Il comprend 52 pistes ; 11 pistes vertes, 13 pistes bleues, 22 pistes rouges, 6 pistes noires, des secteurs pour les sportifs comme aux Eguilles et à Barzes. 23 Remontées mécaniques entre Beuil est Valberg (6,8 km distance par la route D 28). Au départ des Launes + de 25 km de piste ski de fond et raquettes (Cumba Clava, St-Jean, La Sagne) autant qu’en été avec des activités multiples foot, tennis randonnée, VTT etc.

Dans le passé, ils étaient pour la plupart dans l’agriculture et l’élevage. Aujourd’hui encore, des milliers de moutons transhument et y pâturent tout l’été.

Lieux et monuments [modifier]

La commune compte un monument historique : la chapelle des Pénitents Blancs. Construite entre 1710 et 1720, elle est inscrite depuis décembre 1984 [5].

Personnalités liées à la commune [modifier]

  • Le lieutenant-colonel Marcel Pourchier nait en 1897 dans le village de Beuil. Promoteur des sports d'hiver dans les Alpes du sud, il a développé de nouvelles techniques, des méthodes d'entraînement et des équipements pour la montagne. Il a été, de 1932 à 1939, le premier commandant de l'école militaire de haute montagne (EMHM à Chamonix). Résistant, il sera le premier chef militaire du Vercors au printemps 1943. Membre de l'ORA et du réseau Alliance dans les Alpes Maritimes, il est arrêté par les Allemands en janvier 1944 à Nice. Déporté, il sera fusillé le 1er septembre 1944 au camp de concentration du Struthof.
  • Le capitaine Ferdinand Ferber, pionnier de l'aviation, procède à des essais de planeur pour suivre l’exemple d’Otto Lilienthal. Il utilise comme point de départ le sommet d’une colline et le 24 juin 1902, il réalise son premier vol de vingt mètres.
  • Joseph Garnier, né le 3 octobre 1813 à Beuil (Alpes-Maritimes) et mort le 25 septembre 1881 à Paris, est un économiste et homme politique français.

Après des études à l'École supérieure de commerce de Paris où enseigne Adolphe Blanqui, également originaire du pays niçois, Joseph Garnier mène une double carrière de journaliste et d'économiste. Il est professeur puis directeur des études à l'École Supérieure de commerce de Paris, professeur d'économie politique à l'École nationale des ponts et chaussées et membre fondateur de la Société d'économie politique.

Il est également rédacteur au National, à la Revue de la Science économique et au Journal des économistes.

Il est enfin membre de l'Académie des sciences morales et politiques, sénateur des Alpes-Maritimes (janvier 1876 - septembre 1881), tendance centre-gauche, et auteur de nombreux ouvrages d'économie politique.

Voir aussi [modifier]

Articles connexes [modifier]

Liens externes [modifier]

Sources [modifier]

  • Été 1944,le Haut pays niçois s’embrase, prélude au débarquement de Provence - La République de Beuil - Lieutenant-colonel Jean-Pierre Martin - Cahier des Troupes de Montagne n°17 été 1999 - pages 43 à 46
  • La Résistance azuréenne publiée sous la direction de Jean-Louis Panicacci - Editions Serre 1994

Notes [modifier]

  1. Voir la thèse de Christian Baylon, la thèse de Jean-Philippe Dalbera, les travaux de Blinkenberg et le site sur la langue de Beuil [1].
  2. Organisation de Résistance de l'Armée - affilée aux FFI.
  3. Site de la préfecture des Alpes-Maritimes, consulté le 20 juin 2008
  4. Beuil sur le site de l'Insee
  5. Notice no PA00080666, base Mérimée, ministère français de la Culture