Entraunes
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| Entraunes | |
|---|---|
| Administration | |
| Pays | France |
| Région | Provence-Alpes-Côte d'Azur |
| Département | Alpes-Maritimes |
| Arrondissement | Arrondissement de Nice |
| Canton | Canton de Guillaumes |
| Code Insee abr. | 06056 |
| Code postal | 06470 |
| Maire Mandat en cours |
Pierre Tardieu 2008-2014 |
| Intercommunalité | Communauté de communes de Cians Var |
| Démographie | |
| Population | 128 hab. (2006) |
| Densité | 2 hab./km² |
| Géographie | |
| Coordonnées géographiques |
|
| Altitudes | mini. 1100 m — maxi. 2916 m |
| Superficie | 81,45 km² |
Entraunes, « porte » du Parc national du Mercantour, est une commune française, située dans le département des Alpes-Maritimes et la région Provence-Alpes-Côte d'Azur. Ses habitants sont les Entraunois et les Entraunoises.
[modifier] Géographie
[modifier] Situation, relief et géologie
Entraunes est, par la route, à 110 km au Nord-Ouest de Nice où le Var se jette dans la Méditerranée. Entraunes, commune en amont de la vallée du Var, est située dans le coin nord-ouest du département des Alpes-Maritimes en limite de celui des Alpes-de-Haute-Provence. Depuis 1979, elle fait partie du Parc national du Mercantour dont elle est une des « portes », plus de la moitié de son territoire étant inclus dans sa zone centrale et le reste dans sa zone périphérique.
Le Var-Fleuve y prend officiellement sa source, située à 1 790 m d'altitude sur le verrou glaciaire d' Estenc. Mais, de fait, ses sources sont situées jusqu'à six kilomètres en amont, dans les grands vallonnements du cirque glaciaire de Sanguinière. Vers le Sud-Est et la commune de Saint-Dalmas-le-Selvage, le vallon du col de la Roche-Trouée (2 600 m) dominé par la pointe de la côte de l'Âne culminant à 2 916 m. Et, vers le Nord-Ouest, le vallon du col de la Boucharde (2 543 m) voisin du col de la Cayolle. Un cirque glaciaire en partie reboisé en mélèzes dans le cadre de la restauration des terrains en montagne, l'Etat s'étant approprié 47 % du territoire de la commune avant 1914[1].
Commune dont la limite occidentale a servi de frontière de 1388 à 1860. Il s'agit de la ligne de crêtes qui marqua la frontière entre les Etats de la Maison de Savoie à l'est et la France à l'ouest. Et ligne de crêtes qui, notamment du sommet des Garrets au nord aux grandes tours du Lac au sud, domine le plus grand lac de montagne d'Europe d'origine glaciaire situé dans la commune voisine d'Allos (dépt. 04). Lac d'Allos situé à 2 229 m d'altitude au pied du mont Pelat s'élevant lui à 3 052 m.
Ses paysages ont été modelés par l'érosion glaciaire. Issu du soulèvement et du plissement alpins, ce massif du Pelat a été puissamment entamé par l'érosion[2], responsable d'une inversion du relief achevée. En témoigne le synclinal perché de Roche-Grande (2 753 m) dominant de près de 1 500 m le village d’Entraunes aux maisons alignées[3] sur l'étroit éperon rocheux formé par la confluence du Var-Fleuve et du Bourdoux. A 1 250 m d'altitude, le village d'Entraunes est situé en lieu et place de l'anticlinal originel creusé par les glaciers sur une hauteur de près de 2 000 m jusqu'aux schistes noirs du jurassique (J3-5) après avoir eu raison de la dure couche de calcaire tithonique (J7-8) formant une barre rocheuse aux taches ocres. Les millions de mètres cubes de roches ainsi libérés ont été transportés jusqu'à la mer et y ont formé notamment les collines de Nice correspondant à l'ancien delta du Var.
[modifier] Climat
Son climat est méditerranéen de haute montagne. La hauteur cumulée de neige, fort variable, s'établit en moyenne à Entraunes à 1,80 m pour 20 jours de neige par an soit 15 % d'un total pluviométrique s'élevant à 1 384 mm, avec un fort excédent des pluies en automne et un déficit prononcé en été. Jusqu'à 1 600 m d'altitude, on trouve le chêne blanc et le pin sylvestre avec, au-dessus, des hêtres, sapins, épicéas et mélèzes puis, ensuite, la prairie alpine avant les roches nues des sommets (la plupart en grès rose) et des éboulis. Et en tenant compte des fortes différences entre adrets et ubacs.
[modifier] Voies de communication et transports
La route des Grandes Alpes remonte sa vallée et passe donc par le col de la Cayolle à 2 326 m d'altitude. Col permettant de descendre au nord vers Bayasse (commune d'Uvernet-Fours) dans la vallée du Bachelard débouchant dans celle de l'Ubaye avec sa ville de Barcelonnette. Mais, à cause de l'enneigement, le col n'est ouvert que six mois par an à la circulation automobile.
Le sentier de grande randonnée GR 52A appelé « Panoramique du Mercantour » permet de relier Entraunes, d'une part à Colmars (04) par le col des Champs (2 045 m) à l'Ouest et, d'autre part, à Châteauneuf d'Entraunes par le col des Trente Souches (2 017 m) à l'Est. Le GR 52A emprunte d'anciens sentiers muletiers qui permettaient aux Entraunois d'être reliés, vers l'Ouest, à la vallée du Verdon et donc à la Provence et, vers l'Est, aux vallées de la Tinée, de la Vésubie et du Cians.
[modifier] Urbanisme, habitat et voies de communication
[modifier] Géographie et historique de l'habitat
L'habitat est localisé dans les deux bassins en vallée, celui du chef-lieu s'étageant de 1 150 à plus de 1 600 m d'altitude à l'Est jusqu'aux replats des Clots et, au Nord, le bassin d'Estenc s'étageant lui de 1 600 à 1 900 m d'altitude. Entre les deux, le vallonnement suspendu d'Aiglière avec sa grande cascade a été habité jusqu'à la fin des années 1870. Deux types d'habitat ont caractérisé la commune : l'habitat aggloméré au chef-lieu et l'habitat plus ou moins dispersé partout ailleurs. Au chef-lieu, il s'agit d'un village ancien édifié en position défensive sur l'éperon rocheux nord-sud modelé par la confluence du Var et de son affluent de rive gauche le Bourdoux. Village essentiellement structuré par les deux axes nord-sud de la Rue-Centrale et de la Grande-Rue. Grande-Rue qui, sur la partie est de l'éperon, part de la place surélevée de l'église (ex place du Tribunal), passe par la place César Payan (ex place de l'ancienne mairie) puis descend au sud jusqu'au Pied-de-Ville. Les autres rues étant plus ou moins parallèles à celle-ci, les maisons sont donc accolées et bien alignées du nord au sud. Au recensement de 1822[4], tous les terroirs sont encore habités. Le village comprend alors une quarantaine de maisons tandis que les fermes éparses ou des hameaux sont au nombre de 66. Les deux tiers étant localisées dans le bassin du chef-lieu : 4 à Loubérié, 2 à Champfaisan, 6 pour le secteur Serre-Clots-Barbevieille, 3 dans le Bourdous et 15 au Villard-Frache. On compte trois fermes dans le vallonnement d'Aiglière et 21 dans le bassin d'Estenc. Les inondations de 1843 expliquent la disparition de quelques unes des maisons du village. Au cours de l'incendie de 1875, une grande partie des toits en bardeaux de mélèze et des planchers en bois des maisons du village furent la proie des flammes. Incendie qui permettra notamment la création, sur la Grande-Rue en face de la chapelle de Notre-Dame du St-Rosaire, d'une placette avec une fontaine et un lavoir couverts.
[modifier] Architecture ancienne
Les maisons anciennes du village comme celles des écarts sont généralement trappues à base rectangulaire avec des façades aux enduits de couleur blanche, crème ou jaune pâle. Maisons aux couvertures en bardeaux de mélèze progressivement remplacés par des tôles plates puis ondulées après l'incendie de 1875. Vieilles couvertures en tôles souvent rouillées mais peu à peu remplacées par des « bacs acier » ou, à nouveau, par des bardeaux de mélèze comme pour l'église paroissiale. Quelques maisons auront des toits de tuiles notamment les quelques villas que firent construire à la Belle Epoque de riches Niçois et dont la mieux conservée est la Villa Noé de 1910 avec ses fresques.
Au rez de jardin se trouvaient les salles voûtées occupées par le four à pain (dans les écarts), les caves, les remises et les bergeries. Bergeries transformées en étables lorsque les vaches laitières remplaçèrent les brebis à partir de la création de la coopérative laitière de Guillaumes en 1903. Au 1er étage étaient situées généralement la salle de séjour (cuisine plus ou moins grande avec son poêle à bois et ses annexes), éventuellement une ou deux chambres et la partie basse de la grange à foin. Au 2ème étage, les autres chambres et la partie moyenne de la grange. Et au-dessus, sous le toit, le grenier occupé pour partie ou en totalité par la partie supérieure de la grange. Grenier à pignon généralement ouvert vers le sud (séchoir) et, alors, avec un toit à une demi-croupe le protégeant du vent et des intempéries. Caractéristiques architecturales d'antan recommandées depuis les années 1980 et mises en oeuvre notamment pour les maisons du lotissement de Pièce-Longe.
Nous disposons de quatre relevés[5] d'une ferme ancienne typique de l'architecture entraunoise, mais à pignon fermé et située dans le bassin d'Estenc. Relevés réalisés en 1977 par MM. Raoul Biocchini, Jean-Pierre Dalbéra et Sylvain Plagnard. Puis les photos d'une charpente typique des grandes maisons anciennes, d'une toiture en bardeaux de mélèze, du nouvel hôtel-restaurant d'Etienne Liautaud au début des années 1900 au village et, à Estenc, de l'hôtel « Relais de la Cayolle » construit après la 2ème guerre mondiale par Hector Antoniazzi.
[modifier] Architecture intérieure et ameublement anciens
L'architecture intérieure des maisons anciennes est illustrée par celle de cette petite maison de village à toit de tôles ondulées et à façade rénovée après l'incendie de 1875. Maison à quatre niveaux avec, en rez-de-jardin devenu rez-de-chaussée une grande cave voûtée servant de bergerie et de poulailler.
Les documents ci-apès correspondent à d'autres maisons anciennes du village.
[modifier] Architecture et habitat rénovés ou nouveaux
Depuis les années 1980, les municipalités comme de nombreux particuliers ont procédé à des rénovations importantes tant des voies et places que de l'habitat. Rénovations et constructions nouvelles qui ont transformé quelque peu l'esthétique architecturale du village comme celle des campagnes autour du village et dans le bassin d'Estenc.
[modifier] Logement
Le nombre total de logements dans la commune est de 211[6]. Parmi ces logements, 25,1 % sont des résidences principales, 72,5 % sont des résidences secondaires et 2,4 % sont des logements vacants. Ces logements sont pour une part de 81,1 % des maisons individuelles, 11,3 % sont des appartements et enfin seulement 7,5 % sont des logements d'un autre type. Le nombre d'habitants propriétaires de leur logement est de 60,4 %[6]. Ce qui est supérieur à la moyenne nationale qui se monte, elle, à près de 55,3 %. Le nombre de locataires est de 26,4 % sur l'ensemble des logements ce qui est inférieur à la moyenne nationale qui est de 39,8 %[6]. On peut noter également que 13,2 % des habitants de la commune sont des personnes logées gratuitement alors qu'au niveau de l'ensemble de la France le pourcentage n'est que de 4,9 %. Toujours sur l'ensemble des logements de la commune, 1,9 % sont des studios, 11,3 % sont des logements de deux pièces, 30,2 % en ont trois, 30,2 % des logements disposent de quatre pièces, et 26,4 % des logements ont cinq pièces ou plus[6].
[modifier] Projets d'aménagements
Les projets des années 1960-1970 n'eurent qu'une existence virtuelle.
D'abord le projet de création d'une importante station d'altitude initié par les municipalités Marcel Payan (1965-1977). La commune en concéda la maîtrise d'ouvrage à la SETEC qui fixa son implantation, à moins de 1 km de la route du col, dans le site de Sanguinière. Plus précisément sur les amas de blocs erratiques de grès rose formant à 2070 m d'altitude la partie surélevée de la moraine à l'Ouest du sentier et de la cuvette des cabanes de Sanguinière ainsi préservés. Site constituant la « porte » méridionale du plus gand domaine skiable des Alpes du Sud tel qu'il a été cartographié officiellemnt[7] en 1976.
Projet de station qui nécessitait un échange de terrains entre la commune et l'Etat. Echange non réalisé car l'Etat décida finalement d'étendre à tout le massif du Mont-Pelat son projet de Parc national initialement limité à la seule zone du Mercantour. Pourquoi ? Pour pouvoir couper en deux cette zone initiale et permettre ainsi la création de la station intégrée d'Isola 2000 avec sa route d'accès. Cependant, la municipalité, par sa délibération du 3 octobre 1976, demanda notamment, « pour préserver son avenir sur le plan sports d'hiver, la création d'un doigt de gant pour aménager (des) pistes skiables avec remontées mécaniques et téléporteur au val des Garrets, au val des Fournées et dans une partie de Sanguinière ».
Délibération et projet de Parc national pris alors en compte dans trois études. D'abord dans l' « Analyse prospective d'aménagement[8] » d'André Payan. Ensuite dans la « Proposition architecturale d'équipement[9] » de Raoul Biocchini, Jean-Pierre Dalbéra et Sylvain Plagnard. Proposition par eux d'un « stade de neige » à Estenc, de « fermes-accueil » éducatives et d'un aménagement en hameaux respectueux de l'environnement comme de l'architecture entraunoise. Et enfin dans le « Rapport » officiel de Laurent Chappis[10] (architecte-urbaniste de la montagne) qui, sur la rive droite du Var, prévoyait des remontées mécaniques dans le vallon des Fournées et dans la zone des Garrets.
Les projets, réalisés ou non, suite à la création du Parc national du Mercantour en 1979.
C'est une des municipalités Denis Sorba (1977-1995) qui eut la responsabilité de l'élaboration du 1er Plan d'occupation des sols (POS) approuvé le 26 juin 1992. Premier POS limitant les zones constructibles à Estenc aux parcelles du secteur déjà construit et, à proximité immédiate du chef-lieu, à un projet d'une vingtaine de parcelles. Avec ce POS, modifié plusieurs fois puis remplacé en 2004 par la « Carte communale », la commune eut, à partir de 1992, la maîtrise relative de son aménagement soumis au bon vouloir des propriétaires des parcelles constructibles.
[modifier] Toponymie
Au Moyen-Âge, son nom est d'abord transcrit avec un « a » comme première lettre. Ce n'est qu'à partir de l'édit de 1702 que le « e » remplace le « a » et qu'on l'écrit « Entraunes ». Pour certains érudits (Dr. Paschetta, Albert Dauzat)[11], ce nom d'Entraunes proviendrait de la contraction de la locution latine « inter amnes » (entre deux cours d'eau) qu'on retrouve dans beaucoup de noms de lieux-dits en France. Et, ici, il correspondrait à la position défensive de l'éperon rocheux modelé par la confluence du Var-Fleuve et de son affluent le Bourdoux. Position défensive toujours occupée par le village.
[modifier] Histoire
La vallée du Haut-Var[12] a été fréquentée dès la préhistoire mais son occupation permanente et généralisée n'a été effective qu'à partir de la période romaine.
[modifier] Au Moyen Âge jusqu'en 1388
C'est au Moyen Âge, vers le IXe siècle, que les différentes communautés villageoises établies — notamment celles du Val-d'Entraunes — sont en place et leurs limites territoriales à peu près fixées. Ces limites territoriales sont précisées dans un acte de 1271 et qui, à quelques retouches près, sont restées les mêmes jusqu'à nos jours. En 1271, les paroisses de la vallée du Haut-Var font alors partie du comté de Provence et ont pour suzerain le comte de Provence, roi de Naples et de Sicile Charles Ier d'Anjou (frère du roi Louis IX de France canonisé sous le nom de saint Louis).
[modifier] Sous l'autorité de la Maison de Savoie de 1388 à 1792
En 1388, les communes de la vallée du Haut-Var passent sous la domination de la Maison de Savoie, excepté la commune de Guillaumes qui reste dans le comté de Provence jusqu'en 1481. Le 14 novembre 1388, au château de Péone, les représentants des communautés des Entraunes obtinrent confirmation, dans la nouvelle « Charte du Val-d'Entraunes[13] », de leurs libertés communales comme de la propriété de leurs biens de la part de Jean Grimaldi de Bueil, gouverneur de Nice et représentant officiel du nouveau suzerain avec qui il a négocié la dédition de Nice à la Savoie. Dédition dans le cadre de la division administrative des "terres neuves de Provence" (de la Maison de Savoie) devenant comté de Nice en 1526. Les libertés communales confirmées permettent alors aux chefs de famille d'Entraunes de se réunir sur la place du Tribunal, d'y élire leur « bayle » (maire), leurs deux « consuls » et autres « officiers » et de s'administrer sans dépendre d'un seigneur. Mais communauté qui devra accepter, sur injonction dudit baron, la construction en bordure de ladite place d'un fortin (château) commandant les communications Tinée-Var-Verdon.
Entraunes et Saint-Martin-d'Entraunes vont dépendre jusqu'en 1718 de la viguerie de Barcelonnette, tandis que Villeneuve-d'Entraunes, Chateuneuf-d'Entraunes, Sauze et Péone sont rattachées à celle de Puget-Théniers. La ville de Guillaumes n’est soumise à la Maison de Savoie qu'à partir de 1760 après être, entre temps, devenue « française » en 1481 lorsque le roi de France Louis XI hérita du comté de Provence.
Entraunes dépend jusqu'en 1801 du diocèse de Glandèves (dont le siège est transféré à Entrevaux au XVIe siècle) et l'usage comme l'enseignement du français y sont autorisés par les différentes autorités. Ce régime exceptionnel, pour des populations soumises à deux souverainetés différentes, favorisa les relations comme l'homogénéité des mœurs et des coutumes de ces habitants, parlant à peu près le même dialecte qualifié de provençal-alpin ou de vivaro-alpin ou de « gavot ».
La foi religieuse des Entraunois s'exprime durant la Renaissance par la reconstruction de la chapelle dédiée à saint Sébastien (classée monument historique) dans laquelle ils convient, en 1515 et 1516, Andréa de Cella à réaliser ses fresques classées en 1947. Au début du XVIIe siècle est construite sur la Grande-Rue la chapelle Notre-Dame du Saint-Rosaire qui fut la chapelle des pénitents blancs. Et c'est vers 1650 qu'est reconstruite sur la partie nord surélevée l'église paroissiale au curieux clocher asymétrique demi-circulaire, à l'autel en bois peint en blanc avec des dorures et aux tableaux de l'Ecole d'André de Castellane aujourd'hui classés.
C'est en 1718 que leur suzerain, le duc Victor-Amédée II de Savoie, devient roi de Sardaigne et organise son royaume « sarde » en conservant sa capitale fixée depuis 1563 à Turin. Au début du XVIIIe siècle donc, Entraunes connaissait une vie traditionnelle évoluée et un niveau de vie moyen plutôt supérieur. Recensés en juin 1734, ses 666 habitants pratiquaient la polyculture de montagne et l'élevage des ovins. Ses agriculteurs disposaient alors de 104 chevaux et mulets, 105 bovins et 3942 ovins et caprins. Spécialisés dans l'embouche des agneaux comme dans la production des laines fines, les Entraunois valorisaient sur place leur production et les surplus des communes voisines. Laines fines d'abord filées puis tissées à domicile avec des métiers manuels produisant des pièces de drap (tissu de laine) vendues dans toute la région jusqu'au Lyonnais et au Piémont. Cette spécialisation s'était faite tant sous l'influence des bergers provençaux que sous celle des Entraunois allant en Provence par le col des Champs pour y commercer ou y travailler (en saison hivernale) voire s'y installer. En effet, le droit d'aînesse réservait la succession de l'exploitation agricole à un seul des enfants (l'aîné en priorité ou, à défaut, un des autres) et préservait ainsi les exploitations du démembrement. Mais la plupart des autres enfants étaient de ce fait obligés de partir parfois jusqu'à Marseille, Lyon ou Turin voire plus loin, pour être placés (ou mariées pour les filles) puis y vivre.
Aux prémices de la Révolution industrielle, en 1775, l'autorité royale met fin à l'élection de ses édiles municipaux et à ce qui restait de ses libertés communales. Alors que son industrie de production familiale du drap est de plus en plus concurrencée, la population entraunoise atteint son maximum démographique l'année suivante, en 1776, avec 761 habitants. Sa hiérarchie sociale dépend alors, pour l'essentiel, de celle des propriétaires fonciers (agriculteurs ou non) fondée elle sur les inégalités de ressources. Ressources conditionnées par la superficie agricole utile comme par le nombre de têtes de bétail et de métiers à tisser dont chacun peut disposer. Mais, dans cette hiérarchie, viennent se placer les membres (la plupart propriétaires fonciers) d'une importante bourgeoisie rurale relativement instruite et cultivée. Et, mis à part les membres du clergé, on compte parmi elle plusieurs notaires et des rentiers.
[modifier] Française de 1792 à 1814 puis encore sous l'autorité de la Maison de Savoie jusqu'en 1860
Avec l'arrivée en 1792 des troupes de la France révolutionnaire, les Entraunois (de culture française), comme les autres habitants du comté de Nice, deviennent Français et le restent jusqu'en 1814 dans le cadre du nouveau département des Alpes-Maritimes créé par la Convention le 31 janvier 1793. À Entraunes, le passage du régime royal de la Maison de Savoie à celui de la République française se fait pacifiquement.
Cependant, avec la fin du Premier Empire, Entraunes (avec le comté de Nice recréé) repasse, de 1814 à 1860, sous la suzeraineté du roi de Piémont-Sardaigne. La communauté entraunoise perd alors son industrie artisanale du drap : les métiers manuels familiaux d'antan, devenus obsolètes, sont remplacés par une fabrique de drap mise à mal par les inondations de 1843.
[modifier] A nouveau française depuis le plébiscite de 1860
C'est en 1860 que les Entraunois vont redevenir Français sujets de l'empereur Napoléon III. Pour la première fois les 15 et 16 avril 1860, au suffrage universel masculin et par plébiscite, les 151 Entraunois majeurs de sexe masculin inscrits sont conviés à se prononcer par oui ou par non sur le rattachement à la France. Ils sont 147 à voter oui (soit 100 % des votants), 4 seulement s'abstenant et aucun ne votant non. Les 89 communes du comté de Nice, ayant voté oui à 83,8 % des inscrits et 99,2 % des votants, sont ensuite rattachées à la France du Second Empire et forment avec celles de l'arrondissement de Grasse (détachées du département du Var) le nouveau département des Alpes-Maritimes. C'est donc une nouvelle administration qui se met en place et qui applique la législation française en vigueur notamment en ce qui concerne leur administration communale. Au nouveau cadastre français de 1870, la fabrique de drap est encore recensée mais sa production ne put résister longtemps à la concurrence des usines modernes. Notamment celle des usines de l'industrie lainière du nouveau royaume d'Italie constitué en 1861 par Victor-Emmanuel II de Savoie. À cette concurrence frappant son industrie du drap s'ajouta l'incendie de 1875 au cours duquel une grande partie des toits en bardeaux de mélèze et des planchers en bois des maisons du village furent la proie des flammes. Ayant ainsi perdu la possibilité de valoriser sa production de laine comme celle des communes voisines, la communauté entraunoise va se replier sur ses seules activités agro-pastorales et artisanales traditionnelles. En 1896, tous ses terroirs sont encore exploités à l'exception d'un seul, celui du hameau abandonné situé au-dessus de la grande cascade d'Aiglières. Mais, cent vingt ans après son maximum démographique de 1776, la population, qui a perdu la moitié de ses effectifs, ne compte plus que 375 habitants. Près de 85 % de ses actifs relèvent alors des seules activités agricoles. Mais qui sont ces montagnards, hommes, femmes et enfants ? Découvrons les, endimanchés dans la vie civile ou en uniforme, à travers sept portraits et une photo de classe.
Avec la création de la coopérative laitière de Guillaumes en 1903, de plus en plus d'exploitants agricoles se mettent à élever des vaches laitières. Et cette nouvelle activité de production de lait frais destinée au ramassage journalier jusqu'au chef-lieu de canton modifie l'agriculture locale au détriment de l'élevage des ovins.
La route arriva à Entraunes, au pont Vieux (dit de la Rouguière), en 1890. L'ouverture des voies de communication (ferrées et routières) puis la desserte automobile d'Entraunes font entrer Entraunes dans l’ère industrielle, de la concurrence avec l'ouverture des marchés et de l'attraction exercée par la Côte d'Azur en plein développement. Effets atténués jusqu'en 1914 à Entraunes pour deux raisons. D'abord, les emplois et revenus créés par les travaux d'aménagement et de reboisement effectués par l’administration des Eaux et forêts, l'Etat étant alors propriétaire de 47 % du territoire communal. Et surtout, ceux créés, de 1907 à 1914, par l'important chantier de construction de la route du col de la Cayolle. Route qui aurait dû être inaugurée le 10 août 1914 par le président de la République Raymond Poincaré s'il n'y avait eu, après Sarajevo, l'imminence de la guerre.
La première phase de développement touristique date de cette période. Elle a concerné surtout le village avec, d'une part, la construction de l'hôtel Liautaud accueillant les touristes de la Côte, simples estivants ou randonneurs comme Victor de Cessole[14]. Et, d'autre part, la construction de villas typiques de la Côte d'Azur par quelques riches familles niçoises désirant y passer la période estivale avec leurs enfants.
[modifier] Durant la guerre de 1914-18 puis la période de l'entre-deux-guerres jusqu'en 1939
La Première Guerre mondiale interrompt ce développement et va affecter brutalement la vie sociale comme la démographie de la commune. Tout d'abord, tous les hommes déclarés aptes sont mobilisés et la guerre va favoriser psychologiquement les décisions de départ de beaucoup des survivants. En effet, aux 18 tués s'ajoutent les mutilés pensionnés de guerre à qui sont offerts des emplois prioritaires dans les villes de la Côte d'Azur. Villes dont la remise en marche de l'économie multiplie les offres d'emplois et amplifie donc le flux d'émigration notamment de veuves de guerre avec leurs enfants pupilles de la nation. C'est ainsi qu'au recensement de 1921, le nombre d'habitants chute à 304 alors qu'il était estimé à 420 en 1914 soit une baisse de 116 habitants (- 27 %) en 7 ans.
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Après Sarajevo, le Pt Poincaré ne put venir à Entraunes |
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Joseph en 1915; sera tué à Verdun en 1916 - [1] |
La plaque des 18 tués au monument aux morts - [2] |
La ligne de tramway construite jusqu'à Guillaumes, déficitaire, n’est exploitée que de 1923 à 1929. Et, en 1938, dans sa traversée d'Entraunes, la route des Grandes Alpes (RN 202) franchira le Var par un nouveau pont qui modifie l'architecture du village avec notamment l'aménagement de deux nouvelles places.
[modifier] Au cours de la deuxième guerre mondiale de 1939-45 et depuis
Avec le débarquement allié en Normandie à partir du 6 juin 1944, le mot d'ordre des Forces françaises de l'intérieur est celui de l'insurrection nationale. Le 9 juillet 1944, Beuil, Péone-Valberg, Guillaumes, Saint-Martin-d'Entraunes passent sous le contrôle des 150 FFI armés et du Comité local de libération (CLL) pour le Haut-Var insurgé. Leur quartier-général est installé à Beuil dans l'hôtel Edelweiss. Le 18 juillet, 700 militaires allemands s'engagent dans les gorges du Cians et de Daluis mais sont arrêtés par les FFI au niveau des deux ponts (du Pra-d'Astier et de Berthéou) qu'ils ont fait sauter les 7 et 8 juillet. Le lendemain, les Allemands, attaquant aussi par les crêtes, s'emparent du col de Roua et occupent Guillaumes le 21 juillet. Obligés de se replier, une partie des FFI arriva jusqu'à Entraunes où leurs blessés furent soignés dans l'hôtel Liautaud. Avec leurs 95 blessés, les soldats allemands évacuèrent Guillaumes le 24 juillet. Le Haut-Var ainsi libéré se trouva sous le contrôle des chefs locaux de la Résistance qui durent organiser le ravitaillement par des réquisitions même après le débarquement allié des 15 et 16 août sur la côte provençale entre Hyères et Cannes. Et, début septembre 1944, des soldats américains arrivèrent ainsi sur la place d'Entraunes.
Les Entraunoises eurent, pour la première fois, le droit de vote aux élections municipales d'avril-mai 1945 permettant l'élection de la nouvelle municipalité.
La deuxième phase de développement touristique de 1945 aux années 1970 concerna surtout le hameau d'Estenc. Celui-ci s'ouvrit alors aux sports d'hiver avec l'arrivée de sportifs azuréens, notamment du Club alpin français (CAF), la construction de l'hôtel « Relais de la Cayolle » et d'un petit téléski.
La troisième phase n'eut qu'une existence virtuelle dans les années 1960-1970. Elle concerna un projet de station d'altitude dans le site de Sanguinière. Projet dont la commune d'Entraunes concéda la maîtrise d'ouvrage à une société privée qui ne put le réaliser.
La quatrième phase, à partir de la fin des années 1970, est celle du Parc national du Mercantour progressivement négocié et mis en place par l'État avant sa création officielle en 1979[15].
[modifier] Politique et administration
[modifier] Tendances politiques
Aux élections législatives de 2002, au 1er tour, sur 216 inscrits il y a eu 147 votants soit un taux d'abstentions de 31,94 %. Compte tenu des 3 votes blancs ou nuls, il y a eu finalement 144 suffrages exprimés qui se sont ainsi répartis sur 8 des 15 candidats :
43,75 % pour Christian Estrosi le candidat de l'UMP (33,30 au niveau national), 31,25 % pour Paul Cuturello candidat du PS-Verts-PRG (30,16), 12,50 % pour Jean Thiéry candidat du Front National (11,34), 7,64 % pour Jacques Tibéri candidat du PCF (4,82), 2,08 % pour Nadia Hamecha sans étiquette, 0,69 % chacun pour Pierre Mondolini de Génération écologie, Catherine Sackur des Alternatifs et Noura Slimane de Pôle républicain (1,19).
Au 2ème tour du 16 juin 2002, sur 75 suffrages exprimés seulement, le candidat de droite Christian Estrosi (UMP) obtint 85,33 % à Entraunes et fut élu avec 84,04 % des voix au niveau de la 5ème circonscription "Nice-Montagne" des Alpes Maritimes. 14,67 % des suffrages entraunois allant au candidat d'extrême droite Jean Thiéry du Front national (15,96 dans la 5ème circonscription).
Aux élections présidentielles de 2007, au 1er tour, sur 201 inscrits il y a eu 170 votants soit un taux d'abstentions de 15,42 % seulement. Tous les votants ayant exprimé leur choix, les 170 suffrages exprimés se sont ainsi répartis sur 9 des 12 candidats :
37,06 % pour Nicolas Sarkosy candidat de l'UMP (31,18 au niveau national), 28,24 % pour Ségolène Royal candidate du PS (25,87), 12,94 % pour François Bayrou candidat du MODEM (18,57), 7,65 % pour Jean-Marie Le Pen candidat du Front National (10,44), 7,06 % pour Marie-Georges Buffet candidate du PCF (1,93), 2,35 % pour Dominique Voynet candidate des Verts (1,57), 2,35 % chacun pour José Bové (1,32) et Frédéric Nihous candidat du CPNT (1,15).
Au 2ème tour du 22 avril 2007, sur 162 suffrages exprimés, le candidat de droite Nocolas Sarkosy (UMP) obtenait la majorité avec 51,23 % (contre 53,06 au niveau national) et devançait ainsi la candidate de gauche Ségolène Royal (PS) obtenant elle 48,77 % (contre 46,94 au niveau national).
Aux élections législatives du 10 juin 2007, au 1er tour, sur 204 inscrits, il y a eu 133 votants soit un taux d'abstentions de 34,8 %. Avec 0 vote blanc ou nul, les 133 suffrages exprimés se sont ainsi répartis sur 10 des 14 candidats :
53,38 % pour Christian Estrosi candidat (élu au 1er tour) de l'UMP (39,54 au niveau national), 18,05 % pour Paul Cuturello candidat du PS (24,73), 9,02 % pour Jeannine Thiemonge candidate des Verts (3,25), 7,52 % pour Francis Tujague candidat du PCF (4,29), 4,51 % pour Pascale Gacem candidate d'extrême gauche (3,41), 3,01 pour Karine Lambert candidate de l'UDF-Mt démocrate (7,61), 1,50 % pour Bruno Ligonie candidat du Front National (4,29), 1,50% pour Pierre-Antoine Plaquevent candidat d'extrême droite (0,39), 0,75 % pour Serge Gabry candidat écologiste (0,80) et 0,75 % pour Jean-Jacques Remond candidat de CPNT-Chasse Pèche Nature et Traditions (0,82).
Aux élections européennes du 7 juin 2009, sur 213 inscrits il n'y a eu que 73 votants soit un taux d'abstentions de 65,73 %. Compte tenu des 5 votes blancs ou nuls, les 68 électeurs ayant exprimé leur suffrage ont voté pour les 9 listes suivantes :
35,29 % pour Europe-Ecologie (16,3 au niveau national), 27,94 % pour l'UMP-Liste de la Majorité Présidentielle (27,9), 13,24 % pour le Front de gauche (6,1), 7,35 % pour AEI-Alliance Ecologiste Indépendante (3,6), 5,88 % pour le Modem-Mouvement Démocrate (8,5), 4,41 % pour le NPA-Nouveau Parti Anticapitaliste (4,9), 2,94 % pour le Parti Socialiste (16,5), 1,47 % pour LGDR-Liste Gaulliste Debout la République (1,8), 1,47 % pour Résistances (0,x).
Les 68 électeurs ayant exprimé leur sufrage n'ont donc accordé aucune voix aux 12 autres listes qui se présentaient. Les deux listes se réclamant de l'écologie obtiennent 42,64 % des suffrages exprimés contre 19,9 % au niveau national. Les quatre listes pouvant être classées à Gauche obtiennent 55,88 % (contre 43,8 au niveau national) mais le Parti Socialiste est laminé par le score d'Europe Ecologie animé par Daniel Cohn-Bendit, Eva Joly et José Bové. La liste de la Majorité Présidentielle (UMP) animée par Michel Barnier et Rachida Dati y fait le même score qu'au niveau national : 27,9 %.
[modifier] Liste des maires
| Liste des maires successifs | ||||
| Période | Identité | Parti | Qualité | |
|---|---|---|---|---|
| 1904 | 3 mars 1907 | Joseph Gilloux | - | Opposée au tracé rive gauche de la route du col, sa municipalité démissionna le 4/11/1906 |
| 3 mars 1907 | 20 août 1918 | César Ernest Payan | - | Artisan menuisier, mort au champ d'honneur. De 1915 à 1918,
le conseiller César Liautaud eut délégation pour remplacer le maire mobilisé |
| sept. 1918 | déc. 1919 | Clément Lions | - | Conseiller désigné pour faire fonction de maire jusqu'aux élections municipales de déc. 1919 |
| déc. 1919 | 1924 | Joseph Brun | - | Agriculteur |
| 1924 | 1925 | Clément Lions | - | Agriculteur |
| 1925 | 1927 | Charles Gauthier | - | - |
| 1927 | 1935 | Clément Lions | - | Agriculteur |
| 1935 | mai 1945 | Étienne Liautaud | - | Hôtelier-restaurateur. Maintenu en fonction de 1940 à 1944 par les autorités de l'Etat français
puis, secourant les Résistants blessés dans son hôtel en juillet 1944, par celles du GPRF[16] |
| mai 1945 | 1953 | Marcel Lions | - | Agriculteur |
| 1953 | 1965 | François Gollé | - | Chef d'entreprise du bâtiment et des travaux publics (BTP) |
| 1965 | 1977 | Marcel Payan | - | Proviseur de lycée professionnel |
| 1977 | 1995 | Denis Sorba | - | Professeur puis Principal de collège |
| 1995 | 2001 | Bernard Baudin | CPNT | Instituteur spécialisé - Président de la Fédération départementale des chasseurs des Alpes-Maritimes |
| mars 2001 | mars 2008 | Daniel Demontoux | Les Verts | Garde du Parc national du Mercantour |
| mars 2008 | → en cours | Pierre Tardieu[17] | - | Fonctionnaire du Conseil général des Alpes-Maritimes |
[modifier] Politique environnementale
La commune d’Entraunes, classée « porte » du Parc du Mercantour, y est incluse en totalité. La protection des paysages comme de la flore et de la faune y a été renforcée et leur gestion très réglementée et encadrée sous l'autorité du Parc. C'est ainsi que le Parc national du Mercantour y a permis l'augmentation du nombre des chamois et des marmottes et y a assuré la réintroduction des cerfs, des bouquetins, des mouflons et des loups.
[modifier] Jumelage
Pas de jumelage à notre connaissance.
[modifier] Population et société
[modifier] Démographie
Analyse de l'évolution démographique depuis le XVIIIème siècle
A Entraunes, le premier recensement complet n'a été réalisé qu'en 1718 et la commune comptait alors 660 habitants. Avant cette date les recensements ne décomptaient que les « Feux » et donc, éventuellement, les noms des chefs de famille.
Le maximum démographique est atteint dès 1776 avec 671 habitants. Mais pourquoi si tôt, 55 ans avant la commune voisine d' Allos (1513 habitants en 1831) aux sources du Verdon ? Et 74 ans avant les débuts de l' exode rural en France où le maximum de population rurale est atteint en 1850 avec 26,8 M de ruraux ?
C'est qu'à Entraunes, toutes les terres agricoles disponibles (à faible productivité) sont alors exploitées et se révèlent insuffisantes en vallée de haute montagne. D'autant plus que, limitant jusqu'alors l'émigration, les compléments de revenus fournis par la production familiale de drap (avec des métiers à tisser à main) subissent - sur le marché régional - la concurrence des textiles en coton comme des filatures de laine dont certaines dans le Lyonnais commencent même à se mécaniser[18]. Ce à quoi s'ajoute le processus de concentration des exploitations qu'accentuera la Révolution industrielle. Les propriétaires aisés achètent les terres qu'ils convoitent afin d'agrandir leurs exploitations et donc leurs troupeaux d'ovins qui leur procurent agneaux à vendre et laine à filer et à tisser. Et cela aux dépens des cultures vivrières. De ce fait, les petits paysans obligés de vendre comme les garçons et les filles en surnombre (compte-tenu du droit d'aînesse) sont, proportionnellement, de plus en plus nombreux à devoir partir pour se placer parfois fort loin jusqu'à Turin, Marseille et Lyon voire au-delà.
A partir de 1776 donc, les départs et les décès vont l'emporter définitivement sur les naissances et les arrivées. Le nombre d'habitants va donc décroître inexorablement excepté durant deux courtes périodes. Celle de 1901 à 1914 avec les travaux, financés par l'Etat, de reforestation et de construction de la route du col de la Cayolle. Et celle de 1931 à 1945 avec la crise dite de 1929 et la guerre.
C'est ainsi qu'en 1896, cent vingt ans après son maximum, la population de la commune ne compte plus que 375 habitants soit moitié moins. Et sa pyramide des âges est alors celle d'une communauté agricole déjà vieillissante et écornée par l'exode rural avec 93 femmes pour 122 hommes de plus de 20 ans. Près de 85 % de ses actifs relèvent alors des seules activités agricoles. Agriculture qui dispose encore de 213 actifs - hommes et femmes, jeunes et adultes - avec ses 60 foyers de propriétaires exploitants, son seul foyer de fermier, ses 17 ouvriers agricoles, ses 14 journaliers et ses 7 bergers. Les actifs non agricoles ne sont plus que 38 soit 15 % du total seulement. Dix-neuf le sont dans l'artisanat de production avec 3 actifs dans deux moulins, 1 bourrelier, 1 maréchal-ferrant, 1 machiniste, 3 maçons, 3 menuisiers, 3 cordonniers, 2 tailleurs d'habits et 2 couturières. Et les dix-neuf autres le sont dans les services : 2 employées, 1 épicerie avec 2 actifs, 1 boucherie avec deux actifs, 2 hôtels-restaurants avec 4 actifs et 9 fonctionnaires (1 seul curé mais 1 instituteur (Henri Payan) et 4 institutrices, 1 facteur, 1 cantonnier et 1 garde forestier). Il n'y a plus de notaires comme en 1776 et la communauté entraunoise a donc déjà considérablement évolué.
Au recensement de 1921, le nombre d'habitants chute à 304 alors qu'il était estimé à 420 en 1914 soit un recul de 116 habitants (- 27 %) en 7 ans seulement. C'est qu'aux 18 tués de la guerre 1914-18 s'ajoute un exode rural amplifié par le départ de nombreux mutilés, veuves de guerre et orphelins pupilles de la nation qui acceptent les emplois prioritaires qu'on leur propose dans les villes de la Côte d'Azur.
En 1962, près de deux siècles après son maximum démographique de 1776, la commune ne compte plus que 127 habitants seulement. Les effectifs de sa population, divisés par six, ont donc diminué de 83 %. Et sa pyramide des âges n'est plus que celle d'une communauté résiduelle vieillie dont les dix exploitants agricoles âgés n'ont alors plus de successeurs.
A partir des années 1970-1980, ce sont les arrivées (nouveaux venus s'y installant et Entraunois retournant y passer leur retraite) qui compensèrent plus ou moins les départs (surtout des jeunes) et le déficit des naissances par rapport aux décès. Ces arrivées, notamment de couples avec enfants, vont redonner un peu de vie à la commune et vont permettre d'y maintenir ouverte son école à classe unique.
| 1718 | 1776 | 1838 | 1861 | 1896 | 1901 | 1911 | 1921 | 1931 | 1936 | 1946 | 1954 | 1962 | 1968 | 1975 | 1990 | 1999 | 2006 | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| 660 | 761 | 675 | 479 | 375 | 359 | 403 | 304 | 233 | 234 | 201 | 142 | 127 | 103 | 122 | 127 | 125 | 128 | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Nombre retenu à partir de 1962 : population sans doubles comptes | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
Comparaison de la pyramide des âges de l'année 1999 avec celle de l'année 1982
L'évolution de la pyramide des âges de la commune d'Entraunes témoigne d'un rajeunissement certain. En effet, la tranche des jeunes de 0 à 19 ans progresse de 19 à 28 soit de + 47,4 %. Tandis que la tranche des personnes âgées de 75 ans et plus régresse de 20 à 15 soit de - 25 %[20].
La répartition des 53 Ménages selon le nombre de personnes qui les composent en 2004
| Ménages de : | 1 personne | 2 pers. | 3 pers. | 4 pers. | 5 pers. | 6 pers. ou + |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Entraunes | 30,2 % | 32,1 % | 20,8 % | 9,4 % | 5,7 % | 1,9 % |
| Moyenne Nationale | 31 % | 31,1 % | 16,2 % | 13,8 % | 5,5 % | 2,4 % |
| Sources des données : INSEE[21] | ||||||
Le nombre total de ménages à Entraunes étant de 53, les données en pourcentage chiffrent leur répartition selon le nombre de personnes qui les composent. Répartition quasiment identique d'ailleurs à celle du niveau national. De ce point de vue, la population entraunoise, ne présentant pas de caractère particulier, témoigne bien de l'évolution de la population française.
[modifier] Enseignement
Le bâtiment à trois niveaux de l'école communale actuelle et sa grande cour ont été aménagés durant l'entre-deux-guerres. Les effectifs actuels sont suffisants pour maintenir ouverte sa classe unique.
[modifier] Manifestations culturelles et festivités
L'évolution de la fête patronale au XXe siècle. Mis à part les fêtes religieuses traditionnelles, la grande fête à la fois profane et religieuse de la communauté entraunoise était celle de la fête patronale de la Nativité. Pour la partie religieuse, la grand-messe était célébrée le dimanche en fin de matinée dans l'église paroissiale pleine à craquer. Il y avait aussi une procession dans les rues du village. A partir des années 1920, à la sortie de la messe et en présence des autorités civiles et religieuses, on prit l'habitude de se recueillir devant le monument aux morts. Pour la partie essentiellement profane, il y avait d'abord les aubades en tout début de matinée. Aubades permettant aux musiciens de jouer devant les maisons et aux membres du comité des fêtes d'y pénétrer pour y recevoir les dons en argent nécessaires pour payer l'orchestre et les autres dépenses. Après la messe, on se réunissait sur la terre battue de la place de la Mairie (place César Payan) puis, à partir de l'entre-deux-guerres, de la cour de l'école agrémentée pour la circonstance de sapins et de guirlandes de buis. On y écoutait les discours avant de boire l'apéritif d'honneur. L'après-midi ou le soir, on y revenait en famille pour le bal animé par l'orchestre installé sur une estrade et accompagné le plus souvent d'une chanteuse ou d'un chanteur.
Cette fête patronale avait lieu alors courant septembre lorsque les vacances scolaires d'été duraient de la veille du 14 juillet au 1er octobre jour de la rentrée. Mais, l'avancée de la rentrée scolaire décidée par l'Etat entraîna alors une bien moindre fréquentation du "festin" car la plupart des estivants étaient alors partis et les recettes ne suffisaient plus à payer l'orchestre. C'est pourquoi, en 1960, le comité des fêtes décida d'en avancer la date au mois d'août et d'en négocier les modalités avec les autres communes de la vallée. Son président Georges Blanc et André Payan obtinrent l'accord des autres présidents pour que le "festin" d'Entraunes se tienne les samedi et dimanche après les festivités du 15 août à Guillaumes. Ainsi fut sauvée ladite fête patronale et son concours de boules.
C'est en 1967 que le comité présidé par André Payan décida, avec les bénéfices réalisés, de commander le parquet démontable réalisé par la menuiserie des frères Maurice et Claude Payan et sur lequel on put enfin danser normalement l'année suivante. Tous les comités qui suivirent s'attachèrent à améliorer les équipements matériels comme les animations proposées. Après le parquet, l'autre grande innovation fut l'achat et l'installation, par l'équipe d'Albert Bazzaro, du chapiteau protégeant toute la cour de l'école tant des intempéries que du froid ou des ardeurs du soleil durant la fête patronale fréquentée par tous les jeunes et joueurs de boules de la vallée.
[modifier] Santé
Le médecin, dont le cabinet est installé au chef lieu de canton à Guillaumes, se déplace jusqu'à Entraunes. La pharmacie la plus proche est elle aussi implantée à Guillaumes à 18 km d'Entraunes.
[modifier] Sports et loisirs
Mis à part le ski alpin, d'autres sports d'hiver sont pratiqués dans la commune d'Entraunes, notamment à Estenc (ski de fond) et dans le cirque de Sanguinière ou ailleurs (raquettes et ski de randonnée).
Hors période hivernale, la marche à pied se pratique sur tous les sentiers balisés dans la zone centrale du parc comme dans la zone périphérique (GR 52A). Mais aussi l'escalade de barres rocheuses, le deltaplane à La-Bouisse et, dans la clue classée du Chaudan, le canyoning très réglementé.
Dans la zone périphérique du Parc national uniquement et durant les périodes autorisées, la pêche à la truite et la chasse réglementée notamment des ongulés (sangliers, chamois, cerfs...).
A l'automne, la cueillette des champignons dans la zone périphérique du Parc national.
[modifier] Personnalités liées à la commune
- César Ernest Payan (né le 10 mars 1879 à Entraunes, mort le 20 août 1918 à Villers-lès-Roye dans la Somme 80) fut maire d'Entraunes de 1907 à 1918 et il est mort pour la France. Fils de César Payan (1844-1894) et d' Eulalie Lions (1844-1918), il épouse Honorine Bermond[22](1888-1960) qui lui donnera deux garçons : Marcel puis André Pierre Payan (1913-1984). Il est élevé à la distinction de chevalier du Mérite agricole par décret en date du 31 août 1910. Mobilisé dans les Chasseurs alpins, le maire sera tué au champ d'honneur le 20 août 1918 à Villers-les-Roye lors de la grande offensive alliée de la Somme. Décoré de la croix de guerre et médaillé militaire à titre posthume, il est inhumé dans la tombe individuelle n° 708 du cimetière militaire de Beuvraignes (Somme).[3]
- Marcel Payan (né le 23 novembre 1909 à Entraunes, mort le 20 mars 2006 à Nice) est le fils de César Ernest Payan (1879-1918) et d'Honorine Bermond (1888-1960). Il fut maire d'Entraunes durant deux mandats de 1965 à 1977.[4]
- Bernard Baudin a été maire d'Entraunes de 1995 à 2001. Président de l'Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) de 2006 à 2009. Chevalier de l'Ordre national de la Légion d'honneur et chevalier de l'Ordre national du mérite.[5]
[modifier] Économie
[modifier] Revenus de la population et fiscalité
Le revenu moyen par ménage, pour l'année 2004, fut de 11 666 € / an, ce qui était inférieur de 22,4 % à la moyenne nationale qui était, elle, de 15 027 € / an[23].
[modifier] Emploi
Le nombre d'adultes hommes et femmes s'élevant alors à 60 et celui des actifs à 45, le taux d'activité était donc de 75 %. Ces 45 actifs se répartissaient en 20 ouvriers, 15 employés et 10 artisans, commerçants et professions libérales. Quarante d'entre eux avaient un emploi et 5 étaient à la recherche d'un emploi soit un taux de chômage de 11,1 % supérieur à la moyenne nationale.
Répartition des emplois par domaine d'activité
| Agriculteurs | Artisans, commerçants, chefs d'entreprise | Cadres, professions intellectuelles | Professions intermédiaires | Employés | Ouvriers | |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Entraunes | 0 % | 22,2 % | 0 % | 0 % | 33,3 % | 44,4 % |
| Moyenne Nationale | 2,4 % | 6,4 % | 12,1 % | 22,1 % | 29,9 % | 27,1 % |
| Sources des données : INSEE[24] | ||||||
[modifier] Entreprises de l'agglomération
En 2004, il n'y a eu qu'une seule entreprise créée ce qui a placé cette année-là la commune au 22 755 ème rang au niveau national (sur 36 000 communes) pour les créations d'entreprises. La commune a atteint un nombre d'établissements total de 10 qui se répartissent de la façon suivante : deux entreprises dans le domaine de l'énergie, trois dans la construction, une dans le commerce, une dans les services aux entreprises et enfin trois pour les services aux particuliers[25].
[modifier] Commerces
Au village, une épicerie et l'hôtel-restaurant "Auberge de Roche-Grande" sur la place de la mairie ainsi que des gîtes ruraux communaux et privés.
A Estenc, l'auberge-hôtel "Le Relais de la Cayolle" et plusieurs gîtes et refuges dont le "Refuge de La Cantonnière", le gîte d'étape de Daniel Ferran...
A l'ubac du Col de la Cayolle et en saison estivale seulement, le refuge-auberge (ex "La Bretonne") du parc national.
[modifier] Culture et patrimoine
[modifier] Us et coutumes d'antan
A Entraunes, si la fille arrivait à faire treize plis avec son pouce à un « crouis » sa mère lui disait : ma fille tu es bonne à marier. Un crouis ? Une pâte fraîche en forme d'oreille plissée dont voici la recette entraunoise. Malaxer à la fourchette 2 oeufs, 3 cuillerées d'huile (de noix ou autre) et du sel avec 1 kg de farine (pour dix personnes) tout en y versant petit à petit 2 verres d'eau tiède. La pâte souple ainsi obtenue doit alors reposer. Elle est ensuite coupée en morceaux eux-mêmes étirés en tortillons (1) - de l'épaisseur du pouce - coupés en cylindres de la taille d'une noix puis applatis (2). Avec le pouce droit (3) plisser la pâte (4) jusqu'à obtenir un crouis bien plissé (5). Faire cuire les crouis 15 à 20 minutes dans une eau bouillante salée et additionnée d'une cuillerée d'huile (de noix ou autre). Les retirer avec une passoire (en bois ou autre) et les servir avec une sauce de noix accompagnée ou non de fromage râpé. Sauce de noix obtenue en pilant dans un mortier 500 g de cerneaux de noix (pelés) avec une gousse d'ail pour obtenir une fine pâte homogène qu'on malaxe avec de la mie de pain (trempée dans du lait), du sel, du poivre et un peu d'eau de cuisson (tiède) des crouis pour la fluidifier.
[modifier] Monuments et lieux touristiques
Monuments religieux
- la chapelle saint Sébastien a été classée par arrêté du 17 décembre 1947 pour ses fresques de 1515-1516 du peintre Andréa de Cella originaire de Finale (près de Savone) et habitant de Roquebrune. Reconstruit aux alentours de 1500, ce tout petit édifice religieux est situé au débouché du pont sur le Var à la sortie nord-ouest du village d'Entraunes.
- L'église paroissiale, reconstruite vers 1650, occupe la partie nord surélevée de l'éperon rocheux formé par la confluence du Var-Fleuve et du torrentueux Bourdoux. Elle possède un clocher asymétrique en demi-cercle ainsi que de grands tableaux du XVIIe siècle attribués à l'École « André de Castellane » et classés.
- La chapelle Notre-Dame du Saint-Rosaire, sur la Grande rue du village, a été construite au début du XVIIe siècle. Elle fut la chapelle des pénitents blancs. Restaurée en sanctuaire d'art religieux, elle réunit des tableaux et objets classés du XVIIe siècle provenant d'autres chapelles de la commune.
Monuments civils
- La fontaine et le lavoir de la fin du XIXe siècle au village.
- Le monument aux morts au bloc de pierre taillé en obélisque sur l'ancienne place du Tribunal.
Espaces verts
- Le col de la Cayolle, à 2 326 m d'altitude, est un des plus hauts cols de la route des Grandes Alpes classée RN 202 en 1920 entre Nice et Thonon-les-Bains. Route construite de 1907 à 1914 entre le village d'Entraunes et le col.
- La clue du Chaudan (classée) au sud-ouest du village par le GR 52A.
- Le « jardin alpin[26] » autour de l'ancien lac glaciaire formant cuvette sur la moraine latérale au nord-est d'Estenc.
- La source officielle du fleuve Var à Estenc avec son affluent de rive gauche, le torrent de Sanguinière aux sources multiples.
- Le plan d'eau d'Estenc remplaçant en quelque sorte le lac glaciaire qui existait en amont du verrou d'Estenc avant que les eaux des sources du Var n'y creusent leur défilé.
- Les cabanes de Sanguinière dans la cuvette formée par un ancien lac glaciaire et traversée par les affluents de la Sanguinière. Cuvette située dans un cirque aux éboulis boisés en mélèzes qui forment la forêt domaniale de Sanguinière.
[modifier] Héraldique
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Les armes d'Entraunes se blasonnent : De gueules au sautoir ondé d'argent chargé en cœur d'une étoile de huit raies du champ. |
[modifier] Notes et références
- ↑ André Payan (dir. Jean Miège), page 6 in "La structure foncière de la commune d'Entraunes de 1860 à 1966", Université de Nice (mémoire secondaire de DES de géographie), Nice, octobre 1967
- ↑ Monique Gamond née de Kuyper, « Le val de glace ou les formes calcaires du val d' Estenc », p. 2 à 5 dans la revue du Val-d'Entraunes Lou Lanternin, no 11 (juillet-août 1978)
- ↑ « L'habitat du Val d'Entraunes », p. 17 à 24 dans la revue de l'Académie du Val-d'Entraunes Lou Lanternin, no 10 (juillet 1981) d'après les études de Michel Perréard auteur de la plaquette Le Var et ses affluents : construire dans le Haut-Pays sans compromettre l'architecture traditionnelle publiée en 1980 par la Direction départementale de l'agriculture (DDA 06)
- ↑ René Liautaud, p. 260 in Entraunes, la France rustique, Edition Serre, Nice, 1982, 287 p., ((ISBN 2-86410-016-9)
- ↑ Raoul Biocchini, Jean-Pierre Dalbéra et Sylvain Plagnard, pages 93-94 in Proposition architecturale d'équipement pour une commune en zone de montagne : Entraunes (mémoire de fin de stage d'architectes DPLG), PROMOCA le 5 novembre 1977.
- ↑ a b c d Données INSEE compulsées par le JDN - Logement à Entraunes
- ↑ Carte ministérielle de 1976 reproduite p. 18 dans Le Moniteur du 4 septembre 1977
- ↑ André Payan (dir. Jean-Emile Hermitte), Eléments de l'analyse pour une prospective de l'aménagement de la commune d'Entraunes, Université de Nice (mémoire de DEA pluridisciplinaire), Nice, juin 1977
- ↑ Raoul Biocchini, Jean-Pierre Dalbéra et Sylvain Plagnard, Proposition architecturale d'équipement pour une commune en zone de montagne : Entraunes (mémoire d'architectes DPLG), Promoca le 5 novembre 1977, 149 p. format 29x41
- ↑ Remontées mécaniques de 700 et 800 m de dénivelée préconisées dans le secteur des Garrets et le ravin des Fournées par Laurent Chappis (architecte-urbaniste de la montagne concepteur de la station de Courchevel) dans son « rapport » à M. J. Florent chargé de mission 1978-79 pour la création du Parc national du Mercantour, pages 12 à 20 du n° 5 novembre-décembre 1979 de la revue Lou Lanternin
- ↑ René Liautaud, p. 15 dans Entraunes : la France rustique, Edition Serre, Nice, 1982, (ISBN 2-86410-016-9)
- ↑ André Payan (dir. Jean Miège), « Cadre historique » p. 21 à 24 dans La population du Haut-Var de 1896 à 1962, Université de Nice (mémoire principal du DES de géographie), octobre 1967, 203 p.
- ↑ René Liautaud, p. 17 dans Entraunes : la France rustique, Editions Serre, Nice, 1982, (ISBN 2-86410-016-9)
- ↑ Victor de Cessole,« Autour de la source du Var, impression d'un touriste », dans Nice Historique, n° 4, février 1898
- ↑ Réponses de Jean Bedel adjoint au chargé de mission pour la création du Parc national du Mercantour à la réunion d'information tenue à Entraunes le 9 août 1978 avant l'ouverture de l'enquête publique, p. 9-14 du n° 2 (novembre-décembre 1978) dans la revue Lou Lanternin (responsable Jean Toche)
- ↑ René Liautaud, « Maires et adjoints de 1860 à nos jours » p. 158 et « La guerre de 1939-45 dans le Val-d'Entraunes » p. 172-173 dans Entraunes : la France rustique, Editions Serre, Nice, 1982, 287 p., (ISBN 2-86410-016-9).
- ↑ Site de la préfecture des Alpes-Maritimes, consulté le 20 juin 2008
- ↑ Yves Lequin (sous la direction de), P. 278 in Rhône-Alpes 500 années lumière-Mémoire industrielle, Plon, 1991, 500 p., ISBN|2-259-02447-5
- ↑ Entraunes sur le site de l'Insee
- ↑ Recensement de l'INSEE en 1999 - Population totale par sexe et âge
- ↑ Données démographiques d'après l'INSEE
- ↑ André Payan-Passeron, « Institutrice en 1908 », p. 28-29 dans le magazine Lou Sourgentin, no 143 (octobre 2000), (ISSN 1243-0773)
- ↑ Données Insee compulsée par le Jdn - Revenus des ménages de la commune
- ↑ Données démographiques d'après l'INSEE compulsées par le Jdn
- ↑ Données économiques d'après l'INSEE compulsées par le Jdn
- ↑ Jean-Louis Cossa, Promenade dans un jardin alpin au départ d'Estenc,coll. Cairns-cahiers de la découverte, Parc national du Mercantour, Nice, 1987
[modifier] Bibliographie
- Raoul Blanchard, Les Alpes occidentales, t. 5 : Les grandes Alpes françaises du Sud, Editions Arthaud, Paris, 1949
- Andréas Blinkenberg, Le patois d'Entraunes, t. 1 : Matériaux phonétiques, 1931, 132 p., t. 2 Matériaux lexicologiques, 1940, 128 p., Copenhague Universitetsfolaget, 1 Aarhus Einar Muunksgaard, Copenhague, Danemark
- Maurice Bordes (sous la direction de) avec Jean Ducat, Bernard Combet-Farnoux, Jean Gauthier-Dalché, José Gentil Da Silva, Henri Costamagna, Michel Derlange, Paul Gonnet et André Nouschi, Histoire de Nice et du pays niçois, coll. Univers de la France et des pays francophones, Privat Editeur, Toulouse, 1976, 488 p.
- Yves Bravard, Le dépeuplement des hautes vallées des Alpes-Maritimes : ses caractères, ses conséquences démographiques, économiques et sociales, Imprimerie Allier, Grenoble, 1961, 285 p.
- Victor de Cessole, « Autour de la source du Var, impressions d'un touriste », pages 52 et suivantes dans Nice Historique, no 4 (février 1898)
- Jean-Louis Cossa, Promenade dans un jardin alpin au départ d'Estenc, coll. Cairns-cahiers de la découverte, Parc national du Mercantour, Nice, 1987
- François Emmanuel Fodéré, Statistique des Alpes-Maritimes : histoire topographique, physique, naturelle, agraire, médicale, politique et morale, 1803
- Paul Gonnet, La réunion de Nice à la France, Les Editions du Cabri, Breil-sur-Roya, 2003, 343 p., (ISBN 2-914603-10-X)
- Michel et Marie-Louise Gourdon, Mémoire d'en haut : architecture et objets de la vie quotidienne dans les vallées du Mercantour, préfaces de Charles Ginésy (sénateur, maire de Péone-Valberg, président du conseil d'administration du Parc national du Mercantour) et de Luc Thévenon (conservateur en chef du patrimoine, membre du comité scientifique du Parc national du Mercantour), coédité par les Editions du Cabri et le Parc national du Mercantour, Breil-sur-Roya, 2000, 223 p., (ISBN 2-908816-83-0)
- Maurice Griffe, Le Comté de Nice (n° 24), Editions Tableaux synoptiques de l'histoire, Le Cannet, 1996, 24 p., (ISBN 2-907854-31-3)
- Maurice Griffe, La Provence (n° 13), Editions Tableaux synoptiques de l'histoire, Le Cannet, 2007, 24 p., (ISBN 2-907854-41-0)
- Lou Lanternin, Jean Toche (rédacteur en chef), revue publiée du no 1 (juillet 1978) au no 13 (juillet-août 1983) par l'Académie du Val-d'Entraunes (fondateur Albert Tardieu), Entraunes, (ISSN 0220-2956)
- René Liautaud, Et la conque se tut, roman historique sur la fin du 18e dans le Val-d'Entraunes, Editions l'Amitié par le livre, 1963, 253 p.
- René Liautaud, Histoire du pays niçois, Editions du Rocher, Monaco, 1971, 318 p., (ISBN 2-268-00004-4)
- René Liautaud, « Une communauté de l'arrière-pays niçois : Entraunes », nos 3 et 4 (1977) de Nice Historique
- René Liautaud, « Fondations et oeuvres pies de la communauté d' Entraunes », p. 109 à 147 dans Nice Historique, no 3 (juillet-septembre 1979)
- René Liautaud, « Un cadastre de 1702, celui d'Entraunes », pages 45 à 58 dans Mémoires Institut Préhistoire et Archéologie des A. Mmes, t. XXI (année 1977-78), Nice, 1979
- René Liautaud, Entraunes : la France rustique, Editions Serre, Nice, 1982, 287 p., (ISBN 2-86410-016-9)
- René Liautaud, « Le Val d'Entraunes durant la Révolution et l'Empire », pages 82 à 94, dans Nice Historique, no 3 (juillet-septembre 1984)
- René Liautaud, Essai de lexique français-entraunois avec correspondance en niçois, CRDP, Nice, 1985
- Jean-Louis Panicacci, Les Alpes-Maritimes de 1939 à 1945 : un département dans la tourmente, coll. Actual, Editions Serre, Nice, 1989, 399 p., (ISBN 2-86410-134-3)
- André Payan, « Etude de la structure foncière de la commune d'Entraunes de 1860 à 1966 », dans Recherches Régionales, Archives départementales des A-Mmes, Nice, 1967
- André Payan, « L'évolution démographique et sociale du Haut-Var de 1896 à 1962 », p. 39 à 43 dans Recherches Régionales, Archives départementales des A-Mmes, Nice, no 3 (1970)
- André Payan, « Les éléments de l'analyse pour une prospective de l'aménagement de l'espace montagnard : la commune d'Entraunes dans les Alpes niçoises », dans L'Espace : analyse, organisation et gestion de l'espace, Centre d'analyse de l'espace (dir. J.E. Hermitte), UER Civilisations, Université de Nice, p. 77 à 96 (avec cartes), nouvelle série no 2 (octobre 1977)
- André Payan-Passeron, Quelle Ecole et quels enseignants ? : métamorphoses françaises sur trois générations, Editions L'Harmattan, Paris, 2006, 266 p., (ISBN 2-296-00604-3), voir sur internet sa fiche auteur [6] ainsi qu'un aperçu de son ouvrage [7]
- Nelly Payan, Monographie d'Entraunes, Edition personnelle reliée, 12 avril 1956, 78 pages format 23,7x34
- Michel Perréard, Le Var et ses affluents : construire dans le Haut-Pays sans compromettre l'architecture traditionnelle, plaquette éditée par la Direction départementale de l'agriculture (DDA 06), 1980
- Jean-Paul Poinsot, Guide annuaire des communes de France : édition Alpes-Maritimes, Editions Toscane, 1994, 570 p.
- Elisabeth Ravel, Souvenirs du Haut-Var : des gorges de Daluis au gorges du Cians, Guillaumes, Sauze, Daluis, Val-d'Entraunes, Beuil, Péone, Valberg, Les éditions du Cabri, 1988, 88 p., (ISBN 2-903310-70-X)
- Paul Raybaut, Les sources régionales du pays de Nice, Fayard, 1979, 407 p., (ISBN 2-213-00786-1)
- Alain Ruggiero (sous la direction de) avec Annie Arnaud, Jacques Basso, Michel Bottin, Michel Derlange, Paul-Louis Malausséna, Jean-Louis Panicacci, Laurent Ripart, Ralph Schor, Alain Venturini et Olivier Vernier, Nouvelle histoire de Nice, avec une bibliographie exhaustive p. 346 à 372, un index des noms de personnes et un index des noms de lieux, Editions Privat, Toulouse, février 2006, 383 p., (ISBN 2-7089-8335-0)
- Rémi-Numa Stevelberg, La gendarmerie dans les Alpes-Maritimes de 1942 à 1945, « Prix littéraire de la gendarmerie 2004 », Serre Editeur, Nice, 2004, 175 p., (ISBN 2-86410-400-8)
- Luc Thévenon, La montagne et la vie : hautes vallées du Var et du Cians, avec une abondante bibliographie concernant la haute vallée du Var puis chacune de ses communes (p. 105 à 110), Serre Editeur, Nice, 2007, 112 p., (ISBN 9782864104803)
[modifier] Articles connexes
- Val-d'Entraunes
- Canton de Guillaumes
- Communauté de communes de Cians Var
- Communes des Alpes-Maritimes
- Anciennes communes des Alpes-Maritimes
[modifier] Liens externes
- Entraunes sur le site « Géoportail » de l'Institut géographique national (IGN)
- Entraunes sur le site de l'Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE)
- Entraunes sur le site des quatre communes du « Val d'Entraunes »
- Entraunes sur le site du Parc national du Mercantour
- Entraunes en vue aérienne et en photos sur le site Panoramio de Google Earth
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