Bécasse des bois

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Bécasse des bois

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Scolopax rusticola

Classification (COI)
Règne Animalia
Classe Aves
Ordre Charadriiformes
Famille Scolopacidae
Genre Scolopax

Nom binominal

Scolopax rusticola
Linnaeus, 1758

Statut de conservation UICN

( LC )
LC  : Préoccupation mineure

La Bécasse des bois (Scolopax rusticola) est une espèce d'oiseau de la famille des Scolopacidae. C'est un oiseau migrateur discret, essentiellement nocturne, qui niche occasionnellement en France.

On chassait ou braconnait autrefois la volontiers la bécasse de nuit, quand elle quitte les fourrés pour partir à la recherche de nourriture, notamment en Bretagne (illustration gravée par Yan' Dargent pour les Annales forestières (« Chronique forestière », chapitre "Les oiseaux des forêts" ; année 1868, volume 7 ; )

Habitat et aire de répartition[modifier | modifier le code]

C'est un oiseau typiquement forestier, qui semblait également autrefois apprécier les régions bocagères (Bretagne notamment). Il est réputé plutôt lucifuge : « Ces oiseaux de passage, dont les chasseurs font le plus grand cas, nous arrivent par un temps sombre, le plus souvent la nuit; ils s'abattent dans les taillis ou les futaies, et préfèrent les bois où il y a beaucoup de terreau humide et de feuilles mortes [1] » contrairement à la bécassine des marais qui est un limicole, la bécasse des bois est un humidicole. En France, on peut rencontrer cette espèce du début octobre à fin mars-début avril. Son aire de répartition diminue constamment suite à une chasse excessive de l'espèce.

Jusqu'au XIXe siècle au moins, cette espèce nichait dans les régions montagneuses élevées (Pyrénées, Alpes, etc.) et rejoignait les plaines en automne (on la trouvait et chassait vers le milieu d'octobre, dans les zones boisées ou bocagères des plaines)[1].

Description, comportement[modifier | modifier le code]

Le plumage de la bécasse des bois décline toutes les nuances de couleur du brun foncé au beige clair ; son mimétisme la rend extrêmement difficile à observer au sol en milieu forestier. C'est son envol rapide et bruyant, souvent très près du gêneur, ou son atterrissage (assez lourd) fournit alors l'occasion de l'observer dans de bonnes conditions.

La bécasse des bois fait partie des oiseaux réputés avoir une excellente vision, y compris de nuit. Elle peut voir à 360°.

On disait autrefois d'elle qu'elle « craint la chaleur et la sécheresse » (qui diminuent son accès aux vers de terre)[2]

Traces, indices de présence[modifier | modifier le code]

Sa fiente, caractéristique, est appelée « miroir» ; c'est un marqueur de la présence ou du passage de l'oiseau.

Alimentation[modifier | modifier le code]

La bécasse a besoin d'un humus riche et épais, où grâce à son long bec elle prélève les lombrics qui constituent l'essentiel de sa nourriture

Chaque soir ou presque, dès le crépuscule, la bécasse quitte ses remises forestières pour aller sur nourrir sur des prairies pâturées ou dans des vignes riches en lombrics où elle passe l'essentiel de ses nuits.

En cours de journée, elle peut également se nourrir en fouillant l'humus des sous-bois à la recherche de lombrics, araignées et autres petits insectes grâce à son bec doté d'une mandibule supérieure articulée.
Les gelées, en durcissant la terre, la chassent donc progressivement vers les plaines puis vers le sud, jusqu'au Maroc. En période durable de froid, la bécasse privilégie les sols acides qui gèlent plus difficilement, et lui permettent de trouver une alimentation encore accessible

Reproduction[modifier | modifier le code]

En mars, les bécasses quittent les plaines pour remonter en altitude. Elles partent appariées et volent de nuit (dès le matin, elles se blottissent dans quelque bois et ne reprendront leur route que vers le soir).

Nidification[modifier | modifier le code]

Selon Aristide & Stanislas Frézard (1866)[1], « Elles construisent leurs nids par terre avec des herbes sèches, entremêlées de petits brins de bois.
La femelle pond quatre ou cinq œufs oblongs d'un gris roussâtre, marbrés de stries ondulées, un peu plus gros que les œufs de pigeon.
Dès que les petits sont éclos, ils quittent le nid et se mettent à voler, avant d'avoir d'autres plumes que celles des ailes »

La ponte a ordinairement lieu en avril, dans la partie nord de son aire de répartition, la Russie, l'Irlande, la Scandinavie, etc. On signale encore quelques rares couples nichant en France. La femelle pond 4 œufs, qu'elle couvera pendant 22 jours, avant que les poussins nidifuges ne voient le jour.

Légendes[modifier | modifier le code]

La bécasse, par sa discrétion, est à l'origine de nombreux mythes. On raconte ainsi qu'une bécasse blessée serait capable de panser sa blessure grâce à un mélange de salive, de végétaux et de terre, mixture qui en séchant forme une sorte de plâtre qui arrête une hémorragie ou immobilise un os fracturé.
De même il serait question de bécasses « chirurgiennes » capables de panser les blessures de leurs congénères par le même procédé.

On raconte également qu'une bécasse inquiétée avec sa progéniture est capable de transporter celle-ci hors de danger entre ses pattes.

Peinture[modifier | modifier le code]

L'une des premières rémiges primaires est atrophiée et constitue un petit plumeau très fin et très rigide, très recherché par les artistes d'autrefois pour les détails de leurs toiles. Elle a conservé ce nom de « plume du peintre ».

État des populations, menaces[modifier | modifier le code]

La principale menace de la bécasse semble être la chasse. Les populations de l'oiseau sont extrêmement menacées par les chasseurs qui en tuent 3 à 4 millions chaque année en Europe. Cependant en France la bécasse fait l'objet d'un CPU (carnet de prélèvement universel), qui permet de comptabiliser le nombre d'oiseaux prélevés. De plus certains modes de chasse sont interdits (croule...)

Selon certains auteurs, spécialistes de la chasse, il aurait autrefois existé en France - jusqu'au XIXe siècle au moins - existé une bécasse dite « bécasse martinet » au bec plus long, aux pattes bleues et plumage roussâtre[3]

La bécasse des bois fait partie des oiseaux qui semblent être depuis plusieurs siècles en régression sur une très grande partie de leur aire naturelle ou potentielle de répartition.

Elle se nourrissait autrefois - de nuit - de larves d'insectes ou vers trouvés en abondance sous les bouses de vaches[1]. Depuis que les vaches sont traitées à l'ivermectine (puissant antiparasitaire et insecticide, très rémanent), c'est une ressource qui a fortement diminué.

Son activité se déroule essentiellement dans l'environnement nocturne. À proximité des zones habitées ou industrielles, ou d'axes de circulation éclairés, en tant qu'espèce au comportement nocturne, elle pourrait être sensible au phénomène dit de « pollution lumineuse ».

Elle a pu être localement victime du braconnage ; ainsi expliquaient les Annales forestières de 1866[1] : en Bretagne, alors qu'au coucher du soleil, les bécasses commençaient à « se répandre dans les clairières en suivant les sentiers, C’est là qu'on les prend facilement au lacet. En Bretagne, on leur fait la chasse d'une singulière façon. Deux hommes se réunissent pour s'embusquer dans les pâturages de la forêt, où, sous les bousards de vache, les bécasses trouvent une ample moisson de vers. L'un porte une lanterne et une sorte d'épinette fixée à l'extrémité d'un long manche ; l'autre une de ces sonnettes qu'on attache au cou des vaches. Les oiseaux se laissent ainsi approcher d'assez près pour les enserrer dans les mailles d'un filet » (voir illustration ci-contre).
« La bécasse est, comme dit Belon, « une moult grosse bête[4], » si elle se laisse prendre de la manière qu'il raconte et qu'il nomme folâtrerie. « Un homme couvert d'une cape couleur de feuilles sèches, marchant courbé sur deux courtes béquilles, s'approche doucement, s'arrêtant lorsque la bécasse le fixe, continuant d'aller lorsqu'elle recommence à errer jusqu'à ce qu'il la voie s'arrêter la tête basse ; alors frappant doucement de ses deux bâtons l'un contre l'autre, la bécasse s'y amusera et affolera tellement, que le chasseur l'approchera d'assez près pour lui passer un lacet au cou » [1]

Chasse et consommation[modifier | modifier le code]

Elle est depuis longtemps chassée, avec une législation variant aujourd'hui selon les pays ou régions, souvent avec un ou plusieurs chiens, car son camouflage la rend difficile à détecter[1].


On lit dans les Annales forestières de 1866, sous la plume de que « La chair de la bécasse, y compris les excréments, est une friandise pour ceux qui l'aiment. C'est le cas de rappeler le proverbe latin : Degustibus... non est disputandum »[1]

La bécasse des bois est un oiseau qui peut vivre longtemps (jusqu'à 20 ans) ce qui l'expose à des risques de bioaccumulation (de plomb et de radionucléides ou d'autres produits susceptibles d'être bioconcentrés par les lombrics), plus qu'un petit passereau vivant 2 ans par exemple).

Les vagues migratoires de bécasses fluctuent selon les années et les conditions météo. La pression de chasse peut être alors adaptée. Par exemple, dans le Nord de la France, en 2010, le nombre des bécasses ayant décliné, à cause d'hivers froids en 2008 et 2009 et suite aux grands incendies en Russie en 2010 selon la Fédération des chasseurs du Pas-de-Calais [5], cette dernière a demandé (« en concertation avec les fédérations départementales des chasseurs voisines ») une réduction des PQG Bécasse des bois à :

  • Un oiseau par jour et par chasseur (au lieu de trois) ;
  • Dix oiseaux par jour et par groupe de dix chasseurs et plus au lieu de trente actuellement.

La demande précisait que « si les conditions climatiques et l’état physiologique des oiseaux présents dans notre département se détériorent, la fédération pourra être appelée à demander une fermeture de l’espèce » [5].

Dans le même temps, les quatre fédérations départementales de chasse de Bretagne (Côtes-d'Armor, Finistère, Morbihan et Ille-et-Vilaine) ont travaillé ensemble sur la réduction des prélèvements de Bécasses. Ainsi, le PMA (prélèvement maximum autorisé) Bécasse a été réduit à :

  • Deux oiseaux par semaine au lieu de trois par chasseur ;
  • Vingt oiseaux sur la saison 2010/2011 par chasseur

Ainsi à l'échelle nationale, les différentes fédérations départementales de chasse ont réalisé d'importants efforts dans la gestion de cet oiseau mythique.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Références taxonomiques[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Yves Ferrand et François Gossmann, La Bécasse des bois - Histoire naturelle, éditeur : Effet de lisière.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g et h Aristide Frézard & Stanislas Frézard, « Chronique forestière », chapitre "Les oiseaux des forêts" dans la Revue des eaux et forêts ; Annales forestières, année 1868, volume 7 (voir p. 18 et suiv.)
  2. Adolphe René, C. Sellier, Traité de la chasse, contenant les chasses à l'affut à tir et à courre, éd. : T. Lefèvre, 1865 - 240 pages (voir p. 156)
  3. Adolphe René, C. Sellier, Traité de la chasse, contenant les chasses à l'affut à tir et à courre, éd. : T. Lefèvre, 1865 - 240 pages (voir p 159)
  4. Belon, Histoire de la nature des oiseaux, p. S7S /Paris, 1355, in-fol
  5. a et b Communiqué Fédération des chasseurs du Pas-de-Calais, Dec 2010