Liste des vaisseaux français

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Cette page donne la liste des vaisseaux construits par la France du XVIIe siècle au XIXe siècle.
Sont indiqués pour chaque vaisseau : son nom lors de son lancement, l'année de son lancement, le nombre de ses canons (qui peut évoluer) et les autres noms portés (pour les rebaptisés).


Règne de Louis XIII (1610-1643)[modifier | modifier le code]

La Couronne est l'un des premiers vaisseaux de guerre construit en France.

Règne de Louis XIV (1643-1715)[modifier | modifier le code]

À partir de 1661, Louis XIV quadruple sa flotte en une décennie, passant de 9 vaisseaux (en 1661, une force alors insignifiante) à 120 (en 1672, permettant de faire jeu-égal avec les flottes anglaises et hollandaises). Un important effort de construction est fourni en 1667-1671 juste avant la guerre de Hollande (1672-1678), et en 1689-1693 au début de la guerre de la Ligue d'Augsbourg (1688-1697).

L'apogée se situe en 1695 avec 137 vaisseaux ; la mort de Seignelay (le fils de Colbert qui lui a succédé à la tête de la Marine) et les défaites (Barfleur, la Hougue, Marbella) entraînent la réduction des dépenses et donc du nombre de vaisseaux.

Pour l'ensemble du règne personnel de Louis XIV (1661-1715), 381 unités sont lancées[1]. Les unités de la flotte sont classées à partir de 1669 en six rangs, les vaisseaux correspondent aux quatre premiers rangs, les frégates aux cinquième et sixième.

  • Chalain ou Grand-Chalain, 1660, 42-48 canons (rebaptisé Triomphe en 1662, puis Courageux en 1671)
  • Royale, 1661, 56-58 (rebaptisé Ferme en 1671)
  • Infante, 1661, 36
  • Jules, 1661, 38 (rebaptisé en 1671 Indien)
  • Beaufort, 1662, 36-38 (rebaptisé en 1671 Neptune)
  • Mercœur, 1662, 36 (rebaptisé en 1671 Trident)
  • Saint-Philippe, 1663, 78
  • Dauphin, 1664, 52-54 (rebaptisé Vermandois en 1671, puis Vigilant en 1678)
  • Diamant, 1664, 60
  • Rubis, 1664, 60-64



  • Sceptre, 1670, 80
  • Madame, 1670, 72-76 (rebaptisé Pompeux en 1671)
  • Royale-Thérèse, 1670, 70-76 (rebaptisé Saint-Esprit en 1671)
  • Terrible, 1670, 68-70
  • Tonnant, 1670, 64-66
  • Joly, 1670, 70-80 (rebaptisé Henry en 1671)
  • Rubis, 1670, 72-76 (rebaptisé Florissant en 1671)
  • Brave, 1670, 50-54 (rebaptisé Prince en 1671)
  • Louvre, 1670, 50 (rebaptisé Bourbon en 1671)
  • Oriflamme, 1670, 50
  • Navarrais, 1670, 56 (rebaptisé Excellent en 1671)
  • Tourbillon, 1670, 28 (rebaptisé Pétillant en 1678)
  • Vermandois, 1671, 70-76 (rebaptisé Superbe en 1671)
  • Parfait, 1671, 60-64
  • Orgueilleux, 1672, 70-76
  • Saint-Michel, 1673, 60-64
  • Magnanime, 1673, 76-80
  • Victorieux, 1673, 108


  • Brave, 1675, 74-76 (rebaptisé Constant en 1675, puis Triomphant en 1678)
  • Courtisan, 1676, 72-76 (rebaptisé Belliqueux en 1678)
  • Admirable, 1678, 80-84 (rebaptisé Souverain en 1678)
  • Écueil, 1678, 40-44
  • Glorieux, 1679, 62-66
  • Léger, 1679, 40


  • Grand, 1680, 84-88
  • Magnifique, 1680, 84
  • Terrible, 1680, 76
  • Ardent, 1680, 64-66
  • Tonnant, 1681, 76
  • Fier, 1682, 76
  • Arrogant, 1682, 58
  • Bourbon, 1683, 64
  • Solide, 1683, 44
  • Emporte, 1683, 44
  • Gaillard, 1684, 44-48
  • Marquis, 1685, 56-60
  • Modéré, 1685, 52-56
  • Courtisan, 1686, 64-66
  • Content, 1686, 64-66
  • Sérieux, 1687, 64 puis 58 (rebaptisé Croissant en 1688, puis Sérieux en 1689)
  • François, 1687, 48-52
  • Conquérant, 1688, 84
  • Éclatant, 1688, 68-70
  • Henri, 1688, 68
  • Maure, 1688, 50-54
  • Trident, 1688, 50
  • Fortuné, 1689, 54-58
  • Fleuron, 1689, 56-58
  • Alcyon, 1689, 40






  • Conquérant, 1712, ?

Règne de Louis XV (1715-1774)[modifier | modifier le code]

Le Bretagne, trois-ponts issu du « don des vaisseaux. » (Musée de Brest)

La Régence (1715-1723) est une période de désarmement naval : les constructions sont freinées et les vaisseaux pourrissent dans les ports. Dans les années 1740-1750, le réarmement pousse la Marine royale à standardiser la taille et l'armement de ses nouveaux vaisseaux : les vaisseaux de 64 canons (le modèle en est le Borée lancé en 1735) et de de 74 canons (l’Invincible de 1744) forment désormais le gros de la ligne de bataille, tandis que ceux de 80 canons sur deux ponts (le Soleil Royal de 1749) sont les vaisseaux-amiraux.
Dans les années 1760, des trois-ponts (104 à 116 canons) seront de nouveau lancés, tandis que de nouveaux noms apparaissent à la suite du don des vaisseaux.








(renommé Brutus 1792)




Règne de Louis XVI (1774-1792)[modifier | modifier le code]

L'État de la Marine Royale de France en 1785 décompte 256 navires, dont 72 vaisseaux de ligne, 74 frégates, 28 corvettes et chébecs, et des dizaines de petites unités (gabares, cotres...). C'est l'une des plus forte marine que la France ait jamais compté.

Les années 1780 sont marquées par un nouvel effort de construction et de standardisation. À partir du milieu des années 1880, supervisée par l'ingénieur du génie maritime Jean-Charles de Borda, la construction des vaisseaux se fera selon seulement trois modèles, sur les plans de l'architecte-ingénieur Jacques-Noël Sané : les 74 canons de la classe Téméraire, les 80 canons de la classe Tonnant et les 118 canons de la classe Commerce de Marseille, tous de grande dimension dans leur catégorie, tout en faisant preuve de qualités maritimes exemplaires.

Article connexe : Flotte française en 1786.





Première République (1792-1804)[modifier | modifier le code]

L'année 1792 correspond à un deuxième apogée numérique pour la flotte française, avec 144 vaisseaux et frégates. C'est aussi l'année de la proclamation de la République (le 21 septembre 1792, d'où des changements de nom pour une partie de la flotte), qui va déclarer la guerre à presque tous ses voisins, notamment le Royaume-Uni (du 1er février 1793 jusqu'en 1815), les Provinces-Unies (du 1er février 1793 au 16 mai 1795), le Royaume d'Espagne (du 7 mars 1793 au 22 juillet 1795) et même les États-Unis au cours d'une quasi-guerre (de juillet 1798 au 30 septembre 1800).



Premier Empire (1804-1814)[modifier | modifier le code]

L'effort de guerre s'intensifie, la construction est favorisée par la standardisation. Les plans de Sané restent les références, auxquels il apporte lui-même deux modifications : un nouveau modèle de trois-ponts portant 110 canons, et un 74 canons raccourcis (« petit modèle ») pour pouvoir le construire dans les ports peu profonds (Gênes, Venise, Anvers, Rotterdam et Amsterdam).


Règnes de Louis XVIII (1814-1824) et de Charles X (1824-1830)[modifier | modifier le code]

Le retour à la paix en 1815 et l'occupation jusqu'en 1818 nécessitent une réduction importante du nombre de vaisseaux entretenus par la Marine française. Les constructions se poursuivent lentement, d'abord en continuant de monter des 74, 80 et 118 selon les plans de Sané, puis avec les nouveaux vaisseaux de 90 canons de la classe Suffren.

  • Magnifique, 1814, 80
  • Duc-d'Angoulême, 1814, 110 (rebaptisé Iéna en 1830)





Règne de Louis-Philippe (1830-1848)[modifier | modifier le code]




Deuxième République (1848-1852) et Second Empire (1852-1870)[modifier | modifier le code]

Ces années voient un nouvel effort de construction ; les vaisseaux sont désormais équipés avec une machine à vapeur actionnant une hélice. L'ingénieur Dupuy de Lôme développe sur ce concept la classe Napoléon, puis la frégate Gloire qui fut le premier navire de guerre cuirassé.


La mise à l’eau du Ville-de-Nantes en 1858.


Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ouvrages généraux
  • Martine Acerra (dir.), L'Invention du vaisseau de ligne, 1450-1700 : actes des 2èmes Journées d'histoire et d'archéologie maritime 18-19 juin 1992, île de Tatihou, Paris, éditions SPM, coll. « Kronos » (no 24),‎ 1997, 252 p. (ISBN 2-901952-25-9).
  • Martine Acerra et André Zysberg, L'Essor des marines de guerre européennes : vers 1680-1790, Paris, éditions SEDES, coll. « Regards sur l'histoire » (no 119),‎ 1997, 298 p. (ISBN 2-7181-9515-0).
  • Jean Peter (préf. Jean Boudriot), L'Artillerie et les fonderies de la Marine sous Louis XIV, Paris, éditions Economica, coll. « Hautes études maritimes » (no 4),‎ 1995, 212 p. (ISBN 2-7178-2885-0).
  • Michel Vergé-Franceschi, La Marine française au XVIIIe siècle : guerres, administration, exploration, Paris, éditions SEDES, coll. « Regards sur l'histoire » (no 114),‎ 1996 (ISBN 2-7181-9503-7).
  • Georges Lacour-Gayet, La Marine militaire de la France sous le règne de Louis XV, Honoré Champion éditeur,‎ 1902
  • Georges Lacour-Gayet, La marine militaire de France sous le règne de Louis XVI, Paris, éditions Honoré Champion,‎ 1905 (lire en ligne)
Nomenclatures

L'ouvrage de base est celui du capitaine de vaisseau Vichot. Mais il commence à dater. Néanmoins, il sera toujours utilisé avec profit.

  • Jacques Vichot, Répertoire des navires de guerre français, Paris, Association des amis des musées de la Marine,‎ 1967, 148 p. (lien notice BnF?).

Les ouvrages suivants sont les plus complets actuellement (2012) et suppléent, avantageusement, le Vichot[2].

  • F. Lecalve et Jean-Michel Roche, Liste des bâtiments de la flotte de guerre française de 1700 à nos jours, Société française d'histoire maritime,‎ 2001.
  • Jean-Michel Roche, Dictionnaire des bâtiments de la flotte de guerre française de Colbert à nos jours, Toulon, chez l'auteur,‎ 2005, 2 tomes, 527 + 591 p. (ISBN 2-9525917-0-9 et 2-9525917-1-7).
  • Alain Demerliac, La Marine de Louis XIV : nomenclature des vaisseaux du Roi-soleil de 1661 à 1715, Nice, Omega,‎ 1992, 292 p. (ISBN 2-906381-15-2).
  • Alain Demerliac, La Marine de Louis XV : nomenclature des navires français de 1715 à 1774, Nice, Omega,‎ 1995.
  • Alain Demerliac, La Marine de Louis XVI : nomenclature des navires français de 1774 à 1792, Nice, Omega,‎ 1996, 238 p. (ISBN 2-906381-23-3).
  • Alain Demerliac, La Marine de la Révolution : nomenclature des navires français de 1792 à 1799, Nice, Omega,‎ 1999.
  • Alain Demerliac, La Marine du Consulat et du Premier Empire : nomenclature des navires français de 1800 à 1815, Nice, Omega,‎ 2003.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Martine Acerra et André Zysberg, L'essor des marines de guerre européennes, 1680-1790, Paris, éditions SEDES,‎ 1997.
  2. Le Service historique de la Marine conseille les mêmes ouvrages [1].