Vétéran (1803)

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Le Vétéran
Image illustrative de l'article Vétéran (1803)
Michel Bouquet, Le Vétéran entrant à Concarneau sous le feu des Britanniques, en août 1806, Musée de Brest.

Autres noms le Magnanime (1794),
le Quatorze Juillet (1798)
Histoire
A servi dans Pavillon de la Marine de la République française Marine de la République
Pavillon de la marine française Marine nationale française
Quille posée 10 novembre 1794
Lancement 18 juillet 1803
Armé décembre 1803
Caractéristiques techniques
Type vaisseau de ligne
Longueur 173,1 pieds (soit 56,23 mètres)
Maître-bau 45,4 pieds (soit 14,85 mètres)
Tirant d'eau 22,3 pieds (soit jusqu'à 7,45 mètres)
Pont 2
Déplacement 2 990 tonnes
Propulsion 2 485 m² de voilure
Vitesse 11 nœuds maximum
Caractéristiques militaires
Armement 74 canons
Autres caractéristiques
Équipage 687 personnes
Port d'attache Brest

Le Vétéran est un navire de guerre français, en service de 1803 à 1833. C'est un vaisseau de ligne, portant 74 canons sur deux ponts-batteries, de la classe Téméraire.

Une sous-classe spéciale[modifier | modifier le code]

Sept ans de construction[modifier | modifier le code]

Mis sur cale en 1794 à Brest sous le nom de Magnanime, toujours en chantier il est renommé Quatorze Juillet le 7 mai 1798, puis Vétéran à partir du 6 décembre 1802.

Le Vétéran est construit à Brest sous la direction de Pierre Ozanne selon les plans de Jacques-Noël Sané, mais il est un peu plus long que les autres vaisseaux de 74 canons du même ingénieur (173 pieds au lieu de 172, soit 56,2 mètres au lieu de 55,8), pour pouvoir être armé avec des canons de 24 livres en seconde batterie (au lieu de 18 livres, qui nécessitent un peu moins de place).

Avec le Cassard, il compose une sous-catégorie de la classe Téméraire.

Armement[modifier | modifier le code]

Masse totale d'une bordée : 1 036 livres de boulets, soit plus qu'un vaisseau de 74 de la classe Téméraire (910 livres), mais moins qu'un 80 canons de la classe Tonnant (1 140 livres).

Carrière[modifier | modifier le code]

L'Atlantique (1805-1806)[modifier | modifier le code]

Le 13 décembre 1805, il quitte Brest sous le commandement de Jérôme Bonaparte. Il fait partie de l'escadre du contre-amiral Willaumez, dans la cadre de la campagne de l'Atlantique dont la mission est de s’emparer des convois d’indiamen lors de leur passage à proximité de l’île de Sainte-Hélène.

Elle parvient à échapper à l'escadre britannique de Duckworth après une longue poursuite, mais Willaumez apprend que les Britanniques viennent de s’emparer du cap de Bonne-Espérance où il comptait s’approvisionner. L'épuisement des vivres le pousse alors à se diriger vers Bahia. Il atteint ensuite Fort-de-France en juin 1806 mais cette base ne dispose plus d’aucun moyen de réparation alors que ses navires sont épuisés. Willaumez ne peut sérieusement envisager de combattre l’escadre de Thomas Cochrane, pourtant inférieure en puissance, qui escorte un important convoi.

Au large des Bahamas, poursuivant un convoi britannique, l'escadre est dispersée par un ouragan. Le Vétéran isolé, Jérôme Bonaparte en profite pour faire route dans un premier temps vers Québec, détruisant quelques navires marchands ennemis et leur escorte. Les consignes du contre-amiral sont, en cas de dispersion de la flotte, de faire route sur le banc de la « Grande sole » au sud de l'Irlande. Le Vétéran arrive sur zone le 23 août 1806. Aucun navire en vue, Jérôme Bonaparte ordonne de mettre cap sur Lorient. Les vents favorables lui ont permis de porter toute la toile et de filer bon train, malgré une carène couverte d'algues.

Concarneau (1806)[modifier | modifier le code]

Le 26 août, alors que le vent fraîchit du sud-ouest avec grains, quatre navires ennemis sont aperçus. Le Vétéran se rapproche des Glénan, suivi par les navires ennemis. Les écueils sont proches et la marée baisse ; Concarneau n'est qu'un port de pêche, peu profond, jamais un navire du tonnage du Vétéran ne s'est engagé dans les passes qui mènent au port.

C'est alors que le second, le capitaine de frégate Halgan, entend un matelot-timonier du nom de Jean-Marie Furic qui, ayant pratiqué la pêche en baie de Concarneau, affirme qu'il peut y faire rentrer le Vétéran. Après quelques explications, sous la pression des canons des vaisseaux anglais, Jérôme Bonaparte lui confie la barre. À 9 h 30, après avoir audacieusement serpenté entre les roches affleurantes qui ont fait renoncer les Britanniques, le Vétéran est au mouillage en baie de la Forêt-Fouesnant. Le lendemain, un pilote de Concarneau conduira le navire au plus près de l'entrée du port où il mouillera. En raison de son tirant d'eau important qu'il faut réduire à 19 pieds, toute l'artillerie est déposée à terre par les bateaux de pêche concarnois et la provision d'eau douce est débarquée.

Embossé devant la ville close[modifier | modifier le code]

Le 30 août, le Vétéran s'arrime au pied des fortifications de la Ville-Close, affourché sur deux ancres en patte d'oie, la proue cap au sud sud-ouest. Le Vétéran restera cinq longues années à Concarneau, où aux sept cents habitants se mêleront autant de marins désœuvrés, avant de rallier Brest sous le commandement du capitaine Julien de Lagravière, où il reste jusqu'à la fin des hostilités.

Désarmé en 1833, le Vétéran est démoli en 1842.

Sources et références[modifier | modifier le code]