Commerce de Marseille (1788)

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Commerce de Marseille
Image illustrative de l'article Commerce de Marseille (1788)
Modèle-réduit du Commerce de Marseille au 1/48 se trouvant à Marseille.

Autres noms HMS Commerce de Marseille
Histoire
A servi dans Pavillon de la marine royale française Marine royale française
Pavillon de la Marine de la République française Marine de la République
Commandé 30 septembre 1785
Quille posée 1786
Lancement 7 septembre 1788
Armé octobre 1790
Caractéristiques techniques
Type vaisseau de ligne, classe Commerce de Marseille
Longueur 65,18 mètres
Maître-bau 16,24 mètres
Tirant d'eau 8,12 mètres
Tonnage 5 095 tonnes
Propulsion voiles (3 250 m²)
Caractéristiques militaires
Blindage bois
Armement 118 canons
Autres caractéristiques
Équipage 1 130 hommes
Chantier naval Toulon

Le Commerce de Marseille est un navire de guerre en service dans la Marine française de 1788 à 1793, puis dans la Royal Navy britannique jusqu'en 1802. C'est un vaisseau de ligne de premier rang, portant 118 canons[1] sur trois ponts.

Construction[modifier | modifier le code]

Le Commerce de Marseille est le premier d'une série de seize unités, la classe Commerce de Marseille. Ce sont les plus puissants navires de guerre de la fin du XVIIIe siècle, destinés à être les vaisseaux-amiraux des escadres françaises.

Les plans du nouveau modèle de vaisseau trois-ponts sont établis en 1784 par l'ingénieur Sané, qui est aussi l'auteur des plans des nouveaux modèles de frégates de 18, de vaisseaux de 74 et de 80 canons : la Marine royale cherche à faire des économies d'échelle en standardisant ses nouvelles unités.

La construction des deux premiers vaisseaux de 118 canons est ordonnée le 30 septembre 1785, l'un à Toulon pour servir de navire amiral à la flotte du Levant, l'autre à Brest pour servir d'amiral à la flotte du Ponant. Celui de Toulon, construit de 1786 à 1790, est baptisé le Commerce de Marseille en l'honneur des négociants de cette ville qui participent au financement de sa construction par des dons importants réunis par leur chambre de commerce.

Article détaillé : Don des vaisseaux.

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

La coque fait 196 pieds 6 pouces (soit 65,18 mètres) de long de l'étrave à l'étambot, 50 pieds de large (16,24 mètres) et 25 pieds de creux (8,12 mètres de tirant d'eau). Le volume approche les 3 000 tonneaux, avec un déplacement à plein de 5 100 tonnes ; malgré les 3 200 m² de voiles, la vitesse ne dépasse pas les 9 ou 10 nœuds maximum.

Bien que dénommé « vaisseau de 118 canons », le vaisseau porte en fait 124[2] pièces d'artillerie si on compte les caronades :
32 canons de 36 livres en première batterie ;
34 canons de 24 livres en deuxième batterie ;
34 canons de 12 livres en troisième batterie ;
18 canons de 8 livres et 6 obusiers de 36 livres sur les gaillards.
Le poids total d'une bordée est de 1 368 livres de boulets.

Les essences utilisées sont surtout du chêne (pour la coque), avec un peu de pin et de sapin (pour les différents mâts[3], composés de plusieurs troncs maintenus par des cercles de fer). Les pièces d'artillerie et les boulets[4] sont en fer[5], les cordages en chanvre goudronné, les vingt-et-une voiles en toile de chanvre. L'étanchéité des œuvres vives est assurée par un calfatage au goudron, avec un doublage par 2 800 plaques en cuivre[6]. La décoration de proue et de poupe est assez simple, surtout comparée à celle du règne de Louis XIV.

Grâce à notamment deux peintures représentant le vaisseau[7],, on sait comment le vaisseau est peint : la première batterie et la carène sont en noir de fumée (gris très sombre), les deuxième et troisième batteries en ocre jaune, le bastingage en bleu outremer (ce qui est rare car à l'époque le bleu est cher), les ponts et l'intérieur sont blanchis à la chaux sauf dans les batteries qui sont ocre rouge, la décoration est en jaune de Naples avec quelques éléments dorés à la feuille d'or.

Une courte carrière[modifier | modifier le code]

Lancé le 7 septembre 1788, le Commerce de Marseille est terminé en octobre 1790, mais le vaisseau ne servira pas longtemps de navire amiral à la flotte du Levant : le 29 août 1793, la flotte anglo-espagnole de Hood entre dans la rade de Toulon ; le contre-amiral Saint-Julien donne l'ordre du branle-bas de combat, mais seuls quatre vaisseaux (dont le Commerce de Marseille, sans officier et commandé par l'équipage) sur dix-sept obéissent. La ville, avec l'arsenal et la majeure partie de la flotte[8], sont livrés aux Britanniques.

Article détaillé : Siège de Toulon (1793).

Le 19 décembre 1793, l'armée républicaine française entre dans Toulon, juste après l'appareillage de la flotte britannique de l'amiral Hood. Celui-ci emmène avec lui trois vaisseaux capturés, dont le Commerce de Marseille. Les stocks de l'arsenal et neuf vaisseaux brûlent[9].

Le vaisseau devient britannique sous le nom de HMS Commerce de Marseille. Ses qualités sont donc testées :
« Vaisseau aux lignes exceptionnellement fines, un bon navire de haute mer [...]. En dépit de ses dimensions, il navigue comme une frégate, il a une bonne tenue à la mer. Peu de navires sont comparables à lui, c´est un remarquable navire, très sûr et aisé[10] ».

D'abord stationné à Portsmouth, il part ensuite pour les Antilles, mais en 1795 une tempête l'abîme tellement que le vaisseau est transformé en magasin flottant, puis en ponton-prison à partir de février 1799. La coque est démolie en 1802.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le vaisseau est de 118 canons, sans compter les six caronades qui portent la puissance de feu à 124 pièces d'artillerie.
  2. Selon le règlement de 1786 détaillant l'armement et l'équipage des nouveaux vaisseaux de 74, 80 et 118 canons.
  3. Pour porter toute la voilure il faut onze mâts, à raison de deux pour le beaupré, trois pour la misaine, le grand mât et l'artimon.
  4. Une dotation de 60 boulets est prévue pour chaque pièce d'artillerie.
  5. Le terme de « fonte » peut prêter à confusion, car aux XVIIe et XVIIIe siècles il désigne en fait du bronze, et non un alliage à base de fer (la fonte au sens contemporain). Il est évidemment hors de question de tirer des boulets de bronze, matière qui est six à sept fois plus cher que le « fer ». Il en est de même pour les canons, malgré une question de prestige : si au début du règne de Louis XIV tous les gros canons (36 et 24 livres) sont en « fonte » (bronze), ils sont remplacés rapidement par des canons en « fer » (fonte), qui deviennent majoritaires à partir de 1696. Source : Jean Peter, L'artillerie et les fonderies de la marine sous Louis XIV, éditions Economica, 1995.
  6. Le doublage au cuivre de la carène empêche les tarets et les algues de se fixer sur la coque, ce qui endommage et ralenti considérablement un navire.
  7. « Peintures représentant le vaisseau trouvées par Gérard Delacroix », sur http://le118.aceboard.com/.
  8. Le contre-amiral de Saint-Julien évacue la rade de Toulon avec sept vaisseaux, tandis que le commandant de la flotte, le comte de Trogoff, passe du côté des Britanniques.
  9. Les magasins de l'arsenal et les vaisseaux dans les bassins de Toulon sont incendiés par William Sidney Smith sur ordre de l'amiral Samuel Hood.
  10. Rapport à l'Amirauté britannique.