Bucentaure (navire français)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Bucentaure.
Bucentaure
Image illustrative de l'article Bucentaure (navire français)
Le Bucentaure.

Histoire
A servi dans Pavillon de la Marine du Premier Empire Marine impériale française
Quille posée novembre 1802
Lancement 13 juillet 1803
Armé janvier 1804
Statut coulé le 22 octobre 1805
Caractéristiques techniques
Type vaisseau de ligne
Longueur 59,26 mètres
Maître-bau 15,26 mètres
Tirant d'eau 7,58 mètres
Tonnage 3 868 tonnes
Propulsion voile
Caractéristiques militaires
Armement 86 pièces d'artillerie :
30 canons de 36 livres
32 canons de 24 livres
18 canons de 12 livres
6 caronades de 36 livres
Autres caractéristiques
Équipage 2860 hommes
Port d'attache Toulon

Le Bucentaure est un navire de guerre français en service de 1803 à 1805. C'est un vaisseau de 80 canons répartis sur deux ponts, de la classe Tonnant dont l'ingénieur en chef était Jacques-Noël Sané.

Carrière[modifier | modifier le code]

Il porta d'abord la marque du vice-amiral Latouche-Tréville, jusqu'à la mort de celui-ci le 18 août 1804. Il arbora ensuite la marque du vice-amiral Villeneuve à partir du 6 novembre 1804.

Il fut célèbre pour avoir été le vaisseau-amiral français lors de la bataille de Trafalgar (le 21 octobre 1805). Il était alors commandé par le capitaine Magendie. Lors de la bataille, l'amiral Nelson à la tête de la flotte britannique, sur le HMS Victory (vaisseau de 104 canons), perça la ligne franco-espagnole entre le Bucentaure et le Redoutable lâchant au passage une bordée de 50 canons qui ravagea la poupe et le pont du vaisseau-amiral français ; ceci laissa le Bucentaure quasiment hors de combat. Après trois heures de combat, l'amiral Villeneuve décida de se rendre.

Le vaisseau fut remorqué par le vaisseau britannique HMS Conqueror. Dans la nuit, le Bucentaure rompit son fil de remorque. Les officiers français, encore à bord, décidèrent alors de reprendre le navire aux Britanniques. Ils mirent le cap sur Cadix en pleine tempête mais, au petit matin, alors qu'il était en vue du port, il s'échoua et, malgré les tentatives pour l'alléger et le dégager, le navire dut être abandonné. Le Bucentaure coula peu de temps après.

Ce navire resta célèbre pour avoir amené son pavillon en dernier, du moins pour les Français car la Santísima Trinidad (le navire amiral espagnol) semble avoir amené son pavillon en dernier.

Composition de l'équipage[1][modifier | modifier le code]

Le Bucentaure d'Auguste Mayer[modifier | modifier le code]

Toile d'Auguste Mayer représentant le Bucentaure en train de recevoir une salve du HMS Sandwich (mais le peintre commet une erreur puisque le HMS Sandwich fut retiré du service actif en 1797 et ne put jamais combattre un navire lancé en 1803 tel que le Bucentaure).
Detail augmenté du Bucentaure, sur le tableau de Mayer.

En 1836, le peintre français Auguste Mayer peignit une série de six tableaux à l'huile qui mesuraient 105 cm de haut par 162 de large. Sur ces tableaux le peintre représenta différents moments où le Bucentaure combat jusqu'à cinq navires britanniques au cours de la bataille de Trafalgar. Sur l'un de ces tableaux, visible ici à droite, Mayer représente le Bucentaure complètement démâté et se battant encore avec acharnement après deux heures de combat. À l'arrière-plan, au fond à gauche, le Redoutable combat le HMS Victory et le HMS Temeraire. Le vaisseau britannique représenté au premier-plan, à droite du Bucentaure est le HMS Sandwich, mais le peintre commit une erreur puisque ce navire fut retiré du service actif en 1797 et ne participa jamais à la bataille de Trafalgar. Le Bucentaure ne put donc combattre le HMS Sandwich puisque le Bucentaure fut lancé six ans après que le HMS Sandwich eut été retiré du service[5]. On a dit aussi que le navire français ici représenté n'est pas le Bucentaure, qu'il est le Redoutable, mais le Bucentaure est ici facilement reconnaissable au bucentaure de sa figure de proue.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Descriptif théorique, d'après l'ordonnance du 1er janvier 1786, Source : Archives nationales, fonds Marine, B5-28. Dans la réalité ces valeurs sont peu respectées, du fait des nombreuses pertes parmi les gens de mer à cette époque. L'escadre de Villeneuve n'échappe pas à ce problème, d'autant qu'elle a fait un aller-retour jusqu'aux Antilles, perdant par accidents ou par maladie beaucoup de monde, remplacé par des soldats en vidant les dépôts coloniaux. Remplacer des marins par des soldats donne une bonne mousqueterie, mais un médiocre canonnage lors des combats.
  2. La garnison des vaisseaux (130 hommes sur un 80 canons, sans compter les canonniers militaires) est assurée côté français par les troupes de marine, complétées par de l'infanterie de ligne. Côté britannique, ce sont des troupes fournies par le Corps des Royal Marines ou des fantassins de l'Armée.
  3. Membres des troupes de marine, du 2e régiment d'artillerie de la Marine de Toulon.
  4. L'escadre de Villeneuve (11 vaisseaux et 6 frégates) a embarqué avant son départ de Toulon 3 332 hommes des 16e et 67e régiments d'infanterie de ligne, dont 108 officiers. Source : Archives nationales, fond Marine, BB4-235.
  5. Le site internet du Musée national de la Marine offre une description du tableau de Mayer.

Sources[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]