Artésien

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Page d'aide sur l'homonymie Cet article traite d'un navire. Pour le gentilé, voir Artois, pour le phénomène physique, voir puits artésien.
Artésien
Image illustrative de l'article Artésien
Modèle réduit de l’Artésien, Musée national de la Marine.

Histoire
A servi dans Pavillon de la marine royale française Marine royale française
Pavillon de la Marine de la République française Marine de la République
Quille posée 3 avril 1764
Lancement 7 mars 1765
Armé mai 1765
Caractéristiques techniques
Type vaisseau de ligne
Longueur 50,2 mètres
Maître-bau 13,2 mètres
Tirant d'eau 6,4 mètres
Tonnage 1 200 tonnes
Propulsion voile
Caractéristiques militaires
Armement 64 canons

L’Artésien est un navire de guerre français en service de 1765 à 1785. C'est un vaisseau de ligne de troisième rang portant 64 canons sur deux ponts.

Construction[modifier | modifier le code]

La construction de l’Artésien a été financée par les États d'Artois et de Flandre dans le cadre des dons par presque toutes les institutions du royaume de France (provinces, villes, chambres de commerce, corps de marchands...) pour renouveler la flotte de guerre suite aux pertes de la Guerre de Sept Ans.

Article détaillé : Don des vaisseaux.

Le vaisseau est construit à l'arsenal de Brest selon les plans de l'ingénieur Joseph Olivier : la quille est posée le 3 avril 1764, la coque est mise à flot le 7 mars 1765 et l'armement se termine en mai 1765 :
26 canons de 24 livres
28 canons de 12 livres
10 canons de 6 livres.

Il passe en refonte à Rochefort en 1777. Le navire est réputé maniable et bon marcheur.

Guerre d'Amérique[modifier | modifier le code]

En Europe et en Amérique (1778-1780)[modifier | modifier le code]

Théodore Gudin, Le Combat d'Ouessant.

L’Artésien participe le 27 juillet 1778 à la bataille d'Ouessant. Le vaisseau est commandé par le capitaine des Touches, au sein de l'escadre blanche (soit au centre de la ligne) dirigée par l'amiral d'Orvilliers sur la Bretagne.

En 1779, l’Artésien capture avec l'aide de l’Orient (un vaisseau de 74 canons) le corsaire anglais Vigilant, mais l’Artésien le coule en l'abordant par accident en baie d'Audierne.

Les vaisseaux de 64 canons étant bien moins puissants et résistants que leurs collègues de 74 canons, ils sont très vite destinés à des missions plus périphériques. L’Artésien est envoyé de Brest à Fort-Royal sous le commandement du capitaine Peynier pour rejoindre l'escadre de Guichen. Il participe le 17 avril 1780 au combat devant la Martinique, avant de rentrer en France et d'être radoubé.

Aux Indes (1781-1784)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Indes orientales.

Pour l'année 1781 une puissante escadre (vingt vaisseaux) est de nouveau envoyée sous les ordres de Grasse aux Antilles, tandis qu'une autre (douze vaisseaux) sous Guichen doit assiéger Gibraltar. La nouveauté est qu'une petite escadre (cinq vaisseaux) est confiée à Suffren pour aller au-delà du Cap vers les Indes. L’Artésien quitte Brest le 22 mars 1781 au sein de la flotte à destination des Amériques, mais il est finalement confié à l'escadre de Suffren.

Pierre Gilbert, La Bataille de Porto Praya.

Le 16 avril 1781, l'escadre tombe par hasard en rade de La Praya (île de Santiago dans l'archipel du Cap-Vert, colonie portugaise) sur quatre vaisseaux britanniques de 50 canons et de nombreux Indiamen de la BEIC, le tout commandé par Johnstone. Le capitaine de l’Artésien, Cardaillacy, est tué au début de l'action, ce qui fait dériver le vaisseau hors du combat avant que son second Pas de Beaulieu ne prenne le commandement et ne s'empare d'un Indiaman.

Après une longue escale au Cap (du 20 juin au 16 août 1781) puis à Port-Louis (sur l'île de France, du 25 octobre au 7 décembre 1781), l'escadre arrive enfin aux Indes en février 1782 ; elle est désormais forte de onze vaisseaux (trois de 74, sept de 64 et un de 56 canons) et a fait le 21 janvier 1782 la prise du HMS Hannibal (en) (50 canons, rebaptisé le Petit Annibal).

Dominique Serres, La Bataille de Négapatam, 1786.

Le nouveau commandant de l’Artésien, François-Joseph-Hippolyte Bidé de Maurville[1], se fait remarquer en mal par Suffren lors des batailles contre l'escadre britannique d'Hughes : à Sadras (17 février 1782) il n'engage pas son vaisseau ; à Provédien (12 avril 1782) il canonne de trop loin (12 morts et 20 blessés) ; à Négapatam (6 juillet 1782) il participe de loin, restant vent-arrière alors qu'un incendie a pris sur sa poupe.

Bidé de Maurville est démis de son commandement par Suffren et l’Artésien est confié au capitaine Saint-Félix (qui a commandé jusque-là le Brillant, de 64 canons). Le nouveau commandant est à peine plus chanceux que son prédécesseur lors de la bataille suivante à Trinquemalay (3 septembre 1782), pendant laquelle il s'éloigne à l'avant-garde loin du combat, avant de revenir sauver le Héros (vaisseau-amiral de Suffren) démâté. Le vaisseau a encore une fois peu participé, avec seulement 4 tués et 20 blessés[2]. Saint-Félix présente sa démission le 23 septembre avec trois autres capitaines, mais est réintégré peu après (comme second sur un autre vaisseau). L’Artésien participe enfin au combat naval de Gondelour (20 juin 1783), sans particulièrement se faire remarquer.

Fin de carrière[modifier | modifier le code]

Le vaisseau est désarmé à son retour en février 1784, avant d'être transformé en 1785 en ponton portant une machine à mâter à Rochefort, puis en ponton de carène.

Il est démoli en mai 1792.

Maquette[modifier | modifier le code]

Un modèle au 1/48, réalisé en même temps que le vaisseau, est conservé au Musée national de la Marine à Paris[3]. Cette maquette a servi à l'instruction par Nicolas Ozanne des petits-fils du Roi : le dauphin, le comte de Provence et le comte d'Artois.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. François-Joseph-Hippolyte Bidé de Maurville, fils aîné du lieutenant général Hippolyte Bernard Bidé de Maurville, garde-marine le 25 avril 1757, grièvement blessé en 1765 à l'affaire de Larache au Maroc où il est resté deux ans en captivité, il a laissé une Relation de l'affaire de Larache (1775). Lieutenant de vaisseau le 15 août 1768, capitaine de vaisseau le 13 mars 1779, il laisse échapper le 5 juin 1782 un vaisseau anglais en levant la chasse malgré le signal qui lui avait été fait de continuer. Démonté par le général après le combat du 6 juillet, renvoyé en France, enfermé au château de l'île de Ré, il fut remis en liberté et rayé des listes de la marine le 25 juillet 1783. Voir Louis-Marie Meschinet de Richemond, Les marins rochelais, notes biographiques, La Rochelle, A. Foucher, 1906, pp. 109-110
  2. Récit de la bataille de Trinquemale par Armand de Saint-Félix.
  3. [PDF] « Présentation de la monographie de Jacques Fichant sur l’Artésien », sur http://www.norrac.com/.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean Boudriot, « L'Artésien, vaisseau de 64 canons », Neptunia, no 143,‎ 1981.
  • Jean Boudriot et Hubert Berti, Les vaisseaux de 50 & 64 canons, 1650-1780, Paris, éditions ANCRE,‎ 1994 (ISBN 2-903179-12-3, résumé).
  • Jacques Fichant, L'Artésien, vaisseau de 64 canons, 1764-1785, Nice, éditions ANCRE, coll. « archéologie navale française »,‎ 2009.
  • Jean-Michel Roche, Dictionnaire des bâtiments de la Flotte de guerre française de Colbert à nos jours, t. 1 : (1671-1870), Toulon, chez l'auteur,‎ 2005 (ISBN 2-9525917-0-9, résumé).

Lien externe[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]