Ligne D du métro de Lyon

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Métro ligne D
Rame 363-364 aux ateliers de la ligne D, au Thioley (Vénissieux)
Rame 363-364 aux ateliers de la ligne D, au Thioley (Vénissieux)
Carte

Réseau Métro de Lyon
Date d’ouverture 9 décembre 1991 : Gorge de Loup à Grange Blanche
Dernière modification Prolongement de Gorge de Loup à Gare de Vaise le 28 avril 1997
Terminus Gare de Vaise
Gare de Vénissieux
Exploitant Keolis Lyon
Conduite (système) Automatique (PAI)
Matériel utilisé MPL 85
(36 rames)
Dépôt d’attache Unité de transport métro D du Thioley
Points d’arrêt 15
Longueur 12.6 km
Temps de parcours 25 min
Distance moyenne entre points d’arrêt 900 m
Communes desservies 2
Jours de fonctionnement LMaMeJVSD
Fréquentation
(moy. par an)
76 268 333 (2011)[1]
1er/4 (2011)
Lignes connexes Métro de Lyon Ligne A Ligne B Ligne C Ligne D
Rame à la station Gorge de Loup.

La ligne D du métro de Lyon est une ligne du réseau métropolitain de Lyon. Cette quatrième ligne, sur pneumatiques, dont le premier tronçon a été ouvert en 1991[2], relie aujourd'hui la station Gare de Vaise, dans le nord-ouest de Lyon, à la station Gare de Vénissieux.

Avec une longueur de 12,6 km[3], elle constitue une voie de communication « est-ouest » importante pour l'agglomération lyonnaise, transitant par le quartier historique du Vieux Lyon, le centre (place Bellecour) et le quartier des hôpitaux (Grange Blanche) : c'est la ligne de métro la plus fréquentée du réseau, ainsi que la plus fréquentée de province, avec 74,5 millions de voyageurs en 2010 et jusqu'à 296 595 personnes par jour[3].

MAGGALY (Métro Automatique à Grand Gabarit de l'Agglomération LYonnaise)[3] est un nom de code désignant le système automatique de la ligne, lors de sa construction[4].

Histoire[modifier | modifier le code]

Chronologie[modifier | modifier le code]

  • 4 septembre 1991 : mise en service en conduite manuelle de la ligne entre Gorge de Loup et Grange Blanche[2] ;
  • 31 août 1992 : mise en service du pilotage automatique intégral sur cette première section ;
  • 11 décembre 1992 : prolongement de Grange Blanche à Gare de Vénissieux[2] ;
  • 28 avril 1997 : prolongement de Gorge de Loup à Gare de Vaise[2] ;
  • Début septembre 2008 : mise en service d'une nouvelle rame prototype (dans le but d'un réaménagement complet des rames qui s'est achevé en mai 2010).

Les origines de la ligne[modifier | modifier le code]

En 1977, le schéma présenté par la Société d'Économie Mixte du Métropolitain de Lyon (SEMALY) incluait déjà la desserte de l'agglomération lyonnaise d'ouest en est. Il était alors prévu que la future ligne D relie Saint-Jean Vieux-Lyon à Grange-Blanche, avec un prolongement ultérieur au centre-ville de Vénissieux.

Les travaux[modifier | modifier le code]

Tracé et stations[modifier | modifier le code]

Tracé géographique de la ligne D

Cette ligne, qui est entièrement souterraine et même localement la plus profonde[3], a été construite selon deux techniques :

Elle naît à la gare de Vaise, dans un pôle d'échanges intermodal construit à la place de l'ancienne gare qui dessert le nord-ouest de l'agglomération (notamment les quartiers lyonnais de la Duchère et Saint Rambert, ainsi que les communes des Monts d'Or.

Le tracé s'oriente alors globalement au sud, en suivant la voie ferrée puis la rue de Bourgogne. À partir de la place Valmy, le tracé s'oriente plein sud sous la rue du sergent Michel Berthet.

La station Gorge de Loup, construite en limite sud de la zone densément construite de Vaise, dessert un deuxième pôle d'échanges important desservant tout l'ouest de l'agglomération.

Après une courbe assez marquée, le tracé s'infléchit au sud-est, direction que la ligne va garder pendant la plus grande partie de la traversée de Lyon. Le tunnel s'enfonce assez profondément sous la colline de Fourvière, en une grande ligne droite sans station de 1700 mètres environ. L'implantation à grande profondeur de la station Vieux Lyon permet ensuite la traversée sous-fluviale de la Saône par un tunnel bi-tube, qui enserre le quai central de la station Bellecour, située à l'est de la place, perpendiculairement sous la celle de la ligne A. Le tunnel continue en traversée sous-fluviale du Rhône avant de remonter sous le cours Gambetta.

La ligne suit ensuite une longue ligne droite, en tranchée couverte à faible profondeur sous les cours Gambetta puis Albert Thomas, à l'exception de quelques cas particuliers : elle passe au-dessus de la ligne B, mais en dessous de la section enterrée de la rue Garibaldi et d'un collecteur d'eaux usées, puis de la tranchée de la Guillotière de la voie ferrée.

Au bout de cette ligne droite, se trouve la station Grange Blanche, établie à quai central, qui dessert le quartier des hôpitaux et établissements d'enseignement liés à la santé.

La ligne suit le début de l'avenue Rockefeller, mais s'incurve plus au sud sous un terrain dont les constructions ont été démolies pour le métro et réutilisé depuis pour la station Ambroise Paré des lignes T2 et T5 du tramway. Suivant la même orientation, la ligne passe sous la rue Guillaume Paradin, avant de tourner vers le sud sous le boulevard Pinel.

Elle dessert la station Mermoz - Pinel située sous l'ouvrage qui marque le début de l'autoroute A43, puis Parilly, située à proximité du périphérique et qui constitue le troisième grand pôle d'échanges de périphérie, desservant le sud-est et notamment Saint-Priest.

Toujours orientée plein sud, la ligne rejoint son terminus à la Gare de Vénissieux, quatrième pôle d'échanges et troisième gare. Elle se situe au 2e sous-sol et, accueille la ligne de tramway T4.

Liste des stations[modifier | modifier le code]

Les stations de métro de la ligne sont présentées d'ouest en est :

      Station Communes desservies Correspondances[5]
    Gare de Vaise Lyon 9e Bus en mode C Ligne C6 Ligne C14, P+R, TER Rhône-Alpes
    Valmy Lyon 9e Bus en mode C Ligne C6 Ligne C14
    Gorge de Loup Lyon 9e Bus en mode C Ligne C21 Ligne C24 Ligne C24E, P+R, TER Rhône-Alpes
    Vieux Lyon - Cathédrale Saint-Jean Lyon 5e Funiculaire de Lyon Ligne F1 Ligne F2, Bus en mode C Ligne C20 Ligne C20E
    Bellecour Lyon 2e Métro de Lyon Ligne A, Bus en mode C Ligne C5 Ligne C9 Ligne C10 Ligne C12 Ligne C20 Ligne C20E
    Guillotière - Gabriel Péri Lyon 3e et Lyon 7e Tramway de Lyon Ligne T1, Bus en mode C Ligne C12 Ligne C23
    Saxe - Gambetta Lyon 3e et Lyon 7e Métro de Lyon Ligne B, Bus en mode C Ligne C4 Ligne C11 Ligne C12 Ligne C14 Ligne C23
    Garibaldi Lyon 3e et Lyon 7e Bus en mode C Ligne C7 Ligne C23
    Sans Souci Lyon 3e et Lyon 8e
    Monplaisir - Lumière Lyon 3e et Lyon 8e Bus en mode C Ligne C16
    Grange Blanche Lyon 3e et Lyon 8e Tramway de Lyon Ligne T2 Ligne T5, Bus en mode C Ligne C8 Ligne C13 Ligne C16 Ligne C22 Ligne C26
    Laënnec Lyon 8e
    Mermoz - Pinel Lyon 8e et Bron Bus en mode C Ligne C15, P+R
    Parilly Vénissieux Bus en mode C Ligne C23 Ligne C25, P+R
    Gare de Vénissieux Vénissieux Tramway de Lyon Ligne T4, P+R, TER Rhône-Alpes


Stations particulières ou à thème[modifier | modifier le code]

  • Monplaisir - Lumière a pour thème le cinéma, des photographies des frères Lumière ornant les piliers, et une sculpture en leur honneur décorant une des entrées.
  • Parilly est construite dans une architecture proche de celle de cathédrales, avec des colonnes et des arches.
  • Vieux-Lyon est décorée de pierres de couleur beige et est la plus profonde de toutes les stations du métro ; elle accueille le plus grand escalator du réseau.
  • Valmy est la seule station à avoir un sol éclairé.

Raccordement[modifier | modifier le code]

La ligne D ne comporte qu'un seul raccordement vers le reste du réseau, vers la ligne B. Il est établi sur la voie 1 (direction Vaise) entre les stations Garibaldi et Saxe - Gambetta. Il suit le tracé de l'avenue Félix-Faure.

Ateliers[modifier | modifier le code]

Rame n°4, 308-309, aux ateliers du Thioley

Le matériel roulant de la ligne D est entretenu aux ateliers du Thioley dans le quartier de Parilly, à Vénissieux.

Un raccordement établi sur la voie 2 (direction Gare de Vénissieux) permet l'entrée et la sortie du site.





Plan de voies[6][modifier | modifier le code]

Exploitation[modifier | modifier le code]

La fréquence en heures de pointe est d'une rame toutes les 90 secondes, de 2 minutes 50 secondes en heures creuses et de 5 minutes 30 en soirée[2], et la vitesse commerciale est de 31 km/h[3]. Vingt-neuf trains roulent simultanément aux heures de pointe[2]. Le poste de commande centralisé (PCC) est supervisé par 3 régulateurs et se trouve attenant à la station Gare Part-Dieu[2].

Matériel roulant[modifier | modifier le code]

Article détaillé : MPL 85.
Rame au terminus Gare de Vénissieux.

Les 36 rames affectées à la ligne depuis son ouverture sont composées de 2 voitures (motrice + motrice) non intercirculantes de type MPL 85 (métro pneumatique Lyon 1985).

Ces rames sont aptes à la circulation en unités multiples de deux ensembles, soit quatre caisses. Mais en raison du manque de rames pour l'ensemble de la ligne prolongée, et la complexité de gestion avec le pilotage automatique, cette possibilité n'a jamais été utilisée.

En novembre 2012, la capacité de la ligne D a été augmentée de 10 % à cause de la fermeture du Tunnel de la Croix-Rousse pendant 9 mois[7].

Automatisation[modifier | modifier le code]

MAGGALY est le nom de code du système de pilotage automatique intégral utilisé lors du projet d'automatisation de la ligne, signifiant : Métro Automatique à Grand Gabarit de l'Agglomération Lyonnaise[4].

La ligne D a été la première ligne de métro automatique sans conducteur du monde dont l'espacement des trains a été assuré par des cantons mobiles déformables (dit aussi système CBTC)[8]. Elle n'a été inaugurée le 9 septembre 1991 entre Gorge de Loup et Grange Blanche qu'en conduite manuelle car l'automatisme n'était pas encore au point. Le service était assuré du lundi au samedi de 5 h à 21 h, puis les bus prenaient le relais de 21 h à 0 h 00 et les dimanches, afin de terminer les travaux et essais des automatismes.

Arrêt d'exploitation à la station Gorge de Loup

Après une fermeture totale de la ligne l'été 1992 les voyageurs découvrent la ligne en mode automatique le 31 août 1992, le service restant assuré du lundi au samedi de 5 h à 21 h avec relais bus de 21 h à 0 h 00 et les dimanches. Elle fut ensuite ouverte sur sa totalité de Gorge de Loup à Gare de Vénissieux le 11 décembre 1992. Le service était alors assuré de 5 h à 0 h 00. Les quais ne possèdent pas de portes palières, contrairement à la plupart des métros automatiques.

Pupitre de pilotage des rames MPL85

Un tapis de rayons infrarouges espacés de 15 cm est présent au-dessus de chaque voie sous le quai, et une porte interdit l'accès au tunnel. Dès qu'un objet de plus de 15 cm tombe sur la voie, le courant est coupé sur la partie concernée de la ligne. Ce système est doublé d'un système de reconnaissance vidéo. Des caméras installées au-dessus des voies transmettent les images à un logiciel d'analyse qui repère les objets d'un gabarit donné tombant sur la voie. Les portes des rames sont équipées d'un système de "bords sensibles" permettant de détecter un objet coincé, afin de ne pas entraîner un passager resté sur le quai dont un bout de vêtement serait retenu.

Le personnel d'exploitation[modifier | modifier le code]

Tarification et financement[modifier | modifier le code]

L'infrastructure et le matériel roulant sont propriété du Syndicat mixte des transports pour le Rhône et l'agglomération lyonnaise (SYTRAL), Autorité organisatrice de transport urbain que l'agglomération lyonnaise, qui en a confié l'exploitation et l'entretien dans le cadre d'une délégation de service public à la société Keolis-Lyon, filiale du groupe Keolis.

La tarification de base est identique sur tout le réseau et accessible avec les mêmes abonnements. Un ticket à l'unité permet un trajet simple quelle que soit la distance avec une ou plusieurs correspondances possibles avec les autres lignes de métro, tramway et bus dans la limite d'une heure. Certaines lignes telles que les navettes et funiculaires, bénéficient de tarifs moins élevés.

Trafic[modifier | modifier le code]

Une rame rénovée à la station Parilly.

C'est la ligne la plus fréquentée du réseau. En octobre 2006, elle transportait 273 000 voyageurs par jour ouvrable moyen[9]. Elle transporte jusqu'à 296 500 voyageurs par jour[Quand ?].

Accident[modifier | modifier le code]

Dans la nuit du 15 au 16 mai 2010, peu après minuit, une femme de 19 ans en état d'ébriété saute d'une mezzanine à la station Bellecour[10] ou à la station Guillotière (sources contradictoires[11]) pour descendre sur le quai, mais elle tombe sur le toit d'un métro[12] qui démarre en direction de la station Saxe-Gambetta. C'est dans ce tunnel que la jeune femme heurte une caméra de surveillance. Des voyageurs voyant du sang couler du haut de la rame ont enclenché le signal d'alarme. La jeune femme est blessée mais survit.

Tourisme[modifier | modifier le code]

La ligne D dessert des lieux touristiques importants de la ville de Lyon. Parmi les principaux, on peut citer (d'ouest en est) :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Rapport du délégataire Keolis au Sytral le 18 Octobre 2011
  2. a, b, c, d, e, f et g « Lyon en Lignes - Ligne D » (consulté le 21 septembre 2009)
  3. a, b, c, d et e « Le métro D », Sytral (consulté le 21 septembre 2009)
  4. a et b René Waldmann, Les charmes de Maggaly, Lyon, LUGD, éditions lyonnaises d'art et d'histoire, coll. « Entreprises et entrepreneurs en Rhône-Alpes »,‎ 1993, 24cm, relié, 311 p. (ISBN 2-905230-95-2[à vérifier : isbn invalide], OCLC 464982820), chap. 7 (« La création de MAGGALY, 1983 - 1985 »), p. 227
  5. Pour alléger le tableau, seules les correspondances SNCF, métro, funiculaire, tramway et lignes majeures « C » sont données. Les correspondances bus sont reprises dans les articles de chaque station.
  6. D'après le site Carto. métro
  7. Lyon Mag, « Fermeture du tunnel de la Croix-Rousse : le dispositif du Grand Lyon pour les automobilistes », Lyon Mag,‎ 26 septembre 2012 (consulté le 26 septembre 2012)
  8. (en)Siemens Transportation Systems, « Brochure : Trainguard MT CBTC »« In 1992, Maggaly was the first driverless Moving Block CBTC for heavy metros. »
  9. « Le métro D », sur site du Sytral (consulté le 11 septembre 2010)
  10. http://www.lyonmag.com/article/16394/du-nouveau-dans-l-accident-du-metro-d
  11. http://www.leparisien.fr/faits-divers/blessee-apres-avoir-saute-sur-le-toit-d-un-metro-18-05-2010-926129.php
  12. http://www.liberation.fr/societe/0101636098-une-jeune-fille-blessee-sur-le-toit-du-metro
  13. Des vestiges ont été trouvés lors de la construction de la station Gorge de Loup

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]