Let It Be (album des Beatles)

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Let It Be est le douzième et dernier album original publié par les Beatles, paru le 8 mai 1970 en Grande-Bretagne, et dix jours plus tard aux États-Unis. Au moment de sa sortie, le groupe est déjà officiellement séparé, depuis une annonce faite par Paul McCartney le 10 avril. Les chansons présentes sur ce disque ont été enregistrées plus d'un an avant leur parution, l'essentiel étant mis en boîte en janvier 1969, avant la réalisation de l'album Abbey Road, publié en septembre 1969. Pour cette raison, Let It Be n'est pas considéré comme l'ultime album des Beatles, puisqu'il n'est pas le dernier enregistré.

L'album, supposé paraître à l'été 1969 sous le titre Get Back, est conçu au départ comme un retour aux sources : quatre musiciens jouant du rock dans des conditions live. De plus, le tout doit déboucher sur un film. Mais les difficultés, qu'elles soient d'ordre relationnel ou logistique, s'accumulent durant sa réalisation. Insatisfaits du résultat, les Beatles abandonnent le projet. Hormis trois chansons issues de ces sessions (Get Back, Don't Let Me Down et Let It Be) publiées en single, les kilomètres de bandes enregistrées en un mois sont dans un premier temps rangées au placard avant que Allen Klein, le nouveau manager du groupe, ne décide de les confier au producteur américain Phil Spector, sans consulter Paul McCartney. En mars 1970, Spector post-produit toutes les chansons à sa manière, rejette Don't Let Me Down de la liste, et le disque paraît finalement en mai sous le nom de Let It Be, en même temps que le film du même nom.

Let It Be est le seul album du groupe, avec A Hard Day's Night, sur lequel Ringo Starr ne chante pas. C'est, par ailleurs, l'unique œuvre des Beatles où George Martin, quoique présent au début du projet, n'est pas crédité en tant que producteur. Quant au travail de Phil Spector, il est sujet à controverse et entraîne, 33 ans plus tard et sous l'impulsion de Paul McCartney, la publication d'une version « déspectorisée » : Let It Be... Naked.

Ce dernier album officiel des Beatles est initialement commercialisé sous la forme d'un coffret incluant le disque vinyle et un livre. L'album seul n'est disponible qu'en novembre. Il bat tous les records de pré-commandes avant parution aux États-Unis.

Historique[modifier | modifier le code]

Contexte[modifier | modifier le code]

Les sessions pour l'« album blanc » sont l'occasion des premières tensions entre les membres du groupe, qui vont empirer pendant le projet Get Back.

Suite aux pénibles sessions de mai à octobre 1968, consacrées à l'enregistrement de l'album blanc, les Beatles comprennent qu'ils traversent une période difficile[1]. Avant que le 30 mai 1968, John Lennon n'installe sa nouvelle compagne et muse Yoko Ono à ses côtés dans les studios, dès le début des sessions du double album tout simplement titré The Beatles[2], aucune compagne ou épouse n'était admise durant les enregistrements ou les répétitions. Ce disque et sa pochette toute blanche au formidable succès commercial avait été celui des individualités, enregistré dans une ambiance particulièrement pesante, les Beatles utilisant souvent séparément les trois studios d'Abbey Road pour mettre en boîte leurs chansons, la plupart non jouées par le groupe au complet[3]. Certaines, comme Julia, Blackbird, Good Night ou Mother Nature's Son, avaient même été interprétées par un seul des Beatles[a 1]. À présent, les autres membres du groupe peinent à s'entendre avec Yoko Ono[4] et leurs rapports sont très tendus, d'autant plus qu'elle agace aussi l'équipe des studios en émettant des critiques[5]. Par ailleurs, un contrat avec United Artists fait qu'ils doivent un dernier film, à une époque où ils n'ont plus la moindre envie de jouer la comédie[6].

Devenu le motivateur du groupe, Paul McCartney, trouve une solution à cette situation doublement délicate : recoller les morceaux en revenant à ce qui a fait la cohésion et la force des Fab Four, jouer du rock 'n' roll brut, sans user des innombrables techniques de studio qui ont prédominé pendant les trois dernières années[7]. Le principe du projet est donc de jouer live comme un vrai groupe de rock, bannir toute retouche, interdire les overdubs « watchamacallit » (« what you may call it », « quels que soient le nom que vous leurs donnez »), comme dit John Lennon[7]. Les erreurs d'interprétation doivent rester, comme pour montrer que les Beatles ne sont pas parfaits, et l'idée plaît beaucoup à Lennon[8]. Tout doit être filmé, pour remplir le contrat avec United Artists.

Cependant, et jusqu'à la fin des sessions, le groupe a beaucoup de mal à se mettre d'accord sur les tenants et les aboutissants du projet : est-ce pour une émission télévisée, un documentaire montrant le processus créatif menant à la publication d'un album, ou des répétitions pour un concert ? Et si concert il doit y avoir, où se tiendra-t-il ? Dans un premier temps, il est décidé de filmer des répétitions pour une émission télévisée qui sera retransmise mondialement, à l'image de ce qui avait été fait pour All You Need Is Love en juin 1967[9].

À partir du 2 janvier 1969, les Beatles s'installent donc avec l'équipe de tournage, aux studios de cinéma de Twickenham, qu'ils connaissent bien puisque des scènes de A Hard Day's Night et Help! y ont été tournées. Le tournage s'y déroule durant quinze jours[7].

Enregistrement[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Let It Be (film).

Studios Twickenham[modifier | modifier le code]

Les répétitions et les premiers enregistrements débutent du 2 au 16 janvier, dans les studios de cinéma de Twickenham, sous les caméras du réalisateur Michael Lindsay-Hogg. Il est chargé de réaliser le documentaire sur les préparatifs du groupe, pour un projet qui porte encore le nom de Get Back[7]. Les Beatles abordent des dizaines et des dizaines de titres, en quelques notes seulement pour certains, discutent, blaguent, se disputent, revisitent des vieux classiques du rock 'n' roll, font le bœuf, jouent de tout et de rien, souvent mal et sans conviction[10],[11]. Ils répètent aussi leurs nouvelles chansons, dont certaines seront utilisées sur l'album en préparation (Let It Be, The Long and Winding Road, I Me Mine, For You Blue, Two of Us, I've Got a Feelingetc.) tandis que d'autres seront retravaillées à l'été 1969 pour Abbey Road (Maxwell's Silver Hammer, Oh! Darling, I Want You (She's So Heavy), Mean Mr. Mustard, Polythene Pam, She Came In Through the Bathroom Window), sans oublier des compositions qui se retrouveront sur les albums solos publiés après la séparation des Beatles, telles All Things Must Pass de Harrison, Child of Nature (qui deviendra Jealous Guy) de Lennon, Junk et Teddy Boy de McCartney[12].

Le groupe est toujours miné par les tensions ; tandis que John Lennon achève de se désintéresser du groupe pour Yoko Ono et ses projets solo, Paul McCartney fait preuve d'un dirigisme qui finit par exaspérer les autres. Lui-même reconnaît avoir parfois montré trop d'enthousiasme, et avoue aussi que ses partenaires le trouvaient « trop dominateur »[13]. Les horaires matinaux inhabituels et l'atmosphère froide et austère des studios de Twickenham n'arrangent pas les choses[14]. La présence constante de Yoko aux côtés de John, et dont le comportement frise parfois l'ingérence, participe aussi à la tension ambiante. Lennon explique ainsi avoir fait l'album « comme on va bosser à neuf heures du matin »[15], et décrit les sessions de Twickenham comme « les plus misérables… de la terre », George Harrison déclare que le groupe y a « touché le fond », et McCartney les a vécues comme « très délicates »[16].

Les disputes sont courantes et s'engagent souvent sur des sujets futiles. Le 10 janvier, McCartney fait une remarque à Harrison concernant sa façon de jouer, et celui-ci répond : « Je jouerai ce que tu veux. Et si tu ne veux pas que je joue, je ne jouerai pas du tout ! Tout ce qui te fera plaisir, je le ferai »[17]. Exaspéré par ces disputes éclatant sous l'œil des caméras, Harrison prend sa guitare et quitte les studios. Ne le voyant pas revenir, les autres ne savent plus quoi faire, et se lancent dans une jam apocalyptique couverte par des « vocalises » de Yoko Ono[18],[a 2]. Lennon va jusqu'à envisager de faire venir Eric Clapton en remplacement[13],[18]. Le groupe se réunit finalement chez Ringo Starr pour débloquer la situation. Des négociations aboutissent au retour de Harrison au bout d'une dizaine de jours, sous conditions. Il n'est plus question d'envisager un concert en fin de tournage, comme c'était prévu, ni une émission télévisée en mondovision, mais simplement de filmer le groupe en train de préparer et enregistrer son nouvel album. De plus, les Beatles décident de quitter les studios inadaptés de Twickenham pour ceux qu'ils se sont fait construire au sous-sol de leur compagnie, Apple Corps au 3 Savile Row[14].

De ces sessions à Twickenham ne subsistent, quarante ans plus tard, que le film Let It Be (non disponible dans le commerce), d'innombrables vidéos, issues ou non de ce qui a été monté dans le film, visibles sur les sites Internet de partage[a 3], et des bootlegs audio contenant l'intégralité des enregistrements captés par les magnétophones Nagra des deux caméras qui tournaient en continu[10], ce qui représente dix-sept volumes intitulés The Complete Get Back Sessions[a 4].

Savile Row[modifier | modifier le code]

C'est au sous-sol, puis sur le toit de l'immeuble du 3 Savile Row que sont enregistrées les chansons de Let It Be.

Lorsque les Beatles se retrouvent au complet au siège d'Apple le 20 janvier 1969, George Harrison amène avec lui un vieil ami du groupe, le claviériste américain Billy Preston, rencontré en 1962 à Hambourg, alors qu'encore adolescent, il jouait avec Little Richard dans le même club que les jeunes musiciens de Liverpool, le Star Club[10],[19]. Comme lorsque Eric Clapton était venu exécuter un solo de guitare sur While My Guitar Gently Weeps un an plus tôt, le groupe oublie un temps ses tensions. George Harrison explique par la suite que la présence d'un musicien extérieur pousse toujours les Beatles à bien se conduire entre eux[20], et qu'il y a « littéralement 100 % d'amélioration dans l'atmosphère de la salle »[21]. De plus, les conditions live rendent la présence d'un cinquième instrument, le clavier, fort bienvenue.

Une mauvaise surprise attend cependant les Beatles dans les sous-sols d'Apple : ils ont confié la construction de leur studio à un véritable charlatan, le dénommé « Magic Alex », de son vrai nom Alexis Mardas, personnage très influent à ce moment dans l'entourage direct du groupe, bombardé à la tête de la division Apple Electronics. Lorsqu'ils découvrent le résultat, le 20 janvier, ils tombent des nues : Mardas a prétendu construire le premier magnétophone à 72 pistes de l'histoire, mais il s'est en réalité contenté de disposer une vingtaine d'enceintes autour du studio où rien n'est prévu pour des conditions normales d'enregistrement[10]. Mardas a expliqué à Ringo Starr qu'il n'avait plus besoin de panneaux autour de sa batterie (destinés à isoler le son de l'instrument pour éviter les « fuites » vers les autres micros) puisqu'il allait créer tout autour une sorte de « champ de force ». Il n'a pas pensé non plus à isoler le chauffage central, qui doit être coupé pour ne pas émettre des bruits sur la bande d'enregistrement. Sa console de mixage, ouvragée au marteau, est bonne pour la poubelle ; elle est revendue cinq livres sterling à un magasin de seconde zone[10]. Deux magnétophones quatre pistes sont empruntés en catastrophe à EMI, le câblage est réalisé tant bien que mal (aucun trou n'a été percé entre la cabine et la salle d'enregistrement), et les Beatles se mettent au travail, avec les ingénieurs du son Glyn Johns et Alan Parsons aux manettes[10],[22].

À partir du 22 janvier, toutes les chansons qui figurent sur le disque sont donc enregistrées. Billy Preston apporte beaucoup au groupe, humainement et musicalement. Il atténue en effet les tensions entre les Beatles, mais surtout, selon George Martin, son travail, « sur [la chanson] Get Back, justifie à lui seul sa présence »[23]. Ce jour-là, les cinq musiciens enregistrent les premières versions de plusieurs chansons de Let It Be, ainsi qu'un instrumental intitulé Rocker et un succès des Drifters, Save the Last Dance for Me, tous deux inclus sur l'album original Get Back, mais évincés de la version finale de l'album[10].

La chanson Get Back est enregistrée pour la première fois le 23 janvier, bien qu'aucune prise de ce jour-là ne soit utilisée sur l'album[22]. Dès le lendemain, le groupe enregistre les versions de Two of Us, Dig a Pony et I've Got a Feeling sélectionnées pour l'album Get Back, et jamais publiées officiellement[22]. La version de Maggie Mae qui apparaît sur l'album est mise en boîte le 24 janvier, entre deux prises de Two of Us. Une chanson de McCartney, Teddy Boy, est également enregistrée et incluse sur Get Back. Détestée par les autres Beatles, spécialement par John Lennon, elle est évincée de l'album paru en mai 1970 et reprise un mois avant la sortie de Let It Be sur le premier album solo de Paul, intitulé McCartney[22],[24].

Du 23 au 29 janvier, les Beatles enregistrent plusieurs prises des chansons studio qui figurent sur l'album, comme For You Blue le 25, mais aussi quelques versions de chansons qui sont finalement interprétées le 30 janvier sur le toit d'Apple, comme I've Got a Feeling[25]. La version de Dig It présente sur le disque est un extrait d'un bœuf de plus de dix minutes, enregistré le 26 ; le même jour, le groupe reprend également des titres de ses anciens albums tels que You've Really Got a Hold on Me, de l'album With the Beatles[26]. La version de Get Back utilisée sur le disque, mixée avec celle captée trois jours plus tard sur le toît du bâtiment Apple, est enregistrée le 27[27].

Quant à Across the Universe, si elle est répétée par le groupe entier lors de ces sessions de janvier 1969, c'est bien la version enregistrée aux studios EMI par John Lennon avec sa guitare acoustique le 4 février 1968, et complétée quatre jours plus tard, qui va paraitre sur l'album, après retraitement par Phil Spector[28].

Concert sur le toit[modifier | modifier le code]

Le temps de conclure le tournage du film approche, et le groupe n'arrive pas à trouver de solution qui fasse l'unanimité. Le 26 janvier, les Fab Four tombent d'accord sur l'idée de monter jouer sur le toit de l'immeuble d'Apple pour un concert privé[27]. Ils s'exécutent donc le 30 janvier vers midi[29]. Accompagnés de Billy Preston, les Beatles interprètent Get Back, Don't Let Me Down, I've Got a Feeling, One After 909 et Dig a Pony, certaines chansons étant jouées plus d'une fois. Ils concluent finalement par une troisième version de Get Back[27],[a 5]. C'est la dernière fois que les Beatles se produisent ensemble, en concert et en dehors des studios, et bien que seuls le personnel technique présent autour d'eux, quelques proches, ainsi que les rares téméraires qui ont réussi à grimper sur les toits voisins y assistent, le Rooftop Concert est leur ultime prestation publique. Elle dure 42 minutes en tout.

En contrebas de l'immeuble, les foules s'amassent. Des passants montent sur les toits et bloquent les rues pour assister à cette prestation improvisée. De fait, la police, qui reçoit des plaintes pour cause de vacarme, finit par intervenir pour demander le retour à la normale. En prévision d'un événement semblable, une caméra a été installée à l'entrée du bâtiment d'Apple. Dans le film, on voit donc Mal Evans, assistant du groupe, s'occuper de négocier avec les agents pour que le groupe puisse terminer ses prises. Dans une interview, des années plus tard, Ringo Starr déclare à propos de cette intervention : « Quand ils sont arrivés, j'étais en train de jouer, et je me suis dit : « Super, j'espère qu'ils vont m'embarquer ». Je voulais que les flics m'embarquent — « dégagez de cette batterie ! » — parce qu'on était filmés et que ça aurait vraiment eu de la gueule de les voir virer les cymbales et tout le matériel[30]. » Le concert se conclut cependant de façon pacifique. Les versions jouées en plein air, ce jour-là, de One After 909, Dig a Pony, I've Got a Feeling et une partie de Get Back sont celles que l'on entend sur l'album[27]. « Ce fut un des plus beaux et des plus excitants jours de ma vie », témoigne celui qui est, à cette époque, un jeune ingénieur du son assistant employé d'EMI, Alan Parsons. « Voir les Beatles jouer ensemble et recevoir la réaction instantanée des gens autour d'eux, cinq caméras sur le toit, d'autres en pleine rue… c'était juste incroyable. Une journée magique, magique[27]! »

Les enregistrements s'achèvent dans le studio de fortune du sous-sol de l'immeuble, le lendemain. Trois chansons (Two of Us, The Long and Winding Road et Let It Be) sont de nouveau mises en boîte, et ce sont ces prises du 31 janvier 1969 qui apparaissent sur l'album[31].

Abandon et achèvement[modifier | modifier le code]

Premiers essais et mise au placard[modifier | modifier le code]

Après l'enregistrement de l'album, sa production s'annonce laborieuse. En effet, les Beatles ne sont plus aussi motivés par cet aspect de la réalisation qu'auparavant. Ils confient à Glyn Johns la charge de tirer quelque chose de leurs prises. Comme l'explique par la suite John Lennon, elles sont très nombreuses dans la mesure où tout a été enregistré durant le tournage du film, au sous-sol et sur le toit du bâtiment d'Apple, et les 29 heures de bandes à trier découragent tout le monde. Il poursuit en disant : « Je me suis dit que ça serait bien de la sortir, cette version merdique. Ça casserait les Beatles, ça casserait le mythe »[32]. Glyn Johns commence à travailler sur l'album Get Back en mars 1969 et propose plusieurs projets. Cependant, ceux-ci sont plusieurs fois repoussés. En effet, il est prévu que la sortie de l'album coïncide avec celle du film, et aucune version satisfaisante n'en est alors réalisée[32]. Un single issu des enregistrements de janvier sort cependant le 11 avril 1969, Get Back/Don't Let Me Down[33].

Par ailleurs, les Beatles se désintéressent totalement du projet Get Back, dont ils ne pensent rien tirer. Sentant la fin du groupe proche, ils décident de terminer en beauté avec un album réalisé avec l'aide de George Martin et de Geoff Emerick, en revenant aux modes de production sophistiqués qui ont fait le succès de leurs précédents opus[34]. Les enregistrements débutent fin février et se concentrent principalement en juillet et août aux studios EMI[35], pour aboutir à la sortie de l'album Abbey Road le 26 septembre 1969, repoussant de fait à nouveau une éventuelle sortie de Get Back[36], dont les bandes restent au placard. Tout porte alors à croire que Abbey Road est le dernier album des Beatles ; bien que le grand public ne soit pas encore au courant, Lennon met fin au groupe ce mois-là en annonçant son départ définitif à ses partenaires[37].

Reprise par Phil Spector[modifier | modifier le code]

Phil Spector

Depuis 1969, les Beatles ont un nouveau manager, Allen Klein, qui ne fait pas l'unanimité dans le groupe. S'il a été fortement recommandé par Lennon, et accepté par Harrison et Starr, il est désapprouvé par McCartney qui lui préférerait son beau-père, Lee Eastman, et qui refuse de signer le moindre contrat avec Klein. De grands changements sont opérés par Klein, qui congédie notamment Mal Evans, assistant et ami des Beatles depuis de nombreuses années[38]. Bien que John Lennon ait mis fin aux Beatles (ce qui restera secret jusqu'au 10 avril 1970), Klein désire voir sortir un dernier album. Puisque George Martin n'a travaillé que partiellement sur le projet Get Back[10], et que toutes les tentatives de Glyn Johns ont été rejetées, il décide de faire appel à un nouveau producteur[39]. En attendant, c'est en trio que George Harrison, Paul McCartney et Ringo Starr participent à leur ultime séance studio en tant que groupe, en enregistrant une nouvelle version de I Me Mine, les 3 et 4 janvier 1970[40], au début de laquelle George Harrison lâche une plaisanterie concernant le départ de Lennon : « Vous aurez tous lu que Dave Dee n'est plus avec nous. Mais Micky, Tich et moi-même voudrions juste poursuivre le bon travail qui a toujours été réalisé dans le [studio] no 2 ». Ces noms, attribués à ses partenaires par George Harrison, faisant référence à un groupe britannique populaire du moment : Dave Dee, Dozy, Beaky, Mick & Tich[a 6].

Le producteur finalement choisi par Allen Klein, qui ne daigne pas consulter Paul McCartney à ce sujet, est le très renommé Phil Spector[41]. Celui-ci est notamment apprécié par John Lennon qui a l'occasion de travailler avec lui sur son single Instant Karma! en janvier 1970. Tandis que Spector se met au travail sur l'album, le dernier single des Beatles sort le 6 mars 1970. Il s'agit de Let It Be/You Know My Name (Look Up the Number). La version de Let It Be présente sur le single est celle qui a été travaillée auparavant par George Martin[42].

Le travail de Spector consiste notamment à appliquer partout de l'écho de façon massive (un exemple frappant est le traitement du charleston de Ringo Starr au début de la chanson Let It Be) et en particulier à un certain nombre d'ajouts sur les chansons. Lors d'une grande séance d'overdubs le 1er avril 1970 à Abbey Road, Spector ajoute ainsi un orchestre de dix-huit violons, quatre altos, quatre violoncelles, trois trompettes, trois trombones, deux guitares, et un chœur féminin de quatorze chanteuses sur The Long and Winding Road, I Me Mine et Across the Universe[43]. Un seul Beatle est présent, Ringo Starr, appelé à doubler ses parties de batterie sur l'ensemble de ces titres[43]. Les arrangements sont écrits par Richard Anthony Hewson, qui se charge aussi de diriger l'orchestre. À Abbey Road, Phil Spector recrée et applique donc à la musique des Beatles ce qu'il a inventé et rendu célèbre : le « mur de son » (Wall of Sound), en contradiction totale avec ce qu'était au départ le projet Get Back[43].

Les réactions au sujet du traitement réservé aux chansons par Phil Spector sont partagées. John Lennon en est fort satisfait : selon lui, « on lui a refilé le truc le plus minable, un tas de boue mal enregistré, sans aucun feeling, et il en a tiré quelque chose. Il a fait un super boulot[44]. » George Harrison et Ringo Starr sont également satisfaits du travail de Spector. À l'inverse, Paul McCartney et George Martin sont outrés, et voient dans ces ajouts une altération totale du concept de départ, qui voulait que l'album reprenne l'essence des performances live du groupe[45]. Les retouches faites à The Long and Winding Road choquent particulièrement McCartney, qui demande expressément à Allen Klein de les retirer. « Ne refaites plus jamais ça ! », écrit-il en conclusion de la lettre qu'il lui expédie chez Apple. Mais Klein n'en tient pas compte. En fin d'année, le traitement réservé à sa chanson fera partie des six raisons évoquées en justice par Paul pour prononcer la dissolution juridique du groupe[41].

Parution et réception[modifier | modifier le code]

Succès commercial[modifier | modifier le code]

Let It Be paraît donc le 8 mai 1970 sous la forme d'un coffret accompagné d'un livret contenant des photographies du film du même nom. L'album seul n'est disponible que le 6 novembre 1970[a 7]. Comme le commente Ringo Starr, « en mai 1970, Let It Be a été le dernier album édité, alors que bien sûr, Abbey Road avait été le dernier enregistré. Ça montre comme le monde est bizarre — que l'avant-dernier album sorte le dernier, et que le dernier sorte avant lui. On s'est séparés après Abbey Road alors qu'on n'envisageait pas vraiment de se séparer pendant qu'on faisait le précédent. Tout ça est très étrange[44] ».

Bien que le coffret soit vendu un tiers plus cher que les albums habituels, il prend la première place des ventes dès le 23 mai 1970, et ce pour les trois semaines suivantes[a 7],[a 8]. Si, du fait de sa forme inhabituelle, le coffret se vend moins bien en Angleterre, aux États-Unis, il bat tous les records de pré-commandes dans l'histoire de l'industrie du disque, avec 3 700 000 exemplaires commandés à l'avance[46],[a 7]. Celui-ci, comme la version simple de l'album parue en novembre, se maintient en tout 59 semaines dans les hit-parades britanniques, et pendant 55 semaines aux États-Unis[a 9]. Par ailleurs, les singles Get Back, Let It Be et The Long and Winding Road — ce dernier est uniquement paru aux États-Unis — atteignent le sommet des ventes[47]. Enfin, la bande originale du film Let It Be reçoit en 1971 l'Oscar de la meilleure musique de film. Aucun membre du groupe n'assiste cependant à la cérémonie[a 10].

Accueil critique[modifier | modifier le code]

Pour certains critiques de l'époque, notamment le magazine Rolling Stone, l'album se situe nettement en deçà des productions précédentes du groupe[48]. L'album est, à l'époque, une relative déception pour les fans, notamment en comparaison avec Abbey Road, qui le précède[49]. Richie Unterberger d'Allmusic explique ainsi que Let It Be est le seul album du groupe à avoir engendré des critiques négatives, et parfois même hostiles[a 11]. Dans une critique assez sévère du Record Mirror, le 9 mai 1970, David Skan met en cause le travail de Phil Spector sur l'album : « Le contenu a été trifouillé, ou, selon la pochette, « rafraîchi ». Pour certains, « castré » est le terme approprié, à cause des chœurs ainsi que des harpes, violons, etc. L'idée que les chansons de John et de Paul aient besoin d'une production lisse est une impertinence »[50].

Pourtant, l'album s'attire aussi des avis favorables, sur fond de rumeurs de séparation définitive du groupe. McCartney a en effet, à l'occasion de la sortie de son premier album solo, rompu le secret qui tenait depuis septembre 1969, à propos du départ de John Lennon. Ainsi, le Times écrit le 8 mai 1970 : « Les oiseaux de mauvais augure font courir le bruit que Let It Be serait le dernier album des Beatles… Ne nous précipitons pas : pour l'instant, leur vitalité, si l'on se base sur Let It Be, est toujours aussi éclatante. […] Les Beatles n'en sont pas encore à racler les fonds de tiroir »[50]. Plus nuancé, Derek Jewell qualifie l'album, dans le Sunday Times du 10 mai, de « testament parfait, qui résume ce que les Beatles ont été en tant qu'artistes : brillants et inégalables à leur summum, négligents et complaisants à leur plus bas »[50].

Avec le temps, les critiques au sujet de l'album évoluent. Rolling Stone, qui avait peu apprécié l'album à sa sortie, le classe, dans les années 2000, 86e plus grand album de tous les temps. Ceci n'en fait pas moins, d'après ce magazine, un album secondaire de la discographie des Beatles, dans la mesure où trois des albums du groupe sont présents dans les cinq meilleures places de ce classement[a 12]. Lors de la préparation de l'Anthology, dans les années 1990, les Beatles encore en vie ont eu l'occasion de faire le point sur cet album. George Harrison a ainsi déclaré que le travail de Phil Spector était « une très bonne idée ». Ringo Starr dit, pour sa part : « J'aime ce que Phil a fait. Il a amené la musique ailleurs[44]. »

Paul McCartney et le producteur George Martin ne renvoient pas du tout le même son de cloche. Le premier déclare en effet, simplement : « J'ai récemment réécouté la version Spector : c'était horrible ». De son côté, Martin déclare que le travail de Spector revenait à « ramener les disques des Beatles au niveau du prêt-à-porter […] C'était faire sonner leurs disques comme ceux des autres »[44]. Au début des années 2000, avec l'accord de George Harrison (juste avant sa mort) et de Ringo Starr, Paul McCartney fait ainsi réaliser par les ingénieurs du son d'Abbey Road une version dénudée de l'album, Let It Be... Naked, qui parait finalement le 18 novembre 2003. Elle présente un ordre des morceaux différent et des chansons sans les orchestrations de Spector. Par ailleurs, les passages parlés, ainsi que Dig It et Maggie Mae, sont supprimés, tandis que Don't Let Me Down est réintégrée à l'album[51]. Les critiques sont mitigés : si certains voient là une redécouverte totale de l'album, d'autres parlent plus d'un battage médiatique important pour peu de chose[a 13].

Caractéristiques artistiques[modifier | modifier le code]

Analyse musicale[modifier | modifier le code]

Le projet Get Back visait à revenir aux sources du succès des Beatles, avec des morceaux proches de ceux qu'ils jouaient sur scène.

Lors de sa réalisation, Let It Be, alors encore appelé Get Back, devait marquer un retour aux fondamentaux des Beatles : un groupe uni jouant du rock. La période psychédélique de Sgt. Pepper et Magical Mystery Tour se referme, et il n'est pas non plus question que, comme sur l'« album blanc », les membres jouent leurs morceaux chacun de leur côté. Ceci se ressent dans les chansons de l'album : à l'exception de I Me Mine, enregistrée après le départ de Lennon, toutes sont interprétées par le groupe au complet. Deux des chansons, I Me Mine et For You Blue, sont composées et chantées par George Harrison. Les huit autres sont signées par le duo Lennon/McCartney. L'album est, avec A Hard Day's Night, le seul à ne pas contenir de prestation vocale de Ringo Starr.

Quatre des chansons de l'album sont des morceaux purement rock, interprétés durant le Rooftop Concert : Get Back, Dig a Pony, One After 909 et I've Got a Feeling. La première est une composition de McCartney préalablement sortie en single. La seconde est une composition de Lennon assez représentative de ses chansons de l'époque puisqu'elle est consacrée à Yoko Ono. Comme il l'avait fait auparavant sur I Am the Walrus, Lennon enchaîne des phrases sans véritable sens servant de préambule au message véritable du texte : « all I want is you » (« je ne veux que toi »)[52]. One After 909 date pour sa part de plus de dix ans, et a été composée peu après la rencontre entre les deux compositeurs, en 1957. Déjà enregistrée en 1963, mais laissée de côté, elle est finalement reprise pour cet ultime album[53]. Il s'agit ainsi d'un retour aux sources du succès du groupe[54]. I've Got a Feeling est, enfin, un mélange de deux chansons, composées séparément par les deux musiciens[55].

Two of Us et For You Blue sont des chansons plus axées sur la guitare acoustique, l'une folk et l'autre blues, composées respectivement par McCartney et Harrison. Let It Be, présentée au milieu de l'album, est une ballade de McCartney à dominante de piano, qui contraste avec la plupart des autres chansons de l'album. Lorsque celui-ci sort, la chanson est déjà connue du public, étant sortie en single deux mois plus tôt[56]. Trois autres chansons se démarquent totalement de la volonté d'un album proche des prestations en direct du groupe : Across the Universe, I Me Mine et The Long and Winding Road. Ces chansons sont en effet totalement reprises par le producteur Phil Spector, qui y ajoute orchestres et chœurs. Si ce choix satisfait John Lennon, il ne convient pas du tout à Paul McCartney. Ces chansons ne sont pas les seules à avoir été retouchées par Spector, qui a retravaillé tout l'album, mais ce sont sur celles-ci que les différences sont les plus flagrantes, comme en témoigne la sortie, en 2003, de la version « déspectorisée » de l'album, Let It Be... Naked[46].

Let It Be se distingue enfin par les dialogues éparpillés tout au long de l'album pour, justement, rendre compte d'une certaine ambiance live typique des concerts ou des studios d'enregistrement. C'est la seule et unique fois que ce procédé est utilisé sur un disque des Beatles. L'album s'ouvre ainsi par une annonce humoristique de Lennon avant d'enchaîner sur Two of Us. De même, Dig a Pony débute sur un faux départ du groupe. Ce concept trouve son apogée dans les deux pistes qui entourent la chanson Let It Be. Dig It est en effet un extrait d'une improvisation du groupe au cours d'un « bœuf », tandis que Maggie Mae est une rapide reprise d'une chanson traditionnelle de Liverpool[57]. Get Back, qui clôt le disque, est introduite par les échauffements du groupe, et la performance se termine par les phrases prononcées par McCartney et Lennon à la fin du concert sur le toit d'Apple : « Thanks Mo'! » (« Merci Mo ! », à destination de Maureen Cox, épouse de Ringo) et « I'd like to say thank you on behalf of the group and ourselves, and I hope we passed the audition! » (« Je voudrais vous remercier au nom du groupe et de nous-mêmes, et j'espère que nous avons réussi l'audition ! »).

Coffret et pochette[modifier | modifier le code]

Let It Be est initialement paru sous la forme d'un coffret, qui n'est aujourd'hui plus disponible. À l'intérieur se trouvait le disque vinyle et un livret de 164 pages, intitulé The Beatles Get Back et contenant des photos d'Ethan A. Russell, une transcription de quelques dialogues du film, et un texte de Jonathan Cott et David Dalton[a 7].

La première version de l'album, alors intitulé Get Back, parodiait le concept de la pochette du tout premier album des Beatles, Please Please Me, pour marquer leur retour à leurs racines. En mai 1969, le groupe se retrouve dans la cage d'escaliers des bureaux d'EMI, penché à la rembarde et regardant le photographe en contrebas, six ans plus tard, arborant des cheveux longs, ainsi que des barbes ou moustaches[58]. Cependant, le projet est abandonné, et lorsqu'il est repris en 1970, une pochette différente est utilisée. Les deux clichés pris dans la cage d'escalier d'EMI en 1963 puis en 1969 sont utilisés sur les compilations The Beatles 1962–1966 et The Beatles 1967–1970, parues en 1973[58].

La pochette de l'album final est sobre et présente quatre photographies carrées des quatre Beatles : John Lennon en haut à gauche, Paul McCartney à sa droite, Ringo Starr en bas à gauche, et George Harrison à ses côtés. Le reste de la pochette est noir, et le titre est écrit en lettres majuscules blanches. L'arrière de la pochette reprend la même disposition de clichés, en présentant cette fois-ci d'autres photographies, en noir et blanc, accompagnant la liste des chansons. Celle-ci est introduite par un court texte, d'ailleurs rempli d'erreurs grammaticales, présentant l'album. Celui-ci annonce « une nouvelle phase dans les albums des Beatles », présentant « ce qu'ils jouent en live, reproduit sur disque par Phil Spector ». Tout ceci n'est, cependant, que du verbiage commercial. En effet, si le grand public ne le sait pas encore, le groupe n'existe déjà plus depuis un certain temps. De plus, le travail de Phil Spector, qui a effectué beaucoup d'ajouts aux morceaux, trahit le concept initial du disque, comme présenté dans le texte de pochette[a 7].

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Liste des chansons[modifier | modifier le code]

Face A
No Titre Auteur(s) Chant principal Durée
1. Two of Us John Lennon, Paul McCartney John Lennon, Paul McCartney 3:37
2. Dig a Pony John Lennon, Paul McCartney John Lennon 3:55
3. Across the Universe John Lennon, Paul McCartney John Lennon 3:49
4. I Me Mine George Harrison George Harrison 2:26
5. Dig It John Lennon, Paul McCartney,
George Harrison, Ringo Starr
John Lennon 0:50
6. Let It Be John Lennon, Paul McCartney Paul McCartney 4:00
7. Maggie Mae Traditionnel, arr. The Beatles John Lennon 0:41
Face B
No Titre Auteur(s) Chant principal Durée
8. I've Got a Feeling John Lennon, Paul McCartney John Lennon, Paul McCartney 3:37
9. One After 909 John Lennon, Paul McCartney John Lennon, Paul McCartney 2:56
10. The Long and Winding Road John Lennon, Paul McCartney Paul McCartney 3:37
11. For You Blue George Harrison George Harrison 2:33
12. Get Back John Lennon, Paul McCartney Paul McCartney 3:07

Interprètes[modifier | modifier le code]

Billy Preston s'ajoute au groupe sur certaines chansons, au piano électrique et à l'orgue Hammond.

Équipe de production[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  1. Mark Lewisohn 1988, p. 135–162
  2. Mark Lewisohn 1988, p. 135–138
  3. Steve Turner 1999, p. 177–209
  4. Daniel Ichbiah 2009, p. 78
  5. Mark Herstgaard 1995, p. 294
  6. Steve Turner 1999, p. 211
  7. a, b, c et d Mark Lewisohn 1988, p. 164
  8. Mark Herstgaard 1995, p. 329
  9. Mark Lewisohn 1988, p. 168
  10. a, b, c, d, e, f, g et h Mark Lewisohn 1988, p. 165
  11. Mark Herstgaard 1995, p. 331
  12. Mark Lewisohn 1988, p. 164–170
  13. a et b The Beatles 2000, p. 316
  14. a et b Daniel Ichbiah 2009, p. 173
  15. The Beatles 2000, p. 315
  16. Mark Herstgaard 1995, p. 328
  17. Mark Herstgaard 1995, p. 330
  18. a et b Tim Hill 2008, p. 338
  19. The Beatles 2000, p. 318
  20. Daniel Ichbiah 2009, p. 174
  21. Tim Hill 2008, p. 339
  22. a, b, c et d Mark Lewisohn 1988, p. 166
  23. The Beatles 2000, p. 319
  24. Steve Turner 1999, p. 265
  25. Mark Lewisohn 1988, p. 166–168
  26. Mark Lewisohn 1988, p. 167
  27. a, b, c, d et e Mark Lewisohn 1988, p. 169
  28. Mark Lewisohn 1988, p. 133–134
  29. Daniel Ichbiah 2009, p. 175
  30. The Beatles 2000, p. 321
  31. Mark Lewisohn 1988, p. 170
  32. a et b The Beatles 2000, p. 322
  33. Daniel Ichbiah 2009, p. 177
  34. Steve Turner 1999, p. 225–226
  35. Mark Lewisohn 1988, p. 170–191
  36. Mark Lewisohn 1988, p. 192–193
  37. Daniel Ichbiah 2009, p. 182
  38. Daniel Ichbiah 2009, p. 194
  39. Daniel Ichbiah 2009, p. 195
  40. Mark Lewisohn 1988, p. 195
  41. a et b Mark Lewisohn 1988, p. 199
  42. Daniel Ichbiah 2009, p. 196
  43. a, b et c Mark Lewisohn 1988, p. 198–199
  44. a, b, c et d The Beatles 2000, p. 323
  45. Daniel Ichbiah 2009, p. 197
  46. a et b Steve Turner 1999, p. 212
  47. Daniel Ichbiah 2009, p. 244
  48. Daniel Ichbiah 2009, p. 198
  49. Daniel Ichbiah 2009, p. 245
  50. a, b et c Mojo 2005, p. 418
  51. Daniel Ichbiah 2009, p. 249
  52. Steve Turner 1999, p. 213–214
  53. Mark Lewisohn 1988, p. 28
  54. Steve Turner 1999, p. 218
  55. Steve Turner 1999, p. 217
  56. Steve Turner 1999, p. 216
  57. Steve Turner 1999, p. 215
  58. a et b Daniel Ichbiah 2009, p. 32

Autres sources[modifier | modifier le code]

  1. (en) [vidéo] The Beatles, mini-documentaire, Apple, 2009.
  2. [vidéo] « Beatles jamming with Yoko Ono », YouTube. Consulté le 18 septembre 2010.
  3. Recherche avec « Beatles Twickenham » sur YouTube, 18 septembre 2010.
  4. (en) Viva Les Bootlegs – Beatles Twickenham Sessions. Consulté le 22 septembre 2010.
  5. (en) « The Rooftop Concert », MaccaFan. Consulté le 20 septembre 2010.
  6. Anthology 3 (disque 2, piste 22), 1996, introduction de George Harrison à la prise 16 d'I Me Mine.
  7. a, b, c, d et e (en) « Let It Be », The Beatles Complete U.K. Discography, 2001. Consulté le 22 septembre 2010.
  8. Livret de l'album Let It Be, Apple, 2009, p. 6
  9. Livret de l'album Let It Be, Apple, 2009, p. 9
  10. (en) « Awards for Let It Be (1970) », IMDb. Consulté le 20 septembre 2010.
  11. (en) « Let It Be », Allmusic. Consulté le 30 septembre 2010.
  12. (en) « 500 Greatest Albums of All Time », Rolling Stone. Consulté le 20 septembre 2010.
  13. (en) « Critic reviews for Let It Be... Naked », Metacritic. Consulté le 20 septembre 2010.

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sont listés ici les ouvrages ayant servi à la rédaction de l'article. Pour une bibliographie plus complète sur les Beatles, vous pouvez consulter celle de l'article principal.
  • (fr) The Beatles, The Beatles Anthology, Seuil,‎ 2000, 367 p. (ISBN 2-02-041880-0)
  • (en) Craig Cross, The Beatles: Day-by-Day, Song-by-Song, Record-by-Record, iUniverse,‎ 2005 (ISBN 978-0-59534-663-9)
  • (fr) Mark Herstgaard, Abbey Road : l'Art des Beatles, Stock,‎ 1995, 498 p. (ISBN 2-234-04480-4)
  • (fr) Tim Hill, The Beatles : Quatre garçons dans le vent, Paris, Place des Victoires,‎ 2008, 448 p. (ISBN 978-2-84459-199-9)
  • (fr) Daniel Ichbiah, Et Dieu créa les Beatles, Les Cahiers de l'Info,‎ 2009, 293 p. (ISBN 978-2-9166-2850-9)
  • (en) Mark Lewisohn, The Beatles Recording Sessions, New York, Harmony Books,‎ 1988, 204 p. (ISBN 0-517-57066-1)
  • (fr) Mojo sous la direction de Paul Trynka, The Beatles, 1961–1970 : dix années qui ont secoué le monde, Tournon,‎ 2005, 456 p. (ISBN 2-914237-35-9)
  • (fr) Steve Turner, L'Intégrale Beatles : les secrets de toutes leurs chansons, Hors Collection,‎ 1999, 288 p. (ISBN 2-258-06585-2)

Liens externes[modifier | modifier le code]

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