Nagra

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Nagra est une marque d'enregistreurs sonores portables professionnels conçus, à partir de 1950, par l'ingénieur suisse d'origine polonaise Stefan Kudelski.

Nagra III

Le mot « nagra » signifie « il enregistrera » en polonais.

Historique[modifier | modifier le code]

En 1951, le Nagra I, à lampes miniatures et remontage à manivelle, est le premier magnétophone à bande magnétique 1/4 de pouce de très petite dimension (30 x 18 x 10 cm) et révolutionne l'enregistrement du reportage radiophonique.

Le Nagra monte au plus haut en accompagnant une expédition sur l'Everest et s'enfonce dans les profondeurs avec le bathyscaphe du professeur Piccard

Stefan Kudelski améliore son appareil et sort en 1953 le Nagra II avec modulomètre, puis circuit imprimé et moteur électrique.

Entre 1953 et 1956 l'écrivain Suisse Nicolas Bouvier voyage entre les Balkans et l'Inde en compagnie du peintre Thierry Vernet, emportant le Nagra personnel de Stefan Kudelski, un prototype alors encore fabriqué artisanalement. Les bandes enregistrées ne seront exploitées que 50 ans plus tard, révélant une qualité exceptionnelle[1].

En 1958, sort le Nagra III, entièrement transistorisé. Pour la première fois, un appareil de 5 kilos, alimenté sur piles, est l'égal en qualité des lourds enregistreurs de studio. Totalement fiable, très robuste, construit avec les meilleurs composants, le Nagra III est adopté par les ingénieurs du son du monde entier, aussi bien à la radio qu'à la télévision et au cinéma, mis en vedette dans le film Blow Out. Grâce à sa légèreté, alliée à la caméra 16 mm Éclair 16, il permet au cinéma de descendre dans la rue, comme le font notamment les réalisateurs de la Nouvelle Vague. Désormais, un magnétophone portable est « un Nagra ».

Nagra IV-S

À partir de 1962, un système de régulation, le Neopilot permet de réguler la défilement de la bande via un quartz, ce qui assure une parfaite synchronisation avec une caméra.

Le Nagra SN (SN pour Série Noire), issu d'une demande spéciale de la CIA, est disponible pour les professionnels en 1965. Ce magnétophone, rendu célèbre par le générique de la série Mission impossible, est un enregistreur mono pleine bande quartzé, discret et léger, longtemps utilisé pour les enregistrements discrets sur un comédien ou en surveillance de lieux.

Le Nagra IV, doté de nombreuses améliorations techniques, dont trois entrées micro et un limiteur, apparaît en 1969 et devient rapidement le Nagra 4.2. En 1971, c'est l'arrivée du Nagra IV-S (S pour stéréo), qui enregistre sur deux pistes. Il a été conçu pour l'enregistrement musical de haute qualité, ainsi que pour les applications cinéma, radio et télévision. En 1984, il est doté du code temporel SMPTE, le timecode, et devient le Nagra IV-STC.

Kudelski sort en 1992 le Nagra-D enregistreur numérique quatre pistes sur bande, puis en 1995, l'ARES, enregistreur numérique bipiste portable sur carte PCMCIA CompactFlash.

Nagra V

En 2001, la société suisse présente le Nagra V, qui reprend le châssis de l'ARES. C'est un enregistreur numérique sur support informatique. Il s'agissait dans un premier temps d'une cartouche CastleRock puis rapidement le constructeur a choisi le disque dur comme support d'enregistrement qui peut désormais être extractible ou interne. Cet enregistreur stéréophonique à une capacité d'enregistrement très élevée ; l'autonomie sur ses accumulateurs est de plus d'une journée.

En 2008, Nagra lance le Nagra VI, enregistreur numérique évolutif 8 pistes sur disque dur (6 entrées analogiques et 2 numériques AES) et sur carte CompactFlash.

En 2009, le Nagra LB[2] est présenté comme le successeur de l'Ares-C et de l'Ares-BB. Développé à l'usage des journalistes, il reprend le gabarit de l'Ares-BB, mais la construction métallique et les fonctionnalités de l'Ares-C, parmi lesquelles des versions modernisées des fonctions de communication (Ethernet, Bluetooth, USB) et de la platine de montage sur la face supérieure. Le LB est un magnétophone numérique compact deux pistes enregistrant sur carte CompactFlash, périphérique USB et mémoire interne de deux gigaoctets.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Nicolas Bouvier, Le Vent des routes, Éditions ZOE/Production Radio Suisse Romande (ISBN 2-88182-530-3)
  2. (en)The Nagra LB

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]