Yoko Ono

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Ono.

Yoko Ono
小野 洋子

Description de cette image, également commentée ci-après

Yoko Ono à la cérémonie d'ouverture de son exposition d'art à São Paulo, en novembre 2007.

Informations générales
Naissance (81 ans)
Drapeau du Japon Tokyo, Japon
Activité principale Chanteuse, musicienne, comédienne, auteur-compositeur-interprète, actrice, écrivain, cinéaste
Genre musical Pop, rock expérimental, avant-garde, free jazz, hard rock, punk, new wave, dance, electro, house, indie
Instruments Voix, piano, percussion
Années actives Depuis 1961
Labels Apple Records (1970-1973)
Capitol Records
Polydor
Rykodisc
Astralwerks
Site officiel http://www.a-i-u.net

Yoko Ono[1], née le à Tokyo au Japon, est une artiste expérimentale, plasticienne, musicienne, chanteuse, compositrice, écrivain, comédienne et cinéaste japonaise, connue notamment pour le couple qu'elle forma à partir de mai 1968 avec John Lennon, jusqu'à son assassinat sous ses yeux à New York le 8 décembre 1980.

Artiste à part entière, Yoko Ono reste dans l'imaginaire collectif la muse du fondateur des Beatles, et aussi celle par qui la séparation du groupe est arrivée.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance[modifier | modifier le code]

Yoko Ono naît le à Tokyo dans une famille aisée de banquiers. Sa mère Isoko Ono est issue de la famille des banquiers Yasuda tandis que son père Eisuke Ono, pianiste de musique classique, travaille dans une banque de Yokohama.

En 1937, Yoko est inscrite à la Peers' School, à Tokyo, une école réservée exclusivement aux enfants descendants de familles d'aristocrates. Elle suit ainsi une éducation multiculturelle très riche. Durant la Seconde Guerre mondiale, elle doit fuir les bombardements incessants de la capitale japonaise en se réfugiant avec ses parents à la campagne où le luxe laisse place à la misère la plus totale, ce qui forge très vite son caractère. Après la guerre, la famille émigre à New York où Yoko intègre l'université de "Sarah Lawrence College". Alors que ses parents approuvent son choix d'entrer à l'université, ils sont néanmoins consternés par son style de vie.

Premiers pas dans le monde de l'art[modifier | modifier le code]

Dès l'âge de 14 ans, Yoko se destine à l'art avec notamment l'écriture, montrant déjà une attirance très nette vers l'avant-gardisme, ce qui ne fait pas l'unanimité de ses professeurs. Elle fréquente le milieu théâtral, entamant aussi des études de philosophie. Elle suit également des cours de lettres et de chant et découvre des compositeurs d'avant-garde comme Arnold Schönberg. Elle est alors très influencée par la Beat Generation (mouvement littéraire et culturel des années 1950) et adopte le style qu'on lui connaît : habillée de noir avec les cheveux lâchés.

En 1956, Yoko veut devenir cantatrice et faire carrière en Europe. Pour cela, elle quitte le Sarah Lawrence College à la fin de sa troisième année, sans avoir pu réaliser son rêve. C'est pourtant grâce à son intérêt pour la musique qu'elle va rencontrer son premier mari Toshi Ichiyanagi, un brillant compositeur japonais qui étudie aux États-Unis. Dans un premier temps, les parents de Yoko désapprouvent les liens qui se nouent entre les deux jeunes gens, en raison de leurs différences sociales, mais ils finiront par se marier en , un mariage que les Ono refuseront d'abord de reconnaître avant de le célébrer officiellement l'année suivante. Le couple s'installe à New York dans un petit appartement sur Amsterdam Avenue, un quartier ouvrier. Yoko travaille dans une firme d'import-export comme interprète. Lorsqu'elle reçoit des invités, elle chante des airs folkloriques japonais à la demande de ses invités d'une petite voix pure et enfantine.

Yoko divorce finalement de Toshi et rencontre un cinéaste et musicien de jazz Anthony Cox, dans un hôpital psychiatrique à New York où Yoko avait été placée par sa famille après avoir fait une tentative de suicide par absorption de barbituriques. Ils décident de se marier et le 8 août 1963, Yoko donne naissance à une fille, Kyoko Chan Cox. Le mariage tombe rapidement à l'eau (des témoins ont vu Tony et Yoko se menaçant avec des couteaux de cuisine). Ils décident néanmoins de rester ensemble en raison de leur carrière commune.

Le mouvement Fluxus[modifier | modifier le code]

En 1958, Yoko suit des cours sur la musique expérimentale, prodigués par John Cage, grand nom de l'avant-gardisme qui l'influence énormément, notamment avec l'art pictural qu'il enseigne : le minimalisme. Elle s'engouffre dans cette voie, qui lui convient pleinement, et tente de produire ses premières œuvres et spectacles artistiques. Avec le retour en force du pop art, elle reprend confiance en elle, créant le bagism, spectacle consistant à s'enfermer dans un sac avec un partenaire, qui rencontre un certain succès et en publiant un recueil de poèmes intitulé Grapefruit.

Petit à petit, Yoko acquiert une certaine notoriété dans le monde de l'art en adhérant au groupe d'artistes Fluxus, un mouvement d'artistes d'avant-garde, qui se développa au début des années 1960. Son fondateur George Maciunas, qui deviendra l'une des plus importantes influences de Yoko sur ses performances artisitiques, admire son travail et, avec enthousiasme, s'occupe de promouvoir ses travaux artistiques.

En 1965, "Cut Piece", une performance durant laquelle Yoko reste assise sur scène, invitant les spectateurs à prendre une paire de ciseaux pour découper ses habits jusqu'à ce qu'elle soit complètement nue dans la posture traditionnelle de la femme japonaise, est présentée en avant-première au Carnegie Hall de New York. La représentation connaît un tel succès, confirmé par les médias et les critiques d'art fascinés par son audace, que la représentation parcourt la scène de l'époque, du Living Theater en passant par le Judson Dance Theater. Au Japon, le public est plus réservé, tandis qu'en Angleterre, des spectateurs se montrent ardents afin d'obtenir un morceau de son habit et deviennent violents au point que Yoko doit être protégée par sécurité.

Rencontre avec John Lennon[modifier | modifier le code]

En septembre 1966, ayant eu vent du fort mouvement culturel à Londres, marqué par le fameux Swinging London, Yoko et Tony décident de s'y installer. Après quelques démarches, Yoko fait la connaissance de John Dunbar, grande figure de l'avant-garde artistique londonien, époux de Marianne Faithfull et directeur de la galerie "Indica" qu'il a montée avec Paul McCartney, et où elle parvient à faire une exposition, dont le vernissage est prévu pour la mi-novembre. La presse britannique, amusée mais aussi intriguée, réserve un accueil plutôt favorable aux œuvres de Yoko et cela dès sa première exposition.

Le , Yoko rencontre John Lennon, le fondateur des Beatles, lors du vernissage de son exposition "Unfinished Paintings & Objects" à la galerie Indica. Lennon découvre l'univers de l'artiste conceptuelle, son imaginaire, son humour qui entrent intimement en résonance avec ses aspirations intellectuelles et artistiques. Lorsque Dunbar demande à Yoko de le laisser enfoncer un clou sur l'une de ses œuvres, elle refuse tout d'abord, prétendant que la planche devait être intacte pour le lendemain. Lennon propose alors de payer cinq shillings imaginaires pour planter un clou imaginaire :

« Il y avait une échelle suspendue au plafond, menant à une peinture. On aurait dit une toile vierge avec une chaîne à l'extrémité de laquelle pendait une loupe. J'étais anti-art parce que j'avais passé cinq années dans une école d'art et qu'ils étaient tous bidon et j'étais vraiment contre. Mais en visitant les galeries je m'y étais de nouveau intéressé et j'étais là. J'ai escaladé l'échelle et pris la longue-vue, je me balançais là-haut et dans une écriture minuscule ça disait simplement « Oui ». Et c'est ce qui m'a décidé à rester. Ça disait « Oui ». Ça m'a décidé à voir la suite de l'exposition. Si ça avait dit « Non » ou quelque chose de méchant ou de sarcastique, du genre « Arnaque » ou je ne sais quoi, j'aurais quitté la galerie sur-le-champ. Parce que c'était positif et que ça disait « Oui », je me suis dit : « OK, c'est la première exposition où je vais qui me dit quelque chose de chaleureux ». Alors j'ai décidé de voir le reste de l'exposition. Et voilà comment on s'est rencontrés. Si ça avait dit « Non », je serais parti. C'était comme un truc personnel. Je suppose que quiconque lisait ça ressentait la même chose. Mais j'ai pris ça comme un « Oui » que l'artiste m'adressait personnellement. »

Encouragée dans le fait d'avoir approché une star de l'envergure de Lennon dans une des galeries les plus branchées de Londres, l'année 1967 est mise à profit pour Yoko. Dès février 1967, le public britannique a déjà beaucoup glosé sur son film "Bottoms" et sur sa collection de derrières nus et en marche qui y apparaissent en gros plan. À la fin du mois d'août 1967, Yoko est devenue une curiosité ayant une forte propension à attirer, et ce de plus en plus, l'attention des gros titres de la presse : ses concerts conceptuels provoquent des débats dans la presse underground et "Wrapping Piece", qui l'amène à couvrir les lions de Trafalgar Square de rouleaux de papier, remplit les pages des quotidiens londoniens[2].

Lors d'un vernissage de Claes Oldenburg, Yoko rencontre une nouvelle fois Lennon. Plus tard, elle lui téléphone pour lui demander d'apporter sa contribution à un livre sur la musique du XXe siècle, dont John Cage, qui se trouve être de passage à Londres, a commencé la rédaction. Elle obtient alors un rendez-vous avec un Lennon charmé qui lui offrira une partition : celle de la chanson The Word, entièrement écrite aux crayons de couleurs et présente sur l'album des Beatles Rubber Soul paru en 1965. En studio, entre deux prises, Lennon s'entretient avec elle et se montre intéressé par sa prochaine exposition. Pour Yoko, Lennon n'est rien qu'un "type séduisant" dont l'immense notoriété provenait d'un univers qui lui était étranger et qui paraissait être son opposé absolu. Mais un jour, alors qu'elle cherche un exemplaire de son recueil de poèmes "Grapefruit" dans une librairie de Londres, elle aperçoit les livres de Lennon "In His Own Write" et "A Spaniard In The Works". Elle lit une phrase au hasard, puis voit le dessin d'une femme très laide dont le corps dénudé était recouvert de mouches. Une image semblable hantait l'esprit de Yoko comme possible idée de film[3].

En novembre 1967, Yoko persuade Lennon de sponsoriser sa prochaine exposition "Half A Wind'", qui doit se tenir à la Lisson Gallery de Marylebone. Lennon accepte à condition que son nom n'apparaisse pas dans le programme. Gêné d'être lié avec ces étrangetés et incertain de la nature de ses sentiments pour Yoko, Lennon reste à l'écart de l'exposition, mais ne peut s'empêcher d'aimer les idées de Yoko. Quelque temps plus tard, Yoko est invitée à projeter son film "Bottoms" au cours d'un festival artistique à Knokke-le-Zoute, en Belgique et se rend également à Paris pour y exposer ses œuvres. Parmi les admirateurs que son travail attire se trouve le musicien de free jazz Ornette Coleman, qui est sur le point de se rendre à Londres pour s'y produire au Royal Albert Hall et propose à Yoko de se joindre à lui sur scène[3].

En mai 1968, alors que Cynthia Powell, première épouse de Lennon, est en Grèce, Lennon invite Yoko dans sa résidence de Kentwood, où ils enregistrent leur premier travail en commun, l'album expérimental "Two Virgins", contenant deux longs morceaux de musique expérimentale. Pour sa pochette, ils apparaissent tous les deux dans le plus simple appareil. Le soir même, le futur couple consomme son union pour la première fois. Lorsque Cynthia rentre chez elle, elle découvre Yoko vêtue de son peignoir, buvant une tasse de thé avec Lennon.

Yoko et les Beatles[modifier | modifier le code]

En novembre 1968, John divorce de Cynthia et, en février 1969, Yoko de Anthony Cox. À partir de cet instant, le couple ne se quittera plus, même durant les enregistrements des albums des Beatles, ce qui énerve les trois autres au plus haut point.

Le 30 mai 1968, la présence de Yoko, dès le premier jour des séances de l'album The Beatles, deviendra un grand sujet de controverse chez les fans du groupe. Contrairement aux autres femmes ou compagnes et, sous l'insistance de Lennon, elle ne se contente pas de rester dans la salle de contrôle en compagnie du producteur et des ingénieurs du son, mais s'installe dans le studio même, faisant des commentaires sur le travail de Lennon. Dans un premier temps, les autres membres du groupe ne pensent voir que la manifestation passagère d'un nouvel amour, mais, lors de l'enregistrement de l'album Abbey Road en juillet 1969, ils déchantent lorsque Lennon fait installer un lit dans le studio pour Yoko, qui doit se remettre d'un accident de voiture survenu en Écosse quelques jours plus tôt. Un microphone est même suspendu au-dessus de sa couche, pour lui permettre de parler avec son mari.

La présence constante de Yoko durant les séances d'enregistrement des Beatles, nuit beaucoup à l'ambiance qui règne au sein du groupe, qui vient s'ajouter aux querelles concernant les affaires et les changements d'orientations musicales de chacun et notamment les tensions grandissantes entre Lennon et McCartney. De ce fait, Yoko sera considérée, par la plupart des fans, comme la principale cause de la séparation des Beatles. Cependant, beaucoup s'accordent à dire qu'elle a aussi été une bouée de sauvetage pour un Lennon en perdition et allait exercer une influence considérable sur plusieurs compositions de son mari.

John et Yoko[modifier | modifier le code]

Le 18 octobre 1968, le couple est arrêté dans leur appartement du 34 Montagu Square, à Londres, par la brigade des stupéfiants, lorsqu'une quarantaine d'agents découvrent plus de 219 grammes de résine de cannabis. Quelques jours plus tard, Yoko enceinte, est hospitalisée d'urgence au Queen Charlotte Maternity Hospital où elle fait une fausse couche. Cette affaire hantera le couple pendant des années, au point que le gouvernement américain s'en servira pour leur interdire leur carte verte de résidents américains.

Le , John et Yoko se marient à Gibraltar. Ils se produisent par la suite dans toute une série d'apparitions artistiques ou musicales (dont The Rock and Roll Circus des Rolling Stones) qui suscitent l'indignation et la surprise parmi le grand public. Ils se rendent également célèbres par leur engagement militant en faveur de la paix dans le monde, notamment au travers du tube Give Peace a Chance, attribué à leur nouveau groupe Plastic Ono Band et qui sera le premier succès d'un Beatle en dehors du groupe.

Le , le couple est invité à se produire au Toronto Rock and Roll Revival Festival, qui réunit les plus grands représentants du rock and roll (Little Richard, Chuck Berry, Jerry Lee Lewis, Gene Vincent) et des groupes de l'époque (Chicago Transit Authority, Alice Cooper, The Doors). Avec le Plastic Ono Band, ils interprètent de vieux standards, ainsi que le récent "Give Peace a Chance". En interprétant deux de ses propres compositions "Don't Worry Kyoko (Mummy's Only Looking for her Hand in the Snow)" et "John, John (Let's Hope for Peace)", Yoko réalise l'une des premières performances avants-gardistes données durant un concert de rock, devant un public stupéfait. Cette performance sera filmé par le réalisateur D.A Pennebaker, fera l'objet d'un film qui sortira en 1971 sous le titre Sweet Toronto/Keep On Rockin et engendrera la parution de l'album Live Peace In Toronto 1969 en décembre 1969.

En décembre 1970, Yoko sort son premier album solo "Yoko Ono/Plastic Ono Band", parallèlement au disque de son mari "John Lennon/Plastic Ono Band". Cet album, composé uniquement de cris et d'improvisations, se classe à la 183e place des charts aux États-Unis. En 1971, son premier double album "Fly", est également publié, avec la chanson "Mrs Lennon" qui sera son premier single en solo.

Après de continuels voyages entre le Royaume-Uni et les États-Unis, John et Yoko s’installent définitivement à New York, au mois d’août 1971. Leur première demeure est située dans le West Village new-yorkais. Leur arrivée sur le sol américain génère l'engouement des médias qui les inondent de demandes d'interviews. Le couple voit là une formidable occasion d'intensifier sa campagne pour la paix, en jouant un rôle actif dans de nombreuses manifestations politiques.

Le , John et Yoko organisent deux concerts de charité au Madison Square Garden de New York, au profit des enfants handicapés mentaux. Avec leur nouvelle formation Elephant's Memory Band, le couple interprète des chansons provenant de leurs premiers albums solos dont Some Time in New York City. Ces concerts génèrent plus de 1.5 million de dollars et feront l'objet d'un disque et d'un film intitulé Live in New York City. À l'automne, Yoko enregistre son deuxième double album Approximately Infinite Universe, qui sera souvent considéré comme son meilleur. Cet album suscitera très peu d'intérêt lors de sa sortie, mais sera reconnu, bien plus tard, pour sa qualité musicale.

La séparation[modifier | modifier le code]

En avril 1973, John et Yoko emménagent dans le fameux immeuble Dakota Building, en face de Central Park. Mais, en octobre de la même année, alors que Yoko enregistre seule son quatrième album Feeling The Space et Lennon son album Mind Games, le couple décide de se séparer pour une période de dix-huit mois. Yoko reste à New York en continuant de mener sa carrière musicale, tandis que Lennon s'en va vivre à Los Angeles avec leur assistante personnelle, May Pang.

Durant cette séparation, Yoko se produit régulièrement en tant que musicienne. Elle reste une semaine au Kenny's Castaways, un endroit à la mode de Manhattan, chante accompagnée du Elephant's Memory Band dans l'émission Mike Douglas Show et donne un concert de Noël dans la cathédrale de St-John The Divine, accompagnée par le guitariste David Spinozza.

En août 1974, elle effectue une brève tournée japonaise en se produisant "Koriyama One Step Festival", un festival hippie organisé près de la petite ville de Koriyama. Les critiques ne sont pas tendres, comparant sa façon de chanter à "un ivrogne en train de vomir dans le caniveau", ou "un lavage d'estomac après une tentative de suicide". Par la même occasion, le single "Yume O Moto (Let's Have A Dream)" est publié, ainsi que l'enregistrement de l'album A Story, qui ne sera finalement pas commercialisé en raison de la réconciliation du couple Lennon quelques mois plus tard[3].

Le , le jour de Thanksgiving, Lennon joue aux côtés d'Elton John à l'occasion d'un concert au Madison Square Garden de New York. Yoko assiste à ce concert dans le public sans que John ne le sache et vient le saluer dans les coulisses après le spectacle, marquant leur première rencontre depuis un an. En janvier 1975, après plus de dix-huit mois passés loin l'un de l'autre, le couple officialisent leur réconciliation.

Le , après de nombreuses fausses couches, Yoko, alors âgée de 42 ans, met au monde leur fils Sean Taro Ono Lennon, le jour du 35ème anniversaire de Lennon. À partir de cet instant, le partage des fonctions au sein du couple se fait d’une manière très claire : Lennon se consacre entièrement à son fils, tandis que Yoko s'occupe de leurs affaires familiales en prenant les rênes des finances communes et devient la gestionnaire de l’important patrimoine musical de son mari.

Assassinat de Lennon[modifier | modifier le code]

En août 1980, après cinq ans d'absence dans les médias, John et Yoko décident de revenir sur le devant de la scène publique avec leur album commun Double Fantasy, qui connaît un véritable succès. Peu après, le soir du , Yoko s'affirme comme une artiste pop accomplie en enregistrant "Walking On Thin Ice", que le couple souhaite sortir en single. À 22h45, alors qu'ils rejoignent le Dakota, peu après la séance d'enregistrement, Mark David Chapman, un déséquilibré, abat Lennon, sous les yeux de Yoko, de quatre balles de revolver (calibre 38). Quelques heures plus tôt, Lennon lui avait accordé un autographe. Malgré ce drame, Yoko réagit dignement à la situation.

Après l'assassinat de Lennon, Yoko ralentit sa production artistique et se consacre entièrement à son fils Sean et à la gestion de l'empire économique de son défunt mari, avec plus de sérieux et de professionnalisme. Elle édite des disques posthumes de Lennon : Live In New York City, Milk And Honey et "Menlove Avenue", avec de vieilles chansons ou de simples maquettes et s'unit à Paul McCartney, George Harrison et Ringo Starr dans la défense des intérêts communs des Beatles.

En 1981, Yoko publie son cinquième album Season Of Glass, dans lequel elle se livre avec émotion sur son travail de deuil. L'album se classe à la 49e place des charts mondiaux. Sa célèbre pochette montrant les lunettes de Lennon tachées de sang, provoque de violentes critiques qui accuse Yoko d'être insipide et exploitante. Cependant, elle déclara avoir choisi cette image en voulant représenter ce qu'elle et d'autres membres de la famille de Lennon ont enduré après la mort de ce dernier. Cette photographie sera vendue aux enchères à Londres en avril 2002 pour $13 000. L'année suivante, sort également It's Alright (I See Rainbows), dégageant une ambiance plus positive que son précédent. L'album connaît un succès mineur dans les charts et deux de ses chansons "My Man" et "Never Say Goodbye" seront publiées en single.

En 1984, "Every Man Has A Woman Who Loves Him", un album comportant une sélection de chansons de Yoko, interprétées par des artistes tels qu'Elvis Costello, Roberta Flack,Eddie Money, Rosanne Cash et Harry Nilsson est commercialisé. Ce fut l'un des projets que John ne put jamais terminer. Plus tard, dans la même année, le dernier albun posthume de John et Yoko dans la veine de Double Fantasy, Milk And Honey est publié.

En 1985, à l'occasion du 45e anniversaire de Lennon, une partie de Central Park est réaménagée grâce à un don d'un million de dollars de Yoko et baptisé le Strawberry Field Memorial. Dans un même temps, "Starpeace" est le dernier album de Yoko à paraître durant les années 80. Le single "Hell in Paradise" devient un hit, se classant à la 16e position des charts américains et 26e dans la liste des 100 plus grands succès du Billboard. Le clip, qui accompagne la chanson, gagne l'award de la "vidéo la plus innovante" (Most Innovative Video) aux Billboard Music Video Awards en 1986. Pour promouvoir l'album, Yoko entreprend ensuite sa première tournée mondiale "World Tour For Starpeace", visitant les pays de l'Est dans lesquels elle sentait devoir proclamer son message de paix. À cette occasion, elle repasse par le Hilton d'Amsterdam où elle accorde des interviews aux journalistes installée sur le lit où Lennon et elle ont fait leur premier Bed-In, dix-sept ans plus tôt. Sur scène, en plus de son propre répertoire, elle interprète quelques-unes des chansons les plus connues de son mari.

En 1991, elle crée, avec son fils Sean et le chanteur Lenny Kravitz, le "Peace Choir". À cette occasion, ils enregistrent, avec de nombreux autres artistes, une reprise de "Give Peace a Chance" pour protester contre la Guerre du Golfe. L'année suivante, Yoko signe un contrat avec la maison d'édition Rykodisc afin de publier d'un coffret de six disques "Onobox", résumé de sa carrière musicale, agrémenté de maquettes et de chansons inédites. Un best of "Walking On Thin Ice" sort également. En 1995, elle retourne en studio pour l'enregistrement de "Rising", une collaboration avec son fils Sean et son groupe IMA. Cet album engendre une tournée mondiale qui passera par l'Europe, le Japon et les États-Unis. L'année suivante, elle collabore avec les DJs américains Cibo Matto, Ween Tricky et Thurston Moore pour l'élaboration d'une version remix, "Rising Mixes".

En 1997, Rykodisc édite tous les albums de Yoko en compact disc. Yoko et l'ingénieur du son Rob Stevens supervisent la remastérisation des bandes originales et des bonus sont également ajoutés (démos, prises alternatives, inédits et versions lives). L'année 2001 voit la sortie de l'album "Blueprint For a Sunrise", qui reprenant le thème d'un esprit féministe engagé, déjà abordé dans "Approximately Infinite Universe" et "Feeling The Space".

En 2002, les DJs américains (Pet Shop Boys, Orange Factory, Peter Rauhofer, Danny Tenaglia) commencent à travailler sur un projet consistant à remixer le répertoire de Yoko pour des clubs de dance. Pour cela, Yoko supprime son prénom qui devient simplement ONO, une réponse ironique à la phrase : "Yoko Ono Oh No!", une plaisanterie qui l'a poursuivie tout au long de sa carrière. Le projet connaît un grand succès, confirmé en avril 2003, avec une nouvelle version de "Walking On Thin Ice" des Pet Shop Boys, qui atteint la première place du Billboard, faisant de ce single le premier numéro un de Yoko. Elle revient à la première place en novembre 2004 avec "Everyman...Everywoman.....", une version de la chanson "Every Man Has A Woman Who Loves Him" dont les paroles sont modifiées afin de soutenir les mariages gays.

En 2007, sort "Yes I'm A Witch", une compilation regroupant une sélection de remix du catalogue de Yoko par divers artistes comprenant The Sleepy Jackson, The Flaming Lips, Cat Power, Antony Hegarty, DJ Spooky, Porcupine Tree et Peaches. L'album reçoit un bon accueil de la part des critiques, très surprises. Encouragé par ce succès, un second album "Open Your Box", est publié selon le même concept.

Carrière[modifier | modifier le code]

Carrière musicale[modifier | modifier le code]

Yoko a également mené une carrière de chanteuse. Elle était déjà musicienne lorsqu'elle rencontra Lennon, ayant entre autres collaboré avec John Cage, La Monte Young et Ornette Coleman. Mais sa relation avec Lennon lui donna une notoriété que sa carrière solo ne laissait pas jusque-là espérer.

Yoko étudie la musique dès son plus jeune âge dans une école maternelle spécialisée appelée « Jiyu-Gakuen ». Elle y apprend à écouter les sons de l'environnement et de la vie quotidienne et à les traduire en notations musicales, comme le fera plus tard John Cage. Dans son désir de transcrire les bruits de la nature, elle décide de combiner le mode de notation musicale occidental à des instructions, prélude aux "Instruction Pieces" qu'elle développera pour la peinture et la sculpture, après avoir remarqué combien dans la musique, à la différence de l'art, il y a une séparation entre la partition écrite par le compositeur et l'interprétation qu'en fait le musicien. Après avoir étudié au « Sarah Lawrence College », où elle chante des lieders allemands et des airs d'opéra, elle rencontre les compositeurs Edgar Varèse, Morton Feldman et John Cage qui dès la fin des années 1950 l'encouragent à se lancer dans la direction qu'elle souhaite emprunter. Elle pénètre le monde de l'avant-garde musicale avec son premier mari, Toshi Ichiyanagi, un jeune musicien et compositeur japonais qui gagne sa vie comme copiste de partitions pour des compositeurs. Tous deux s'installent à Manhattan, dans un loft sur Chambers Street, qui devint, au début des années 1960, le théâtre de nombreuses performances artistiques et de concerts avec La Monte Young, John Cage et George Maciunas.

La musique de Yoko a souvent été qualifiée par ses détracteurs comme une litanie de cris, d'autant plus insupportable que l'artiste avait à leurs yeux semé le germe de la rupture entre les Beatles avec l'expérimental Revolution 9. Les cris émis par Yoko dans ses performances vocales traduisent la schizophrénie culturelle qui la marquait depuis son enfance, partagé entre Orient et Occident, le Japon et les États-Unis, où elle fut élevée entre un père qui vouait une admiration infinie à Bach, Beethoven et Brahms et une mère qui jouait de plusieurs instruments traditionnels japonais. Ils sont aussi révélateurs de l'importance qu'elle accorde au corps comme instrument primordial, vecteur d'émotions musicales. Yoko exploite le spectre de la voix de manière unique. Elle devait devenir par la crudité de sa voix, le recours à l'improvisation et au free jazz, une des sources occultes du rock expérimental. L'influence de sa voix "hors limite" transparaît chez une artiste comme Björk, notamment sur son album « Medulla ».

Durant sa carrière, Yoko a collaboré avec divers groupes, artistes et musiciens dont John Lennon, Eric Clapton, Klaus Voormann, John Cage, Frank Zappa, Andy Warhol, Sean Lennon, Cornelius (Keigo Oyamada, Naoki Shimizu et Yoko Araki), Paul McCartney, David Spinozza, Hugh McCracken, Michael Brecker, Earl Slick, The Flaming Lips, Pet Shop Boys, Peter Rauhofer, Danny Tenaglia, David Tudor, George Maciunas, Ornette Coleman, Hirotaka Shimizu, Cat Power, Charlotte Moorman, George Brecht, Jackson Mac Low, Jonas Mekas, Lenny Kravitz, Thurston Moore, Tricky, Yuka Honda, Nick Vernier Band, Cibo Matto, Yvonne Rainer, La Monte Young, Richard Maxfield, Zbigniew Rybczyński, Yo La Tengo, DJ Spooky, Peaches, Fred DeAsis, Basement Jaxx, Bill Kates, Billy Martin, Apples In Stereo, Michael Leonhart, Damien Price, DJ Chernobyl, Bimbo Jones, DJ Dan, Erik Friedlander, Daniel Carter, Craig Armstrong, Konrad Behr, Jorge Artajo, Shuji Nabara, Indigo Street, Lady Gaga et Dave Aude. Yoko a été 11 fois numéro un du classement américain Billboard, catégorie "Dance/club play" depuis les 3 dernières années. En octobre 2013, "walking on thin ice" est son dernier single remixé à atteindre la pole position.

Discographie[modifier | modifier le code]

Albums[modifier | modifier le code]
Année Album Meilleure
position
1970 Yoko Ono/Plastic Ono Band 182
1971 Fly 199
1972 Approximately Infinite Universe 193
1973 Feeling the Space -
1974 A Story -
1981 Season of Glass 49
1982 It's Alright (I See Rainbows) 98
1985 Starpeace -
1995 Rising -
2001 Blueprint for a Sunrise -
2007 Yes, I'm a Witch
Open Your Box
-
2009 Between My Head and the Sky -
2012 Yokokimthurston -
2013 Take Me to the Land of Hell -
Albums avec John Lennon[modifier | modifier le code]
Année Album Meilleure
position
1968 Unfinished Music No.1: Two Virgins 124
1969 Unfinished Music No.2: Life with the Lions 174
Wedding Album 178
Live Peace in Toronto 1969 10
1972 Some Time in New York City 48
1980 Double Fantasy 1
1984 Milk and Honey 11
Compilations[modifier | modifier le code]
Singles[modifier | modifier le code]
Année Chansons Meilleure position
1971 Mrs. Lennon/Midsummer New York -
Mind Train/Listen, the Snow Is Falling -
1972 Now or Never/Move on Fast -
1973 Death of Samantha/Yang Yang -
Josejoi Banzai (Part 1)/Josejoi Banzai (Part 2) (sorti uniquement au Japon) -
Woman Power/Men, Men, Men -
Run, Run, Run/Men, Men, Men -
1974 Yume O Moto (Let's Have a Dream)/It Happened (sorti uniquement au Japon) -
1981 Walking on Thin Ice/It Happened 35
No, No, No/Will You Touch Me -
1982 My Man/Let the Tears Dry -
Never Say Goodbye/Loneliness -
1985 Hell in Paradise/Hell in Paradise (instrumental) 12
Cape Clear/Walking on Thin Ice (promo) -
2001 Open Your Box (remix) 25
2002 Kiss Kiss Kiss (remix) 20
Yang Yang (remix) 17
2003 Walking on Thin Ice (remix) 1
Will I (remix)/Fly (remix) 19
2004 Hell in Paradise" (remix) 4
Everyman... Everywoman... (remix) 1
2007 You're the One (remix) 2
No, No, No (remix) 1
2008 Give Peace a Chance (remix) 1
2009 I'm Not Getting Enough (remix) 1
2010 Give Me Something (remix) 1
Wouldnit (I'm a Star) (remix) 1
2011 Move on Fast (remix) 1
Talking to the Universe (remix) 1
2012 She Gets Down on Her Knees (remix) 5
Early in the Morning -
I'm Moving On (remix) 4
2013 Hold Me (featuring Dave Audé) 1
Walking on Thin Ice 2013 1
Faces B des singles de John Lennon[modifier | modifier le code]
  • 1969 : Remember Love (sur Give Peace A Chance)
  • 1969 : Don't Worry Kyoko (sur Cold Turkey)
  • 1970 : Who Has Seen The Wind (sur Instant Karma)
  • 1971 : Why (sur Mother)
  • 1971 : Open Your Box (sur Power To The People)
  • 1971 : Listen The Snow Is Falling (sur Happy Xmas(War Is Over))
  • 1972 : Sisters O Sisters(sur Woman Is The Nigger Of The World)
  • 1980 : Kiss Kiss Kiss (sur Just Like(Starting Over))
  • 1981 : Beautiful Boys (sur Woman)
  • 1981 : Yes I'm Your Angel (sur Watching The Wheels)
  • 1984 : O'Sanity (sur Nobody Told Me)
  • 1984 : Sleepless Night (sur I'm Stepping Out)
  • 1984 : Your Hands (あなたの手) (sur Borrowed Time)

Carrière cinématographique[modifier | modifier le code]

Entre 1964 et 1972, Yoko réalise plus d'une soixantaine de films.

Encouragée dans cette voie par Jonas Mekas en 1964, Yoko écrit, selon le principe de ses "nstructions Pieces", des scripts de films qui interrogent la nature du médium cinématographique : elle propose par exemple de distribuer des ciseaux au public pour lui permettre de découper sur l'écran ses morceaux préférés du film. Dès 1966, elle réalise "Fluxfilms", une série de courts-métrages rassemblés par George Maciunas en une œuvre collective produite par Fluxus et qui sera présentée au festival du cinéma indépendant d'Ann Arbor aux États-Unis la même année. La plupart d'entre eux sont tournés par George Maciunas, avec une caméra ultarapide, que ce dernier avait empruntée au cinéaste underground Ed Emshwiller[réf. nécessaire].

En 1967, Yoko tourne "Four (Bottoms)" qui acquiert une certaine notoriété par le scandale des postérieurs qu'il met en scène. Au-delà de ce qui pourrait apparaître comme une provocation nourrie de l'esprit et de l'utopie des années 1960, ce film affirme un principe visuel très construit et le titre "Four" détermine le cadrage de la composition sur ces fesses paradoxalement dématérialisées en un quadrillage abstrait.

Militante des droits de la femme, Yoko a également figuré au générique de plusieurs films sur la maltraitance des femmes, dont "Satan's Bed", sorti en 1965.

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • 1965 : Satans Bed (en tant qu'actrice)
  • 1965 : Cut Piece (9 minutes)
  • 1966 : Eye Blink (5 minutes)
  • 1966 : Bottoms (5½ minutes)
  • 1966 : Match (5 minutes)
  • 1967 : Wrapping Piece (approx. 20 minutes., musique de Delia Derbyshire)
  • 1967 : Film No. 4 (Bottoms) (80 minutes)
  • 1967 : Bottoms, advertisement/commercial (approx. 2 minutes)
  • 1968 : Two Virgins (approx. 20 minutes)
  • 1968 : Film No. Five (Smile) (51 minutes)
  • 1969 : Rape (77 minutes) avec Eva Rhodes
  • 1969 : Bed-In (74 minutes)
  • 1970 : Let It Be" (81 minutes) de Michael Lindsay-Hogg
  • 1970 : Apotheosis (18½ minutes)
  • 1970 : Freedom (1 minute)
  • 1971 : Sweet Toronto/Keep On Rockin" (70 minutes) de D.A. Pennebaker
  • 1971 : Fly (25 minutes)
  • 1971 : Making of Fly (approx. 30 minutes)
  • 1971 : Erection (20 minutes)
  • 1971 : Imagine (70 minutes)
  • 1971 : Sisters O Sisters (4 minutes)
  • 1971 : Luck of the Irish (approx. 4 minutes)
  • 1972 : Flipside (TV show) (approx. 25 minutes)
  • 1972 : Live In New York City (approx. 50 minutes)
  • 1984 : Then & Now (58 minutes)
  • 2000 : Blueprint for the Sunrise (28 minutes)

Personnalité et autres activités[modifier | modifier le code]

Activisme politique[modifier | modifier le code]

Depuis le début des années 1960, Yoko a milité pour la paix et la défense des droits de la femme. Après leur mariage, John et Yoko utilisèrent leur célébrité pour promouvoir la paix dans le monde avec leur célèbre Bed-In durant leur lune de miel à l'Hilton Hôtel, à Amsterdam en mars 1969. Les médias du monde entier les tournèrent en ridicule, mais en parlant de l'événement, la presse évoquera systématiquement le message du couple. Le « Bed-In » de Montréal, en mai 1969, a pour conséquence l'enregistrement de leur premier single Give Peace A Chance, un hymne pacifiste composé par le couple. Présenté à Vienne et inventé par Yoko en 1962, le "Bagism" leur permettait, en étant caché à la vue des spectateurs, de stimuler leur imagination et, en dissimulant les apparences extérieures, de rendre accessible la réalité intérieure. Le couple réalisera plusieurs performances de Bagism entre 1968 et 1971, le sac devenant le symbole de leur désir d'intimité et une contestation du racisme.

Dans les années 1970, John et Yoko participèrent à de nombreuses manifestations politiques en faveur de diverses personnalités telles que Bobby Seale, Jerry Rubin, Michael X, Angela Davis, Kate Millett et David Peel. Le , le couple se produisit aux côtés de Stevie Wonder, Phil Ochs et Commander Cody, lors d'une manifestation à Ann Arbor, dans le Michigan, contre l'incarcération de John Sinclair, leader du White Panther Party, arrêté et condamné à dix ans de réclusion en juillet 1969 pour détention de deux joints de marijuana. Ils apparaissent également dans l'émission "Mike Douglas Show" qu'ils coprésentent pendant une semaine, où ils abordent les thèmes du racisme du sexisme.

En 2002, Yoko inaugure sa propre récompense de paix en donnant 50 000 dollars (£31,900) aux artistes vivants dans les régions en conflit. Les artistes israéliens et palestiniens sont les premiers destinataires. Le 14 février 2003, le jour de la Saint-Valentin et à la veille de l'invasion irakienne par les américains et les anglais, elle entend parler d'Andrew et Christine Gale, un couple menant une protestation au lit dans leur chambre à coucher à Addingham dans le West Yorkshire, en Angleterre. Elle envoie alors des fleurs au couple en leur souhaitant le meilleur pour leur campagne.

Le 5 janvier 2008, Yoko crée une publicité qui est publié dans l'édition du New York Times contenant le mot "IMAGINE PEACE".

Relations avec Paul McCartney[modifier | modifier le code]

En septembre 1966, lorsque Yoko arrive en Angleterre, elle contacte Paul McCartney pour lui demander une partition originale des Beatles à ajouter à la collection de John Cage. McCartney refuse et lui suggère de s'adresser directement à Lennon. Ce dernier lui offrira plus tard les paroles manuscrites de la chanson The Word qui seront ensuite reproduites dans le livre de Cage, "Notations", publié en 1969[4].

Yoko a souvent discuté avec Paul McCartney au sujet des crédits d'écriture pour beaucoup de chansons des Beatles. Quand les Beatles étaient encore ensemble, chaque chanson écrite par Lennon ou McCartney, indépendamment de celles qui apparaissent sur le premier album du groupe Please Please Me étaient créditées comme Lennon-McCartney, si la chanson était une collaboration ou un projet solo. Après la mort de Lennon, McCartney essaya de changer l'ordre en McCartney-Lennon pour des chansons telles que Yesterday et seulement si elles avaient été écrites par lui-même, mais Yoko ne le lui permit pas. Elle dit qu'elle pensait que ceci casserait l'accord que les deux avaient conclu tandis que Lennon était encore vivant. Cependant, McCartney a déclaré qu'un tel accord n'avait jamais existé. Les deux autres Beatles ont convenu que les crédits devaient rester les mêmes car ils l'avaient toujours été ainsi et Paul retira sa demande. Cependant, une dispute refit surface en 2002. Sur son album enregistré en live, Back In The World, 19 chansons des Beatles sont décrites comme étant écrites par Paul McCartney et John Lennon. Cependant, sur certains albums réalisés en solo, la mention Lennon-McCartney a également été modifiée pour des chansons des Beatles. En 1976, Paul sorti un autre album live intitulé Wings Over America dans lequel plusieurs chansons des Beatles sont créditées de cette manière : P. McCartney - J. Lennon. De même en 1998 sur The John Lennon Anthology et Lennon Legend, les crédits de la chanson Give Peace A Chance sont attribués uniquement à John Lennon, au lieu des originaux qui étaient : Lennon-McCartney.

En 1995, McCartney et sa famille collaborèrent avec Yoko et Sean Lennon pour créer le morceau 'Hiroshima Sky is Always Blue' pour commémorer le cinquantième anniversaire de la chute d'une bombe atomique sur la ville japonaise. Au sujet de Yoko, McCartney déclara : « J'ai pensé qu'elle était une femme froide. J'ai pensé négativement, elle est juste l'opposé. Je pense qu'elle est simplement plus déterminée que la plupart des personnes pour être elle-même. ». McCartney n'invitera pas Yoko aux funérailles de sa femme Linda McCartney en 1998.

Le , lorsque McCartney parla de Yoko durant l'émission The Howard Stern Show, il dit : « Nous n'avons jamais eu la meilleure relation du monde, ça c'est sûr. Mais nous oublions complètement ça quand nous devons être ensemble. ». Il admit plus tard qu'il serait peu disposé à parler du traitement de Julian Lennon, craignant qu'il ne blesse leur rapport d'affaires.

Critiques[modifier | modifier le code]

Sa relation avec Cynthia Powell, première épouse de John, reste tendue. Dans interview de la BBC, Cynthia a déclaré que le comportement de Yoko envers Julian Lennon après la mort de son père est honteux. Dans sa biographie publiée en 2006, Cynthia décrit Yoko comme une femme égoïste et rancunière. Cynthia établit un parallèle entre son rapport avec Yoko et celui avec sa tante Mimi Smith qui l'a élevé dans son enfance.

Dès l'instant où John et Yoko se rencontrèrent, Cynthia prétendra que Yoko soumit Lennon à une "traque très déterminée" au cours de laquelle elle le bombarda de lettres et de cartes et passa plusieurs fois chez lui pour voir s'il était là. Selon la biographie rédigée par Ray Coleman en 1980, Yoko débarqua un jour à Kenwood sans s'annoncer et, ne trouvant ni John ni Cynthia, persuade la gourvernante Dot Jarlett de la laisser entrer pour passer un coup de fil prétendument urgent. Plus tard, elle appelle Lennon pour dire qu'elle a oublié une "bague de valeur" près du téléphone et doit venir la chercher. Yoko dément avec véhémence les allégation de Cynthia : "Je ne suis jamais allée attendre devant la porte. Ce n'est pas mon genre. De plus, je ne savais même pas où se trouvait la maison." Sa seule visite de cette époque à Kenwood a lieu quand John l'invite à assister à ce qu'elle croyait devoir être une fête entre pop stars, au lieu de quoi elle eut droit à un déjeuner, préparé par Cynthia, en compagnie de deux membres d'un groupe de designers nommé "The Fool". Lennon se montre agréable et parle avec animation de ce qu'il avait aimé dans le livre de Yoko, "Grapefruit"[3].

Sa fille Kyoko Chan Cox[modifier | modifier le code]

Kyoko Chan Cox, née le 3 août 1963, est la fille de Yoko et du cinéaste Anthony Cox et la demi-sœur de Sean Lennon. Kyoko a passé ses premières années entourées par une série d'artistes, musiciens, et réalisateurs de film. Anthony Cox l'éleva seul de 1965 à 1969 après que Yoko l'a laissé tomber. Ils divorcèrent en février 1969.

En 1971, tout en étudiant avec le gourou Maharishi Mahesh Yogi à Majorque, Cox accusait Yoko d'avoir enlevé Kyoko dans son hôtel. Un grand nombre d'accusations ont été alors faites par les parents vers l'un et l'autre et sur les droits de la garde parentale. Cox s'est par la suite installé à Houston, au Texas et se convertit au christianisme évangélique avec sa nouvelle épouse, qui venait à l'origine de Houston. À la fin de 1971, une audition de garde à Houston alla à l'encontre de Cox. En violation de l'ordre, il enlèva Kyoko et disparut. Yoko se lança alors à la recherche de sa fille à l'aide de la police et d'investigateurs privés. Yoko écrivit une chanson au sujet de sa fille, Don't Worry Kyoko (Mummy's Only Looking For Her Hand In The Snow), qui apparut sur l'album live de John et Yoko, Live Peace In Toronto 1969 et en face B du single du Plastic Ono Band, Cold Turkey.

Cox se réfugia à Los Angeles où il vécut avec un ami qui était associé à l'église Church Of The Living Word. Il rejoint le groupe en 1972 et vécut par la suite dans diverses communautés liées au groupe en Californie. En 1977, Cox quitta le groupe. En 1978, il resta avec Kyoko dans la communauté du Jesus People USA à Chicago.

Après le meurtre de John Lennon le 8 décembre 1980, Cox avec Kyoko (qui avait alors dix-sept ans) envoya un message de sympathie à Yoko mais ne lui indiqua pas leur adresse. Plus tard, Yoko écrira une lettre ouverte à l'attention de Kyoko en lui disant combien elle lui manquait mais qu'elle cessait ses tentatives pour la retrouver.

Kyoko réapparut en 1986 où elle participa, en tant que productrice associée, à un film documentaire de Cox au sujet de sa participation au sein de la « Church Of The Living Word » intitulé, Vain Glory. Cox refit surface en public la même année, mais Kyoko ne le fit pas.

En 1994, Kyoko, alors adulte et mariée, rétablit une relation avec sa mère qui aura pour conséquence une réunion en 2001. La fille de Kyoko, Emi, rencontra alors sa grand-mère pour la première fois. Bien que Kyoko évite la publicité, elle accorda tout de même une interview où elle déclara que ses retrouvailles avec Yoko étaient très heureuses et qu'ils restaient régulièrement en contact depuis ce jour.

Kyoko a fait une rare apparition en public en août 2005 à l'ouverture de la pièce musicale Lennon, The Musical.

Kyoko vit actuellement dans le Colorado. Elle se consacre à sa famille tout en poursuivant sa carrière en tant qu'artiste.

Œuvres écrites[modifier | modifier le code]

  • 1964 : Grapefruit: A Book of Instructions and Drawings
  • 1983 : Summer Of 1980
  • 1990 : The John Lennon Family Album
  • 1995 : Instruction Paintings
  • 1995 : Sometimes in New York City (Genesis Publications)
  • 1998 : Grapefruit Juice
  • 2000 : Yes Yoko Ono
  • 2005 : Odyssey Of A Cockroach
  • 2005 : Imagine Yoko
  • 2005 : Memories Of John Lennon
  • 2005 : John Lennon Unfinished Music

Récompenses[modifier | modifier le code]

  • 1982 : Grammy Award dans la catégorie « meilleur album de l'année » pour Double Fantasy
  • 2001 : Grammy Award dans la catégorie The Best Long Of Music Video pour la production du film-documentaire Gimme Some Truth: The Making Of John Lennon Imagine's album.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (fr) The Beatles, The Beatles Anthology, Paris, Seuil,‎ 2000, 367 p. (ISBN 2-02-041880-0)
  • (fr) Steve Turner, L'intégrale Beatles (les secrets de toutes leurs chansons), Paris, Hors Collection,‎ 2006, 267 p. (ISBN 10-2258065852)
  • (fr) Thierry Liesenfeld, Les Beatles et la France sont des mots qui vont très bien ensemble, Paris, Le Castor Astral,‎ 2005, 298 p. (ISBN 10-285920606X)
  • (fr) Yoko Ono, Pamplemousse, Paris, Textuel,‎ 2004, 272 p. (ISBN 10-2845971001)
  • (fr) Paul Trynka, The Beatles : 1961-1970 : dix années qui ont secoué le monde, Paris, Tournon,‎ 2005, 456 p. (ISBN 10-2914237359)
  • (fr) Collectif, John Lennon Unfinished Music, Paris, Cité de la Musique,‎ 2005, 240 p. (ISBN 10-271184983X)
  • (fr) Pierre Merle, John Lennon, la ballade inachevée, Paris, Archipel,‎ 2000, 282 p. (ISBN 10-2841872602)
  • (fr) Philip Norman, John Lennon : Une vie, Paris, Robert Laffont,‎ 2010, 858 p. (ISBN 10-2221115163)
  • (fr) (en) Barry Miles, Many Years From Now, Londres, Vintage-Random House,‎ 1997 (ISBN 978-0-7493-8658-0)

Références[modifier | modifier le code]

  1. Son nom en kanji est 小野 洋子, Ono Yōko, mais les médias japonais écrivent désormais son nom en katakana, オノ・ヨーコ, écriture utilisée pour les noms étrangers.
  2. (fr) Paul Trynka, The Beatles : 1961-1970 : dix années qui ont secoué le monde, Paris, Tournon,‎ 2005, 456 p. (ISBN 10-2914237359)
  3. a, b, c et d (fr) Philip Norman, John Lennon : Une vie, Paris, Robert Laffont,‎ 2010, 858 p. (ISBN 10-2221115163)
  4. (Miles 1997, p. 272)

Sources[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :