Séparation des Beatles

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

La séparation des Beatles, un des groupes de rock les plus populaires et influents de l'histoire, est devenue partie intégrante de la légende des Fab Four. La période d'activité des Beatles s'étend de leur formation en 1960 à leur désintégration dix ans plus tard. La séparation en elle-même est le résultat d'un long processus qui s'accélère en 1969, année marquée par le départ définitif de John Lennon en septembre, une reconnaissance publique des évènements en cours par Paul McCartney dans une interview donnée en novembre, avant l'annonce officielle de la fin par ce dernier dans un communiqué de presse accompagnant la sortie de son premier album solo le 10 avril 1970.

Les causes de la séparation des Beatles sont multiples. Il ne s'agit pas d'un évènement brutal et isolé, mais d'une longue transition ponctuée par l'arrêt des tournées en 1966 et la mort de leur manager Brian Epstein en août 1967, obligeant le groupe à s'impliquer pour le meilleur et pour le pire dans des méandres financiers et juridiques conflictuels, ainsi que par l'arrivée de Yoko Ono dans la vie de John Lennon, qu'il installe à partir de mai 1968 dans les studios d'enregistrement au milieu du groupe, en provoquant rancœur et animosité. L'installation d'Allen Klein en tant que nouveau manager et avec lequel McCartney refuse de signer le moindre contrat, la perte de leur catalogue d'éditions Northern Songs, les tensions qui ne cessent d'augmenter à partir de la réalisation de l'Album Blanc sont d'autres éléments menant à la dissolution du groupe.

Dans les dernières années, les membres du groupe commencent à diverger sur leur vision artistique. Ringo Starr puis George Harrison claquent tour à tour et temporairement la porte à l'été 1968 puis en janvier 1969. En septembre cette année-là, au moment où l'album Abbey Road est commercialisé, John Lennon annonce à ses partenaires qu'il quitte les Beatles, mettant de fait un terme à l'aventure. Tous commencent alors à travailler sur des projets solo, comprenant qu'ils ne joueront plus ensemble, tandis que la nouvelle reste secrète compte tenu de nombreux enjeux commerciaux et de matériel restant à publier. L'animosité régnant au final entre les musiciens, dans plusieurs directions, rend impossible tout projet commun et Paul McCartney se décide à annoncer la l'éclatement des Beatles en avril 1970. Il l'explique par « des différends personnels, des différents juridiques, des différences artistiques, mais avant tout parce que je passe de meilleurs moments en famille », rompant le secret, s'attribuant donc la séparation et provoquant le mécontentement de ses partenaires, et particulièrement celui de John Lennon.

Historique[modifier | modifier le code]

Contexte[modifier | modifier le code]

Arrêt des tournées[modifier | modifier le code]

Jusqu'en 1966, les Beatles enchaînent, à un rythme très soutenu, des tournées, des compositions, des sessions d'enregistrement et des sorties de singles et d'albums. Mais plus leur succès grandit, plus leurs prestations publiques se déroulent dans des conditions impossibles, dans des salles ou des espaces en plein air de plus en plus grands, alors que les moyens de sonorisation sont encore balbutiants, et surtout, sous les cris stridents de la gent féminine, qui couvrent complètement leur musique. Au point qu'ils ne s'entendent pas jouer et réalisent finalement que le public ne les entend pas non plus.

La différence entre leur production en studio, de plus en plus complexe, et ce qu'ils arrivent à délivrer sur scène, devient flagrante. Leur répertoire scénique reste quasiment le même au fil des années — des standards du rock'n'roll comme Rock 'n' Roll Music ou Long Tall Sally seront notamment joués jusqu'au bout —, et ils constatent les dégâts dès qu'ils s'attaquent à des titres plus récents, par exemple Nowhere Man ou Paperback Writer  : au Budokan de Tokyo, fin juin, on voit George Harrison agiter la main en saluant le public pour le faire hurler, afin de couvrir le chœur a cappella de Paperback Writer qui sonne nettement faux… Ces concerts à Tokyo ayant déclenché une demande de 209 000 billets[1] se passent d'ailleurs dans une ambiance étouffante, les Beatles restant cloîtrés dans leur hôtel et bénéficiant de la plus grande protection policière jamais vue au XXe siècle pour un groupe ou un artiste, avec un dispositif (35 000 fonctionnaires mobilisés) de même ampleur que celui mis en place deux ans plus tôt pour les Jeux olympiques[2],[3].

Après cette série de concerts dans la capitale japonaise, les événements vont précipiter leur décision de mettre un terme définitif à ce que John Lennon considère comme « de foutus rites tribaux ». À Manille, aux Philippines, ils passent tout près d'un lynchage, pour avoir malencontreusement snobé, à leur arrivée, une réception donnée en leur honneur par la redoutable Imelda Marcos, épouse du dictateur Ferdinand Marcos, la veille de leurs concerts du 4 juillet. Le groupe répondra qu'il n'avait reçu aucune invitation, ce qui n'empêchera pas la presse locale de se déchaîner ni les Philippins d'envoyer des menaces d'attentat et de mort. Toute protection policière leur est retirée lorsqu'ils repartent, une foule hostile les attend à l'aéroport, ils sont agressés, parviennent difficilement jusqu'à leur avion qui va rester bloqué sur la piste, le temps que leur manager Brian Epstein en soit débarqué pour aller se faire délester de la recette des quelque 100 000 billets vendus pour leurs deux concerts[4],[5],[6].

Cette énorme frayeur les décide déjà à tout arrêter, mais il leur reste des dates estivales à honorer aux États-Unis. Là-bas, ils subissent les conséquences de la tempête provoquée par les paroles de John Lennon à propos du christianisme. Ils reçoivent des menaces, notamment du Ku Klux Klan et craignent réellement pour leur sécurité, alors qu'ils se produisent dans des stades dans des conditions qui restent détestables. Ils n'en peuvent plus. La dernière date de cette tournée, le lundi 29 août 1966, au Candlestick Park de San Francisco, onze titres interprétés en un peu moins de 35 minutes, sur une scène entourée de grillages, au milieu d'une pelouse où la chasse policière aux fans déchaînés bat son plein[7], devient leur dernier concert tout court.

« À Candlestick Park, on s'est sérieusement dit que tout ça devait s'arrêter. On pensait que ce concert à San Francisco pourrait bien être le dernier, mais je n'en ai été vraiment certain qu'après notre retour à Londres. John voulait laisser tomber plus que les autres. Il disait qu'il en avait assez », explique Ringo Starr. « Je suis sûr qu'on pourrait envoyer quatre mannequins de cire à notre effigie, et que les foules seraient satisfaites. Les concerts des Beatles n'ont plus rien à voir avec la musique. Ce sont de foutus rites tribaux », dit John Lennon. « C'était trop, toutes ces émeutes et ces ouragans. La « Beatlemania » avait prélevé sa dîme, la célébrité et le succès ne nous excitaient plus[4] », se remémorera George Harrison.

L'arrêt des tournées marque une première fissure dans la carrière des Beatles, partant du principe qu'un groupe de rock 'n' roll qui ne joue plus sur scène n'est plus vraiment un groupe. D'ailleurs, tandis que John s'exclame « Mais qu'est-ce que je vais faire maintenant ? » — il partira en fait tourner le film How I Won the War à Almería en Andalousie, avec Richard Lester —, George déclare tout de go « Je ne suis plus un Beatle désormais »

Disparition de Brian Epstein[modifier | modifier le code]

Brian Epstein est sans doute le personnage le plus influent pour ce qui concerne le lancement et la promotion du groupe vers une popularité mondiale. Il réussit également à maintenir la cohésion entre les musiciens. Son style de management est de laisser la direction artistique au groupe tout en jouant un rôle de médiateur dès que des conflits éclatent. Son rôle commence cependant à diminuer dès lors que les Beatles cessent de donner des concerts à la fin de l'été 1966. Mais il continue à exercer sur eux une forte influence, aplanit leurs différends et surtout, gère leurs finances. Lorsqu'il décède à 32 ans d'une overdose de barbituriques le 27 août 1967, il laisse un grand vide, qui marque une nouvelle fissure dans la carrière du groupe. John Lennon, très proche de lui, se montre le plus affecté par sa disparition. McCartney ressent pour sa part la situation précaire dans laquelle se retrouvent les Fab Four et cherche à les garder mobilisés en lançant des projets les uns après les autres. Les trois autres se montrent de plus en plus incommodés par son côté dirigiste, aussi bien sur un plan musical que sur les questions d'orientation en général et refusent sa domination.

La fondation d'Apple Corps est initiée sous la houlette de Brian Epstein, comme un moyen d'échapper à la pression fiscale. Sa disparition inattendue assombrit l'avenir de la nouvelle compagnie. Sans sa supervision, et avec l'inexpérience totale des Beatles en tant qu'hommes d'affaires, l'entreprise devient rapidement chaotique et ne fait qu'ajouter du stress pour le groupe au moment où il entre en studio pour enregistrer l'album blanc en mai 1968. Brian Epstein ne sera jamais remplacé dans le rôle qu'il tenait en tant que manager des Beatles, et au final, l'absence d'un véritable et fort leadership suivi par tous tel qu'Epstein l'incarnait; devient une des causes majeures de la séparation du groupe.

Arrivée de Yoko Ono[modifier | modifier le code]

John Lennon est dans un état d’esprit fragile après le retour désordonné du groupe de son séjour à Rishikesh, dans l’ashram du Maharishi Mahesh Yogi durant les premiers mois de 1968. Ce dernier n’a pas répondu à ses attentes, Lennon, vit cela comme une désillusion, le considère même comme un imposteur et exprime son ressentiment dans la chanson Sexy Sadie. À cet état d’esprit, s’ajoute sa consommation de psychotropes, son insatisfaction à propos de son mariage avec Cynthia et la place qu’il tient à cette époque au sein des Beatles, source de mécontentement.

Bien que McCartney ait pu être le premier à être exposé à l’art d’avant-garde et aux nouvelles tendances artistiques, Lennon développe son intérêt pour une personne en particulier : Yoko Ono, une artiste conceptuelle japonaise. Il la rencontre en 1966 lors d’une exposition dans la galerie d’art « Indica » ouverte par McCartney et son compère Barry Miles. Il s’agit tout d’abord d’une relation platonique jusqu’au printemps 1968. En Mai, juste avant le début des sessions d’enregistrement de l’Album Blanc, John et Yoko se retrouvent dans la maison du fondateur des Beatles alors que son épouse est en vacances, enregistrent de la musique contemporaine dans son studio personnel (qui sera publiée avec une fameuse pochette sous le titre Unfinished Music No.1: Two Virgins) et consomment leur amour.

À partir de ce moment-là, ils décident de ne plus se quitter un seul instant, et John installe sa nouvelle compagne dans les studios Abbey Road à ses côtés, littéralement au milieu du groupe. Il viole ainsi un accord tacite entre les membres, qui voulait qu’aucune épouse ou petite amie ne soit admise parmi eux durant leur travail d’enregistrement. Quoi qu’il en en soit, et alors que l’engouement de Lennon pour Yoko ne cesse de progresser, il désire qu’elle soit impliquée dans le processus de création artistique du groupe. Ainsi, elle n’hésitera pas à faire des commentaires, des suggestions, voir à émettre des critiques (ne nommant jamais les autres musiciens par leurs prénoms, préférant dire « Beatle should do this »), ce qui entraîne automatiquement tensions, rancœur et ressentiment au sein de la petite équipe qui travaille à Abbey Road. Les fans ont généralement rendu Yoko Ono responsable de la séparation des Beatles, alors qu’elle n’est qu’un des éléments y ayant mené. Elle aura aussi été une bouée de sauvetage pour un Lennon en perdition, et une muse pour le compositeur, lui permettant d’écrire quelques unes de ses plus belles chansons.

Émancipations et frustrations[modifier | modifier le code]

Projet Get Back[modifier | modifier le code]

Querelles d'affaires[modifier | modifier le code]

Séparation[modifier | modifier le code]

Départ de John Lennon[modifier | modifier le code]

Départ de Paul McCartney[modifier | modifier le code]

Procédures judiciaires[modifier | modifier le code]

Suites[modifier | modifier le code]

Relations entre les Beatles[modifier | modifier le code]

Bien qu'il y ait par la suite plusieurs collaborations en les quatre musiciens (les plus notables étant les albums de Ringo Starr, Ringo en 1973 et Rotogravure en 1976, où McCartney, Harrison et Lennon composent et jouent, mais jamais en même temps ni sur les mêmes chansons), bien que des offres astronomiques leur soient offertes pour se reformer et donner des concerts, cela ne se produira jamais. Après l'assassinat de Lennon en 1980, McCartney, Harrison et Starr se retrouvent sur le titre de George All Those Years Ago puis participent ensemble au projet Anthology en 1994-1995, où ils interprètent deux titres à partir de démos composées et chantés par Lennon, Free as a Bird et Real Love, les toutes dernières chansons publiées sont le nom « The Beatles ».

Postérité[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]