The Beatles at the Hollywood Bowl

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The Beatles at the Hollywood Bowl

Live par The Beatles
Sortie Drapeau : États-Unis 4 mai 1977
Enregistré 23 août 1964,
29 et 30 août 1965
Hollywood Bowl, Los Angeles
Durée 33 minutes (approx.)
Genre Rock
Format 33 tours
Producteur George Martin
Voyle Gilmore
Label Parlophone/Capitol
Critique

Albums live des Beatles

The Beatles at the Hollywood Bowl est le premier album live officiel des Beatles, publié le 4 mai 1977 aux États-Unis, et deux jours plus tard au Royaume-Uni. Paru sept ans après la séparation du groupe, il avait été enregistré lors des tournées américaines de 1964 et de 1965 des Fab Four (en fait, des concerts au Hollywood Bowl de Los Angeles donnés à une année d'écart), dans l'optique d'un disque pour le marché américain.

Les bandes, saturées par les hurlements du public, ont dans un premier temps été délaissées pour leur piètre qualité. En 1977, Capitol Records demande au producteur George Martin de nettoyer les pistes pour produire un disque de bonne qualité. Le résultat est publié dans le monde entier, et si les anciens membres du groupe, non sollicités, se montrent déçus par le disque, il se classe néanmoins en tête des hit-parades britanniques et connaît le succès.

Malgré une qualité altérée par les cris du public, le disque est considéré comme un précieux témoignage des prestations des Beatles en concert, aucun album live n'ayant été publié par le groupe durant son existence. Réédité dans une édition bon marché en 1984, il n'a par la suite jamais été publié officiellement sur CD.

Historique[modifier | modifier le code]

Enregistrement et restauration[modifier | modifier le code]

La structure blanche, ainsi que la scène, de forme circulaire du Hollywood Bowl, entourée de montagnes
Trois concerts des Beatles ont été enregistrés au Hollywood Bowl en 1964 et 1965.

La perspective d'enregistrer et de publier un concert des Beatles est apparue très tôt : dès la fin 1962, George Martin a un temps envisagé d'enregistrer le premier album du groupe lors d'une de leurs récurrentes visites au Cavern Club de Liverpool. L'idée est cependant rapidement abandonnée au profit d'une longue journée aux studios EMI, le 11 février 1963, qui donne lieu à l'album Please Please Me. L'année suivante, un véritable album live à destination du public américain est envisagé, les dirigeants d'EMI considérant que le public britannique ne serait pas intéressé par des chansons qu'il a déjà achetées. Martin pense d'abord enregistrer le concert du Carnegie Hall à New York, en février 1964, mais l'absence d'autorisation syndicale l'en empêche. Six mois plus tard, le 23 août, les autorisations sont obtenues pour enregistrer un premier concert au Hollywood Bowl de Los Angeles[1].

« J'ai pensé que nous devrions enregistrer le concert du Hollywood Bowl », se souvient George Martin, « et j'ai demandé à Capitol de nous prêter ses ingénieurs du son. Nous avons utilisé un [magnétophone] trois-pistes avec des bandes d'un demi-pouce, mais la séparation n'était pas très bonne. Les voix étaient au centre, avec un mélange de batterie, de basse et de guitares sur des pistes latérales séparées, mais le tout était saturé par une énorme masse de cris provenant du public. C'était comme si nous avions attaché un micro à la queue d'un Boeing 747. Ce n'était qu'un hurlement continu et il était très difficile de réaliser un enregistrement correct[2] ». La piètre qualité des bandes déçoit Capitol ainsi que les Beatles, qui refusent que l'enregistrement soit publié. Les bandes sont donc archivées[1].

L'expérience est retentée l'année suivante au même endroit, lors des deux concerts qu'y donne le groupe au cours de sa tournée de 1965. Une première tentative a lieu le 29 août, mais un dysfonctionnement du micro de Paul McCartney rend la majeure partie de l'enregistrement inutilisable. Le concert du soir suivant est donc également enregistré. Malgré cela, la qualité ne se prête pas à la publication, et ces nouvelles bandes sont à leur tour remisées[3].

En 1977, les Beatles sont séparés depuis sept ans et aucun d'eux n'est en contrat avec Capitol. La maison de disques, qui possède encore les bandes, décide de les exploiter et demande donc à George Martin et à l'ingénieur du son Geoff Emerick de retravailler les bandes pour les rendre audibles. Le travail est réalisé le 18 janvier aux studios AIR de Londres[3]. Martin raconte : « Bhaskar Menon, le président de Capitol Records, est un vieil ami. Il m'a parlé de ces bandes et m'a demandé si je voulais les écouter car Capitol envisageait de publier un album. Ma réaction sur le vif a été de penser que, pour autant que je m'en souvienne, le son était pourri. J'ai donc dit à Bhaskar : « Je ne pense pas que tu en tireras quoi que ce soit. » Il y avait eu un grand nombre d'enregistrements pirates des concerts des Beatles […], mais quand j'ai écouté les bandes du Hollywood Bowl, j'ai été épaté par la vitalité du chant des Beatles. J'ai donc dit à Bhaskar que je verrais si je pouvais élever ces bandes au niveau des enregistrements actuels. J'ai fait appel à l'expérience technique de Geoff Emerick et nous avons transféré les trois pistes sur du 24 pistes. Les deux enregistrements combinés contenaient 22 chansons que nous avons réduites à treize. Certaines ont dû être écartées car la musique était couverte par les cris[4] ».

Parution et réception[modifier | modifier le code]

Pochette noire avec un texte blanc mentionnant le nom du groupe et le titre de l'album
Live! at the Star-Club in Hamburg, Germany; 1962 est l'autre album live publié sans le consentement des Beatles en 1977.

Aucun des ex-Beatles n'étant sous contrat avec Capitol, la maison de disques peut publier The Beatles at the Hollywood Bowl sans leur consentement. Le groupe n'est en effet guère enthousiaste : « Ce n'est rien qu'un enregistrement pirate », clame George Harrison, tandis que Paul McCartney se lamente : « Ils ne se sont plus préoccupés de nous demander ce qui devrait sortir ou non. On n'a jamais aimé les bandes de ces deux concerts parce qu'on trouvait qu'on jouait beaucoup trop vite. On trouvait aussi qu'on jouait faux. […] Tous ces reconditionnements d'anciens albums des Beatles, ça sent un peu l'arnaque à mon goût[5] ». Les Beatles ne parviennent pas à empêcher la sortie de l'album, et sont également occupés, à la même époque, à protester contre le Live! at the Star-Club in Hamburg, Germany; 1962 sorti peu avant sur un autre label[6].

Le public se montre particulièrement attiré par le disque qui atteint la première place des hit-parades au Royaume-Uni, et la deuxième aux États-Unis[7]. Il s'agit du premier album no 1 britannique du groupe depuis 1970. Le disque s'écoule à plus d'un million d'exemplaires dans le monde[8].

En 1984, The Beatles at the Hollywood Bowl est réédité dans une collection à prix réduit du label EMI, sans aucune promotion, et disparaît du catalogue peu après[8]. Il ne connaît pas d'autre édition officielle, ni au format vinyle, ni par la suite au format CD, qui voit cependant la parution d'éditions pirates[9].

Il faut attendre 1995 pour voir apparaître de nouveaux enregistrements officiels en concert du groupe, sur les albums Anthology 1 et Anthology 2[10]. L'année précédente, des prestations live du groupe ont vu le jour sur Live at the BBC, mais elles avaient eu lieu dans les studios professionnels de la BBC et non dans une salle de concert[11]. De plus, on peut entendre, sur l'album Love, l'intro de la chanson I Want To Hold Your Hand, enregistrée au Hollywood Bowl en 1964, qui a été greffée à la version studio[12] pour le spectacle du Cirque du Soleil présenté à Las Vegas depuis 2006.

Analyse artistique[modifier | modifier le code]

Photo en noir et blanc des Beatles saluant la foule, avec derrière eux également une masse de gens
L'album est considéré comme un témoignage de la Beatlemania.

The Beatles at the Hollywood Bowl est un des rares témoignages des prestations des Beatles en concert. On y retrouve ainsi plusieurs des tubes du groupe les plus adaptés à la scène et à leur formation classique (basse, batterie et deux guitares électriques), comme Twist and Shout, Dizzy Miss Lizzy ou encore Long Tall Sally, avec laquelle McCartney aime conclure les spectacles[10]. Un certain nombre de chansons enregistrées lors des trois concerts ont dû être laissées de côté telles que I Wanna Be Your Man, Everybody's Trying to Be My Baby ou encore Baby's in Black[4] (qu'on peut retrouver maintenant sur la face B du single Real Love). Il s'agit également d'un témoignage des compétences du groupe en concert en plein climat de Beatlemania, le groupe jouant dans des conditions complexes au milieu des hurlements, avec un matériel peu évolué. Les conditions de sonorisation sont encore à cette époque balbutiantes et totalement inadaptées aux tailles des arènes dans lesquelles les Beatles sont le premier groupe de rock à se produire, essuyant en quelque sorte les plâtres. Ce n'est qu'à partir des années 1970 que des groupes peuvent se produire dans des stades ou de grandes arènes avec une sonorisation adaptée[13].

À ce sujet, George Martin explique : « Ils étaient très bons sur scène, particulièrement quand on considère qu'un de leurs problèmes était qu'ils ne pouvaient pas s'entendre jouer. Aujourd'hui dans les concerts, tous les musiciens ont des « retours » à leurs pieds et ils entendent tout ce qui se passe. Cela n'existait pas au temps des concerts des Beatles. John, Paul et George se tenaient debout derrière leurs micros face à une foule hurlante de 60 000 personnes tandis que Ringo était derrière eux avec sa batterie. Ringo m'a raconté une fois combien il était difficile pour lui de suivre : « Je ne pouvais rien faire d'intéressant. Je ne pouvais faire aucune figure, aucun roulement, aucune reprise. Je devais assurer le tempo tout du long pour que tout le monde reste ensemble. Je devais regarder leurs trois derrières gigoter pour savoir où ils en étaient dans les chansons. »[2] ». Ringo Starr met ainsi en lumière une des raisons majeures qui poussera les Beatles à cesser définitivement de donner des concerts à l'issue de leur ultime tournée américaine, en août 1966.

C'est le label Capitol qui est désigné pour réaliser la pochette extérieure du disque. Pour cela, les graphistes utilisent deux billets de concerts, correspondant à ceux des deux enregistrements utilisés pour l'album[8]. Au dos se trouvent des notes rédigées par George Martin, revenant sur l'histoire de l'album et sur la Beatlemania : « Quant à ceux que tout ce battage laissait perplexes, ce disque leur donnera peut-être quelques indices. C'est sans doute un reflet très approximatif de la réalité de cette époque, mais c'est tout ce qu'il reste désormais »[14].

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Liste des chansons[modifier | modifier le code]

Face A
No Titre Auteur(s) Date de l'enregistrement Durée
1. Twist and Shout Phil Medley, Bert Russell 30 août 1965 1:32
2. She's a Woman John Lennon, Paul McCartney 30 août 1965 2:53
3. Dizzy Miss Lizzy Larry Williams 29 et 30 août 1965 3:37
4. Ticket to Ride John Lennon, Paul McCartney 29 août 1965 2:51
5. Can't Buy Me Love John Lennon, Paul McCartney 30 août 1965 2:16
6. Things We Said Today John Lennon, Paul McCartney 23 août 1964 2:20
7. Roll Over Beethoven Chuck Berry 23 août 1964 2:28
Face B
No Titre Auteur(s) Date d'enregistrement Durée
8. Boys Luther Dixon, Wes Farrell 23 août 1964 2:12
9. A Hard Day's Night John Lennon, Paul McCartney 30 août 1965 3:15
10. Help! John Lennon, Paul McCartney 29 août 1965 2:46
11. All My Loving John Lennon, Paul McCartney 23 août 1964 2:14
12. She Loves You John Lennon, Paul McCartney 23 août 1964 2:31
13. Long Tall Sally Enotris Johnson, Richard Penniman, Robert Blackwell 23 août 1964 2:53

Interprètes[modifier | modifier le code]

Équipe de production[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Mark Lewisohn 1988, p. 48
  2. a et b The Beatles 2000, p. 150
  3. a et b Mark Lewisohn 1988, p. 62
  4. a et b (en) « The Beatles at the Hollywood Bowl », The Beatles Bible. Consulté le 6 octobre 2012.
  5. Pete Doggett 2012, p. 353
  6. Pete Doggett 2012, p. 354
  7. Pete Doggett 2012, p. 355
  8. a, b et c (en) Graham Calkin, « The Beatles at the Hollywood Bowl », The Complete Beatles U.K. Discography. Consulté le 6 octobre 2012.
  9. (en) « The Beatles At The Hollywood Bowl  », Discogs. Consulté le 14 octobre 2012.
  10. a et b François Plassat 2011, p. 67
  11. François Plassat 2011, p. 110
  12. http://www.soundonsound.com/sos/mar07/articles/beatles.htm
  13. (en) Richard S. Ginell, « Live at the Hollywood Bowl », Allmusic. Consulté le 6 octobre 2012.
  14. (en) « The Beatles Live at the Hollywood Bowl, p. 2 », The Beatles Bible. Consulté le 6 octobre 2012.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • The Beatles (trad. Philippe Paringaux), The Beatles Anthology, Paris, Seuil,‎ 2000, 367 p. (ISBN 2-02-041880-0)
  • Pete Doggett, Come Together… Les Beatles (1970–2012), Sonatine,‎ 2012, 541 p. (ISBN 978-2-35584-064-7)
  • (en) Mark Lewisohn (préf. Ken Townsend), The Beatles : Recording Sessions, New York, Harmony Books,‎ 1988, 204 p. (ISBN 0-517-57066-1)
  • François Plassat, The Beatles Discomania, Hugo et Compagnie,‎ 2011, 191 p. (ISBN 2755608552)
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