Studios Abbey Road

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51° 31′ 56″ N 0° 10′ 40″ O / 51.532185, -0.177814 ()

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Les studios Abbey Road en 2005.

Les studios Abbey Road (anciennement studios EMI) sont des studios d'enregistrement anglais situés à Londres, sur la rue du même nom. Ils ont été créés par EMI en novembre 1931.

Plusieurs groupes célèbres y ont enregistré, tels que The Beatles et Pink Floyd, ou plus récemment Oasis et Radiohead. Les Beatles y ont enregistré la plupart de leurs chansons durant sept ans (de 1962 à 1969), et les studios qui s'appelaient « EMI » ont été renommés en 1970, en hommage à l'album Abbey Road, dernier disque enregistré par le groupe.

Histoire[modifier | modifier le code]

1930 à 1940 : débuts[modifier | modifier le code]

La maison au numéro 3, Abbey Road était autrefois une maison de ville de neuf chambres. EMI décide de l'acquérir en 1929, afin d'en faire le premier studio d'enregistrement personnalisé du monde. Il faut seulement deux ans pour terminer les travaux, qui aboutissent à la construction de trois studios, les studios EMI. À ce moment-là, ils étaient destinés à enregistrer de la musique classique : orchestres complets, quatuor à cordes, etc. Ainsi, de grands compositeurs tels que Edward Elgar, Noel Coward, Artur Schnabel, et Yehudi Menuhin ont l'occasion d'enregistrer dans les studios[1].

1940 à 1950 : avancées technologiques[modifier | modifier le code]

Pendant la Seconde Guerre mondiale, les studios EMI participent à la propagande du gouvernement britannique et de la BBC. De nombreux artistes participent aussi à l'effort de guerre[2].

Après la guerre, des ingénieurs du son américains et anglais, dont des techniciens d'EMI, ont l'occasion d'étudier les avancées des allemands dans le domaine de l'enregistrement magnétique. Ils finiront ainsi par mettre au point les British Tape Recorders, les premières machines à enregistrer sur bande magnétique jamais construites en Grande-Bretagne.

En 1948, une nouvelle ère commence, suite à l'arrivée du Long Play, un disque qui effectue 33 tours 1/3 par minute, avec une capacité de 23 minutes par face. Le 33 tours va ainsi révolutionner le domaine de l'enregistrement[2].

1950 à 1960 : arrivée du rock et succès[modifier | modifier le code]

De nouvelles techniques sont introduites, dont le magnétophone 4-pistes, développé par la section R&D de EMI[3].

George Martin, futur producteur des Beatles, arrive aux studios à ce moment, alors qu'il venait de rejoindre Parlophone. Il est chargé d'enregistrer tout ce qui sort de l'ordinaire ; il est ainsi amené à travailler avec des acteurs comiques comme Peter Sellers et Spike Milligan, il enregistre aussi des pièces de théâtre qui nécessitent beaucoup d'effets sonores[3].

En 1954, un artiste ayant enregistré dans les studios atteint pour la première fois la tête des charts, Eddie Calvert pour son Oh Mein Papa[3].

En 1957, l'ère du rock'n'roll semble engagée pour les studios, puisque Cliff Richard et The Shadows viennent effectuer plusieurs enregistrements, dont leur premier single, Move It, et plus de 60 hits à suivre, dont 12 N°1 ("Apache", "Summer Holiday", etc.). Les deux années suivantes, les studios EMI retrouvent la première place du hit-parade, avec Michael Holliday (The Story Of My Life) et Adam Faith (What Do You Want).

1960 à 1970 : The Beatles[modifier | modifier le code]

Le passage piéton.

Le début de la décennie est encore marqué de succès pour les studios : Danny Williams et son Moon River atteignent la première place des charts en 1961[4].

Le 6 juin 1962, George Martin auditionne les Beatles, qui cherchaient alors désespérément un contrat avec une maison de disques. Trois mois plus tard (les 4 et 11 septembre), le groupe enregistre pour la première fois dans les studios. Leur premier single, Love Me Do, atteint la 17e place des charts britanniques. Durant les 7 années suivantes, les Beatles enregistrent 90 % de leurs titres aux studios EMI[4].

Non contents d'apporter le succès commercial, ils ont bouleversé les traditions : ils ont modifié les façons d'enregistrer et ont renouvelé le style de la musique habituellement produite dans ces studios. Année après année, entre 1963 et 1969, les Beatles utilisent les studios EMI pour y expérimenter toutes les idées musicales possibles, aidés en cela par George Martin et une équipe technique à leur service qui multiplient les inventions pour leur permettre d'aller de plus en plus loin. Les studios EMI deviennent la véritable « maison » des Beatles, particulièrement à partir de la fin 1966, après qu'ils ont définitivement arrêté de donner des concerts.

Ils décident également d'appeler leur dernier disque Abbey Road, référant à la rue où se situent les studios, et de se faire photographier sur le passage piéton[5] devant le bâtiment, en août 1969, pour la pochette de cet album. Le passage piéton de la rue est devenu mondialement célèbre et reste depuis près de 40 ans un véritable lieu de pèlerinage. En raison du succès fulgurant du disque, les studios changent de nom, et s'appellent désormais « studios Abbey Road ».

En dehors des Beatles, Pink Floyd a enregistré à Abbey Road ses premiers albums (fin des années 60) jusqu'au milieu des années 70, dont The Dark Side of the Moon. Le guitariste David Gilmour y a récemment enregistré quelques chansons de son nouvel album On an Island. Syd Barrett a lui aussi enregistré aux studios Abbey Road, The Madcap Laughs et Barrett.

Aujourd'hui[modifier | modifier le code]

Durant l'été 1977, Claude François vient enregistrer son unique album en Anglais dans les studios d'Abbey Road ; cet album connaît un grand succès au Royaume-Uni et un plus minime aux États-Unis après sa mort le 11 mars 1978.

Elliott Smith y a enregistré trois chansons pour son album Figure 8 paru en 2000.

Entre 2001 et 2003 qui voit le tournage de la trilogie du Seigneur Des Anneaux par Peter Jackson, une majorité de la bande originale a été enregistré dans les studios par le compositeur principal, Howard Shore.

Kanye West a donné un concert à l'intérieur du studio. L'album du concert est sorti en 2005. La pochette est une imitation de l'album Abbey Road des Beatles.

Le groupe U2 est allé aux studios Abbey Road, avec le groupe Green Day, pour l'enregistrement de la chanson The Saints Are Coming, après l'ouragan Katrina.

Un programme nommé Live From Abbey Road présentait des artistes en performance en studio comme Corinne Bailey Rae, jusqu'au groupe Iron Maiden.

Le groupe Panic at the Disco y a enregistré son deuxième album Pretty. Odd., paru en 2008.

Le groupe de Las Vegas, The Killers a aussi enregistré trois chansons pour leur album Sawdust, paru en 2007.

L'auteur-compositeur de musiques de films Jerry Goldsmith y a ré-enregistré quelques-unes de ses œuvres majeures en 2002 pour une compilation en format Super Audio CD hybride.

Oasis y a enregistré Dig Out Your Soul, son septième album studio sorti en 2008.

John Mayer y a enregistré quelques chansons dont Belief de l'album Continuum.

Le groupe Jamiroquai y a joué en live trois de ses chansons, fin 2006 : Travelling Without Moving, Love Foolosophy et Runaway. La BO du jeu Heavy Rain sur PlayStation 3 y a été enregistrée en 2009.

Le 16 février 2010 EMI confronté à des bilans financiers négatifs déclare vouloir vendre les studios[6]. Une semaine plus tard EMI se ravise et déclare qu'elle ne vendra pas les studios[7]. Le 23 février 2010, les Studios Abbey Road sont classés monument historique "Grade II building".

Durant 2011 et 2012, le compositeur Neil Davidge avec un orchestre et une chorale bulgare, enregistrent la bande originale d'Halo 4 sortit le 6 novembre 2012[8].

Le groupe londonien Bastille (groupe) enregistre une de ses chansons phares en 2013, Flaws.

La bande-son du jeu L.A. Noire, sorti en 2011, a été enregistrée dans les studios d'Abbey Road[9].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

(en) Brian Southall. Foreword by Sir Paul McCartney. Preface by Sir George Martin, Abbey Road : The story of the world's most famous recording studios, Patrick Stephens, 1982. Revised and updated edition by Brian Southall, Peter Vince and Allan Rouse, Omnibus Press, 2002, 228 p.

Lien externe[modifier | modifier le code]